YVONNE PRINTEMPS ET PIERRE FRESNAY,

COMÉDIENS, À ERMONT



Le théâtre municipal d’Ermont est dédié depuis sa création, en 1976, à Pierre Fresnay et l’espace culturel, au rez-de-jardin, à Yvonne Printemps. Nous découvrirons dans un premier temps ces deux grands acteurs de la vie du spectacle parisien et international et nous verrons quel type de relation Yvonne Printemps a pu nouer avec la vie associative pratiquée à Ermont, au travers d’une troupe d’amateurs de théâtre et de revues, « L’Amicale de la Vallée1 », qui jouait dans l’ancienne salle des Fêtes, dite plus tard salle André Becque2, disparue de nos jours.


Yvonne Wigniolle, dite Yvonne Printemps, a été chanteuse soprano lyrique et actrice dramatique (Ermont, 25 juillet 1894 - Neuilly-sur-Seine, 18 janvier 1977). Chanteuse puis comédienne, la jeune fille rencontre Sacha Guitry. À partir d’avril 1917, Sacha Guitry vit avec Yvonne Wigniolle. Il l’épouse à Paris le 10 avril 1919, leurs témoins sont Sarah Bernhardt, Georges Feydeau et Tristan Bernard. Durant leur vie commune, Yvonne Printemps crée trente-quatre pièces de Sacha Guitry, en reprend six autres et interprète un de ses films. Séparés le 15 juillet 1932, leur divorce sera prononcé le 7 novembre 1934. Elle forme plus tard un nouveau couple d’artistes avec Pierre Fresnay, ils vont organiser ensemble une tournée en Angleterre et aux États-Unis. Au cours de sa carrière artistique, qui s’étend de 1913 à 1958, elle tient des rôles dans de nombreuses opérettes (Si j’étais roi en 1913, l’Amour masqué en 1923), dans des films (La Dame aux camélias en 1934, La Valse de Paris en 1949 et Le Voyage en Amérique en 1951) et dans des pièces de théâtre (Le Bonheur en 1933, Auprès de ma blonde en 1946 et Père en 1958) pour ne citer que quelques titres. Elle repose dans le cimetière de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), aux côtés de Pierre Fresnay3.


« À Ermont tout le monde connaît la petite Wigniolle et on aime l’entendre chanter. Elle est libre et gaie ! Elle monte sur scène à l’âge de onze ans (1905) dans une pièce de théâtre amateur réalisée par « L’Amicale de la Vallée ». Remarquée par Paul-Louis Flers, celui-ci la fait jouer, la même année, au music-hall des Folies Bergère et lui donne le surnom de « Mademoiselle Printemps ». Paul-Louis Flers est un revuiste et l’ancien directeur du Moulin Rouge. De passage à Ermont, elle débute à la Cigale à seize ans (1910-1912) dans une revue au titre évocateur, Nue Cocotte, y campant un Petit Chaperon Rouge assez déluré… »4.


Pierre Jules Louis Laudenbach, dit Pierre Fresnay, né le 4 avril 1897 à Neuilly-sur-Seine et décédé le 9 janvier 1975, a mené une carrière professionnelle d’acteur. Engagé à la Comédie-Française en 1915, sociétaire en 1924, démissionnaire en 1927, il interprète ensuite plusieurs grands rôles : Marius de Marcel Pagnol (1929), l’Hermine de Jean Anouilh (1932). Marié à l’actrice Yvonne Printemps, il continue au théâtre de la Michodière, dont il devient codirecteur, à affirmer sur cette scène, à partir de 1938, un talent fait de raison, d’observation et d’analyse, dans Léocadia de Jean Anouilh (1940), Père d’Édouard Bourdet (1942), le Voyageur sans bagage de Jean Anouilh (1944), les Œufs de l’autruche d’André Roussin (1948). Sa carrière cinématographique est très importante. Il a, dans les films de Pagnol (Marius, Fanny, César), repris le rôle de Marius. Parmi ses autres créations, citons : la Grande Illusion (1937), le Corbeau (1943), Monsieur Vincent (1947), Dieu a besoin des hommes (1950), Il est minuit, docteur Schweitzer (1952), le Défroqué (1954), les Aristocrates (1955), les Évadés (1955), la Millième Fenêtre (1960)5.


L’Amicale de la Vallée 

« Faire le bien en s’amusant », tel est le slogan de cette association artistique ermontoise, fondée en 1905, par M. Larridan. Ses statuts précisent : « Société lyrique et dansante qui a pour but, au moyen de concerts et de bals de resserrer l’amitié qui unit la jeunesse d’Ermont et de ses environs ». Elle tient ses premières assises salle Cadoux, transformée par la suite en cinéma (Le Trianon Palace) et, signe des temps, en garage depuis 1984 environ6.

Dès ses débuts, l’Amicale de la Vallée joue un rôle important dans les manifestations locales et culturelles d’Ermont. La troupe, composée d’artistes amateurs, organisateurs dynamiques et de créateurs compétents, tels que Jean Simon ou André Becque, interprète des pièces de théâtre divertissantes et se spécialise dans les années 30 dans le genre revues locales, très appréciées à cette époque. On relève des titres à l’humour facile, tels que Eh’R’Mont aux Bornes (1931), ou bien R Montrances… d’Ermont Trances (1933).

De 1940 à 1944, malgré l’occupation allemande, l’Amicale de la Vallée se produit à Ermont et dans les localités avoisinantes au profit d’œuvres de bienfaisance.

Lorsque, en 1955, l’association fête son cinquantenaire, elle n’a rien perdu de son énergie et de sa créativité, car les jeunes générations sont venues rejoindre la troupe des artistes. Mais avec la transformation de la ville au cours des années 60, la culture, les spectacles et divertissements s’inscrivent dans un cadre plus structuré en rapport avec l’évolution de la cité. C’est pourquoi en 1968, l’Amicale de la Vallée, image d’une époque révolue, cesse ses activités.

Cependant, la ville n’a pas oublié que l’actrice Yvonne Printemps est née à Ermont, et que toute jeune, elle est venue participer aux spectacles de l’association. Son nom a été donné à l’espace culturel du théâtre d’Ermont, comme un lien subtil qui rappelle une solide et populaire association7.

En 1994, Ermont a rendu un hommage à Yvonne Printemps pour le centenaire de sa naissance en ce lieu. Une grande exposition lui a été consacrée, du 22 octobre au 1er novembre 1994. Voici comment André George, président de l’Office Culturel Municipal la présenta :


« Prodigieuse destinée que celle d’Yvonne Printemps !...d’Ermont où elle débuta avec l’Amicale de la Vallée…le Music’ hall…le couple prestigieux avec Sacha Guitry et enfin sa longue, longue romance avec Pierre Fresnay…

Yvonne Printemps a connu toutes les gloires sur les scènes françaises et étrangères ; sa voix unique, éblouissante, restera le témoin inoubliable d’une époque.

Ermont se devait d’évoquer cette vie exceptionnelle… ».


Dans le catalogue publié à cette occasion8, des grands noms du spectacle parisien et étranger lui ont rendu hommage, nous suivrons en premier ce qu’en rappelle, pour le music-hall, Jean Barreyre9 dans son « Yvonne Printemps et le Music-hall ».


Yvonne PRINTEMPS et le Music-hall

« Yvonne Printemps est née à la vie du théâtre à l’âge de Juliette, sur une scène qu’avaient peuplée, comme dans une fantaisie shakespearienne, des lutins étranges qui s’appelaient Little Tich, Grock ou Charlot et, plus empanaché que Mistinguett, Antonet. Maurice Chevalier pouvait les saluer de son chapeau de paille….

Pour la revoir, fragile, surprenante, trop grande pour son âge, la jambe exquise, la cuisse ronde et la poitrine garçonnière, le visage d’ange malicieux sous une toque placée de côté crêtant la chevelure, il faut, comme dans les contes, écarter les haies d’or qui enclosent les parcs des châteaux en Espagne. On la rejoint sur la scène des Folies-Bergère où elle chantait pour la première fois, suivie d’un cortège de damoiseaux et de dames de cour.

Il fallait qu’elle soit dotée d’une voix unique, plus harmonieuse que le cristal heurté, pour que voltigent encore et murmurent les paroles de la chanson de ses débuts dans nos souvenirs.

Dans un attirail de carton-pâte et un fond de toile rêche où s’élève une construction française du XVIe siècle, Yvonne Printemps laisse errer sa voix pour célébrer, sur un air de Paul Delmet, les grâces d’Azay-le-Rideau.

Il serait inutile pour rendre les impressions d’une salle, après son passage, d’étudier le pouvoir d’une voix, le trouble, le ravissement qu’elle communique à une communauté. Je sais que ce fut la surprise de cette revue.

Dans les coulisses des Folies-Bergère, on ne parlait que de ce petit page long et mince comme Peter Pan qui aurait enfin grandi, avec les mots murmurés dans la chambre des malades. Ne croyait-on pas qu’elle « s’en allait de la poitrine » ? On ne pouvait pas être aussi élancée, affinée, avoir les teintes si délicates des portraits de Marie Laurencin, être aussi charmante sans être reprise par une nature avare des trésors trop précieux qu’elle cède dans un jour d’abandon.

Mais que les artistes rompus aux exercices du music-hall, qui en connaissent les servitudes et les disciplines, se soient effrayés de voir cette écolière suivre les cours de cette haute et rude école, n’est-ce pas naturel ? Ils n’ignorent rien de ces efforts que l’on ne peut même pas éviter à la vedette la plus favorisée. Les répétitions sont longues, harassantes, on recommence les défilés, les danses, on reprend les chœurs et les scènes, on passe pour les mises au point des nuits entières. Et, pendant les représentations, les jeunes femmes courent comme des folles, gravissent vingt fois les interminables escaliers pour regagner leurs loges, changeant vingt fois de costume et sur la scène elles accourent sans répit.

Les nécessités de ces spectacles, ces disciplines, n’ont-elles pas aidé à la formation d’Yvonne Printemps ?

Sa résistance, sa dureté au mal aussi ! Chez Yvonne Printemps tout s’exagère, on s’étonne de ne pas l’entendre jamais se plaindre d’une vraie souffrance. Et je crois que cette femme charmante, dont l’humeur est aussi légère, exige de son corps une docilité exemplaire, le domine et ne lui permet de souffrir que lorsqu’elle le veut bien, toute énergie relâchée.

Grands mouvements de l’âme ! Crise mystérieuse et lumineuse que cette remontée des éléments magiques de l’inconscience ! Que de mots merveilleux, étranges, de colères ou de joies charmantes, d’injustes aperçus, de subtiles raisons, de fulgurantes pensées qui donnent l’impression de suivre les jongleries de quelque feu d’artifice, quand elle ne « se connaît plus » ! On reste interdit, incompréhensif, béant !

Yvonne Printemps croit au travail – ce que ses familiers lui dénient ! Ils citent ses qualités naturelles, ses dons. Qui a raison ? Elle parle de son professeur de chant avec reconnaissance, et des musiciens, des chanteurs protestent qu’elle était une artiste exceptionnelle et qu’elle n’eut jamais besoin d’aide et de leçons.

Le music-hall regrettera toujours une artiste qu’il n’a pu retenir. Cette diversité de moyens, cette multiplicité de dons eussent fait d’elle une animatrice incomparable. Légère, portant admirablement les costumes diamantés, chantant de sa voix qui embellit tous les mots, dansante et aussi docile qu’une contorsionniste. Yvonne Printemps aurait pu se livrer, à sa manière, à d’extraordinaires imitations, s’il lui avait plu ! Je lui ai vu imiter, sans jamais déformer son visage, maints personnages et rendre si bien le défaut, la tare, que si je rencontrais le modèle pour la première fois, je cherchais où j’avais bien pu, avant, le connaître ! Parbleu ! Dans la loge d’Yvonne Printemps, quand elle l’avait campé ! Elle avait sténographié, si l’on peut dire, son apparence, d’un retroussement des lèvres, d’un froncement des cils.

Elle reçoit avec un enthousiasme qui donne chaud au cœur, ou avec une gentillesse ironique qui laisse le visiteur dans l’indécision. Quelquefois, elle lui en veut de quelque action qu’il a commise au détriment d’un ami – et qu’il a peut-être oubliée. Aussi, ces courts moments, entre deux actes, sont-ils toujours d’une intensité grésillante. Sa loge fleurie – cette magicienne prolonge des semaines le destin des fleurs – fait respirer un air doré où l’on sent l’hydrogène de la bombe atomique !

On m’a dit que le trait juste, la goutte de vitriol bien placée, Yvonne Printemps ne regardait la glace, pour son examen professionnel, qu’avec une feinte innocente, sûre de l’effet produit. Si c’était du travail artistique, il était bien fait et improvisé, en tous cas, sur l’instant. Comme de génie. Je n’ai vu que du bleu dans ses yeux ! Je n’explique son caractère, les fonctions d’un esprit fantasque, que par cette sorte d’hyperesthésie, cette force nerveuse, inquiétante, incontrôlable qui emportent et qui font que prise au jeu du théâtre comme au jeu de la vie par sa propre imagination, elle s’exténue, se pâme et se brise comme l’héroïne qu’elle incarne, jetée sur la scène pantelante et torturée, vivant la passion reproduite jusqu’à souffrir longtemps et ne revenir à soi, à nous, le rideau baissé, tout en pleurs, qu’avec l’étonnement d’un long évanouissement. Etrange artiste en tout cas et qui sort de l’habituel !

Les revuistes se contentent d’associations faciles. Qu’est-ce qui chante ? La chanteuse et l’oiseau. L’oiseau se balance sur une branche. Pourquoi ne pas suspendre, dans une revue de l’Olympia, en 1914, Yvonne Printemps à un trapèze ? Yvonne Printemps se balança et chanta au-dessus de la salle une mélodie qu’elle rendit populaire Je sais que vous êtes jolie.

De ce trapèze de l’Olympia, Yvonne Printemps s’élançait sur les scènes des opérettes et de la comédie. Elle quittait le music-hall qu’elle avait rendu plus harmonieux. Il perdait sa merveille ! Mais qu’elle image d’elle il gardait ! La plus gracieuse des créatures, femme-oiseau bleu, être magique, oscillant dans les airs, suspendue, balancée au rythme d’une chanson qui lui répétait qu’elle était si jolie… ».

Jean Barreyre.


Revues jouées par Yvonne Printemps

- 1910 à 1912 : Nue Cocotte à la Cigale – Revues aux Folies Bergère - Revues à l’Alcazar – Revues aux Ambassadeurs - Et patati et patata de Hugues Delorme et Nanteuil – Théâtre des Capucines – La revue de Hugues Delorme – Olympia.

- 1915 : La revue de Rip et Verneuil - Théâtre du Palais Royal - Nouvelle Revue 1915 - Théâtre Antoine – Il faut l’avoir de Sacha Guitry et Albert Willemetz - Théâtre du Palais Royal.

- 1916 : Tout avance d’Albert Willemetz - Théâtre du Gymnase.

- 1918 : La revue de Paris de Sacha Guitry et Albert Willemetz - Théâtre du Vaudeville.

- 1924 : La revue de Printemps de Sacha Guitry et Albert Willemetz - Théâtre de l’Étoile.

- 1930 : Et vive le Théâtre ! De Sacha Guitry et Albert Willemetz - Théâtre de la Madeleine.

- 1931 : La revue coloniale de Sacha Guitry et Albert Willemetz - Théâtre de la Madeleine.

Nous suivrons ensuite ce qu’en indique, pour l’opérette, l’Anglais Noël Coward10 dans son « Yvonne Printemps et l’Opérette ».


Yvonne Printemps et l’Opérette

« Au cours de mes quarante années de théâtre, j’ai connu des milliers de beaux acteurs, chanteurs et danseurs, mais bien peu qui fussent d’authentiques étoiles. C’est dans cette catégorie-ci que je classe Yvonne Printemps. Non qu’elle ressemble à telle ou telle de ses sœurs, mais précisément parce qu’elle est différente de toutes. Avec elles, elle n’a pas de commun que d’être unique et d’avoir rendu son nom inséparable de l’histoire de son temps.

Il m’eut été impossible d’écrire sur « Yvonne Printemps et l’Opérette » une analyse critique pour la simple raison que, dès la première fois qu’elle m’apparut, au premier acte de L’Amour Masqué, chantant assise dans son lit J’ai deux amants, elle annihila en moi toute faculté critique. Pendant les années qui suivirent, je lui ai entendu chanter Mozart, Mariette, Trois Valses et l’opérette que j’écrivis et composai pour elle Conversation Piece. Je l’ai entendu chanter dans des états de nervosité tels qu’elle avait peine à se tenir debout, je l’ai entendue chanter étant gaie, étant triste, en colère ou malade, je ne l’ai jamais entendue chanter mal : elle le voudrait qu’elle ne le pourrait pas. Il y a un je ne sais quoi dans sa voix – pas seulement quand elle chante, mais quand elle parle – qui transperce le cœur.

Pas plus tard que la semaine dernière, étant à Paris avec Vivien Leigh et Laurence Olivier, nous assistions à la Michodière à la représentation d’Hyménée11. Le rideau se leva sur Yvonne, infirme dans un fauteuil roulant… Elle parla très simplement, du ton le plus ordinaire et l’habituelle magie opéra aussitôt. Je jetai un coup d’œil vers Vivien et Larry près de moi : leurs yeux étaient remplis de larmes et, en silence, Vivien farfouillait dans son sac en quête d’un mouchoir.

Dans la vie privée, elle chante pour un oui ou pour un non, à propos de tout et à propos de rien : heureuse et détendue, même dans un restaurant, elle ouvrira la bouche et un roucoulement d’oiseau s’en échappera, mais, l’idée d’avoir à chanter en scène la plonge dans une pathologie de frénésie12. Je n’ai jamais constaté chez personne d’autre un trouble nerveux comparable. Et ce n’est pas seulement les soirs de générale qu’il s’empare d’elle – ce qui serait compréhensible – mais à n’importe quelle représentation.

Combien de fois pendant Conversation Piece, ne l’ai-je pas vue en coulisses attendre son entrée, les mains crispées l’une sur l’autre et tremblant de tous ses membres ! À cela aucune raison apparente : masochisme13 peut-être ? Si l’un de ses rôles chantés avait été pour elle un échec on comprendrait ; mais elle n’a – si je ne me trompe – connu comme chanteuse que de triomphants succès.

Bien sûr, dans Conversation Piece, il y avait une raison capitale à sa nervosité : elle jouait et chantait un long rôle en langue étrangère. Quand quelques années plus tard, j’eus l’occasion d’interpréter en français l’une de mes pièces, je mesurais sans peine ce qu’elle avait dû souffrir. Encore comprenais-je le français et le parlais-je assez couramment – ce fut malgré cela une rude épreuve ! – mais elle n’avait pas alors la moindre notion d’anglais, dont aujourd’hui encore, il faut bien le dire, elle ne baragouine que quelques mots. Par contre, je le dis non sans fierté, à la fin des représentations de Conversation Piece, les acteurs anglais de la Compagnie parlaient, pour la plupart, un français excellent.

Elle arriva à Londres pour la première répétition, son texte impeccablement su. Dès le premier jour, la Compagnie anglaise se prit pour elle d’une sorte d’adoration, mais marqua, après deux semaines de répétitions, quelque surprise de ne l’entendre jamais chanter. Chaque jour, quand venait le moment de répéter ses airs, Yvonne s’approchait du piano et marmonnait pour elle-même les paroles sans émettre le moindre son. Un soir, au début de la troisième semaine, vint le moment de l’aria Plus de Cœur discret : je m’attendais à voir Yvonne demeurer, une fois de plus, immobile et muette. L’accompagnateur plaqua l’accord d’introduction et soudain, sans le moindre avertissement, Yvonne prit le parti de chanter. La Compagnie qui, jusque-là, n’avait pas entendu de sa bouche une seule note, fut clouée sur place. Elle chanta passionnément et divinement le morceau entier : l’effet fut magnétique. Elle finit les bras largement étendus tandis que mourait dans le théâtre vide le pur écho de son ultime naturel.

Après un moment de silence stupéfait, la troupe entière devint folle : elle cria, elle acclama. Yvonne pendant ce temps se dissolvait bien entendu en des torrents de larmes et j’étais moi au comble de l’émotion. Ce fut pour ces « gens du théâtre » un moment de théâtre suprême. Dans une command performance, elle chantera magnifiquement pour les rois et les reines de ce monde ; un soir de générale, elle chantera superbement pour de mal éduqués retardataires et pour des critiques boudeurs, mais, pour ses « gens à elle », dans un théâtre vide et à demi éclairé, elle chantera avec tout son cœur et le cœur d’Yvonne Printemps est encore plus grand que son talent ».

Noël Coward.


Opérettes jouées par Yvonne PRINTEMPS

- 1913 : Si t’étais roi de P.-L. Flers – Scala.

- 1913 : Les Contes de Perrault d’Arthur Bernède. Musique de Fourdrain – Théâtre de la Gaité Lyrique.

- 1914 : Opérette des X - Olympia.

- 1916 : Le Poilu de Maurice Hennequin et Pierre Véber. Musique de Maurice Jacquet - Théâtre du Palais Royal

La Petite Dactylo de Maurice Hennequin et Georges Mitchell. Musique de Maurice Jacquet - Théâtre du Gymnase.

- 1923 : L’Amour Masqué de Sacha Guitry. Musique de Messager – Théâtre Édouard VII.

- 1931 : La S.A.D.M.P. de Sacha Guitry et Albert Willemetz - Théâtre de la Madeleine.

- 1934 : Conversation Piece Noël Coward – His Majesty’s Theatre, Londres.

- 1936 : O Mistress Mine ! de Ben Travers. Airs de V. Ellis – St-James Theatre, Londres.

- 1937 : Trois Valses de Léopold Marchand et Albert Willemetz. Musique d’Oscar Straus - Théâtre des Bouffes-Parisiens.

Nous suivrons maintenant ce qu’en analyse dans le détail, pour le théâtre, Albert Dubeux14 dans son « Yvonne Printemps et le théâtre »


Yvonne PRINTEMPS et le théâtre

« Yvonne Printemps n’est-elle pas un de ces phénomènes du théâtre qu’il faut se contenter de subir et d’aimer et n’est-on pas coupable, au départ, de s’efforcer même à l’expliquer ?

Paradoxalement peut-être, mais d’autant plus catégoriquement, elle s’est voulue comédienne et, autre forme de sa prodigalité, considère ses dons de chanteuse comme accessoires. On la reconnaît bien là.

Ce paradoxe, durant toute sa carrière de comédienne, elle s’est divertie à l’imposer : elle n’a jamais rien entrepris en vain. Mais le mélange des genres déroute le Français qui volontiers catalogue les valeurs. Quand on chante comme Yvonne Printemps, pourquoi ne pas chanter toujours ? La grande rivale d’Yvonne Printemps comédienne, c’est Yvonne Printemps chanteuse. Parce que celle-là a refusé de s’en tenir à l’exploitation unique, simple, brillante et lucrative de ce don exceptionnel échu à celle-ci, elle a été tenue à chaque étape de sa carrière – et l’est encore – de refaire la preuve de son talent.

Second handicap : le fameux charme. Jamais le mot n’a été si fréquemment écrit et prononcé qu’à propos d’elle : de quoi l’accabler, ou plutôt l’édulcorer, la neutraliser définitivement. Tout prêt à surgir de « charme », le redoutable adjectif : charmante. Le sourire, la source, les oiseaux, les fées si constamment et si légitimement évoqués à propos de la chanteuse étaient là qui guettaient la comédienne, lui tendant leurs pièges.

Ce tempérament aux contrastes si tranchés, si heurtés qu’on croit y découvrir – mais ce n’est qu’une apparence – la contradiction : violence et tendresse, exigence et bonté, volonté et irrésolution, acharnement et nonchalance, spontanéité et réflexion, foi et scepticisme, rigueur et liberté, équité et injustice, profondeur et légèreté, tout cela la comédienne l’a mis au service de ses personnages, se révélant progressivement à nous à travers eux mais toujours avec une pudeur qui, singulier mérite, n’a jamais amolli le trait de ses interprétations. Elle a été toutes les femmes, les plus différentes, les plus opposées, les plus irréductibles entre elles sinon en leur suprême féminité. Dans son répertoire voisinent, pêle-mêle, ingénues de tous les types : la romanesque, la comique, la volontaire, la coquette, la misérable ; grisettes ; bourgeoises : jeunes filles, femmes mariées, mères de famille, l’agressive, l’éplorée, la perverse, l’infidèle malgré elle, beaucoup d’honnêtes, une éprise d’absolu, une provinciale, un bas-bleu, une infirme ; des comédiennes bien entendu : la femme de Molière, une débutante sans talent, une actrice de drame, une tragédienne, une diva d’opérette, trois vedettes de music-hall et deux stars ; des femmes du peuple : cabaretière, mendiante, domestique, paysanne ; toute la gamme des femmes entretenues : poules, demi-mondaines, grandes courtisanes ; des princes de sang ; dix travestis en tête desquels le divin Mozart et le misanthrope Alain Gerbault. Et une foule de créatures fantaisistes. Tous ces êtres de fiction se côtoyant, se mêlant hors de toute progression d’âge : elle jouait une centenaire il y a vingt cinq ans et, hier encore, une jeune fille à marier.

Elle procède comme un chasseur : guettant, épiant le personnage. Feignant l’indifférence, elle rôde autour de lui dans ses instants de flânerie et de rêverie. Aux répétitions même, elle agit comme s’il n’existait pas, amusant sa mémoire avec les mots. L’auteur pâlit, le metteur en scène s’étrangle de rage. Puis, un soir comme les précédents, tout d’un coup, sans raison – pourquoi à ce moment plutôt qu’à un autre ? - Yvonne Printemps disparaît de la scène et c’est une femme nouvelle qui prend sa place. Il n’y a rien à expliquer : on constate et l’on s’étonne. Cette fille d’Yvonne Printemps, qui lui ressemble et qui n’est pas elle, va vraiment vivre de sa substance et en nourrir son existence éphémère. Mais entre le moment où le personnage commence de s’installer et celui où il devient maître du lieu, il y a toute une période où la comédienne l’aide à cette prise de possession en lui prêtant son expérience théâtrale : c’est là qu’on peut surprendre Yvonne Printemps au travail. Ce qui frappe d’abord, c’est avec quelle sûreté elle arrive à la justesse dans le comportement physique : attitude et façon de se mouvoir du personnage. Son instinct de la danse entre pour une grande part dans l’aisance et la grâce de son évolution sur le plateau. Mais ce qui, de nouveau, participe du mystère, c’est que, non contente de se mouvoir harmonieusement à la surface de la scène, elle semble l’emplir encore dans ses autres dimensions. Rayonnement, apport personnel fuyant encore devant l’analyse, densité et force d’expansion humaines : présence.

Nous sommes loin ici, on le voit, de toute technique : il s’agit d’une faculté de l’être entier à se traduire, à s’exprimer théâtralement.

Il faut revenir, si brièvement que ce soit, sur la soumission d’Yvonne Printemps au personnage : elle la pousse, peut-on dire, surtout sur le plan sensible, jusqu’à l’identification. Noël Coward, cherchant à expliquer la persistance chez Yvonne Printemps de ce phénomène d’angoisse que les gens de théâtre appellent le trac, lance sans paraître y attacher d’importance l’hypothèse d’une certaine forme de masochisme15. Aux observateurs du talent si singulier de cette comédienne, il ouvre par là des horizons. Oui ! L’honnêteté, la conscience professionnelle d’Yvonne Printemps sont authentiques, indubitables. Elles ne suffisent pas toutefois à expliquer cette sorte de fureur qui la pousse à s’accabler elle-même des misères de ses personnages. Cela rejoint un goût de la souffrance qu’en compensation, peut-on croire, de tant de bonheurs qui lui ont été et lui sont accordés elle entretient et cultive en elle. Comme je lui faisais part, récemment, après une représentation d’Hyménée16, de ma surprise devant l’émotion qui, plusieurs fois, l’avait, au cours de la soirée, totalement submergée : « Oui, répondit-elle, je n’étais guère entrain au début de la soirée. J’ai pensé que si je me faisais beaucoup de mal, cela ferait peut-être du bien et j’y suis allée à fond ».

Albert Dubeux.


Yvonne Printemps poursuit sa carrière de chanteuse jusqu’à la fin des années 1950, prenant parallèlement la direction du Théâtre de la Michodière. Sa dernière apparition sur la scène de ce théâtre sera pour l’Hyménée, où elle joue un rôle d’infirme, dans un registre dramatique bien éloigné de celui qui a fait sa gloire17.

La seule fois que je rencontrai Yvonne Printemps, elle venait de chanter pour la dernière fois de sa carrière en scène. Non seulement chanter, mais enchanter un public ébloui. Toute étonnée qu’elle fût, découvrant quelqu’un qui, sans vouloir être comédien, avait décidé de vouer sa vie au théâtre, elle ne savait quoi me conseiller et finalement me souhaita « ses vœux ». Le hasard, le destin peut-être, comme elle le chanta, m’ont fait ne jamais la quitter depuis de longues années.

Jacques Crépineau18.


Pièces de théâtre jouées par Yvonne PRINTEMPS

- 1931 : Franz HalsSa dernière volonté ou l’optique du théâtreChagrin d’amourMonsieur Prudhomme a-t-il vécu ? De Sacha Guitry - Théâtre de la Madeleine.

- 1932 : FrançoiseLe Voyage de Tchong-Li de Sacha Guitry - Théâtre de la Madeleine.

- 1933 : Le Bonheur d’Henri Bernstein - Théâtre du Gymnase.

- 1935 : Margot d’Édouard Bourdet - Théâtre de Marigny.

- 1939 : Trois Valses de Léopold Marchand et Albert Willemetz. Musique d’Oscar Straus - Théâtre de la Michodière.

- 1940 : Léocadia de Jean Anouilh - Théâtre de la Michodière.

- 1941 : Comédie en trois actes de H.-G. Clouzot – Théâtre de l’Athénée.

- 1942 : Père d’Édouard Bourdet - Théâtre de la Michodière.

- 1945 : Vient de paraître d’Édouard Bourdet - Théâtre de la Michodière.

- 1946 : Auprès de ma blonde de Marcel Achard - Théâtre de la Michodière.

- 1948 : Du côté de chez Proust de Curzio Malaparte - Théâtre de la Michodière.

- 1951 : Le Moulin de la Galette de Marcel Achard - Théâtre de la Michodière.

- 1952 : Hyménée d’Édouard Bourdet - Théâtre de la Michodière.

- 1954 : Voici le jour de Jean Lasserre - Théâtre de la Michodière.

- 1956 : Le Voyage à Turin d’André Lang - Théâtre de la Michodière.

- 1958 : Père d’Édouard Bourdet - Théâtre de la Michodière.


Yvonne PRINTEMPS et le cinéma

Mais la carrière d’Yvonne Printemps, c’est aussi le cinéma, avec une dizaine de films, réalisés depuis la période (1918-1951) où elle figurait dans des revues de music-hall (1910-1931), mais aussi jouait dans des opérettes (1913-1937) et au théâtre (1931-1958). Nous suivrons ce qu’elle pensait personnellement de son rôle dans Adrienne Lecouvreur (1938), et lirons l’éloge de Paul Reboux, sur l’interprétation, unique de sensibilité, d’Yvonne Printemps dans La Dame aux Camélias (1934). Enfin, Marcel Achard nous parlera de son film La Valse de Paris (1949).


Adrienne Lecouvreur

« J’ai dit d’Adrienne Lecouvreur, au moment où je tournais le film, sous la direction de Marcel Lherbier, qu’elle était « mon amie ».

Cette amie, je l’ai aimée tout de suite. Un peu, je le crois, parce qu’elle fut une belle comédienne, éprise de son art, acharnée à vaincre et fière de ses succès. Mais plus encore, j’en suis sûre, parce qu’elle fut une femme et jamais femme ne vécut un roman d’amour plus beau et plus douloureux que le sien.

Et il ne s’agit pas seulement, ici, de l’Adrienne du film, de la touchante héroïne du magnifique scénario de Mme Simone, mais de l’Autre, la vraie. J’ai eu la curiosité de lire la correspondance d’Adrienne avec Maurice de Saxe. C’est lui qui parle théâtre, rôles, coulisses. Pour elle, elle ne l’entretient que de son amour. La scène lui permet d’oublier, mais, depuis sa rencontre avec Maurice, elle ne l’intéresse plus. Rien n’existe plus pour elle que cet immense amour, qui a transformé sa vie, auquel elle est prête à tout sacrifier, auquel elle va tout sacrifier.

Est-il besoin d’expliquer encore pourquoi j’aime Adrienne ?

Et faut-il, cela dit, ajouter que mon rôle m’a passionnée et que j’ai goûté un plaisir, un peu amer parfois, à faire revivre Adrienne à l’écran… et à l’y faire mourir ? ».

Yvonne Printemps19.


La Dame aux Camélias

« Dans ce rôle, j’ai vu Sarah Bernhardt et j’ai vu La Duse. Yvonne Printemps leur est supérieure. Soyez assuré que j’ai bien mesuré l’importance de l’éloge que je lui décerne.

La Duse donnait l’impression pathétique d’une héroïne de Drame.

Quant à Sarah Bernhardt, elle faisait de Marie Duplessis une magnifique Sarah Bernhardt au parler artificiel, aux gestes harmonieux. C’était de l’art.

Yvonne Printemps, au contraire, avec une sensibilité ravissante, une émotion profonde et communicative, nous a donné l’impression de la vie. Je suis resté obsédé par son interprétation ».

Paul Reboux.


La Valse de Paris

« La Valse de Paris est un film musical. Certains pourront trouver le genre inférieur. Mais il m’a paru que ce que Lubitsch avait fait pour Vienne, je devais essayer de le faire pour Paris. Et comme il s’était complu à faire revivre la Vienne de Sacher et des Strauss, j’ai essayé de faire revivre le Paris du Café Anglais et d’Offenbach.

Je remercie encore Yvonne Printemps, incomparable, étourdissante et inoubliable Hortense Schneider et Pierre Fresnay qui passe du grand, de l’immortel Monsieur Vincent au « Petit diable rouge », immortel aussi pour les raisons presque absolument opposées ».

Marcel Achard20.


Filmographie d’Yvonne Printemps

- 1918 : Un Roman d’Amour …et d’aventure ! Mise en scène de Mercanton et Hervil.

- 1934 : La Dame aux Camélias, mise en scène d’Abel Gance.

- 1938 : Adrienne Lecouvreur, mise en scène de Marcel Lherbier.

- 1938 : Trois Valses, mise en scène de Ludwig Berger.

- 1939 : Le Duel, mise en scène de Pierre Fresnay.

- 1943 : Je suis avec toi, mise en scène d’Henri Decoin.

- 1947 : Les Condamnés, mise en scène de Georges Lacombe.

- 1949 : La Valse de Paris, mise en scène de Marcel Achard.

- 1951 : Le Voyage en Amérique, mise en scène de Marcel Camus.



BIBLIOGRAPHIE



Ouvrages de base

- Karine Ciupa, Yvonne Printemps, éd. Robert Laffont, Paris, 1989.

- Noëlle Giret et Noël Herpe, (sous la dir.), Sacha Guitry une vie d’artiste, éd. Gallimard, La Cinémathèque française, Bibliothèque nationale de France, Paris, 2007.


Autres ouvrages

- Crépineau (Jacques), et al., (sous la dir.), Yvonne Printemps 1894-1994, Théâtre de la Michodière, publication Willy Fischer, Paris, 1994, 32 p.

- Ducoeur (Danièle et Gérard), « Ermont », in Le Patrimoine des Communes du Val d’Oise, Île-de-France, éd. Flohic, Paris, 1999, p. 276.

- Bressan-Hussenet (Jeannine), et al., « De 1945 à nos jours, une ère nouvelle », in Ermont au fil du temps, éd. Valhermeil, Ville d’Ermont, 1994, p. 182.

- Vaquier (André), « L’Amicale de la Vallée dans La vie culturelle », in Ermont de la Révolution à nos jours, publication de la SHAP VOV, Pontoise, 1970, p. 170.



Gérard Ducoeur,

août 2010.



Publié sur le site de Valmorency (Association pour la promotion de l’histoire et du patrimoine de la Vallée de Montmorency) : www.valmorency.fr

Tous droits d’auteur réservés. Reproduction soumise à autorisation avec citation de la source (contact : contact@valmorency.fr).

1 Vaquier (A.), L’Amicale de la Vallée dans La vie culturelle, in Ermont de la Révolution à nos jours, publication de la SHAP VOV, Pontoise, 1970, p. 170.

2 Le siège de l’Amicale de la Vallée a toujours été au n° 1 de la rue de Sannois, d’abord salle Petit, puis salle Montbazet, enfin salle Borne, jusqu’au jour où la salle Borne, étant devenue salle des fêtes de la commune (1950), située rue du 18-juin, sous le nom de salle André Becque, il lui a fallu quitter les lieux.

3 Ducoeur (D. et G.), « Ermont », in Le Patrimoine des Communes du Val d’Oise, Île-de-France, éd. Flohic, Paris, 1999, p. 276.

4 Yvonne Printemps, in Wikipédia, avec corrections et additions de l’auteur.

5 Collectif, Grand Larousse encyclopédique, édition Prestige, t. 9, librairie Larousse, Paris, 1970.

6 Salle Cadoux, située au n° 36 de la rue de La Halte (ex rue de Lattre de Tassigny), ancienne rue d’Eaubonne, en face de la gare d’Ermont-Halte.

7 Bressan-Hussenet (J.), et al., « De 1945 à nos jours, une ère nouvelle », in Ermont au fil du temps, éd. Valhermeil, Ville d’Ermont, 1994, p. 182.

8 Crépineau (Jacques), et al., (sous la dir.), Yvonne Printemps 1894-1994, Théâtre de la Michodière, publication Willy Fischer, Paris, 1994, 32 p.

9 Jean Barreyre, critique de revues de music-hall.

10 Noël Coward, auteur de théâtre britannique (Teddington, Middlesex, 16 décembre 1899 - Blue Harbour, Jamaïque, 26 mars 1973). Il fut également scénariste, acteur, compositeur, réalisateur et producteur.

11 Voir infra, « Pièces jouées par Yvonne Printemps ». La pièce de l’Hyménée est jouée en 1952, au Théâtre de la Michodière. Ce texte a donc été rédigé à cette époque.

12 Les psychiatres diraient plutôt, de nos jours, qu’elle était atteinte d’une hyper-émotivité.

13 Voir infra, l’interprétation qu’en fait également Albert Dubeux dans « Yvonne Printemps et le théâtre ».

14 Albert Dubeux, écrivain, historien, spécialiste de théâtre. Il écrit de nombreux articles dans La Revue des Deux Mondes, sur Max Dearly (mai 1957), Jeanne Granier (mars 1958), Pierre Fresnay (sept. 1958), Gémier (janv. 1959), Suzanne Desprès (janv. 1963). Il publie de nombreuses monographies par exemple sur Roland Dorgelès, son œuvre, dans La Nouvelle revue critique, en 1930 et en 1940 ; Pierre Fresnay, en 1950 ; Georges Courteline, en 1958, etc.

15 Voir supra, cette hypothèse émise par Noël Coward dans « Yvonne Printemps et l’Opérette ».

16 Voir infra, « Pièces jouées par Yvonne Printemps », la pièce de l’Hyménée est jouée en 1952, au Théâtre de la Michodière. Ce texte a donc été rédigé à cette époque.

17 Yvonne Printemps, in Wikipédia.

18 Jacques Crépineau, auteur, historien du théâtre, directeur du théâtre de la Michodière, depuis 1981. Ce texte a été rédigé en 1994.

19 Le critique Paul Reboux écrivait dans Paris-Midi : « La grâce, la beauté, la sensibilité qui rendirent immortelle Mlle Lecouvreur se retrouvent en Yvonne Printemps ».

20 Achard (Marcel-Augustin Férréol, dit Marcel), écrivain et auteur dramatique français (Sainte-Foy-lès-Lyon, 5 juillet 1899-Paris, 4 septembre 1974). Membre de l’Académie française en 1959.