HISTOIRE GÉNÉRALE DE SAINT-PRIX


De Tour à Saint-Prix


Des vestiges mésolithiques, montmorenciens et néolithiques attestent une présence humaine sur le territoire de Saint-Prix, couvert à ces périodes par une vaste forêt1. Des éléments mobiliers gallo-romains et funéraires mérovingiens en résiduel, ainsi qu’un fossé du haut Moyen Âge sont mis au jour de 1977 à 1993 autour de l’église2. Plusieurs seigneurs et communautés religieuses s’installent ou ont des possessions au village de Tour, ou Thor, nom primitif du village. Au XIIe siècle, le prieuré bénédictin de Saint-Martin-des-Champs à Paris tient le fief viticole de Maubuisson3, quand en 1135, Mathieu Ier de Montmorency4 installe les chanoines de l’abbaye Saint-Victor de Paris en forêt, dans le prieuré du Bois-Saint-Père, près du château de La Chasse. Les seigneurs de Tour ou de Bailleul, mentionnés au début du XIIe siècle, laissent place, au milieu du XIIIe siècle, aux seigneurs de Rubelle, qui contribuent largement à l’expansion des Templiers à Tour en édifiant la maison de Rubelle, dépendant de la commanderie de Cernay à Ermont5. Au XIIIe siècle, l’abbaye cistercienne Notre-Dame-du-Val, installée à Mériel, possède des vignes au village de Turnum, Tour, qui a pour suzerains les seigneurs de Pontoise et de Montmorency, ces derniers demeurant au fief de Leumont, au lieu-dit Le Parc.

Le village ne compte encore que 40 habitants en 1470. Le pèlerinage aux reliques de saint Prix se développe alors et Tour prend le nom de Saint-Prix vers 1520, lorsque quelques reliques de ce saint évêque de Clermont-Ferrand, assassiné en 674 à Volvic, ayant été données à l’église du lieu par Jean de Tour, trésorier du Temple de Paris, en 1278, le pèlerinage à ces reliques, qui s’était considérablement développé à partir du XVe siècle, imposa ce changement.

Comme tous les villages de la Vallée de Montmorency, il souffre des guerres ou conflits civils : la Jacquerie de 1358, les compagnies anglaises de la guerre de Cent Ans, puis la Fronde, de 1648 à 1652 et plus faiblement de la Révolution, à la période de la Terreur. Ses habitants, des vignerons6 et des marchands laboureurs, se tournent nombreux vers les cultures légumières et arboricole7, lors de la disparition de la vigne. Celle-ci régresse principalement à partir du XVIIIe siècle.

Au XVIIIe siècle8, sa population demeure relativement stable, avec 117 feux, soit 468 habitants, en 1713 et 132 feux, soit 528 habitants, en 1788. À la fin de l’Ancien Régime, la population du village est de 515 habitants, en 1790.

Le cas de la petite paroisse de Saint-Prix, située dans la Vallée de Montmorency et peuplée d’environ 600 habitants (chiffre haut) au XVIIIe siècle9, permet de préciser le tableau de la mortalité des enfants en nourrice10. Les registres de baptême font état de 1645 naissances entre 1700 et 1789. C’est à cette époque que de petites gens prennent en nourrice des enfants des « bourgeois » de Paris et de la région pour compléter leurs faibles revenus11. Auparavant, une autre activité secondaire est pratiquée dans le village par les femmes, il s’agit de la dentelle : la blonde. Les dentellières et marchands de dentelles en Vallée de Montmorency sont connus par les registres paroissiaux, les minutiers ruraux, les archives judiciaires et récemment par l’étude de Béatrix de Buffévent, L’Économie dentellière en région parisienne au XVIIe siècle. Les négociants sont rares dans la Vallée : 4 à Taverny et 2 à Saint-Leu, mais 10 ouvrières en dentelles sont mentionnées à Saint-Prix dans le rôle de la taille au XVIIe siècle12.

Le matériel de ces dernières se limite à un oreiller à dentelle, quelques dizaines de fuseaux en buis et des épingles. Dans les inventaires, les dentelles de soie noire (dite dentelle de Chantilly, et principalement fabriquée en Pays de France, à Villiers-le-Bel en particulier) ou blanche sont désignées au XVIIe siècle sous le terme de blonde en raison des premiers exemplaires exécutés en soie écrue. Dans les cahiers de doléances de Saint-Prix13, les rédacteurs soulignent la concurrence, bien avant la Révolution, de la dentelle anglaise face à la dentelle française à la main et demandent la cassation du traité de commerce avec l’Angleterre. Une édition du Dictionnaire géographique de Vosgien, en 1785, indique pour Saint-Prix, une fabrique de blondes. L’abbé Lebeuf indique qu’à Bouffémont, à Domont et à Béthemont, les femmes et les filles travaillaient la dentelle. Des deux marchands de dentelle au XVIIIe siècle, il n’en reste plus qu’un, faisant fonction de procureur fiscal à la veille de la Révolution.

Les religieuses de Soisy-sous-Montmorency enseignent l’art de la dentelle à leurs élèves et sont les gardiennes de cette tradition dans la Vallée jusqu’à la fin du XIXe siècle.


Au XIXe siècle, la commune s’embourgeoise. De grands domaines sont transformés en parcs à l’anglaise, aux essences rares14. Le développement urbain se poursuit essentiellement dans la seconde moitié du XXe siècle, s’étendant dans la vallée, au pied du vieux bourg. En 1846, sa population est de 456 habitants. Elle atteint 761 en 1906, 1 597 en 1926, 2 562 en 1946, pour atteindre 4 302 habitants en 196815. Elle compte, depuis 2006, 7 214 habitants, soit une augmentation de près de 10 fois (948 % exactement) sa population d’il y a un siècle, et correspond assez bien au chiffre d’expansion démographique des autres communes de la Vallée.

La raison principale de cette expansion démographique, faible mais régulière, est d’une part la création de la ligne de chemin de fer en 1846, qui dessert dès cette époque la gare de Gros-Noyer-Saint-Prix, et d’autre part, l’implantation de petites industries, qui tendent actuellement à disparaître. La proximité de Paris a aussi contribué à son récent développement urbain.


Le patrimoine ancien de Saint-Prix


L’église Saint-Germain, puis Saint-Prix et Saint-Fiacre. Une église primitive, à une seule nef, existait probablement à Tour vers 1085. Au XIIIe siècle, l’église est reconstruite en forme de croix latine16. Elle garde des éléments du XIe siècle, comme la corniche chanfreinée de la face orientale du clocher, décorée de billettes et reposant sur des modillons, et une autre corniche chanfreinée avec décor de denticules, sur la face occidentale intérieure des combles. Du XIIIe siècle, ne subsistent que le clocher, deux piliers à l’est et deux autres à l’entrée de la nef. La sacristie est construite au XVIe siècle et l’église est alors placée sous le vocable de Saint-Fiacre. Pour répondre à l’affluence des pèlerins, le chœur est agrandi, avec mise en place des collatéraux, triple au sud, de 1620 à 1628, et simple au nord en 1633, se répartissant ainsi en sept chapelles. Au XVIIIe siècle, la toiture est surélevée, ce qui occulte les quatre fenêtres hautes qui éclairent le chœur et la base du clocher du XIIIe siècle. Les deux piliers ouest du clocher, qui menacent de s’écrouler sont rebâtis17. Au XIXe siècle, le collatéral le plus au sud est supprimé, de même qu’une travée à l’ouest et le porche saillant, qui est relié par un grand escalier appuyé au presbytère en longeant la rue de la Croix-Saint-Jacques18. Le porche est refait en 1896 par Lucien Magne, l’architecte restaurateur de la collégiale Saint-Martin de Montmorency19, et concepteur de l’église néo-romane d’Ermont en 1886-188720.


L’ancien presbytère. Ce bâtiment comprend six niveaux du côté le plus bas, vers la vallée, et trois du côté de l’église. Il est couronné d’une charpente avec double poinçon et croix de Saint-André, datable de la fin du XVIIe siècle, et son toit en croupe est couvert de petites tuiles plates21. En 1980 et 1981, les fouilles archéologiques mettent en évidence la cave la plus profonde, soutenue par six croisées d’ogives séparées par des arcs doubleaux retombant sur deux piliers situés dans l’axe médian, construite dès le XIIe siècle et restaurée au XVe siècle. L’escalier d’accès, côté est, est remplacé au XVIIe siècle par un escalier en plâtre à nez de marches en bois, au sud-ouest22.


La fontaine de Saint-Prix. Cette fontaine est liée au pèlerinage développé autour des reliques de Saint-Prix, et qui, à partir du XVe siècle, s’amplifie durant tout le XVIe siècle. François Ier visite plusieurs fois le village, le 31 mai 1519, les 14 et 15 juin 1539, les 30, 31 juillet et 2 août 1544, mais c’est en 1540 que son séjour est le plus long, du 10 au 24 octobre. Les textes du 11 novembre de la même année signalent que « des prières avaient été demandées dans plusieurs églises pour la guérison du dauphin malade à Saint-Prix ». Il loge probablement, au cours de ces visites, chez les seigneurs de Montmorency, en leur château du fief de Leumont. Au cours des pèlerinages, et dans l’espoir d’une guérison, le pèlerin est plongé trois fois de suite dans l’eau de la fontaine, dite « fontaine commode », où il invoque saint Prix. La fontaine médiévale est restaurée en 1870 par Julien Ponsin, architecte de Montmorency, puis à nouveau à la fin du XXe siècle23. À cette occasion, une intervention archéologique permet de mettre au jour de la céramique flammulée du XIIIe siècle et des grès du Beauvaisis du XVIe siècle, confirmant l’origine médiévale de la fontaine24.


Le prieuré Blanc. Les chanoines victorins sont installés en 1135 dans le prieuré du Bois-Saint-Père, à Bouffémont, et autrement appelé prieuré de Sainte-Radegonde, en référence à la fontaine du même nom. En 1526, ils quittent ce milieu forestier, inhospitalier, situé près du château de La Chasse, pour s’installer dans un nouveau domaine, dit prieuré Blanc, face à l’église de Saint-Prix25. Déjà propriétaires de vignes dans le village, les chanoines y poursuivent leurs acquisitions foncières : jardin presbytéral, grange aux dîmes, celliers. Ils étendent même leurs possessions dans les paroisses voisines, comme à Ermont, où ils sont seigneurs du lieu. Dans cet espace prioral, les fouilles archéologiques de 1986 mettent en évidence une glacière de la fin XVIe-début XVIIe siècle, et celles de 1987 et 1995 permettent d’étudier une cave du XIIe siècle remaniée au XVe siècle, située dans la cour et, plus au sud, une seconde cave datée de 1537, un caveau de 1560 en communication avec l’église et un petit bâtiment domestique avec cuisines. Le mobilier archéologique recueilli se situe dans la fourchette chronologique allant du premier quart du XIVe siècle, avant l’arrivée sur ce lieu des chanoines, au dernier tiers du XVIe siècle26.


Le château de La Chasse. Ce château, vestige d’un logis quadrangulaire de 20 m de côté, est flanqué aux angles de quatre tours rondes, dérasées en 172827. Ancienne maison forte, il est entouré d’un cycle de douves et de deux étangs situés au point de jonction des terroirs de Saint-Prix, Montlignon, Bouffémont et Domont. L’origine la plus probable du toponyme viendrait du gaulois cassanus, le chêne, nom qui s’accorde parfaitement avec son implantation sylvestre28. La famille de Montmorency reste longtemps propriétaire du domaine. En 1207, Mathieu de Montmorency y reçoit, au nom du roi Philippe Auguste, le serment du comte de Saint-Pol pour deux fiefs. Deux tuileries et un hôtel particulier sont élevés dans le parc par Jacques de Montmorency en 1392, pour le douaire de sa mère Perenelle de Villiers. Guillaume de Montmorency, quant à lui, y accueille le roi Louis XI pour une chasse en forêt. Le château devient ensuite propriété des Condé, puis de Louis Bonaparte, qui l’acquiert sous le premier Empire. Le roi de Hollande y réside avec la reine Hortense (d’où le chemin Madame entre Saint-Leu et La Chasse, passant par Saint-Prix) et son fils, futur Napoléon III. Puis la famille de Condé reprend possession du château, qui est ensuite cédé à la baronne de Feuchères, à la suite de la mort du dernier Condé29.


Ils ont habité Saint-Prix


Victor Hugo. Le souvenir de Victor Hugo et de sa famille est encore présent à Saint-Prix, une plaque de cuivre avec le visage du poète est fixée à l’entrée du château de la Terrasse. C’est là qu’il séjourne avec sa famille en 1840-1841, et dans Les Contemplations, il évoque les lieux :

« Connaissez-vous sur la colline

Qui joint Montlignon à Saint-Leu,

Une terrasse qui s’incline

Entre un bois sombre et le ciel bleu ?

Cependant, le château de La Terrasse est vendu en 1841, et la famille Hugo reçoit congé pour sa location. Une nouvelle installation est donc nécessaire. Elle s’effectue à l’extrémité ouest du village, sur le chemin menant à Saint-Leu. J. Carlin, propriétaire d’une vaste demeure datant du XVIIe siècle et d’un autre bâtiment plus petit, contigu au précédent, loue à Victor Hugo le pavillon situé place de La Croix30, tout près de l’église et du prieuré Blanc, jusqu’en 184231. Cette maison, dont un tableau d’Albert Maignan nous conserve le souvenir a malheureusement disparu.


Sedaine. Michel-Jean Sedaine (Paris, 1719-1797) est contraint, après le décès de son père, architecte, de devenir maçon tout en poursuivant ses études. En 1750, il publie son Recueil de pièces fugitives. Sa véritable vocation est le théâtre et surtout l’opéra-comique, registre pour lequel il écrit plusieurs pièces, notamment Le Diable à quatre sur une musique de Philidor en 1756, Aucassin et Nicolette en 1780, Richard Cœur de Lion en 1784 avec Grétry. Entre temps, il donne deux comédies : Le Philosophe sans le savoir, en 1765, et La Gageure imprévue en 1768. Grimm intéresse l’impératrice de Russie, Catherine II la Grande, à Sedaine, de 1779 à 1781, et les libéralités de celle-ci lui permettent d’acheter une maison à Saint-Prix.

Cette maison, acquise en 1780, est agrandie en 1792. Sedaine la fait restaurer, la surélever, la flanquer d’un logis neuf. Sise au 47 rue Auguste Rey, elle a conservé son style du XVIIIe siècle, avec une belle ordonnance de fenêtres sur deux niveaux, une corniche en plâtre et un fronton triangulaire sur le pignon ouest, symbole d’une marque de noblesse selon les architectes des XVIIe et XVIIe siècles. Le prieuré Blanc, en face, le château de Rubelle et celui de la Terrasse en sont également dotés. Une plaque commémorative est apposée sur sa maison saint-prissienne32.

Le grand succès de Richard Cœur de Lion lui ouvre les portes de l’Académie Française en 1786 et de l’Académie d’architecture. Il compose aussi deux drames historiques Raymond V, comte de Toulouse et Maillard ou Paris sauvé, imprimés mais non représentées. Il laisse un fils et deux filles, dont l’une épouse le marquis de Brisay33.


Bosc. Louis-Augustin-Guillaume Bosc (1759-1828), secrétaire de l’Intendance des postes puis administrateur par fonction, et naturaliste par passion, suit les cours du Jardin du roi donnés par Jussieu, et y fait la connaissance de Mme Roland. Il devient président de la Société des naturalistes français en 1790 et découvre la forêt de Montmorency. Le 25 septembre 1791, lors de l’inauguration du buste de Rousseau placé à l’entrée du bois d’Andilly, il est à la tête de la Société locale des amis de la Constitution. Après Thermidor (1794), il quitte la forêt, prend soin d’Eudora, la fille de Mme Roland, et s’expatrie en Amérique de 1798 à 1799. À son retour, il épouse sa cousine Suzanne Bosc, et rédige le Dictionnaire raisonné et universel d’agriculture en 1809. Inspecteur des jardins et pépinières de Versailles, il entre à l’Académie des Sciences. Sous la Restauration, il est chargé d’un travail sur les vignes en France, de 1820 à 1825, puis nommé inspecteur général des pépinières34.

Il repose en forêt de Montmorency, avec toute sa famille, non loin de l’ancien prieuré du Bois-Saint-Père, son lieu de refuge pendant la Terreur avec ses amis girondins proscrits, sous un simple rocher de grès de Beauchamp. Cet enclos lui a été cédé par Bancal des Issarts afin d’y ensevelir l’une de ses filles, morte en l’an IX (1800-1801)35


Larivière. Charles-Philippe Larivière (Paris 1798-1876), élève de Guérin, de Girodot et de Gros, remporte le grand prix de Rome en 1824. Sous Louis-Philippe, l’aménagement du palais de Versailles lui vaut des travaux conséquents tels que L’Assaut de Brescia, La Bataille des Dunes, Le duc d’Orléans, exposés au salon de 1836. Sous le second Empire, il exécute des commandes officielles. Il crée les cartons des vitraux de la chapelle de Dreux en 185536.


Maignan. Albert-Pierre Maignan (Beaumont-sur-Sarthe 1845-1908), licencié en droit en 1866, devient quant à lui le gendre de Larivière. En 1869, il expose Napoléon et Marie-Louise dans la grande galerie du Louvre le jour de leur mariage. Sous l’influence de Jean-Paul Laurens et de Luminais, il compose en particulier L’Éducation du dernier roi de Grenade en 1873, Le Départ de la flotte normande pour l’Angleterre en 1874. En 1881, il expose Dante rencontrant Matilda au musée du Luxembourg et en 1888, ses Voix du tocsin, conservées au musée d’Amiens, sont très remarquées. En 1892, son Carpeaux est admis au Luxembourg. Le Frère peintre montre l’intérieur de la sacristie de l’église de Saint-Prix. À la demande de son ami Lucien Magne37, architecte, il peint les trois fresques du chœur de l’église d’Ermont en échange du mobilier archéologique découvert lors des fouilles de la nécropole mérovingienne d’Ermont en 188538.

Ces deux artistes peintres et leurs épouses sont réunis sous la même dalle de granit, ornée d’un bronze de Bianchi, dans l’ancien cimetière de Saint-Prix, au nord de l’église Saint-Germain.


ANNEXE 1 :


MICHEL JEAN SEDAINE, AUTEUR DRAMATIQUE (1719-1797) À SAINT-PRIX


Au XVIIIe siècle, on pouvait venir en promenade à Saint-Prix, depuis Montmorency, par exemple, ou de la forêt voisine, comme le fit Jean-Jacques Rousseau39, peut-être avec Mme d’Houdetot, ou, quelques années plus tard, Bosc le naturaliste, ami de Mme Roland40. Mais c’était un voyage pour un habitant du Louvre, bourgeois vieillissant, sédentaire et peu fortuné : à savoir Sedaine.


Le village de Saint-Prix à la fin de l’Ancien Régime41

Voyez dans Saint-Prix un bourg paisible de cinq cents habitants, paisible sauf les jours de pèlerinage, et où domine naturellement l’ouvrier de la terre : fermier, laboureur, vigneron, jardinier. Des artisans, un petit commerce, une petite industrie s’y juxtaposent. Les boulangers et les maçons, sont en nombre supérieur aux besoins de la population.

Ajoutez quelques gardes, maître et maîtresse, car il y a deux écoles, chirurgien, tabellion, le curé et son vicaire. Un village, en ce temps là, isolé quelquefois par la difficulté des communications a besoin d’un organisme plus complet que de nos jours.

La petite industrie dont nous avons parlé suit les métiers réputés du voisinage, et vit de cette modeste concurrence : les femmes surtout, qui imitent la dentelle de Chantilly42, vendent des objets de pèlerinage comme à Argenteuil43, prennent des nourrissons comme à Montmorency44. Les hommes cuisent du pain comme à Gonesse45.

Le tableau s’achèvera par un dénombrement aussi rapide des propriétaires ecclésiastiques et parisiens, en tête desquels le seigneur. Le village, avec ses deux rues à angle droit, a la forme d’une croix, dont une branche, posée horizontalement à mi-côte, va de Montlignon à Saint-Leu, et l’autre suit la pente de la colline et tend vers Ermont. Les propriétés d’agrément en occupent les quatre extrémités.

Au pied de la hauteur, on rencontre, après une belle ferme du Temple, dépendant de Cernay46, le château, ou, comme on dit le plus souvent, le château de Rubelle, du nom du hameau où il s’élève. Le maître en est François-Nicolas Le Bas du Plessis, seigneur de Saint-Prix, Rubelle, la Grange-Rubelle et Maubuisson, dans la vallée de Montmorency, officier aux gardes françaises, chevalier de Saint-Louis. Fils d’un officier au régiment de Dauphin-Etranger, petit-fils d’un trésorier de l’extraordinaire des guerres, arrière petit-fils d’un intelligent Berrichon, qui a fondé la fortune et la noblesse de sa famille. Celui-ci, simple et obscur Le Bas, venu d’Ivoy à Paris, en 1634, pour être commis dans les bureaux de la trésorerie qui appartiendra plus tard à l’un de ses fils, est secrétaire de Mazarin, premier commis des finances, puis conseiller du Roi, trésorier des ponts et chaussées de Champagne et reçu secrétaire du Roi en 1665. Ses fils, sans parler d’un trésorier des troupes du Roi à Strasbourg, célibataire, et d’un oratorien, s’appellent de Montargis, de Girangy et du Plessis. L’auteur de la branche du Plessis, le trésorier de l’extraordinaire des guerres, a treize enfants. L’un deux, l’officier de cavalerie Nicolas, est attiré à Saint-Prix par son mariage avec la fille d’un conseiller au Châtelet, Rossignol, seigneur de la Grange-Rubelle47.

Mais quittons Rubelle, où nous reviendrons, pour monter à Saint-Prix, jusqu’à l’église, située au point culminant du bourg. On trouve, à côté et en face du vieux moutier, deux prieurés : le prieuré de Saint-Prix, relevant de l’abbaye Saint-Martin de Pontoise, et celui de Notre-Dame-du-Bois-Saint-Père, dépendant de l’abbaye Saint-Victor de Paris48. L’un des abbés ne réside point dans son monastère. Les deux louent leurs maisons, quand ils ont preneurs : le moine de Saint-Victor se réservant, au second étage de la sienne, un gîte où il mène, de toute façon, la vie la plus étroite. On appelle le premier, le prieur Blanc ; le second, le prieur Noir, à cause de la couleur de leur robe.

Rendons-nous à l’est du village. Du côté de Montlignon habitent les Petit des Landes, des cousins du seigneur, Le Bas du Plessis, derniers représentants d’une dynastie de magistrats à la Chambre des comptes, propriétaires du beau domaine de la Terrasse49.

Presque en face, le président des Monnaies, Sulpice d’Albert, occupe, depuis 1773, l’ancien rendez-vous de chasse des Vendôme.

À l’ouest enfin, du côté de Saint-Leu, un autre président des Monnaies, prénom ? Droin, a remplacé Dufort.

À l’endroit où la basse route de Saint-Leu s’embranche sur la grande rue, prolongée, nous le savons, par le chemin de la vieille église, un élargissement de cette route forme une sorte de place, la place de la Croix. Une croix, qu’on appelait jadis « la croix de ville », pour la distinguer de celles qui s’élevaient aux carrefours des voies rurales50, en occupe le centre, et lui donne son nom.

Trois habitations la bordent, l’une avec l’intervalle d’un jardin, et elles subsistent de nos jours, ornées de leur fronton banal, où les architectes des XVIIe et XVIIIe siècles voyaient évidemment une marque de noblesse. Le château de Rubelle et celui de la Terrasse en étaient également décorés. C’était la mode et le bel air.

Un groupe curieux, celui des propriétaires de nos trois maisons : en face de la route de Saint-Leu, un chanoine, le prieur du Bois-Saint-Père, dont le jardin aboutit là. À gauche, un avocat au Parlement, auquel succédera une danseuse. À droite, un poète : Sedaine51.



Un auteur à succès

Michel Jean Sedaine, né à Paris en 1719, était fils d’un architecte, il prit, après la mort de son père, et pour soutenir les siens, le métier de tailleur de pierre. Son patron, l’architecte Buron, l’associa à ses travaux. Sedaine devait reconnaître ses bienfaits en introduisant le petit-fils de celui-ci, qui fut le peintre David. Il débuta par des chansons, par un vaudeville bouffon, la Tentation de Saint-Antoine, et par son Épître à mon habit (1745). Auteur de Poésies fugitives (1750), d’un poème didactique, le Vaudeville (1756), de médiocres drames historiques, Maillard ou Paris sauvé (1782), Raymond V, comte de Toulouse (1789), il écrivit de très nombreux livrets d’opéras-comiques, Le Diable à quatre sur une musique de Philidor (1756), Aucassin et Nicolette (1780), d’opéras et de drames musicaux, entre autres : Rose et Colas (1764), Aline, reine de Golgonde (1766) et le Déserteur (1769), pour Monsigny, ainsi que Richard Cœur de Lion (1784), pour Grétry. Mais il est surtout connu par deux pièces restées au répertoire de la Comédie-Française : le Philosophe sans le savoir (1765), la meilleure réussite de la comédie sérieuse telle que Diderot en avait défini la théorie, et la Gageure imprévue (1768), comédie. Il fut nommé à l’Académie française en 178652.


Sedaine à Saint-Prix

Qui lui a fait connaître ce pays ? On peut répondre assurément : Dufort, le futur comte de Cheverny, alors introducteur des ambassadeurs et seigneur de Saint-Leu53. La terre qu’il y a hérité de son père, ancien maître des Comptes, comprend un parc de 44 hectares, couvrant le versant occidental de la colline « qui joint Montlignon à Saint-Leu »54, partie sur le territoire de Saint-Leu, partie sur le territoire de Saint-Prix. Le château lui-même est à cheval sur les deux finages.

Ce château, succédant au vieux castel de Leumont, a été bâti, dans les premières années du XVIIIe siècle, par un traitant, Lorieul de la Noue, qui, sorti de rien, a amassé une grosse fortune et connu une banqueroute retentissante. Il s’agit d’un édifice important, à en juger par le nombre d’hôtes qu’il pouvait héberger, et placé en face du plus bel horizon.

Insistons sur Dufort, qui joue un grand rôle dans la vie de Sedaine. Demeuré orphelin de bonne heure, il use joyeusement de sa jeunesse, à la ville et à la campagne, dépensant, à Paris, un peu plus sa santé et, à Saint-Leu, un peu plus sa fortune, si bien qu’il échappe à grand-peine à une double ruine. Il épouse le 23 avril 1755, Anne-Marie-Edme Le Gendre, fille d’un ancien président de la Chambre des comptes. Il revient à Saint-Leu et y reprend une vie d’un faste croissant, à laquelle Sedaine est associé.

Les journées se passent d’ordinaire en promenades à cheval, où Mme Dufort, belle et parée, conduit, soit dans la forêt de Montmorency, soit dans le bois de Boissy ou sur les hauteurs de Sannois, des petites troupes de huit à dix cavaliers, parmi lesquels les ambassadeurs de Russie, de Prusse, d’Autriche. Le comte de Stahremberg loue alors une campagne à Épinay.

Le soir, on est encouragé par le silence de la Chevrette55, déserte pendant le voyage de Mme d’Épinay à Genève, à relever le sceptre de la comédie, qu’elle abandonne. On lui emprunte une partie de sa troupe et de son public, et son répertoire, auquel on ajoute le nouvel opéra comique.

Dufort ne se lasse pas de jouir des succès de sa femme et de lui en préparer l’occasion :

« Si l’on peut dire que ma femme eût un goût décidé, c’était pour jouer la comédie. Douée d’une mémoire prodigieuse, elle avait, quoique sans amour-propre, la confiance qu’elle réussirait. Je fis donc arranger le théâtre provisoire que j’avais construit jadis pour jouer des parades. Il devint un théâtre en règle, et la comédie et les opéras comiques, car c’était le ton du jour, y furent représentés avec succès. On débuta par le Glorieux et Blaise le savetier ; ils furent si bien exécutés que cela fit du bruit, et qu’à la seconde représentation toute la salle se trouva remplie ; il y avait des voitures dans les avenues, comme à la porte des spectacles de Paris. Sedaine et Philidor, les auteurs de Blaise le savetier, me firent demander la permission d’assister à la représentation. La Borde, mon ami, si bon musicien, qui avait loué une maison à Soisy, avait un rôle ; Bacquencourt faisait Blaise ; ma femme Blaisine ; on ne parlait que de son jeu. Tout ce qu’il y avait d’amateurs de théâtre, artistes ou gens du monde, briguait des invitations. Cet été fut brillant et fort cher, car, les jours de spectacle, j’avais plus de cinquante personnes à souper ».

Quelle bonne fortune de s’essayer à l’opéra comique sous les yeux et avec les conseils de celui qui vient d’en donner un type nouveau ! Sedaine est évidemment la plus précieuse recrue gagnée parmi la société voisine. L’amitié que lui voue Dufort a débuté, comme l’amour souvent, par un coup de foudre. Il revient sur ce sujet :

« Ce fut l’époque où je fis connaissance de Sedaine ; je n’eus pas causé une heure avec lui que je l’invitai à passer quelques jours à Saint-Leu. Il accepta très franchement. Les spectacles étaient interrompus ; nous passâmes huit jours avec lui, Mme de Moussy56, alors veuve, Saint-Marc57 et quelques autres, dans un commerce délicieux. Tel fut le commencement d’une amitié durable. Depuis 1758 jusqu’à cette année 1795, il n’y a eu aucune interruption ni aucun nuage dans cette amitié. Les temps malheureux de la Révolution m’ont fait jeter au feu un tas de lettres philosophiques qu’il m’avait écrites, et que je destinais à la postérité. »

Signalons, au passage, que Dufort, arrêté à temps sur le penchant de la ruine, vend sa charge d’introducteur des ambassadeurs en 1764. Il aliène Saint-Leu l’année suivante, en même temps qu’il achète Cheverny, où il vivra sans faste, avec le train qui convient à un lieutenant général du Blésois58.


La maison de Sedaine à Saint-Prix59

La « maisonnette » de Sedaine, qu’il achète avec des roubles de l’Impératrice Catherine II de Russie60, le 18 mai 1780, n’est qu’une « bicoque ». Elle est à peine de meilleure apparence que les logis rustiques qui l’avoisinent, habitée elle-même par des paysans, avant la dame de Pauly à qui Sedaine rachète la maison toute meublée pour 4 000 livres. Les meubles comptent dans ce prix pour 1 200. Une rente perpétuelle de 5 livres, à payer à la fabrique de Saint-Prix, est à la charge de l’acheteur.

L’état des lieux est court : au rez-de-chaussée, « un bouge ou cuisine basse » et une salle. Au premier étage, deux chambres, un grenier au-dessus, escalier dans œuvre, cave et toit à porcs, le tout couvert de tuiles. Une cour et un jardin y sont attenants. La cour, close de murs, renferme un puits. Le jardin contient environ un demi-quartier. Un petit terrain de 8 à 10 perches s’y ajoute, ce qui porte la superficie non bâtie à 20 ou 22 perches, ou, en style moderne, à 700 m2 environ.

Le nouveau propriétaire double environ son jardin, en 1782, par l’acquisition de 25 perches du Clos Filassier. C’est peu après le second présent de l’Impératrice Catherine II de Russie61 et la mort de Mme Seriny, sa belle-mère. Il dispose alors d’un domaine d’un sixième d’hectare. Il attendra jusqu’en 1792 pour restaurer la maison, la surélever, la flanquer d’un logis neuf.

Oh ! La modeste campagne ! On a bien lu : Sedaine, pendant douze ans, établit femme et enfants, et lui-même, dans une salle, une cuisine, deux chambres et un grenier. Trois enfants sont survenus en treize ans de mariage. Une fille, Jeanne-Suzanne, est née le 30 août 1767. Un fils, du 9 novembre 1770, Anastase-Henri, vient ensuite. Une fille, Anastase-Suzanne, appelée en famille Agathe, est la cadette. Elle est née le 11 septembre 1778. Elle seule suffirait pour remplir de bruit la maison et le jardin. Où le poète se réfugie-t-il pour penser et pour écrire ?

Dans les lignes suivantes de ses Récapitulations, Bouilly le peint en promenade :

« Je m’asseyais à côté du bon Sedaine, soit dans une chaumière, soit sur le bord d’un ruisseau, où nous respirions un air pur et libre, et bientôt les accords de la lyre populaire nous entouraient de la gaie et brillante jeunesse des environs ».

Mais où placer cette scène, à supposer qu’elle se passe quelque part ? On se prend à craindre, en lisant de pareilles phrases, qu’elles ne soient écrites que pour le son qu’elles rendent, et vaines et vides comme paroles de romance, nous dit Auguste Rey62.


Sedaine fréquente le salon du seigneur de Saint-Prix

Sedaine a fréquenté le château. « J’ai recueilli là-dessus des traditions précises », nous indique Auguste Rey. La famille Le Bas du Plessis, après avoir partagé deux mois, chaque été, entre Magny près de Meaux et la Petite-Fortelle en Brie, a l’habitude d’en donner trois à Saint-Prix : le temps de la chasse et des vendanges.

Elle comprend, avec le seigneur et sa femme, un fils, Charles, qui servira, comme son père, dans les gardes-françaises, et deux filles, Catherine et Adélaïde, qui seront, l’une Mme de la Selle, l’autre la baronne de Mandat.

Quelques hôtes, des parents surtout, se groupent à l’entour. Le plus assidu est le comte d’Agay, beau-frère de M. du Plessis, et dont la brillante carrière administrative a eu pour couronnement l’intendance de Picardie. Quatre enfants l’accompagnent : un de ses fils épouse Catherine-Thérèse-Philippine de Launey, la fille du gouverneur de la Bastille. Une de ses filles se marie à Laurent de Villedeuil, qui sera ministre de Louis XVI. Mme Roland connaît d’Agay pendant son séjour à Amiens. Elle l’appelle « le Doguin », par manière de calembour, dans sa correspondance avec son mari, et se targue de lui refuser sa porte, sauf à retrouver le nom de l’intendant et le chemin de son antichambre, pour la fameuse sollicitation des lettres de noblesse63.

D’Agay s’établit tardivement dans la vallée de Montmorency, en achetant, le 16 mars 1790, une maison aux environs de la Chevrette, avec un domaine de seize arpents.

Autres parents, familiers de Rubelle : le cousin Charles-Jean Petit des Landes, maître des Comptes déjà nommé, et ses sœurs, Mme de Brainville et de Vaux, habitants de La Terrasse.

Les Maleissye sont de très proches voisins et amis, seigneurs de Maugarny, dont le beau parc, à cheval sur Margency et Montlignon, confine d’autre part à Eaubonne.

Deux frères, le marquis Antoine-Charles, et le comte Charles-Philibert y ont succédé à leur mère, une Barillon. Tous deux, plus âgés que du Plessis de dix à douze ans, servent dans les gardes-françaises quand lui-même y entre. Le cadet, connu davantage sous le nom du chevalier de Maleissye, démissionne en 1777, et meurt l’année suivante. Il a eu en partage Maugarny, où sa veuve demeurera avec leurs deux filles. Sedaine la retrouve sans doute avec plaisir à Rubelle, et renoue ou continue avec elle des relations qui remontent plus haut que son mariage : fille d’un maître des Requêtes, elle a signé à son premier contrat, sous le nom de Marie-Claire Silva. Elle sera destinée au triste choix de la Chabeaussière64, en deuxième noces.

Le même cercle enfin s’ouvre à quelques poètes : à Felille, jadis professeur à Amiens, et reçu à l’Intendance ; au comte de Tressan65, venant de Franconville ; au voisin Sedaine66.


La vieillesse de Sedaine

Après la Révolution et les privations, les jours cruels sont passés pour Sedaine. Les jours difficiles dureront jusqu’à la fin de sa vie. Il s’éteint en plein malaise politique et financier qui conduiront aux coups d’État. On sait que l’Académie, reconstituée le 23 octobre 1795, sous la forme d’une section de l’Institut, ne l’a plus compté dans ses rangs, bien qu’il n’y ait « pas un, là, dit-il avec vérité, capable de faire Rose et Colas ». Cette injustice a constitué pour lui une déchéance et un dommage67. Il finit dans la peine, comme il a commencé, doutant de tout, sauf des affections prochaines, n’attendant de secours ni de la médecine, ni de la religion. Il meurt à Paris le 18 mai 1797, peu avant le 18 Fructidor.

Son groupe fidèle lui rend les derniers devoirs. Un infidèle s’y joint : David, qui, aux derniers instants, a voulu se réconcilier avec son bienfaiteur, mais a vu sa demande éludée, et ne se rapproche que d’un cercueil. Dufort a été mandé trop tard. Le Moniteur universel du 5 Prairial an V (24 mai 1797) contient cette note : « NÉCROLOGIE. Mort de Sedaine, de la ci-devant Académie française. Éloge de ce doyen des lettrés par Ducis ». Cet éloge deviendra dans les Œuvres de Ducis, une Vie de Sedaine, courte et insuffisante68.

Mme de Salm en donne une autre, plus étudiée, un Éloge historique qu’elle lit à la séance du Lycée des Arts, le 19 juillet, juste deux mois après la mort de Sedaine. La Décade philosophique du 4e trimestre de l’an V la reproduit, avec un préambule dû, sans doute, à la plume de Ginguené69. Celui-ci va devenir, à Saint-Prix, le voisin de Mme Sedaine, pour avoir acheté le 1er juin 1799, l’ancien prieuré Blanc, à un légataire de Pichon, mort en 1793.

C’est vers la même époque, le 19 septembre 1798, que Grétry70 se rend acquéreur de l’Ermitage, à Montmorency, trop tard donc pour jouir de la présence de son collaborateur dans la même vallée71.




La maison de Sedaine aujourd’hui

La maison saint-prissienne de Sedaine, achetée en 1780, fut agrandie en 1792. Il fit restaurer la maison, la surélever, la flanquer d’un logis neuf. Elle est sise au 47 rue Auguste Rey. Elle a conservé son style du XVIIIe siècle, avec une belle ordonnance de fenêtres sur deux niveaux, une corniche en plâtre et un fronton triangulaire sur le pignon ouest, symbole d’une marque de noblesse selon les architectes des XVIIe et XVIIe siècles. Le prieuré Blanc, en face, le château de Rubelle et celui de la Terrasse en sont également dotés. Une plaque commémorative est apposée sur sa maison72.



Gérard Ducoeur,

mai 2010.



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1 Cf. notre article « La préhistoire en vallée de Montmorency ».

Ducoeur (D. et G.), et al. La Préhistoire en Parisis, in Ermont au fil du temps, Valhermeil, 1994, p. 15-18.

Ducoeur (G.), La préhistoire en forêt de Montmorency et dans la région, in Balland (R.), Donzelle (G.), Ducoeur (G.), Poupon (C.), Renaux (D.), Histoire de Saint-Prix, AREM, 1982, p. 18-24.

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Ducoeur (G.), La forêt de la préhistoire à l’antiquité, in Guide de la forêt de Montmorency, AFOMI, 1975, p. 7-18.

2 Ducoeur (G.), Saint-Prix. Le prieuré Noir, XIe-XIIe siècle, in catalogue : Vexin, Parisis, Pays de France au temps des Capétiens (987-1328), CGVO, 1987, p. 63-64.

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3 Cf. notre article « Le rôle social et économique des communautés religieuses dans la châtellenie de Montmorency ».

4 Cf. notre article « Les premiers seigneurs de Montmorency ».

5 Cf. notre article « La présence des Templiers en vallée de Montmorency ».

6 Cf. notre article « Vignes et vignerons en vallée de Montmorency ».

7 Cf. notre article « Les pépiniéristes en vallée de Montmorency ».

8 Pour la vie quotidienne à Saint-Prix sous l’Ancien Régime, au temps où y vécu Sedaine, Cf. notre article en Annexe 1 « Michel Jean Sedaine auteur dramatique (1719-1797) à Saint-Prix ».

9 Dupâquier (J.), (sous la dir.), Paroisses et Communes de France, Dictionnaire d’histoire administrative et démographique, Région Parisienne, éd. CNRS, Paris, 1974, p. 598.

Saint-Prix : 105 feux soit 525 habitants en 1709, selon Rey (A.), L’école et la population de Saint-Prix depuis 1668, SHP, Paris, 1879, p. 20-21.

10 Guérin (N.), Ouverture ou autarcie du village de Saint-Prix au XVIIIe siècle ?, mémoire de maîtrise sous la direction de M.-J. Michel, 2001, p. 186-205.

11 Cf. notre article « Les nourrices rurales d’enfants des « bourgeois » de Paris et de la région parisienne- Du berceau à la tombe ».

12 Buffévent (B. de), L’Économie dentellière en région parisienne au XVIIe siècle, SHAPVOV, Pontoise, 1984, les paroisses dentellières p. 58-59.

13 Rey (A.), Le Commerce. Les fabriques de blondes. Dentellières et vignerons, in Les cahiers de Saint-Prix et de la subdélégation d’Enghien en 1789, Notes sur mon village, Paris, H. Champion, 1892, p. 176-179.

14 Cf. notre article « Les parcs et jardins en vallée de Montmorency ».

15 Dupâquier (J.), (sous la dir.), op. cit., p. 598.

16 Cf. notre article « L’église Saint-Germain. Le pèlerinage. Le presbytère et la fontaine de Saint-Prix ».

17 Lours (M.), Saint-Prix. in Églises du Val-d’Oise, Pays de France, Vallée de Montmorency, Dix siècles d’art sacré aux portes de Paris, SHAGPDF, 2008, p. 241-243.

18 Ducoeur (G.), Saint-Prix, in Le patrimoine des communes du Val d’Oise, Flohic, 1999, t. 2, p. 772.

19 Regnault (P.), Baillargeat (R.), L’abbé Marais et Lucien Magne à Montmorency, Mémoires SHAPV, t. 57, 1960, tiré à part, 1963, 33p. Concernant l’œuvre de Lucien Magne cf. « La collégiale Saint-Martin de Montmorency ».

20 Cf. notre article « Brève histoire d’Ermont. Étymologie du nom d’Ermont ».

Ducoeur (G.), L’église de Saint-Prix. Historique et fouilles archéologiques de 1977, in Balland (R.), Donzelle (G.), Ducoeur (G.), Poupon (C.), Renaux (D.), Histoire de Saint-Prix, AREM, 1982, p. 66-78.

21 Voir note 16 supra.

22 Ducoeur (G.), op. cit., t. 2, p. 775.

Ducoeur (G.), Le prieuré Noir et le presbytère. Les fouilles archéologiques de 1980 in Balland (R.), Donzelle (G.), Ducoeur (G.), Poupon (C.), Renaux (D.), Histoire de Saint-Prix, AREM, 1982, p. 80-88.

23 Voir note 15 supra.

24 Ducoeur (G.), op. cit., t. 2, p. 776.

25 Cf. notre article « Les prieurés des abbayes de Saint-Martin de Pontoise et de Saint-Victor de Paris ».

26 Ducoeur (G.), op. cit., t. 2, p. 776.

Ducoeur (G.), Saint-Prix (Val d’Oise), Le prieuré Blanc, le Village, in Chronique des fouilles médiévales, Archéologie Médiévale, CNRS, t. 26, 1996, p. 260-262.

Renaux (D.), Le prieuré du Bois-Saint-Père in Balland (R.), Donzelle (G.), Ducoeur (G.), Poupon (C.), Renaux (D.), Histoire de Saint-Prix, AREM, 1982, p. 102-106.

27 Cf. notre article « Le château de La Chasse à Saint-Prix. L’auberge du Bouquet de la Vallée à Montlignon ».

28 Mulon (M.), Noms de lieux d’Ile-de-France. Introduction à la toponymie, éd. Bonneton, 1997.

29 Ducoeur (G.), op. cit., p. 775.

Renaux (D.), Le château de La Chasse in Balland (R.), Donzelle (G.), Ducoeur (G.), Poupon (C.), Renaux (D.), Histoire de Saint-Prix, AREM, 1982, p. 107-111.

30 Ducoeur (G.), op. cit., t. 2, p. 778-779.

31 Cf. notre article « Victor Hugo et sa famille à Saint-Prix ».

32 Cf. notre article en Annexe 1 « Michel Jean Sedaine auteur dramatique (1719-1797) à Saint-Prix ».

33 Ducoeur (G.), op. cit., t. 2, p. 779.

34 Cf. notre article « Louis-Augustin-Guillaume Bosc d’Antic en forêt de Montmorency ».

35 Ducoeur (G.), op. cit., t. 2, p. 780-781.

36 Ducoeur (G.), op. cit., t. 2, p. 782.

37 Cf. notre article « Lucien Magne, architecte de la vallée de Montmorency ».

38 Ducoeur (G.), op. cit., t. 2, p. 782.

Ducoeur (D. et G.), et al. Le Haut Moyen Âge en Parisis, in Ermont au fil du temps, Valhermeil, 1994, p. 32-39. Une partie du mobilier archéologique d’Ermont a été retrouvé récemment au musée d’Amiens. Cf. Wabont (M.), Abert (F.), Vermeersch (D.), (sous la dir.), Ermont, in Carte Archéologique de la Gaule, Val-d’Oise, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Paris, 2006, p. 251-255.

Mallet (D.), Albert Maignan et son œuvre, conférence donnée au Mans le 14 novembre 1912, in Revue historique et archéologique du Maine, Mamers, 1913, 27 p.


39 Rey (A.), Jean-Jacques Rousseau dans la vallée de Montmorency, Paris, Plon, 1909, 295 p., 2 phototypies, 1 plan.

40 Cf. notre article « L. A. G. Bosc d’Antic (1759-1828) en vallée de Montmorency ».

41 Rey (A.), Journal et impressions du maire [H. Carlin] et du curé [P.-H. de Gesne] de Saint-Prix pendant la guerre (1870), Sedaine à Saint-Prix, trois articles, in Revue de l’histoire de Versailles et de Seine et Oise, Versailles, Paris, 1899, nov. 1904, mai et août 1905, 20 p., 32p., 32p., respectivement, ré-éd. Le Livre d’histoire, Paris, 2005, p. 9-12.

Rey (A.), La vieillesse de Sedaine, Notes sur mon village, 1906, Paris, Imp. Champion, 114 p., p. 25-29.

Rey (A.), Le mariage de Sedaine, in Revue de l’histoire de Versailles et de S. et O., Versailles, Paris, 1910, 15 p.

42 Buffévent (B. de), L’économie dentellière en région parisienne au XVIIe siècle, SHAPVOV, 1984, 390 p., p. 58-59. À Saint-Prix, 10 dentellières sont mentionnées sur le rôle de taille au XVIIe s. Par contre, les marchands de dentelles ignorent la « vallée » de Montmorency, à l’exception des villages de Taverny et de Saint-Leu, tout proches de St-Prix.

43 Collectif, catalogue d’exposition du Musée d’Argenteuil, Entre deux Moyen Âge, Argenteuil médiéval, Argenteuil, 2007, 20 p. Les enseignes du pèlerinage à la sainte Tunique d’Argenteuil sont conservées au Musée national du Moyen Âge de Cluny à Paris.

44 Muchembled (R.), Bennezon (H.), Michel (M.-J.), Histoire du Grand Paris, de la Renaissance à la Révolution, Perrin, Paris, 2009, 415 p. La plupart des communes de la vallée de Montmorency recevaient des nourrissons parisiens, la région était en effet, à l’époque réputée pour son bon air.

45 Blazi (J.-P.), XVIIe siècle, Les cent boulangers de Gonesse, in Vivre en Val d’Oise, n° 1, avril 1990, p. 28-36.

Blazi (J.-P.), Gonesse, la terre et les hommes, des origines à la Révolution, 1982, 373 p., en part. p. 313-315.

Le nombre de boulangers diminua de façon continue tout au long du XVIIIe siècle. Dès 1740, on n’en comptait plus qu’une cinquantaine (pour la seule ville de Gonesse).

46 Cf. notre article « La présence des Templiers en vallée de Montmorency ».

47 Rey (A.), La Fin de l’ancien régime à Saint-Prix (canton de Montmorency), La seigneurie, Paris, 1881, in-8°, 63 p., 1 plan Loiret de la seigneurie, levé en 1783.

48 Cf. l’article séparé : « Les prieurés des abbayes de Saint-Martin de Pontoise et de Saint-Victor de Paris à Saint-Prix ».

49 Rey (A.), Le fief de Maubuisson et le château de La Terrasse à Saint-Prix (canton de Montmorency) Notes sur mon village, Paris, éd. Champion, 1888, 92 p., p. 29-31.

50 La seule autre croix qui subsiste de nos jours est la « croix des Célestins », qui fut transférée dans le vieux cimetière. A l’origine, elle était située à la sortie est, vers Montlignon, après les châteaux de La Terrasse et de La Ferme. Cf. Rey (A.), Rey (A.), Le fief de Maubuisson op. cit.

51 Rey (A.), La vieillesse de Sedaine, op. cit., p 25-29.

52 Collectif, Grand Larousse encyclopédique, édition Prestige, t. 18, Larousse, Paris, 1970.

53 Rey (A.), Le château de Leumont, d’après les mémoires inédits de J. N. Dufort, introducteur des ambassadeurs (1739-1765), Paris, éd. Champion, 1884, 142 p., 1 plan du domaine de Leumont en 1744.

Rey (A.), Hommage à Dufort de Cheverny pour sa fête, dessins de Pajou avec légendes de Sedaine, in Bull. de la Société de l’Histoire de Paris et de l’Ile-de-France, t. 33, 1906, 12 p.

54 Cf. notre article « Victor Hugo et sa famille à Saint-Prix ».

55 Rey (A.), Le château de La Chevrette et Madame d’Épinay, Paris, Plon, 1904, 283 p.

56 Mme Girault de Moussy, Mlle Félix avant son mariage, était une cousine très appréciée de Dufort.

57 « Le chevalier de Razins, marquis de Saint-Marc, dit Dufort (Mémoires, I, 29), connu dans la littérature par l’opéra d’Adèle de Ponthieu et plusieurs pièces fugitives, était toujours de nos parties ». Il fut officier aux gardes françaises et membre de l’Académie des Belles-Lettres.

58 Rey (A.), La vieillesse de Sedaine, op. cit., p. 22-25.

59 Idem, p. 29-30.

60 Catherine II la Grande (1729-1796), impératrice de Russie, pratiqua un mécénat un peu ostentatoire. Elle entretint une correspondance active avec les philosophes, avec Grimm, et, surtout, sollicita les conseils de Diderot, qu’elle invita. Le « despotisme éclairé » de la « Sémiramis du Nord » reçut ainsi l’approbation de l’élite européenne. Catherine, honorant toute la carrière de Sedaine, récompensait l’ancien labeur de la truelle et la veine récente de « cet esprit qu’on admire en tous lieux ». Et ce fut, au total, par 12 000 livres en 1779, par 8 000 en 1781, auxquelles joignez un don intéressant de 50 louis du prince Henri de Prusse. (in Rey (A.), La vieillesse de Sedaine, op. cit., p. 20 ).

Collectif, Catherine II lectrice de Jean-Jacques Rousseau, Chemins des Lumières en Val d’Oise, catalogue d’exposition du Musée J.-J. Rousseau à Montmorency, sept. 1998- mars 1999, Montmorency, 1998, 175 p.

61 Cf. note 60 supra.

62 Rey (A.), La vieillesse de Sedaine, op. cit., p 31.

63 Perroud, Lettres de Mme Roland, Paris, 2 vol. in-8°, 1900-1902.

64 Étienne-Xavier Poisson de la Chabeaussière (1752-1820), après avoir suivi quelque temps la carrière militaire, devint auteur dramatique. Il est notamment connu pour avoir publié un Catéchisme républicain, philosophique et moral, plusieurs fois réédité. Il fut quelque temps, sous le Directoire, administrateur de l'Opéra. Cf. notre article « La Chabeaussière, auteur dramatique et seigneur de Maugarny, à Margency ».

65 Louis-Elisabeth de Lavergne, comte de Tressan (1705-1783), traducteur de l’Arioste, entré à l’Académie française en 1781. Il s’était retiré à Franconville en 1766. Cf. nos articles « Parcs et jardins en vallée de Montmorency » et « Le comte de Tressan, poète et châtelain de Franconville ».

66 Rey (A.), La vieillesse de Sedaine, op. cit., p 32-34.

67 « À la destruction des Académies, Sedaine avait 4 000 livres à réclamer, dont 2 000 d’avances personnelles. Il n’en a pu obtenir la liquidation. » (Lettre de Mme Sedaine, de janvier 1815).

68 Jean-François Ducis, poète tragique (1733-1816), adapta quelques drames shakespeariens en les soumettant aux règles de la tragédie française, comme Hamlet (1769). Ducis, Œuvres, éd. de 1826, 3 vol.in-8°, III, 455.

69 Pierre Louis Ginguené, écrivain (1748-1816), fut emprisonné sous la Terreur pour modérantisme. Entré au Tribunat en 1799, il en fut exclu en 1802, à cause de son libéralisme. Il appartenait en effet au groupe des « idéologues » et, depuis 1795, il dirigeait la Décade philosophique, dont il maintint les tendances libérales jusqu’à sa suppression (1807). Parmi ses œuvres, son Coup d’œil rapide sur le « Génie du christianisme » (1802) témoigne de sa fidélité aux idées littéraires du XVIIIe siècle. Il fit de 1802 à 1806, à l’Athénée, un cours de littérature italienne dont il tira sa remarquable Histoire littéraire de l’Italie (1811-1819). Il fut élu membre de l’Institut en 1795. Cf. notre article « Pierre-Louis Ginguéné (1748-1816), savant homme de lettres à Saint-Prix ».

70 André Modeste Grétry (Liège, 1741 – Montmorency, 1813) est un compositeur liégeois qui a particulièrement illustré Montmorency. Parmi ses œuvres dramatiques innombrables, on peut citer en particulier Richard Cœur de Lion (1784), d’après un livret de Sedaine. Cf. notre article « Grétry à Montmorency ».

71 Rey (A.), La vieillesse de Sedaine, op. cit., p 68-69.

72 Ducoeur (G.), Saint-Prix, in Le patrimoine des Communes du Val d’Oise, Ile -de France, Flohic, 1999, t. 2, p. 779.