HISTOIRE GÉNÉRALE DE SAINT-LEU-LA-FORÊT


Les origines de Saint-Leu ne sont attestées qu’en 1122, quand Fouchard de Montmorency donne l’église, ecclesia Sancti Lupi, à l’abbaye bénédictine de Saint-Martin de Pontoise, ce que Gisbert, évêque de Paris, confirme la même année1. Au XIIIe siècle, les seigneurs de Montmorency-Saint-Leu-Deuil demeurent au château du Haut, sur le fief de Leumont, proche de l’église primitive. Durant tout le Moyen Âge, une bipolarité urbaine persiste. La première regroupe l’église et le château du Haut des Montmorency (en partie sur Saint-Prix) et la seconde, le village du Bas, établi près d’une maison forte, La Chaumette ou Calmeta, non loin de laquelle une maladrerie du même nom est fondée2.

Des communautés religieuses sont possessionnées à Saint-Leu. Les cisterciens de l’abbaye Notre-Dame-du-Val y possèdent des vignes, dont la vigne du Crochet et une grange près de l’Ermitage3. Le prieuré clunisien de Saint-Martin-des-Champs de Paris y détient des vignes au lieu-dit l’Ortie et le fief de Maubuisson (sur Saint-Prix). L’abbaye Sainte-Geneviève de Paris y possède une chapelle, sous les vocables de Notre-Dame et de saint Jean-Baptiste, plus tard dédiée à Sainte-Geneviève avec un petit prieuré et des revenus sur la grange de Roissy4.

Les habitations s’implantent d’abord à l’orée de la forêt, près de la ligne des sources, qui sont fort nombreuses à Saint-Leu, puis à la périphérie de la place de La Forge, non loin de Calmeta. En 1470, la population saint-loupienne n’est que de 50 habitants. En 1645, Charles Leclerc de Lesseville reconstruit le château du Haut à l’emplacement du château seigneurial des Montmorency et, en 1693, Jean Lorieul, sieur de La Noue, édifie le château du Bas sur le fief d’Ort.

Le village comprend la seigneurie censière de Saint-Leu et des fiefs laïques : la Chaumette, Leumont, le fief d’Ort, le moulin de Saint-Leu, sans compter les fiefs ecclésiastiques, de Maubuisson (Saint-Martin-des-Champs), des cisterciens de Notre-Dame du Val (à Mériel), de l’abbaye Sainte-Geneviève de Paris, une maladrerie à La Chaumette, etc. dont nous présenterons la liste des actes, conservés aux Archives du Musée Condé à Chantilly du XIVe au XIXe siècles5.

Au XVIIIe siècle, sa population a fortement augmenté : 303 feux, soit 1 212 habitants, en 1709. Elle connaît une légère baisse à la veille de la Révolution : 268 feux, soit 1 072 habitants, en 1788. Elle remonte à 1 150 habitants en 17906.

La forte mortalité des nourrissons, à Saint-leu comme à Taverny7, est typique d’un phénomène que l’on rencontre dans toute la Vallée de Montmorency au XVIIIe siècle : de petites gens prennent en nourrice des enfants des « bourgeois » de Paris et de la région, pour compléter leurs faibles revenus8 et beaucoup d’entre eux, mal pris en charge, meurent prématurément.

En 1804, Louis Bonaparte, frère de Napoléon Ier, acquiert les deux châteaux de Saint-Leu, fait démolir celui du Haut, et s’installe avec son épouse, la reine Hortense, dans le domaine du Bas, qu’ils dotent d’un magnifique parc, avec un grand lac. Leur troisième fils, le futur Napoléon III, s’intéressera vivement à Saint-Leu. Alors qu’il n’est encore que prince-président, il fait construire en 1851 la nouvelle église Saint-Leu-Saint-Gilles sur l’emplacement de la précédente, la fait consacrer en sa présence et lui fera même don du grand orgue, un Cavaillé-Coll, en 1869.

Auparavant, le 19 juillet 1806, les communes de Saint-Leu et de Taverny, suivant un décret du 16 juin, rendu à Saint-Cloud, sont réunies en une même commune, dont le siège est fixé à Saint-Leu. Les deux communes sont à nouveau séparées par arrêté préfectoral du 25 janvier 1821. Mais Saint-Leu gardera l’appellation de Saint-Leu-Taverny jusqu’en 1852, pour devenir Napoléon-Saint Leu pendant tout le second Empire. Saint-Leu-la-Forêt passe dans le canton de Taverny, lors de la création de cette circonscription, suivant la loi du 21 juillet 1931.


La vie du village

La vie des villageois est rude : ils doivent se protéger de la faune forestière, qui détruit vignes et récoltes et qu’ils n’ont pas le droit de tuer avant la Révolution. C’est la chasse gardée des princes de Condé. Ils édifient alors des claies ou des haies9. On trouve encore à Saint-Leu le chemin des Claies, à l’orée de la forêt. De même subsiste la rue de la Marée : c’est par l’ancien chemin de la marée que le poisson frais est acheminé, depuis Boulogne-sur-Mer, Dieppe ou Le Havre, jusqu’à Paris. Les seigneurs de Montmorency ont imposé de bonne heure que le poisson (important pour le jeûne) leur arrive avant d’être livré à la capitale, ce qui fait que, dans toute la Vallée de Montmorency, on peut encore suivre ce cheminement à flanc de coteaux. C’est ce qui explique la présence de nombreux viviers à la période médiévale dans les domaines aussi bien laïques que religieux.

Pendant des siècles, seules les activités agricoles et viticoles10 et l’exploitation artisanale du gypse dans les coteaux11 rythment la vie des Saint-loupiens. L’arrivée du chemin de fer en 1876 attire toutefois une population nouvelle et modifie progressivement la physionomie du territoire. Les grands domaines sont vendus par lots, ce qui développe l’habitat individuel12, avec l’utilisation intensive de la meulière tirée de petites exploitations implantées sur le massif forestier, au point d’épuiser les carrières. L’exploitation du bois et de ses dérivés (treillage, échalas, cercles de tonneaux, charbon de bois) fournit également un complément d’activité aux habitants jusqu’à la Première guerre mondiale13.

La population afflue et s’accroît. De petites industries ou de nouvelles activités s’installent en pleine ville : l’Établissement des Eaux de Saint-Leu, d’Auguste Méry, dans la rue du Château, emploie plus d’une centaine de personnes14. On trouve une exploitation forestière, Delcour, et une fabrique de meubles, Demange, avec une scierie, peu appréciée des voisins de la rue de Chauvry et de la rue des Avollées, au lendemain de la Première guerre mondiale. Plus bas dans la plaine, l’usine Person-Gabus de la rue Pasteur, fabrique des boîtiers de montres en or, avec 80 ouvriers, dont beaucoup de tourneurs suisses. La Maison Frank fait le même travail que Person, tandis que les ouvriers de chez Brunner n’ont droit pour leurs boîtiers qu’à l’acier ou au laiton. La Société Parisienne des Porte-plume à Réservoir, Gold Starry, fonctionne de 1924 à 1950. Les Étains de Paris, installés rue Gambetta, dans l’ancienne usine de la Manufacture Parisienne de Talons de Bois, Fernand Weil, Emile Petit et Cie commence à fabriquer des talons de plastique dès 1920, et utilise des vernis, suscitant de nombreuses pétitions d’habitants voisins15.

En 1900, des restaurants, des auberges, des hôtels et des pensions de famille s’étagent de la gare à la forêt pour accueillir la clientèle des Parisiens en villégiature ou en résidence pour la période estivale. On trouve ainsi l’Écu de France, la Croix Blanche, les Tamaris, le Primerose, le Châlet Fleuri, le Rendez-vous de la Forêt, l’Ermitage et le fameux Restaurant de l’Auriette, avec ses jardins ombragés et sa terrasse, qui permet de contempler le panorama de la Vallée16.

La population connaît une évolution importante au XIXe siècle. De 1150 habitants en 1790, elle passe à 1 630 habitants en 1872, soit un accroissement de 41 %. Elle atteint le chiffre de 1 899 habitants en 1881 et de 4 022 habitants en 1911, soit un accroissement de 146 %. Cette forte progression continuera durant tout le XXe siècle, passant de 4 680 habitants en 1921 à 10 012 habitants en 196817. Des zones pavillonnaires se développent autour de la gare, ce qui entraîne la régression des cultures ancestrales du terroir. Puis l’extension se fait vers la plaine, en direction du Plessis-Bouchard, avec l’implantation de grands ensembles, le développement de nombreux commerces et de sociétés de services. L’accès à la capitale est facilité par l’ouverture de l’autoroute A 115.


Le patrimoine ancien de Saint-Leu.

La chapelle Sainte-Geneviève.

Cette chapelle est fondée en 1333 par Jean de La Chaumette ou Jean de Saint-Leu, chancelier de la cathédrale de Meaux, et placée sous les vocables de Notre-Dame et de saint Jean-Baptiste. L’acte de confirmation est donné en 1343 par Foulque de Chanac, évêque de Paris. Le document relate que Jean, prieur, puis abbé de Sainte-Geneviève de Paris, a hypothéqué la grange de Roissy pour assurer l’entretien de ce sanctuaire, donné à l’abbaye parisienne éponyme.

À la chapelle est adjointe une communauté, avec Jean de Borret comme premier prieur, grâce à Bouchard III, seigneur de Saint-Leu et de Deuil.

Ce lieu de culte est connu sous les appellations de chapelle Sainte-Geneviève, car il relève de l’abbaye parisienne éponyme et, au XVe siècle, de chapelle de La Forge, en raison de la proximité de cette dernière. L’édifice, qui comporte une charpente en bois du XVIIe siècle, est acquis par la commune en avril 1794. Il a perdu depuis lors sa fonction première18.

L’église Saint-Leu-Saint-Gilles

La première église de Saint-Leu est érigée au niveau de La Châtaigneraie, à l’orée de la forêt, comme ses voisines de Bessancourt, de Saint-Prix et de Taverny. Les sarcophages en plâtre et des sépultures en pleine terre mis au jour en 1804 et entre 1920 et 1925 semblent concerner des sépultures médiévales et non mérovingiennes, ce qui confirme l’hypothèse d’une fondation du XIIe siècle. En 1686, le sanctuaire primitif est démoli. La seconde église est implantée dans le bas de Saint-Leu. L’église est consacrée le 7 novembre 1690. Sur les plans reliés, datables entre 1709 et 1725, conservés aux Archives du Musée Condé à Chantilly, elle apparaît composée d’une nef à chevet plat, orientée nord-sud, avec un clocher à l’est. Un troisième édifice est bâti au même emplacement que le second, sur ordre du prince-président, futur Napoléon III, et est consacré en sa présence, en 1851. L’architecte Eugène Lacroix s’est inspiré des édifices de plans basilicaux italiens, notamment celui de Saint-Apollinaire de Ravenne19.

Le château de La Chaumette

La léproserie de La Chaumette, bâtie en ce lieu et attestée dans un acte de 1237 de Bouchard VI de Montmorency, qui lui fait un legs de 10 livres, reçoit les malades de douze villages de la Vallée, d’Eaubonne à Méry-sur-Oise. Au XVIe siècle, une maison-Dieu la remplace et la chapelle qui lui est jointe est placée sous l’invocation de sainte Marguerite. Les bâtiments devenus vétustes, perdurent jusqu’au début du XVIIe siècle. Dans cet écart de Saint-Leu, Calmeta, est aussi bâtie une maison forte. Au XVIIIe siècle, cette dernière est remplacée par un château classique, qui devient en 1806 la propriété du comte Michel Régnault de Saint-Jean-d’Angély, membre de l’Académie française, puis ministre d’État à la famille impériale, comte d’Empire en 1808, déjà propriétaire de l’abbaye Notre-Dame-du-Val à Mériel et qui vient de vendre la villa que Saint-Lambert a habitée à Eaubonne. Le château, détruit par un incendie en 1869, est reconstruit par Anselme-Henri Bocquet. Il est occupé par les Prussiens du 19 octobre 1870 au 10 février 1871, puis à nouveau par les Allemands de 1940 à 1944, en 1947, date de sa vente à la congrégation des Sœurs Maristes de Saint-Prix (actuelle maison Saint-Joseph), qui y transfèrent leur école, laquelle deviendra le collège du Rosaire20, rattaché à celui de Bury (sur Margency), sous l’égide des Pères Maristes.

La mairie.

Installée en 1893 dans l’ancien château Olry, la mairie est inaugurée par Emile Aimond, maire depuis un an. Comme toutes les maisons communes à cette époque, elle sert en même temps d’école pour les garçons. Le château Olry est attesté sur les minutes des plans reliés des archives du Musée Condé à Chantilly21. C’est un bâtiment classique, à corps central, deux ailes et deux pavillons d’angle, agrémenté d’un parc, de jardins, d’un potager et de dépendances, dont la maison dite consulaire mentionnée en 178422.

La Maison dite Consulaire.

Ce bâtiment, de construction classique, figure sur les minutes des plans reliés des archives du Musée Condé à Chantilly23. Dépendance du château d’Olry, il prend l’appellation de Maison Consulaire après le séjour très probable dans ces lieux de Napoléon Bonaparte, alors premier consul, lors d’un passage à Saint-Leu. Pendant la Première guerre mondiale, le bâtiment devient hôpital militaire auxiliaire. Du 8 août 1914 au 15 janvier 1919, plus de 2 000 poilus y sont soignés. Restauré par la municipalité, il abrite les services municipaux.

La Fontaine du Moissonneur.

Au centre de la place de la Forge, une fontaine en grès prodigue déjà son eau au XIVe siècle. Le tableau peint par Laurent Dabos en 1812, La Reine Hortense distribuant la soupe aux pauvres, montre le bassin de forme hexagonale, au milieu duquel l’eau tombe d’une vasque. Cette dernière est d’abord remplacée par la statue en fonte du moissonneur, symbole du travail agricole des habitants du village, puis une nouvelle fontaine en calcaire lutétien, ornée de feuilles d’acanthe en fonte plaquée extérieurement à la vasque, est substituée à l’ancienne.

La Source Méry.

Les sources exploitables sont peu nombreuses dans la Vallée. À Saint-Leu-la-Forêt, c’est la source Méry, du nom du fondateur de l’Établissement des Eaux de Saint-Leu, Auguste Méry. Celui-ci capte les eaux de la fontaine Genêt, qui forment une source à la grotte du Gros-Rocher24.

Les ateliers d’embouteillage comprennent une gazéification, une fabrique de caisses en bois, une autre de bouchons et une imprimerie. L’entreprise emploie plus d’une centaine de personnes et utilise 40 chevaux et 8 bœufs pour la livraison. La source, contrôlée par l’Etat, acquiert une renommée régionale. Le propriétaire revend son entreprise et décède peu avant 1930. L’exploitation, gérée ensuite par M. Brion, se poursuit jusque dans les années 1960, puis elle est revendue à la Société des eaux d’Évian qui en interrompt l’activité. L’usine d’embouteillage devient en 1977 un centre culturel associatif, la Maison pour Tous, et un restaurant scolaire.

Le bâtiment des anciennes sources Méry, rue du Château, qui jouxte la vieille usine d’embouteillage restructurée, comprend deux pavillons à trois pans entourant une fausse grotte au-dessus de laquelle se trouvait dans les années 1900 une enseigne portant une grande bouteille d’eau de Méry. Chaque pavillon, construit avec des pierres en bossage traitées en deux couleurs, possède en façade une porte sculptée à deux vantaux et, sur fond de mosaïque blanche en opus incertum, un panneau de bronze figurant une naïade25. C’est à l’entrée de l’ancien restaurant Les Portes du Prince que ces décors 1900, provenant de l’ancienne façade de la Source Méry, sont conservés.

Le lavoir de l’Eauriette.

Ce lavoir est mis en place en 1873. Lorsque le réservoir de 300 m3 est construit à l’Eauriette, les eaux des sources collectées alimentent une demi-douzaine de bornes-fontaines, ainsi que trois lavoirs, dont celui-ci, qui comprend la réserve d’eau et le bac de dessablage.

Le lavoir à trop-plein servait autrefois aux lavandières et aux ménagères. L’eau de l’Eauriette alimente aussi la fontaine de La Pissotte. D’autres sources existent encore au Bois Sainte-Geneviève, au-dessus de la rue de l’Ermitage, à La Fontaine-Genêt, en forêt, et près de La Châtaigneraie.

L’abondance de l’eau à Saint-Leu lui vaut au cours de la Révolution, le 3 germinal an II, 23 mars 1794, le nom très évocateur de Claire-Fontaine26.


Ils ont habité Saint-Leu

La famille d’Orléans

Louise Marie Adélaïde de Bourbon-Penthièvre achète en mars 1780 le « château du Bas » de Saint-Leu, avec l’autorisation de son époux, Louis Philippe Joseph d’Orléans, duc de Chartres (puis d’Orléans), futur Philippe-Egalité (1747-1793), qui en continue l’édification, tout en faisant aménager le parc Monceau à Paris. La Duchesse de Chartres vit à Saint-Leu huit mois de l’année. La famille garde la propriété du château jusqu’en 1792. Sur six enfants nés du couple, trois garçons survivront, dont Louis-Philippe (1773-1850), futur roi des Français de 1830 à 1848 et une fille, Louise Marie Adélaïde Eugénie.

Mme de Genlis

Stéphanie-Félicité du Crest, comtesse de Genlis, marquise de Sillery (1746-1830), est célèbre dans l’histoire littéraire pour ses principes sur l’éducation des jeunes gens et ses nombreux ouvrages littéraires. Elle est l’amie de Rousseau, de Bernardin de Saint-Pierre, de Talleyrand et de Juliette Récamier, et elle compose une œuvre riche de quelque cent quarante volumes. Le duc de Chartres, dont elle est par ailleurs la maîtresse, la nomme « gouverneur » de ses enfants pendant une grande partie du séjour de la famille au château de Saint-Leu. Parmi les trois jeunes princes dont elle s’occupe, figure le futur roi Louis-Philippe, qui lui vouera toute sa vie une véritable adoration.

Fouché

Joseph Fouché (1759-1820) s’exile le 31 décembre 1795 à Saint-Leu, dans sa famille, pour se mettre à l’abri des réactions que lui ont valu son action répressive pendant la Terreur. Il passe le reste de l’hiver 1795-1796 dans la commune où habite sa compagne, Bonne Coignaud. Celle-ci lui a donné une fille, Évelina Nièvre, qu’il a reconnue et qui meurt le 23 juillet 1796, âgée de 18 mois. Fouché épouse un peu plus tard sa concubine, qui a changé entre temps de prénom (Jeanne) et qui a accouché d’un fils, prénommé Joseph, Etienne, Jean, Liberté. Rentré en grâce en 1796, il s’élèvera peu à peu jusqu’au poste de ministre de la police en 1799.

La reine Hortense.

La scène du tableau, peint par Laurent Dabos en 1812, La Reine Hortense distribuant la soupe aux pauvres27, se situe près de la place de la Forge, reconnaissable par sa fontaine et sa croix blanche. Cette croix de carrefour (on en comptait 9 dans Saint-Leu) avait donné son nom à une célèbre auberge, La Croix Blanche, ouverte en 1640. Hortense de Beauharnais (1783-1837), bienfaitrice des Saint-Loupiens, habite le château du Bas de Saint-Leu28. Cette propriété d’environ 80 hectares intègre un parc, aménagé par Louis-Martin Berthault (1771-1823)29. La duchesse reste propriétaire du domaine après sa séparation d’avec Louis Bonaparte. La chute de l’Empire, en 1815, l’oblige à partir en exil au château d’Arenenberg, sur les bords du lac de Constance, où elle décède en 183730.

La famille de Louis Bonaparte

Dans la crypte de l’église Saint-Leu-Saint-Gilles, quatre sarcophages de même facture sont conservés. Il s’agit des tombeaux de la famille de Louis Bonaparte. Louis-Napoléon Bonaparte (1778-1846) est frère de l’empereur Napoléon Ier, roi de Hollande de 1806 à 1810, comte de Saint-Leu, époux d’Hortense de Beauharnais et père de trois enfants, dont le futur Napoléon III. S’étant retiré en Italie, il décède à Livourne et est inhumé à Florence. En 1847, sa dépouille est ramenée à Saint-Leu, dans l’ancienne église du XVIIe siècle. Les deux premiers enfants de Louis et d’Hortense y sont inhumés : Napoléon-Charles (1802-1807), fils aîné de Louis-Bonaparte et d’Hortense, prince royal de Hollande, décédé à La Haye et dont le cercueil fut d’abord déposé à Notre-Dame de Paris, et Napoléon-Louis (1804-1831), époux de Charlotte, fille de son oncle Joseph, décédé tragiquement à Forli, inhumé quelques années à Florence et transféré à Saint-Leu avec son père31. Il reste, enfin, le tombeau vide de Charles Bonaparte, le chef de la famille Bonaparte, époux de (Maria) Laetizia Ramolino. Son corps a en effet été transféré à Ajaccio, en mai 195132.

Le prince de Condé

La croix du prince de Condé conserve le souvenir d’un drame qui a eu lieu à cet emplacement (au 78 rue du Château). En 1815, le château de Saint-Leu passe de la maison de Louis-Bonaparte à celle de Louis-Henri-Joseph (1756-1830), duc de Bourbon, prince de Condé, fortement marqué par l’exécution, sous le consulat de Bonaparte, de son fils unique, Louis-Antoine-Henri (1772-1804), duc d’Enghien, dans les fossés du château de Vincennes, le 21 mars 180433.

Le 27 août 1830, le prince est retrouvé pendu à l’espagnolette d’une fenêtre de sa chambre. Ce drame fait grand bruit, l’enquête conclue au suicide, mais les soupçons pèsent sur sa seconde femme, la baronne de Feuchères34, qui vend le domaine. Morcelé, celui-ci fait place à des lotissements. Cette croix, en calcaire et marbre, sculptée par Faugenet, est alors érigée, en 1844, par l’architecte Leveil, à l’emplacement du château démoli, là où s’ouvrait la fenêtre du prince. Les deux anges placés au-dessus du monument ont été enlevés, mais ce dernier conserve sur son piédestal des heaumes, visières baissées, rappelant le passé militaire glorieux de la maison de Condé35.

Wanda Landowska.

De nombreux artistes et écrivains se sont installés dans la localité. Parmi eux figure Wanda Landowska (Varsovie 1879-Lakeville 1959), qui fait connaître la musique ancienne de clavecin et de piano à travers l’Europe. Elle enseigne son art à la Hochschule für Musik de Berlin de 1913 à 1919, puis à Philadelphie et à Bâle. Elle s’établit à Saint-Leu-la-Forêt de 1925 à 1940. En 1927, elle aménage un temple de la musique dans sa propriété, y donne des leçons et des concerts, et reçoit ses amis musiciens comme Alfred Cortot ou Francis Poulenc. La guerre l’oblige à quitter la commune le 10 juin 1940 et elle s’installe aux États-Unis. Selon ses dernières volontés, ses cendres sont ramenées et déposées au cimetière de Taverny, près de son frère. Un square de Saint-Leu porte son nom et la plaque apposée sur le mur de son ancienne propriété (au 154 rue du Général-de-Gaulle), par les Amis de Wanda Landowska, garde le souvenir de cette claveciniste, auteur d’un livre La Musique ancienne (1909)36.

Eyvind Johnson.

Eyvind Johnson (1900-1976), romancier suédois né à Svartbjörnsbyn, d’origine modeste, exerce plusieurs métiers et vagabonde à travers l’Europe. Ses pérégrinations l’amènent à habiter Saint-Leu-la-Forêt pendant quelques années, dans un petit immeuble qui garde le souvenir de son séjour. Pendant son séjour, il publie plusieurs romans, dont Ville dans la nuit en 1927, Lettre recommandée en 1928 et Commentaires à la chute d’une étoile en 1929. Il est aussi l’auteur d’une série autobiographique, Olof (1934-1937), d’un grand roman allégorique, Krilon (1941-1943), de nombreuses nouvelles, parmi lesquelles Sept vies en 1944, d’autres romans dont Le Temps du Seigneur en 1960 et de récits de voyages en 1965. Son œuvre est couronnée par le prix Nobel de littérature en 1974. C’est en 1927 que naît à Saint-Leu son fils Tor, qui devient photographe d’art37. Une rue de Saint-Leu porte désormais son nom, près du lavoir de l’Eauriette, et pérennise son souvenir comme la plaque apposée sur le mur de son ancienne propriété (au 2 rue de Boissy).


Gérard Ducoeur,

septembre 2009, révision août 2010.


ANNEXE 1 :


La baronne de Feuchères

Sophie Dawes, baronne de Feuchères, aventurière d’origine anglaise (Saint Helens, île de Wight, 1795-Londres 1840). Issue d’une famille très humble, elle attire l’attention du duc de Bourbon, plus tard prince de Condé, alors en exil à Londres, et devient sa maîtresse. Le duc lui donne une éducation soignée et lui fait épouser le baron de Feuchères. Sa beauté et son esprit lui permettent de tenir un rang très important à la cour de Louis XVIII (1814-1815 et 1815-1824) et de Charles X (1824-1830).

Nous allons parcourir la vie mouvementée de Sophie Dawes, baronne de Feuchères, amante du duc de Bourbon, au travers du texte écrit par Roman d’Amat dans son « Dictionnaire de biographie française », ce qui nous permettra d’avoir une vue plus globale pour comprendre l’ensemble de sa vie et sa conduite vis-à-vis du duc de Bourbon installé au château de Saint-Leu.

« Sophie Dawes, baronne de Feuchères, semble bien, en dépit de tous ses mensonges, avoir été la fille de Richard Daw ou Dawes, pêcheur et contrebandier, ivrogne notoire, et de sa malheureuse épouse Jeanne Calloway (ou Galloway), Anglais tous les deux. Elle avait de très nombreux frères et sœurs, parmi lesquels William, mort en 1812, aux Indes, qu’elle fit passer plus tard pour son mari ; Mary-Ann (son aînée également), qui avait épousé Bernard Clark (ou Clarck), et, parmi les puînés, James, Mathilda et Charlotte que nous retrouverons. Elle naquit au village de Saint Helens (île de Wight), dans la religion protestante, le 29 septembre 1792. Élevée dans la maison des pauvres, elle fut placée, le 10 octobre 1805, comme domestique chez un cultivateur, mais vint bientôt à Londres, où elle se trouvait en 1809, servante, figurante de théâtre ou fille entretenue. Elle se faisait appeler Sophie Clarck, veuve Dawes, lorsqu’elle rencontra, vers 1813, le duc de Bourbon, émigré. Elle devait être alors extrêmement jolie, ne manquait ni d’intelligence, ni de ruse. Le duc, qui était fort libertin, s’intéressa à elle, l’eut au nombre de ses maîtresses, la fit instruire et la laissa à Londres en 1814, lorsqu’il revint en France ; d’autres intrigues l’occupaient alors. Sophie vint à Paris en 1815, s’y logea, renoua ses rapports avec le duc et sut bientôt se rendre nécessaire. Pour affermir, sans doute, sa situation, en 1816 et 1817, elle tenta en vain de se marier, rencontra enfin Jean-Adrien-Victor Feuchères, chef de bataillon au 6e régiment d’infanterie de la Garde, qui habitait son quartier (les Capucines). Feuchères était très épris ; Sophie lui raconta sa vie, ou du moins la fable de sa vie : elle avait été élevée par le duc de Bourbon et « il y avait tout lieu de croire qu’elle était sa fille ». Elle se déclara officiellement fille de Richard Clarck, esquire, et de Jeanne Walker, de Southampton et veuve de William Dawes, agent de la compagnie des Indes, mort le 16 juin 1812. Feuchères se renseigna, interrogea le duc, qu’il pouvait facilement approcher, et celui-ci lui assura qu’il connaissait bien Sophie et que « tout homme d’honneur pouvait l’épouser ». Il constitua, le 26 juin 1818, à sa maîtresse une dot de 7 200 francs de rente ; le contrat fut signé à Paris le 9 juillet, le mariage eut lieu à Londres le 6 août, dans les deux églises protestante et catholique. Le jeune ménage s’installa dans une dépendance du Palais Bourbon (ancien hôtel de Lassay), 128 rue de l’Université, fut reçu au Palais Bourbon, à Chantilly, dans la maison d’Orléans, fut enfin présenté à la cour.

Feuchères, qui avait été fait baron de Feuchères, fut averti cependant par son colonel des mauvais bruits qui couraient sur le compte de sa femme ; ses camarades l’avaient d’ailleurs mis à l’index. Il fit de nouvelles démarches auprès du duc, qui le rassura pleinement. En mars 1824, au cours d’une scène violente, sa femme lui avoua, par bravade, qu’elle était la maîtresse et non la fille du vieux duc. Feuchères quitta aussitôt (6 mars) l’hôtel de Lassay, engageant un procès en séparation de corps.

Sophie abandonna également le Palais Bourbon et alla rue de la Ville-l’Évêque retrouver sa mère et sa sœur Charlotte. Peu de semaines plus tard, elle y revenait comme maîtresse officielle du vieux duc. Le 1er avril, celui-ci lui donna l’usufruit des domaines de Saint-Leu et de Boissy, et de la forêt de Montmorency. La baronne prit dès lors sur son amant un empire qui devint bientôt tyrannique, écarta de lui la comtesse de Rully, sa fille naturelle, ses serviteurs dévoués, l’entoura de ses créatures, notamment de son frère (et non neveu) James, ancien commissionnaire à Londres, de sa sœur (et non nièce) Mathilda, lia partie avec Talleyrand, comme elle banni de la cour.

Elle maria James à la fille de l’amiral Manby (dot 200 000 fr.), en fit un baron de Flessans et un premier écuyer du duc. Elle unit Mathilda au vieux Frédéric de Chabannes-La Palice (dot un million) le 6 août 1827. Sa sœur Charlotte épousa le capitaine Paul-Justin Thanaron (dot 100 000 fr.), le 6 septembre 1828.

Sans doute pour s’assurer les bonnes grâces de la maison d’Orléans, Mme de Feuchères prit à tâche de faire adopter le jeune duc d’Aumale, par le vieux duc de Bourbon, dont les biens étaient immenses. Cela n’alla pas sans heurts, sans scènes violentes. L’acte fut signé le 30 août 1829, mais Sophie se réserva Saint-Leu, son hôtel de la rue de l’Université et une douzaine de millions. Ceci fait, elle obtint, le 15 janvier 1830, d’être reçue de nouveau à la cour de Charles X. Elle s’y présenta le 7 février. Cinq mois plus tard, la révolution de Juillet chassait le vieux roi des Tuileries.

Bourbon, très affecté émigra à Saint-Leu, fit adhésion au nouveau régime. Il était très vieilli, un peu faible d’esprit, timide, souvent malade. Avec sa maîtresse qui, avec l’âge, était devenue une solide luronne, exigeante, violente, brutale, âpre au gain, qui ne dissimulait pas ses amants, la vie devenait de plus en plus difficile. Elle le battait, assurait-il. N’ayant plus aucune confiance en elle, mais incapable de changer ses habitudes, il se préparait cependant, par intermittence, en diminuant ses intentions, à s’enfuir pour échapper au joug qu’elle faisait peser sur lui. Le 27 août 1830, on le trouva pendu à l’espagnolette de sa fenêtre. Y eut-il suicide ou crime ? On ne le saura jamais. Dans un cas comme dans l’autre, les dispositions furent bien mal prises et l’on ne put établir si la porte dérobée qui permettait d’entrer dans la chambre du duc était, le matin de ce jour, ouverte ou fermée.

Les magistrats admirent que le duc de Bourbon s’était suicidé à 2 h. du matin. Le 28 son testament fut ouvert ; Mme de Feuchères n’héritait que de 2 millions. Elle déclara qu’elle avait été bernée, quitta Saint-Leu, ne parut pas aux obsèques, retourna au Palais Bourbon, et les Orléans ne lui firent pas mauvais visage, ce dont le clan légitimiste s’offusqua.

Le roi des Français (Louis-Philippe Ier) fut mis en cause, une nouvelle information fut ouverte, Sophie interrogée par trois fois, et il y eut de nouveau un non-lieu, le 21 juin 1831.

Mme de Feuchères avait obtenu séparation de corps et de biens avec son mari le 26 août 1829, celui-ci ayant fait défaut. Elle plaida de nouveau pour obtenir la propriété d’Écouen, où le duc avait envisagé la création d’un établissement de la Légion d’honneur38 sous la direction de Sophie, et fut déboutée le 12 juillet 1833. Elle voyagea, resta plusieurs années sans faire parler d’elle, adopta sa nièce Sophie Thanaron, dont la mère était devenue folle et, en 1837, retourna en Angleterre, où elle mourut le 15 décembre 1840, chez sa sœur Mme Clarck. Son ex-mari refusa pour lui-même la part de succession que lui attribuait la loi39 ».


La baronne de Feuchères et le risque de parcellisation de la forêt de Montmorency

Laissons André Maillard40, auteur de l’ouvrage « Saint-Leu-la-Forêt à travers les siècles », paru en 1936, nous conter la fin tragique du château et du parc de Saint-Leu-la-Forêt, avant que nous ne passions à ce qu’il advint pour la forêt de Montmorency.

« Le legs au profit de la baronne de Feuchères consistait en :

1°) une somme de deux millions payée en espèces nette de tous droits et frais ;

2°) le château et le parc de Saint-Leu ;

3°) le château de Boissy ;

4°) une partie de la forêt de Montmorency (d’une superficie de 900 hectares) ;

5°) le château de Mortefontaine ;

6°) un pavillon au Palais Bourbon ;

7°) des chevaux, des voitures, du mobilier, etc.

Mme de Feuchères, ayant définitivement gagné la partie, songe alors à réaliser les biens que le prince de Condé lui avait légués. Rien qu’à Saint-Leu, ils sont considérables. La baronne est la propriétaire la plus imposée de la localité pour la contribution foncière. Elle paie en effet, en 1833, la somme de 4 259 Fr. 85. Le contribuable le plus imposé après elle règle 206 Fr. 24, pour une très belle propriété.

La baronne de Feuchères vend le château et le parc de Saint-Leu à M. Fontanille qui le revend à M. Vidal. Celui-ci morcelle le parc qui est partagé entre une trentaine d’acquéreurs. Le château est acheté par MM. Bonnet, Leduc fils, Broussin et Morisset (dits « la Bande Noire ») qui essayèrent de trouver un acquéreur.

Un aussi grand bâtiment entraîne des frais d’entretien qui exigent une fortune considérable. Il est donc très difficile de trouver preneur.

Les copropriétaires effectuent de nombreuses démarches. Ils essaient même de vendre le château à l’État, qui envisage d’en faire une caserne. Malheureusement, ils ne peuvent réussir et perdent bientôt patience. Ils décident de démolir le château pour vendre le terrain.

Et c’est ainsi que disparaît, en 1835, un beau château riche en souvenirs et dans lequel avaient vécu des monarques et les principaux personnages du premier Empire ».


Nous allons maintenant suivre les conséquences sur le risque de la parcellisation de la forêt de Montmorency41 qui la menaçait, dès cette période du second tiers du XIXe siècle.

« Cependant la baronne de Feuchères avait conservé les bois qu’elle possédait sur le territoire de Saint-Leu. En 1840, ne parvenant pas à les vendre le prix qu’elle en désirait, elle conçu le projet de faire abattre les arbres sur une superficie de 900 hectares 42 (pour comparaison, la forêt domaniale de Montmorency a actuellement une superficie totale de 1972 ha), afin de vendre le bois d’une part, et les terrains propres alors à la culture, d’autre part.

Mais pour cela il lui fallait l’autorisation de la Préfecture de Seine-et-Oise ; celle-ci demanda avis au Conseil municipal qui s’éleva énergiquement contre ce projet. Dans son rapport de protestation, il déclare que ce serait la destruction complète de la forêt dans laquelle se trouve toutes les eaux qui alimentent les sources de Saint-Leu et des communes environnantes et que ces sources seraient ainsi taries, alors qu’elles sont absolument indispensables à la vie de plusieurs villages (Saint-Prix, Saint-Leu, Taverny, Bessancourt, Le Plessis-Bouchard).

« Déjà les eaux sont insuffisantes une partie de l’année, poursuit le rapport, et une diminution serait la ruine pour une industrie locale43 que le voisinage de Paris rend prospère, celle des blanchisseurs, nombreux à Saint-Leu ».

Ce rapport indique également que les habitants du Plessis-Bouchard viennent en été chercher de l’eau à Saint-Leu44 et que le défrichement de la forêt ferait augmenter le prix des bois nécessaires aux vignerons45. Le Conseil municipal fait également observer que depuis quelques années, on a mis en culture le parc de Saint-Leu, et, après défrichement, le bois de Rosière, celui du Guillomet et une partie du bois de Boissy, qu’ainsi plus de 300 hectares 46 provenant de la succession du duc de Bourbon viennent d’être défrichés et livrés à la culture et que cette augmentation de terre cultivable est grandement suffisante.

La Préfecture de Seine-et-Oise approuva cette protestation et la baronne de Feuchères ne put pas, fort heureusement, défricher la forêt ; celle-ci est aujourd’hui l’un des facteurs de la prospérité locale. Elle n’est plus utile aux blanchisseurs ni aux vignerons qui ont disparu, mais au commerce local, car elle attire de nombreux touristes.

C’est pour nous un devoir de formuler notre reconnaissance aux mânes des conseillers municipaux de 1840 qui nous ont conservé la forêt, malgré les entreprises de la baronne de Feuchères ».


ANNEXE 2 :


CABINET DES TITRES - ARCHIVES DU MUSÉE CONDÉ À CHANTILLY


1-BA-047 SAINT-LEU.


• Aveu et dénombrement de la seigneurie de Saint-Leu, donnée à M. de Montmorency par Gautier d'Arzillières, seigneur de Saint-Leu-lez-Taverny à cause de Denise de Montmorency, sa femme ; 26 juin 1398 (seigneurie de Saint-Leu, seigneurie du Plessis-Bouchard, rente de 50 livres sur la forêt de Montmorency, cens à Deuil).

• Aveu donné à Jean de Montmorency par son fils Jean, seigneur de Nivelle, 13 août 1469.


• Aveu donné à Guillaume de Montmorency par Philippe de Montmorency, baron de Nivelle, seigneur de la partie de Montmorency, de Saint-Leu-lez-Taverny et du Plessis-Bouchard, 11 mars 1512 [1513] (trois copies du temps sur papier, portant le blâme de l'aveu).

• (Voir plus haut, 1-BA-001, la procuration de Joseph de Montmorency, fils de Philippe, pour la foi et hommage, 26 mai 1526, et l'acquisition de lui faite par Anne de Montmorency en décembre 1527, avec la foi et hommage d'Anne du 13 mars 1528).

• Mémoire des réparations faites au château de Saint-Leu en 1532.

• Sentence de la prévôté de Saint-Leu qui condamne les habitants de Saint-Leu et du Plessis-Bouchard à payer 4 s. p. par chaque ménage pour le droit de fournage, 19 août 1533.

• Procès contre Pierre Hamelin, tuteur de Jeanne de La Pollie, héritière de maître Jacques de La Follie, au sujet de redevances par lui dues sur des prés, février 1547 [1548] ; à l'appui, mémoire contenant la copie de l'aveu et dénombrement donné à M. de Montmorency par Jean de Montmorency, seigneur de Saint-Leu-lez-Taverny, en 1368, la copie de l'aveu de 1398, et

l'extrait d'un compte de 1538.

• Extrait du terrier de Montmorency concernant Saint-Leu, 1549.

• Baux des fruits et herbes des jardins du château de Saint-Leu, 1560, 1567, 1571, 1586. [412]

• Bail du droit de fouiller et tirer du plâtre sous une pièce de vigne, 1630.

• Supplique du fermier du greffe demandant une diminution du prix de son bail, commencé en 1619 et terminé en 1623, parce que « messieurs les gens tenant les grands jours du duché de Montmorency ont retranché le rolle de papier à douze deniers parisis au lieu de deux solz parisis que l'on avoit coustume de payer ».

• Reconnaissances de cens et contrats d'acensement, 1528-1583 (dix-sept pièces).

• Baux de tous les droits et terres dépendant de Saint-Leu, du Plessis-Bouchard, du moulin et de la ferme de Boissy, 1596-1664 (quatorze pièces).

• Procès-verbal des pertes souffertes pendant les guerres par les habitants de Saint-Leu, 26 mai 1653.

• Pièces relatives à une rente de 15 livres due au prince de Condé sur un arpent de vigne baillé à rente à Biaise Dubois le 7 janvier 1678, acquis le 10 août 1696 par Jean Lorieul, sieur de La Noue, qui l'a incorporé dans le jardin de la grande maison qu'il a fait bâtir, laquelle maison a été acquise par M. Oursin en 1715; actes de 1716.

• Permission donnée à Jean-Baptiste-Nicolas Gervais, receveur des tailles de Lions-la-Forêt, de faire clore six arpents de vigne qui lui appartiennent au long du mur du jardin de sa maison de Saint-Leu, 1727.

• Acensement d'un terrain accordé à Charles Chuppin, conseiller secrétaire du Roi, garde des rôles des offices de France honoraire, 1er août 1766.

• Contribution du prince de Condé au rétablissement de l'église et des fontaines, 1787.


Seigneurie censière de Saint-Leu (fief de Leumont).

• Claude Clerselier, conseiller, notaire et secrétaire du Roi et de ses finances, maison et couronne de France, avoue tenir en foi et hommage du duc de Montmorency le fief de Leumont, autrement dit le vieux château de Saint-Leu, « consistant tant en l'emplacement dudict vieil chasteau, maison et cour, appartenances et dépendances, qu'en douze arpens de terre y attenans, cloz de murs, hayes vifves ou fossez, servans de jardin à ladicte maison, partie d'iceulx plantez en bois, vignes et arbres, fruictiers... », 16 avril 1626 (Claude Clerselier avait acquis le fief de Catherine Clerselier, veuve de Rodolphe Guymier, sr de Blainville, commissaire ordinaire des guerres, le 22 décembre 1625, et ceux-ci l'avaient acquis du duc de Montmorency le 15 décembre 1617).

• Le prince de Condé vend à Charles Le Clerc de Lesseville, seigneur de Saint-Prix, conseiller en la Cour des Aides, les cens, rentes et droits seigneuriaux de Saint-Leu et de Taverny, 15 juillet 1675. [413]

• Délibérations du Conseil du prince de Condé au sujet d'affaires avec M. de Lesseville, 25 janvier 1676, 19 janvier, 10 mai, 14 juin 1684.


• (M. de Lesseville et Anne Pallu, sa femme, vendent le fief de Leumont et les cens de Saint-Leu à Jean Lorieul, sr de La Noue, 15 décembre 1697).

• M. de La Noue avait déjà une propriété à Saint-Leu. e 1er et le 22 août 1696, le Conseil du prince de Condé lui permet de prendre la ruelle du Moutier, qui sépare sa maison de celle qu'il a acquise du sr Héraut, pour joindre les deux maisons ensemble, à la charge de donner un terrain pour faire une autre ruelle derrière la maison. Le 13 mars 1697, on ordonne une enquête sur la demande par lui faite d'avancer d'une toise dans la rue de la Pissofle la porte cochère de la maison qu'il a fait bâtir. Consentement des habitants de Saint-Leu, 25 mai 1698. Arpentage des terrains que M. de La Noue désirait faire enclore dans son parc, 31 août 1699. Brevet des concessions accordées par le prince de Condé, 10 septembre 1699.

• Permission accordée à M. Oursin de tirer 20 toises de pierre dans la forêt pour rétablir la maison qu'il a acquise des créanciers de M. de La Noue, 16 février 1714.

• Arrêt de la Cour des Aides portant répartition entre les créanciers de M. de La Noue du prix de ses biens de Saint-Leu-Taverny, adjugés, le 4 janvier 1714, à Jean Oursin, receveur général des Finances de Caen ; 20 septembre 1715 (imprimé de 46 p. in-folio).

• Délibérations du Conseil du prince de Condé : 11 septembre 1725, au sujet de la composition des droits féodaux demandée par Nicolas Baille, qui se propose d'acquérir de Catherine-Madeleine Arault, veuve de M. Vezin, secrétaire du Roi, le fief de Leumont, le Clos d'en bas, contenant 79 arpents 79 perches, les cens, rentes et autres droits, les cens et rentes du fief de Maubuisson et la moitié du fief de Ternay ; 3 avril 1727, sur la demande faite par M. Baille de réunir les fiefs à la terre et seigneurie de Saint-Leu pour en servir par un seul aveu et dénombrement.

• Le prince de Condé unit à la terre et seigneurie censière de Saint-Leu le fief de Leumont, la moitié du fief de Ternay, les censives qui dépendent du fief de Maubuisson situé à Saint-Prix, en faveur de Nicolas Baille, conseiller honoraire au Grand Conseil, 29 septembre 1727.

• Pièce de 1532 relative à la mouvance du fief de Ternay.

• Pièces relatives à une suppression de ruelle demandée par M. Baille, 1732.

• (Vente par M. Baille à Joseph-Pierre Dufort, 11 avril 1739. M. [414] Dufort se rend en outre adjudicataire d'héritages en roture saisis sur Antoine Guyot le jeune, procureur en la Cour, 18 août 1744. Son fils, Jean-Nicolas Dufort, comte de Cheverny, vend à Claude-Henri Droin, conseiller du Roi, président juge des traites foraines de Joinville, 31 août 1765). Règlement du droit de quint dû par M. Droin, 5 septembre 1765.

• Le prince de Condé concède, à titre de cens, une ruelle à M. Droin, président de la Cour des Monnaies, 30 octobre 1769.

• Mémoire adressé au prince de Condé par M. de Bréget, seigneur de Saint-Prix, pour protester contre la concession faite à M. Droin d'une partie d'un chemin public qui fait communiquer Saint-Prix avec Saint-Leu, Taverny et Bessancourt : s. d. (1769 ou 1770).

• Le prince de Condé baille à ferme pour vingt-sept ans au président Droin le parquet de Taverny, dépendant de la forêt d'Anguien (Montmorency) et contenant dix arpents fermés de murs, 14 novembre 1769.

• Permission accordée à M. de La Borde, ancien banquier de la Cour, d'anticiper sur le chemin public pour l'édification d'un des deux pavillons qu'il veut faire élever devant la grande maison qu'il a acquise du président Droin et qui est tenue en fief du duché d'Anguien, 3 mars 1774. Permission accordée à M. de La Borde de faire un aqueduc à travers des chemins publics pour amener dans sa maison et son parc l'eau de la fontaine Genest, située dans un bois qui lui appartient, 26 mai 1774.


Moulin de Saint-Leu.

• Prisée des ustensiles du moulin à vent et prise en charge par le fermier entrant, 17 août 1553. Autres prisées, 9 novembre 1557, 29 février 1563, 10 juillet 1565. Réception d'ouvrages de charpenterie faits au moulin, 10 juillet 1565. Baux à ferme du moulin, 1565, 1571. Prisée des ustensiles, 10 janvier .1571. Sentence de Jean Le Laboureur, bailli de Montmorency, dans un procès entre le meunier et les habitants de Saint-Leu, 16 mars 1637. Le prince de Condé vend le moulin à titre de bail à rente à Jean Delisle, meunier à Saint-Leu, 25 juin 1663. Sentence des Requêtes du Palais prononçant la mise en adjudication du moulin, à la charge de la rente fixée par le bail de 1663, 5 mars 1670. Quittances de la rente foncière de cinq setiers de blanc méteil, 1669-1674. M. de Lesseville réclame à M. Catinat, propriétaire du moulin, vingt années d'arrérages de la rente, sous prétexte que cette rente fait partie des droits que lui a vendus le prince de Condé en 1675 ; délibérations du Conseil du prince à ce sujet, 7 août, 4 et 18 septembre 1697. Jean Lorieul de La Noue, successeur de M. de Lesseville, se désiste des procès intentés contre le prince de Condé au sujet du rétablissement du [415] pavé de Saint-Leu et de la rente due par le moulin que, possède le maréchal de Catinat, 16 février 1698. Titre nouvel de la rente demandé à M. de Catinat, 15 mars 1742, puis au sr Lévesque, à qui M. de Catinat a vendu le moulin, dès le 8 mai 1722, à titre de bail à rente, et enfin au sr Liébert, qui, par contrat du 2 octobre 1740, a acquis le moulin au profit de son petit-fils Antoine Magnan, fils mineur de Guillaume Magnan et de Françoise Liébert ; 27 février 1744.

Titre nouvel fourni par Françoise Guy, veuve de Jean-Louis Liébert, 10 janvier 1745.


Fief d'Ort à Saint-Leu.

• Note mentionnant la vente du fief d'Ort par Nicolas Beaujon au duc de Chartres le 9 mars 1780, ainsi que toutes les acquisitions faites par ce prince à Saint-Leu de 1783 à 1787.

• Délibération du Conseil du prince de Condé accordant au duc de Chartres l'inféodation d'un chemin, 1er décembre 1784.


1-BA-048 SAINT-LEU (suite).

• Jean Torlonia, duc de Bracciano, qui avait acquis le château et le domaine de Saint-Leu du prince Louis-Napoléon Bonaparte le 4 septembre 1815, les vend au duc de Bourbon le 4 juin 1819 ; actes, correspondance, quittances, purges légales, état des biens, 1818-1823. Acquisitions partielles faites par le duc de Bourbon, 1828-1829.

• Pièces et transaction sur les difficultés élevées par M. le baron Dubarret sur des bornages et délimitations de terrains, 1819-1834.

• Remboursement par le duc d'Aumale à M. Charles-Louis-André du Breuil d'une rente de 160 livres tournois (158 fr. 01 c.) provenant de l'ancien prieuré de Taverny, 21 décembre 1837 ; acte et pièces annexes.

• Travaux au château, lettres de l'architecte Victor Dubois, 1822, 1829.

• Permis d'extraction de pierres, 1820, 1826.

• Don d'un lustre à l'église de Saint-Leu, 1830.

• Inventaire du mobilier du château, 1828.

• Inventaire du mobilier du pavillon de Boissy, acquis par le duc de Bourbon en 1817.


BIBLIOGRAPHIE

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Publié sur le site de Valmorency (Association pour la promotion de l’histoire et du patrimoine de la Vallée de Montmorency) : www.valmorency.fr

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1 Depoin (J.), Cartulaire de l’abbaye de Saint-Martin de Pontoise, 5 fascicules, publications SHPV, Pontoise, 1895 -1909.

2 Cf. notre article « Les maladreries, les léproseries, les Hôtels-Dieu en vallée de Montmorency - La léproserie de La Chaumette, à Saint-Leu ».

3 Foucher (S.), Notre-Dame du Val, abbaye cistercienne en Val d’Oise, éd. Valhermeil, 1998, 290 p., en part. p. 219. En réalité cette grange, dans la propriété des Feuillants, se situait au lieu-dit « Clos Boisson », 4/5e section, du cadastre de 1791, c’est-à-dire aux abords de la rue Édith-Cavell / avenue du Parc. Cf. Maillard (A.), Saint-Leu-la-Forêt à travers les siècles, éd. Jouve & Cie, Paris, 1936, p. 68-69, ch. IX, Le 1er cadastre.

4 Cf. notre article « Le rôle social et économique des communautés religieuses dans la châtellenie de Montmorency ».

5 Arch. Musée Condé à Chantilly, 1-BA-047 et 048 (Saint-Leu et suite), cf. Annexe 2 ci-après.

6 Dupâquier (J.), (sous la dir.), Paroisses et Communes de France, Dictionnaire d’histoire administrative et démographique, Région Parisienne, éd. CNRS, Paris, 1974, p. 595.

7 Arzalier (F.), « Du berceau à la tombe », in Des villages dans l’histoire, vallée de Montmorency (1750 à 1914), éd. Pr.Univ. Septentrion , Lille, 1996, 340 p., p. 55-62 et en particulier p. 59-62 pour Taverny.

8 Cf. notre article « Les nourrices rurales d’enfants des « bourgeois » de Paris et de la région parisienne - Du berceau à la tombe ».

9 C’est en particulier l’origine du nom du Plessis-Bouchard. Cf. notre article « Brève histoire du Plessis-Bouchard ».

10 Cf. notre article « Vignes et vignerons en vallée de Montmorency ».

11 Cf. notre article « Les carrières à plâtre, tuiliers et briquetiers en vallée de Montmorency ».

12 Ducoeur (D. et G.), « Saint-Leu-la-Forêt », in Le patrimoine des communes du Val d’Oise, Flohic, 1999, t. 2, p. 759.

13 Cf. notre article « La forêt de Montmorency et les métiers de la forêt ».

14 Cf. notre article « Les points d’eau en vallée de Montmorency à travers l’histoire ».

15 Défossez (M.-P.), Bastin (S.), Saint-Leu-la-Forêt, éd. Valhermeil, 1997, p. 62-66.

16 Défossez (M.-P.), Bastin (S.), op. cit., p. 59.

17 Dupâquier (J.), (sous la dir.), op. cit., p. 595.

Arzalier (F.), op. cit., p. 339.

18 Ducoeur (D. et G.), op. cit., p. 759-760.

19 Ducoeur (D. et G.), op. cit., p. 763.

20 Ducoeur (D. et G.), op. cit., p. 767.

21 Arch. du Musée Condé à Chantilly, BA 46, 116 C 18. Plans dessinés vers 1725, en réalité datés vers 1710.

22 Ducoeur (D. et G.), op. cit., p. 761.

23 Voir supra ref. note 21 ibidem.

24 Cette grotte est artificielle. Elle a été créée par le paysagiste anglo-saxon Prescott qui, pour M. de Laborde, propriétaire du château du Bas, de 1774 à 1777, réalise à Saint-Leu l’un des premiers « véritables jardins anglais réalisés en France ». Cf. notre article « Parcs et jardins en vallée de Montmorency - Le parc des châteaux de Saint-Leu sous l’Empire ».

25 Ducoeur (D. et G.), op. cit., p. 768.

26 Ducoeur (D.et G.), op.cit., p. 767.

27 Cette œuvre de 1812, réalisée par le peintre Laurent Dabos, est une huile sur toile de 53 x 65 cm, conservée à la mairie de Saint-Leu-la-Forêt.

28 Wagener (F.), La reine Hortense, éd. J.-C. Lattès, 1992.

Collectif, La reine Hortense, une femme, une artiste, Catalogue d’exposition, Musée national de Malmaison, RMN, 1993.

29 Collectif, « Saint-Leu se penche sur ses jardins », in Vivre en Val d’Oise, n° 26, juin-juil.-août 1994, p. 60-63.

Collectif, Jardins en Val d’Oise, Catalogue d’exposition, CGVO, 1993, 315 p.

30 Ducoeur (D.et G.), op.cit., p. 761.

Cf. notre article « La reine Hortense, duchesse de Saint-Leu », ainsi que notre article, dans le cadre des « Jurys de l’Histoire valmorencéenne » sur le thème « La reine Hortense et la princesse Mathilde ont-elles été conspiratrices ?» 

31 Ducoeur (D.et G.), op.cit., p. 764.

32 Pour mémoire, Hortense de Beauharnais, duchesse de Saint-Leu, épouse séparée de Louis Bonaparte, a été inhumée en 1837 auprès de sa mère, Joséphine, en l’église Saint-Pierre-Saint-Paul de Rueil-Malmaison.

33 Aubert (J.), « Exécution du duc d’Enghien, 21 mars 1804 », in Événements mémorables du Val d’Oise, éd. Horvath, 1984, p. 36.

Voir également notre article, dans le cadre des « Jurys de l’Histoire valmorencéenne » sur le thème « La mort du duc d’Enghien : assassinat politique ou exécution judiciaire ? ».

34 Concernant la vie de la baronne de Feuchères et le risque de parcellisation de la forêt de Montmorency, voir l’annexe 1 ci-après.

Voir également notre article, dans le cadre des « Jurys de l’Histoire valmorencéenne » sur le thème « La mort du prince de Condé : suicide ou meurtre ? » 

35 Ducoeur (D.et G.), op.cit., p. 762.

36 Ducoeur (D.et G.), op.cit., p. 770.

37 Ducoeur (D.et G.), op.cit., p. 770.

38 Le château et le domaine d’Écouen devint en 1807 une maison d’éducation de la Légion d’honneur, dirigée par Mme Campan. Il fut rendu en 1814 aux Condés, et redevint bientôt propriété de l’Etat (1830). Il fut de nouveau affecté à la Légion d’honneur en 1851. Il devint Musée national de la Renaissance en 1977.

39 Roman d’Amat, « 2. Feuchères (Sophie Dawes, baronne de) », in Dictionnaire de biographie française, t. 13, 1975, coll.1215-1216. Cf. aussi André (L.), La mystérieuse baronne de Feuchères, 1925, bibliographie.

Adolphe de Belleville, Les secrets de Saint-Leu. Notice curieuse sur ce château et ses propriétaires, Aiglantine de Vendôme, la reine Hortense, etc. Suivie d’une biographie complète sur la baronne de Feuchères, et de détails sur la mort du duc de Bourbon, Paris, imp. A. Belin, 1831, 64 p.

40 Maillard (A.), Saint-Leu-la-Forêt à travers les siècles, Paris, Jouve et Cie éd., 1936, 240 p., en part. p. 201-202.

41 Maillard (A.), op. cit., p. 207-208.

42 La surface actuelle de la commune de Saint-Leu est de 524 hectares. Cf. Dupâquier et al., op. cit., p. 595.

43 En 1840, on ne parle pas encore de l’exploitation de l’eau minérale (captée à la Fontaine-Genêt) qui ne sera exploitée, qu’à partir de 1910, par Auguste Méry ; son exploitation continuera jusqu’en 1960.

44 Pendant toute la première partie du XIXe siècle, les habitants ne disposent que de citernes et du Puits Michel. En cas de pénurie, il leur faut aller chercher de l’eau à Saint-Leu et encore, nuitamment. En 1860, le maire, Frédéric Gaillardet obtient de M. Gonzales y Echeverria, propriétaire de la Chaumette, à Saint-Leu, la mise à disposition du trop-plein des eaux de ses terres. Dans ce but, la municipalité fait installer une conduite d’eau qui permet d’ériger une fontaine, appelée de la Chaumette, inaugurée le 2 juillet 1862.

45 Les meilleurs échalas sont réalisés en cœur de chêne, les moins coûteux en châtaigniers.

46 Le cahier des doléances du Plessis-Bouchard indique, à l’article 1er, « 300 arpents » (100 hectares).