La famille Coutan-Hauguet à Eaubonne,

artistes-peintres, collectionneurs et dénicheurs de talents


Les Eaubonnais connaissent le nom de Louis-Joseph Auguste Coutan, parce qu'il est cité sur le site internet de la ville comme maire d'Eaubonne de 1812 à 18161. Certains savent qu'il a habité le château connu aujourd'hui sous le nom de Château Philipson de 1806 à 1838 et qu'il y a été suivi par son beau-frère, Ferdinand Hauguet, de 1838 à 1846. Mais la vie et les œuvres de cette famille, pourtant remarquables, sont restées dans l'oubli.


La famille Coutan

La famille Coutan entre dans l'histoire de Seine-et-Oise dès 1791. Cette année là, l'abbaye Notre-Dame du Val, à Mériel, devenue bien national, est mise en vente. Serge Foucher, dans son ouvrage Notre-Dame du Val, abbaye cistercienne en Val-d'Oise2, relate son histoire après la Révolution. En 1791, Louis Nicolas Varlet, marchand drapier demeurant à Paris, et Éloy Coutan, négociant3 demeurant à Paris rue des Mauvaises Paroles, acquièrent l'ensemble de l'enclos monastique. La part de Varlet passera entre les mains de Louis Denis Péan de Saint-Gilles, agent de change, puis sera rachetée par Coutan en 1792. Coutan va ensuite acheter toutes les terres entourant le domaine afin de créer une zone de protection sur le pourtour. Un régisseur, Denis Lucis, est chargé de l'exploitation de ce vaste domaine.

Le 22 décembre 1805, Éloy Coutan décède et son fils Louis Joseph Auguste, né le 23 février 1770, devient propriétaire du domaine du Val. Le 19 août 1806, par acte passé devant Louis Auguste Marchoux et Henri Louis Moriland, notaires à Paris, Michel Louis Étienne Regnaud de Saint-Jean d’Angély, « bras droit » de Napoléon, échange une propriété qu'il possède à Eaubonne contre l'abbaye du Val.

Cette propriété est le Pavillon de Saint-Lambert, construit par l’architecte Ledoux, aujourd'hui connu sous le nom de Château Philipson, 10 rue de Soisy4. Le château, le parc et les vergers constituent les lots 713 à 716 du plan cadastral de 1834 (en Annexe 1).

 

Portrait de M. Coutan dans sa jeunesse, par Jean Baptiste Augustin5

Louis Joseph Auguste Coutan devient un riche amateur d'art, possédant une collection impressionnante de tableaux de Bonnington, Charlet, Decamps, Delaroche, Géricault, Prud'hon, etc. Il saura détecter les premiers talents de l'école de peinture romantique française. Parmi ceux-ci, on peut nommer Géricault, Ingres, et l'anglais Bonington.


La naissance de l’École romantique

Théodore Géricault, né à Rouen en 1791 dans une famille aisée, n'exposa de son vivant que trois tableaux, dont Le Radeau de la Méduse (1819), qui fut prétexte à un scandale et découragea le peintre, qui n'exposa plus. Il décéda en 1824, âgé de 33 ans, l'année du triomphe de la peinture romantique en France. Louis-Joseph Auguste Coutan avait compris très tôt le talent du peintre et avait acquis pour sa collection dix toiles et dessins. Elles iront enrichir le Louvre6.

Ingres, né en 1780 à Montauban, formé à l'Académie de Toulouse, prix de Rome en 1801, se passionna pour la peinture Italienne et partit étudier à Rome l'œuvre de Raphaël, dans des conditions financières difficiles. En 1824, il finit par être remarqué par les collectionneurs français pour ses œuvres historiques, qui marquaient un retour au classicisme (Vœu de Louis XIII, destiné à la cathédrale de Montauban). On peut lire dans l'ouvrage d’Henri Lapauze consacré à Ingres7 :

« Les amateurs eux-mêmes lui écrivaient, allant au-devant de lui pour plus de sûreté. L'un des plus avisés, M. Coutan, lui commandait deux tableaux avant qu'il eût posé le pied à Paris. M. Coutan était l'ami de Géricault, qui venait de mourir. Géricault lui avait souvent parlé d'Ingres, qu'il était allé voir pendant son séjour à Rome. Ingres reçut la lettre de M. Coutan à Florence, qu'il n'avait pas encore quittée à la fin du mois de septembre [1824]. Il répondit : « J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire. Les expressions obligeantes et honorables qu'elle contient et l'admiration que vous professez pour les beaux-arts me font également désirer de pouvoir remplir votre attente dans l'exécution des deux tableaux qui font l'objet de votre lettre. Je pars ces jours-ci pour Paris. J'aurai l'honneur de vous y voir et de m'entendre avec vous pour les ouvrages que vous me demandez »8.

Ce fut le début d'une solide amitié avec M. et Mme Coutan, qui furent considérés par les historiens de l'art comme les protecteurs d’Ingres. Ce dernier peignit pour Mme Coutan une Petite Baigneuse, maintenant au Louvre, qui répétait la Baigneuse de 1808, mais où il avait rajouté six personnages, esquissant ainsi le Bain Turc. On peut lire dans l'ouvrage de Lapauze que Mme Coutan tenait essentiellement à cette page d’Ingres. Malgré lui, elle avait voulu la payer, dès 1825, espérant le lier ainsi et en même temps lui être utile. Elle lui fit remettre trois mille francs, dont mille francs étaient destinés à payer la Baigneuse. Ingres l'en avait remerciée par ce billet, le 2 juillet 1825 :

« Madame, j'étais hier trop pressé par le temps pour avoir l'honneur de répondre à votre aimable lettre et vous remercier du soin que vous avez cru devoir prendre en vous acquittant d'avance et si généreusement.

Vous me privez par cela même, madame, de vous offrir un souvenir ; mais vous me permettrez de m'en venger un jour, en acceptant de moi ce que je destine uniquement à mes amis, un portrait dessiné.

En attendant, madame, je ferai de mon mieux pour vous être agréable et de tout mon pouvoir, et daignez agréer, je vous prie, l'expression de l'hommage le plus respectueux »9.

On ne sait pas si Ingres fit le portrait de Madame Coutan. Il lui offrit une réduction, à la sépia, du portrait de Mme Devançay, avec cette dédicace : Ingres à Mme Coutan. Il lui donna aussi le dessin de la Famille Forestier. Ces deux œuvres sont aujourd'hui au musée du Louvre.

Richard Parkes Bonington, né en 1802 en Angleterre, vint en France avec ses parents dès l'âge de 15 ans. Initié à la peinture par son père, il suivit à Calais les cours de l’aquarelliste François Louis Francia. Un an plus tard, la famille s'installa à Paris et le jeune adolescent s'inscrivit au cours du baron Gros, maître de la tradition néo-classique héritée de David. Bonington, à l'esprit trop indépendant pour accepter un tuteur aussi autoritaire, abandonna en septembre 1821. Il décida de se former lui-même au Louvre, puis voyagea en France et en Italie. Remarqué par les collectionneurs, son œuvre eut enfin le succès mérité en France comme en Angleterre à partir de 1822. Retourné en Angleterre, il mourut de tuberculose en 1828, à l'âge de 26 ans. L'ensemble de l’œuvre de ce peintre, mort beaucoup trop tôt, peut être consultée sur le site « The Wallace collection ».


Louis-Joseph Coutan, marchand ou amateur éclairé ?

Henry de Chennevières, dans La gazette des beaux-arts de juillet 1883, esquisse une biographie de Louis-Joseph Coutan :

« M. Coutan avait été l'un des marchands de tableaux les mieux achalandés de la Restauration ; il florissait vers 1820, et le romantisme étalait à ses vitrines ses premières productions. Doué d'un flair infaillible, il devina les vrais maîtres de l'époque et les soutint de son crédit et de ses influences. Il était leur ami et un peu leur père ».


H. de Chennevières analyse le portrait (ci-dessus) de M. Coutan dessiné en 1828 par Paul Delaroche, aujourd'hui exposé au musée du Louvre :

« Comme la franchise et la probité répandent sur les traits une bonhomie intelligente. Comme cette figure de bourgeois intègre n'annonçait guère le type de marchands d'aujourd'hui ! … M. Coutan comprenait d'une tout autre manière son rôle d'intermédiaire entre l'artiste et l'amateur. Il joignait au soin de ses intérêts matériels l'amour passionné des choses de l'art et savait se grandir par ses bienfaits et sa protection. Les peintres trouvaient en lui le meilleur des conseillers, le confident toujours prêt à recevoir des aveux désespérés. Aussi avaient-ils pour M. Coutan, une véritable vénération et l'accablaient-ils chaque jour de leur reconnaissance. La collection Coutan fut en partie formée de ces preuves réitérées de gratitude. Cette origine explique les beautés de premier ordre de ce cabinet. Géricault, Ingres, Bonington, Isabey, Decamps, Charlet étaient dans l'usage d'offrir à l'honorable marchand une esquisse ou une « première pensée » de leurs ouvrages importants, et ces sortes d'hommages enrichissaient bientôt les portefeuilles et la galerie de M. Coutan. Prud'hon lui-même dut le gratifier ainsi des prémices de ses œuvres, car M. Coutan possédait d'incomparables morceaux du peintre divin. Mais toutes les richesses de l'aimable amateur ne provenaient pas de dons gracieux : il acquérait souvent des pièces capitales et s'était fait un point d'honneur de rassembler l'ensemble le plus complet sur l'école moderne. Les vieux maîtres français ne paraissaient pas l'avoir séduit et il se restreignit aux artistes de son temps. Cette résolution exclusive, en donnant une parfaite unité à ses recherches de curieux, favorisait le développement de sa collection spéciale ».

L.-J.-A. Coutan était-il réellement marchand de tableaux ? Il semble que non, car Hans Naef, dans son ouvrage consacré à Ingres10, cite Étienne François Haro (1827-1897), marchand de tableaux et collectionneur :

« M. Coutan et M. Hauguet son beau frère n'ont jamais été marchands de tableaux et n'en ont jamais fait le commerce. Des relations de famille non interrompues, des souvenirs personnels, me permettent de rectifier cette assertion erronée, ainsi que le désirent les héritiers de la collection Coutan-Hauguet.

Possesseur d'une belle fortune M. Coutan, grand négociant de draperie, fut un collectionneur et un amateur émérite. M. Hauguet, son beau-frère et son héritier, fit comme lui un peu de peinture, il s'occupa également de musique et joua avec succès du violon et du violoncelle ».

À Eaubonne, M. et Mme Coutan employaient trois domestiques, une femme de chambre, un valet polonais et une cuisinière11.

Louis Joseph Auguste Coutan mourut en 1830 et une partie de sa collection fut mise en vente, dont La petite baigneuse, qui changea plusieurs fois de propriétaires avant d'être achetée par le Louvre en 1908. Une note dans l'ouvrage de Delaborde consacré à Ingres12 précise :

« Plusieurs tableaux célèbres de l'école moderne, le Marcus Sextus de Guérin entre autres, et le Sodoma mourant de Granet, proviennent de cette collection, dont une partie appartient encore aujourd'hui à un membre de la famille de M. Coutan, madame Hauguet ».


La famille Hauguet

Louis-Joseph Auguste Coutan avait épousé, le 5 mai 1807 à Paris, Lucienne Hauguet, dont la mère, Marie Hauguet, vint s'installer à Eaubonne vers 1828. On relève le nom de Madame Marie Hauguet, alors veuve de Pierre Jacques Charles Hauguet, sur le plan cadastral levé en 1834. Elle est propriétaire d'une grande maison entourée d'un parc portant les numéraux cadastraux 727 et 728 (terrain en L dans le quart sud-ouest du plan en Annexe 1).

Le terrain avaient été acquis en 1823 et 1828, d'une part à Jean-Pierre Hamelin13 et à son épouse Marie-Jeanne Charpentier, et d'autre part à François Meunier14 et son épouse Denise Charpentier15.

Mme Hauguet fit élever une maison sur cave avec un sous-sol (antichambre, cuisine, office, salle de bain, lingerie, buanderie), un rez-de chaussée (salle à manger, salon, boudoir, salle de billard), un étage (8 chambres, cabinet de toilette, WC), chambres de domestiques et grenier. Dans le parc : écuries, pièces d'eau avec îles et rochers, kiosque, serres et jardin potager16.

Cette maison, agrandie par les propriétaires qui ont suivi, est connue aujourd'hui sous le nom de Résidence La Vallée, au n°6 ter de la rue de Soisy. Sur la photo ci-après, seule la partie gauche de la maison correspond à la résidence de Madame Hauguet.



La Résidence « La Vallée » (cliché J. Rioland)


Pierre Jacques Charles Hauguet et son épouse eurent deux enfants : Ferdinand, connu comme artiste peintre, et Lucienne, qui épousa Louis Joseph Auguste Coutan.

Madame Louis Coutan, née Lucienne Hauguet, décéda le 25 août 1838, sans enfants. Ferdinand Hauguet, son frère, hérita de la collection de tableaux et du Pavillon de Saint-Lambert d'Eaubonne. On peut lire dans l'ouvrage de Lapauze :

« Ingres, malgré le temps écoulé et la distance de Paris où il vivait alors, n'avait rien oublié de ses anciennes obligations envers M. Coutan et envers sa famille. Aussi écrivit-il de Rome à M. Gatteaux, le 9 décembre 1838 : « Vous saurez qu'à mon arrivée à Paris, en 1824, la sollicitude de l'excellent M. Coutan me força de recevoir d'avance trois mille francs à compte sur des tableaux qu'il désirait de moi. Je ne lui en ai jamais fait qu'un au prix de mille francs. Restent donc deux mille francs à remettre au frère de madame Coutan, décédée. Cet ange de femme que nous aimions tant n'a jamais voulu recevoir le reste de la somme due, s'imaginant peut-être que cela me gênait, ou bien parce qu'elle comptait que je lui peindrais quelque chose. J'ignore si elle a prévenu son frère de cette affaire, mais je ne veux pas différer de l'acquitter... Le croiriez-vous ? Cette excellente amie a encore, par-dessus tout, tellement pensé à moi, qu'elle m'a légué comme souvenir le dessin des Sabines de David ! »17.

Le 23 octobre 1842, Mme Marie Hauguet, qui résidait toujours à La Vallée, décéda à son tour, léguant cette résidence à son fils Ferdinand qui la revendit le 19 mars 1855 à Auguste Antoine Bonin18.

En 1860, Ferdinand Hauguet légua la collection à son fils unique, Maurice Hauguet. Le Catalogue raisonné de l'œuvre de Géricault, publié par Charles Clément19 en 1879, fait apparaître dans la collection Hauguet neuf peintures et dessins du maître. Il s'agit de chevaux, animaux qui étaient depuis son enfance une véritable passion pour le peintre. Ingres mourut à Paris en 1867.

Maurice Hauguet décéda le 20 janvier 1883 à Antibes, sans enfants. La collection passa à son épouse, née Marie-Thérèse Schubert, qui décéda à Antibes le 15 mars de la même année, sans enfants. Le père et la sœur de Mme Hauguet, respectivement Jean Schubert et H. Schubert, épouse Milliet, sont ses héritiers. En juin 1883, ils décidèrent de donner une partie de la collection au Louvre.

Henry de Chennevières, dans La gazette des beaux-arts de juillet 1883, cite la lettre de Madame Milliet à Jules Ferry, ministre de l'instruction publique et des beaux-arts :

« Monsieur le Ministre, M. Coutan, fort connu de son temps du monde des artistes pour la belle collection qu'il avait intelligemment formée de tableaux et de dessins des grands maîtres du Premier Empire et de la Restauration, tels que David, Gros, Descamps, Prud'hon, Paul Delaroche, Horace Vernet, Bonnington, Ingres, Gudin, etc., etc.[...] est décédé en 1830 [...]. Nous sommes donc aujourd'hui, mon père et moi, propriétaires dans les proportions ci-dessus de la collection Coutan. M. et Mme Albert Hauguet n'ont fait aucune disposition écrite au sujet des œuvres qui la composent ; mais ils m'ont exprimé verbalement l'un et l'autre le désir que cette collection fût offerte en leurs noms à l’État pour le musée national du Louvre. C'est donc un devoir pieux et de conscience que nous remplissons, mon père et moi, en offrant cette collection à l’État, persuadés qu'une place honorable lui sera réservée au musée du Louvre. Nous demandons que la collection conserve le nom de son fondateur et porte le titre : Collection Coutan ; don Hauguet, Schubert et Milliet ».


M. de Ronchaud, directeur des Musées de France, chargea M. de Tauzia, conservateur des dessins, de choisir dans la collection considérable de M. Coutan les chefs-d'œuvres propres à honorer sa mémoire.

Aujourd'hui, trente-six œuvres provenant de la collection Coutan-Hauguet-Schubert-Milliet sont exposées au Louvre20. On peut y admirer le portrait de Monsieur Coutan dans sa jeunesse, par Jean Baptiste Jacques Augustin, cinq dessins et deux peintures Richard Parkes Bonington, trois peintures de Alexandre Gabriel Descamps, deux dessins de Paul Delaroche, dix peintures et dessins de Théodore Géricault, deux peintures de Anne-Louis Girodet de Roucy-Trioson, trois peintures de Antoine Jean Baron Gros, une peinture de Pierre Narcisse, baron Guérin (Le retour de Marcus Sextus), trois peintures de Jean Auguste Dominique Ingres (dont la Chapelle Sixtine et la petite Baigneuse), quatre dessins et peintures de Pierre Paul Prud’hon (dont le Christ sur la croix, peint en 1822).

Le 16 janvier 1903, le journal Le Gaulois annonce la réalisation d'une plaque de marbre qui devait être placée à gauche de l'entrée de la galerie d'Apollon portant, gravés en lettres d'or les noms des principaux donateurs. On peut y lire les noms des Eaubonnais : Davillier, Milliet, Schubert et Hauguet.

Puisse le souvenir de cette grande famille qui donna à nos musées tant de chefs-d’œuvre animer longtemps les visiteurs du Château Philipson et de la Résidence de la Vallée !


Jacques Rioland,

Cercle Historique d'Eaubonne,

novembre 2010.



Bibliographie


- Clément (C.), Géricault, étude biographique et critique, Didier et Cie., 1879.

- Delaborde (H.), Ingres, sa vie, ses travaux, sa doctrine, Plon, 1870.

- Foucher (S.), Notre-Dame du Val, abbaye cistercienne en Val-d'Oise, Éditions du Valhermeil, 1998, 290 p. *

- Lamant (H.), « Eaubonne en 1900 », Publication CHAEVM, n° 3, 1976, 150 p.*

- Lapauze (H), Ingres, sa vie et son oeuvre, Imp. Georges Petit, 1911.*

- Naef (H.), Ingres (J.-A.-D.), Die Bildniszeichnungen von J.-A.-D. Ingres, vol. 3, Benteli, 1980.

- Thomas (R.), Eaubonne au XIXe siècle, 2009.*

- Thomas (R.), Au village d'Eaubonne, 1988, 303 p.*

- Visme (A. de), « Propriété Dumont », in Essai historique sur Eaubonne (Seine-et-Oise), Paris, 1914, 109 p.*

(*) Documents consultables à la Médiathèque Maurice Genevoix d'Eaubonne

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Annexe 1

Relevé cadastral d'Eaubonne en 1834


(Fonds patrimonial de la médiathèque Maurice Genevoix d'Eaubonne)


Le terrain acquis par la famille Hauguet porte le numéro 128. Il est en bordure ouest du chemin du Bois-Jacques, en forme de « L ». Les parcelles 129 et 130 sont des vignes appartenant à la famille Aubin. Elles seront acquises ultérieurement.

Ce terrain avait été acheté en 1823 et 1828, d'une part à Jean-Pierre Hamelin21 et à son épouse Marie-Jeanne Charpentier, et d'autre part à François Meunier22 et à son épouse Denise Charpentier23. Il s'agit de terres ayant appartenu à Joseph Florent Le Normand de Mézières qui, avant la révolution possédait 70 % des terres d'Eaubonne. Certaines, devenues biens nationaux à sa mort, furent vendues aux enchères en l'an IV. Louis Robert Charpentier et François Meunier furent alors acquéreurs d'un bâtiment et de plusieurs parcelles de terres24. La longue bande qui descend vers le ru de Montlignon constituait l'allée bordée d'arbres qui conduisait au vieux château de la Cour-Charles (situé au niveau de l'actuelle place Roger Salengro). L'accès au château se faisait par un pont enjambant le ru. Certains arbres de cette allée, plantés il y a plus de 250 ans, existent encore.

Le domaine acquis en 1806 par la famille Coutan comprend le château de Saint Lambert et le parc 25 portant les numéros 715 et 716, les pavillons de garde n° 713 et 714, et des terres cultivées (n° 708 à 710) comportant des plantations de cerisiers. Sur le plan cadastral, on peut remarquer que le domaine est coupé par le « chemin Coutan », rebaptisé par la suite « rue de Soisy ».

Un plan de 1945 présente les deux propriétés avant leur lotissement effectué dans les années soixante.


Plan levé en 1945 (Fonds patrimonial de la médiathèque Maurice Genevoix d'Eaubonne)

Le domaine de La Vallée a été agrandi vers l'ouest par l'achat des parcelles n°129 et 130 du cadastre de 1834. Le château a été agrandi de ce même coté, un bâtiment (appelé la Bibliothèque) et un kiosque ont été aménagés en bordure ouest du parc, ainsi qu'une grotte artificielle au début de l'ancienne allée du château de la Cour-Charles (toujours visible, au sud des bâtiments de la résidence). Un verger a été planté au bord du ru. Ce verger sera abandonné pour bâtir le lotissement des Lys.

Dans le parc du château Philipson, on peut noter les écuries construites le long du chemin du Bois-Jacques.

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Annexe 2

La Vallée

Une première carte postale présente une vue coté sud du château de la Vallée au début de XXe siècle :


Carte postale début XXe (Archives municipales d'Eaubonne)

On peut observer l'agrandissement vers l'ouest du château construit par la famille Hauguet. On note au milieu du toit du bâtiment d'origine un lanternon26 hexagonal coiffé d'un dôme, probablement destinée à éclairer une cage d'escalier. Dans le parc on remarque une pièce d'eau et un kiosque.


Une seconde carte postale présente une vue, toujours coté sud, plus récente :


Carte postale début XXe siècle (Archives municipales d'Eaubonne)

Le lanternon hexagonal a été démonté et remplacée par le toit à six pans que l’on voit aujourd'hui.

1 Nommé maire, le 24 juin 1812, suite au décès de Georges Coquatrix-Dupont le 23 avril précédent, et remplacé le 9 avril 1816 par Pierre-Louis Ollivier, dit Ollivier-Descloseaux.

2 Foucher (S.), « Les propriétaires de l’abbaye Notre-Dame du Val depuis la Révolution », in Notre-Dame du Val, abbaye cistercienne en Val-d'Oise, Éd. du Valhermeil, 1998, 290 p., en part p. 127-152.

3 Également marchand drapier (Cf. Almanach du commerce de Paris, pour l'an IX).

4 Cf. nos articles « Régnaud de Saint-Jean d’Angély, bras droit de Napoléon, châtelain en vallée de Montmorency (1760-1819) », « Les constructions de l’architecte Ledoux à Eaubonne » et « Histoire générale d’Eaubonne-Le pavillon Saint-Lambert ».

5 Jean Baptiste Jacques Augustin (1759-1832), peintre miniaturiste français.

7 Henri Lapauze, Ingres, sa vie et son œuvre, Imp. Georges Petit, 1911, (consultable au fonds patrimonial Maurice Genevoix de la médiathèque d'Eaubonne).

8 Ibidem.

9 Ibidem.

10 Hans Naef, J.-A.-D. Ingres, Die Bildniszeichnungen von J.-A.-D. Ingres, Volume 3, Benteli, 1980, p. 414.

11 Renée Thomas, Eaubonne au XIXe siècle, 2009, (consultable au Fond Patrimonial de la Médiathèque Maurice Genevoix d'Eaubonne).

12 Henri Delaborde, Ingres, sa vie, ses travaux, sa doctrine, Plon, 1870, p. 231.

13 Viticulteur, né le 30 juillet 1776 à Eaubonne, marié le 30 germinal an IV à Marguerite Charpentier, fille de Louis Robert Charpentier, garde puis régisseur du domaine de Le Normand de Mézières (cf. Renée Thomas, Au village d'Eaubonne, 1988, 303 p. (consultable au Fond Patrimonial de la Médiathèque Maurice Genevoix d'Eaubonne).

14 Viticulteur, né le 28 juillet 1866 à Eaubonne, marié le 29 pluviôse an V à Marie Denise Charpentier, fille de Louis Robert Charpentier, garde puis régisseur du domaine de Le Normand de Mézières (Idem, p. 57).

15 Devant Robillard, notaire à Montmorency.

16 Renée Thomas, Eaubonne au XIXe siècle, p. 60.

17 Ce dessin a été donné par Ingres au Musée du Louvre en 1856.

18 Renée Thomas, op. cit. p. 60.

19 Charles Clément, Géricault, étude biographique et critique, Didier et Cie., 1879.

20 Répertoire de la Base Joconde

(*) Consultables au Fonds Patrimonial de la Médiathèque Maurice Genevoix d'Eaubonne.

21 Viticulteur, né le 30 juillet 1776 à Eaubonne, marié le 30 Germinal an IV à Marguerite Charpentier, fille de Louis Robert Charpentier, garde, puis régisseur du domaine de Lenormand de Mézières (cf. Renée Thomas, Au village d'Eaubonne, p. 56).

22 Viticulteur, né le 28 juillet 1866 à Eaubonne, marié le 29 Pluviose an V à Marie Denise Charpentier, fille de Louis Robert Charpentier, garde puis régisseur du domaine de Lenormand de Mézières (Idem, p. 57).

23 Devant Robillard, notaire à Montmorency.

24 Renée Thomas, op. cit., p. 239-240.

25 Armand de Vismes indique, pour la propriété Dumont, un parc de 1 ha 31 a 77 ca exactement. Le terrain par-devant le château comprend environ 13 373 m2 (contrat de vente du 17 mai 1890). Cf. Visme (A. de), « Propriété Dumont », in Essai historique sur Eaubonne (Seine-et-Oise), Paris, 1914, 109 p., en part. p. 66.

26 La lanterne apparaît dans les châteaux dès le XVIe siècle (ex. Chambord –Loir-et-Cher), elle marque l’axe vertical du grand escalier, on dit également lanterneau ou lanternon. À partir du XVIIIe siècle, on installe aussi des observatoires astronomiques dans les châteaux, ce qui pourrait être le cas ici.