HISTOIRE GÉNÉRALE DE MONTMAGNY



Un village de la butte Pinson

Au bas des Buttes témoins de Montmorency, la commune de Montmagny (291 ha) s’étend vers la Seine, entre 35 et 100 m d’altitude. À l’est, les hauteurs sont couvertes en partie par la forêt régionale de la Butte Pinson (ancien bois de Richebourg), le restant du territoire étant très urbanisé.

Le territoire de Montmagny, Mons Magniacus au XIIe siècle, est limité au nord-est par l’actuelle RD1, chaussée antique gallo-romaine qui reliait Paris à Calais via Beauvais et Amiens, et au sud par la route de Saint-Leu, vieux chemin carolingien, attesté en 885, de Saint-Denis au pont d’Auvers, via Deuil, Taverny et Méry-sur-Oise.

L’ensoleillement des coteaux et la proximité de Paris y favorisent la culture de la vigne qui, en 1782, occupe près de la moitié des terres. À l’ouest du château, s’étire le quartier des Carnaux, le long de l’actuelle rue Carnot, tandis qu’à l’est se regroupe l’habitat des Faucilles, au carrefour des rues de Richebourg et des Roses. L’ancien bois de Richebourg est devenu la forêt régionale de la Butte-Pinson.


Le territoire à la période gallo-romaine

Avant cette période antique, les plus anciens vestiges sont des haches, un bracelet de bronze et un petit vase datés de l’âge du Bronze et découverts dans une carrière de gypse proche du Barrage1.

Au XIXe siècle, une villa gallo-romaine, malheureusement non localisée2, aurait livré de nombreux objets, parmi lesquels une hache en fer « en forme de croissant » (cette description pourrait faire plutôt penser à une francisque mérovingienne, des Ve ou VIe siècles !).

Rien n’a survécu de l’époque [gallo-] romaine, nous dit Maurice Gachelin, historien de la commune, sauf le tracé des voies menant à Calais et à Beauvais ainsi qu’un très vieux chemin menant de Meaux à Pontoise : il passait au nord des Marais de Stains, traversait Pierrefitte, escaladait la Butte [Pinson] et par Montmagny, Deuil, rejoignait Pierrelaye par le chemin de [Jules-] César : cette voie ancienne passait près de l’église de Pierrefitte, de Montmagny et de Deuil.3

La route de Saint-Leu n’est pas de beaucoup antérieure à l’an mil, encore qu’on ne puisse affirmer qu’elle n’ait pas suivi un ancien chemin [gallo-] romain, puisque Charles Rowe (ancien conservateur du musée Jean-Jacques Rousseau) m’a dit en avoir retrouvé le pavé aux Trois Communes, voici de très nombreuses années4.


La toponymie de Montmagny

Montmagny est située au pied d’une butte témoin qu’escaladait l’antique chemin conduisant de Meaux (Seine-et-Marne) à Pontoise. Certes, le nom de Montmagny fait référence à la butte proche, mais il s’agit en fait d’une formation médiévale, dans laquelle l’élément Magny conserve le nom primitif de la localité : nous avons affaire à un domaine gallo-romain (Magniacus), bien à sa place au long de la voie antique5.

Le village aux XIe et XIIe siècles

La première mention du village remonte à 1090, quand Hervé de Montmorency († aux alentours de 1094) accorde à l’abbaye bénédictine de Saint-Florent de Saumur (Maine-et-Loire) la dîme des alleux6 ou terres libres de Montmagny7. En 1184, Bouchard V († vers 1189), un de ses descendants, donne des vignes aux chanoines victorins de la collégiale montmorencéenne pour qu’ils édifient une église paroissiale à la place de l’ancienne chapelle. Son curé est nommé par le prieur de Deuil, lui-même dépendant de l’abbaye saumuroise8. En conséquence, afin de ne pas léser ce dernier dans ses droits ecclésiastiques, Bouchard V décide que la nouvelle cure sera à la présentation du prieur de Deuil, qui garde ainsi tous ses droits et les parts qu’il détient dans la grande et la petite dîme9.

Cette église, dédiée à saint Thomas de Cantorbéry (vers 1118-1170), est reconstruite au XVIIIe siècle grâce à un don de Louis IV Henri de Bourbon, prince de Condé (1692-1740), dont le blason orne le portail latéral.


L’église Saint-Thomas de Cantorbéry

La charte de 1100 ne fait pas mention d’une église locale à Montmagny. La population doit se rendre à Deuil ou à Villetaneuse, qui dispose d’une église dédiée à saint Liphard, un thaumaturge, évêque d’Orléans au VIe siècle, chasseur de démons, de dragons. Au XVIIIe siècle, l’abbé Lebeuf s’étonne de ce patron, que personne ne connaît plus.

L’église de Montmagny apparaît en 1173. Les travaux de restauration apportent quelques lumières sur ses origines. La façade ouest présente les traces d’un édifice qui y est accolé. Elle semble être d’origine, au moins partiellement, par sa construction et sa porte basse murée. Elle a été percée par une verrière ogivale, sans pierre de taille. La porte nord de la fin du XVIe siècle donne peut-être sur un cloître. Le clocher, extérieur à l’édifice, percé au premier niveau d’un oculus et au second de fenêtres ogivales très primitives, est soutenu aux quatre angles par des contreforts maladroits en retrait à chaque étage. Tout cet ensemble, construit avec des matériaux trouvés sur place, est datable du XIIe siècle10.

À l’ouest de l’église existe un « monastère11 », attesté en 1547 par les stalles à miséricorde conservées dans le chœur.

Comme elle est tenue par un chapelain, elle est probablement annexée à une demeure seigneuriale. Les Bouchard l’ont fait construire et consacrer à saint Thomas de Cantorbéry récemment canonisé. Dans l’acte de fondation, le prieur de Deuil est censé nommer le desservant. Dans la pratique, les Bouchard le choissent eux-mêmes et le proposent à l’évêque de Paris, dont la juridiction ecclésiastique s’étend sur Montmagny (1173, puis 1184). Cependant, la paroisse ne figure pas dans le pouillé parisien des XIIIe et XIVe siècles12.


Le village au Moyen Âge

En 1260, Alips de Richebourg, fonde une chapelle dans l’église saint Thomas de Cantorbéry. Un acte de 1243, signé par Bouchard VI de Montmorency († le 1er janvier 1244 n. st.), définit le contour d’une garenne limitée par l’ancien chemin de Sarcelles. Celui-ci passe au Barrage, puis au Moulin à vent, plus au nord. Au sud, il s’appelle le chemin des Fourches de Montmorency, menant à Pierrefitte. Fait intéressant dans cet acte : Bouchard VI se propose de vendre le droit de chasse à ceux des habitants qui peuvent le payer. Ce qui prouve qu’il est possible de concilier les affaires avec le titre de premier Baron de la Chrétienté !

Les fourches patibulaires, citées en 1243, se trouvent au lieu-dit l’Orme Bouchard, Les Fourches, à la limite de Montmagny et de Pierrefitte. Leur existence même tend à montrer que, sur le versant vers Saint-Denis, la butte est dénudée pour qu’on les voie de très loin.

Enfin, cet acte de 1243 fixe la limite entre Deuil et Montmagny : la route qui longe le domaine de l’abbaye cistercienne de Bonport13 (dite Blanc-Port) sur Deuil) constitue encore la limite actuelle de la commune. Brigitte Bedos nous donne à ce sujet l’indication suivante :


« Les progrès territoriaux de l’abbaye Notre-Dame de Bonport les inquiètent également au point qu’ils (l’abbaye de Saint-Denis) font promettre à cette abbaye de ne plus acquérir de vignes à Deuil14 ; c’est avec leur consentement que Gérold, abbé de Bonport, construit des maisons, un pressoir, entoure d’une clôture les vignes qu’il possédait sur le fundus de Saint-Denis entre Deuil et Montmagny »15.


On voit apparaître, en 1260, le toponyme de Richebourg (rue du Clos de Pontoise), qui évoque les essartements16 du XIIIe siècle. Ce canton est planté en vignes. Jean Ansiau de Villiers (sans doute de l’Isle-Adam)17 donne en 1274 au prieur de Deuil deux arpents de vignes qu’il possède dans la censive de Saint-Denis sur Montmagny. La culture de la vigne explique le revenu élevé de l’église de Montmagny, soit 35 livres, au XIIIe siècle.

Richebourg fait partie de l’actuelle butte Pinson. Le nom de Pinson est porté au XIIIe siècle, par un vassal de l’abbaye de Saint-Denis, mais il est possible que ce toponyme dérive de l’appellation donnée à la partie nord de la butte, à savoir Pesson, dans le sens de pâtures, en 1457.

Le fief de Crespière[s] cité par l’abbé Lebeuf18 n’a jamais existé à Montmagny : ce nom, accolé à celui d’un propriétaire inconnu, provient d’une autre région de France

Le lieu-dit les Carnaux semble très ancien et se rapporter au droit féodal : le carnalage permet à un seigneur de s’emparer des animaux qui pénètrent dans son domaine. On peut penser que l’emplacement du futur château est déjà entouré d’un fossé, clos de clayonnage, comme c’est le cas de nombreux domaines au Moyen Âge : La Chevrette à Deuil, Le château de Saint-Gratien, et les nombreux Plessis, comme Le Plessis-Bouchard. Ainsi s’expliquerait la localisation de l’église, à proximité du château, peut-être chapelle castrale à l’origine. D’autre part, les plus anciens plans (du XVIIe et du XVIIIe siècle) montrent que les différents chemins n’ont jamais traversé cet enclos, mais l’ont contourné.

Un Henri de Montmeigna, sous-chantre de Notre-Dame de Paris, apparaît en 1293. Appartient-il à une famille « noble » ? A-t-il ajouté à son nom celui de son village ? C’est possible, mais pas attesté.

L’acte authentique le plus ancien conservé aux Archives du Musée Condé à Chantilly, daté de 1360, confirme l’existence de deux fiefs essentiels, Richebourg et La Mairie ou Les Franchises19, auprès de quelques petits domaines relevant des Montmorency comme celui de Jean de Châteaufort, dit Le Bouch, qui possède, en 1361, un demi-arpent20 de vignes aux Closiaux sous le chemin, deux pièces en friche, dont une au Haut de Pesson21 et 32 sols22 de menus cens23 sur « plusieurs » maisons et héritages.

Le fief de La Mairie24, ou des Franchises, est tenu en 1381 par Dreux de Villiers, chevalier de Boran (Oise). Il possède la justice foncière et 8 livres parisis de franchises. L’aveu25 de son successeur, Gérard de Villiers (1382), y ajoute des droits pour certains habitants.

C’est en 1457 que le fief sera acquis par un bourgeois de Paris, Andriet Aimery, dont l’aveu nous est parvenu. L’étude de cet inventaire permet d’affirmer que les communes créées à Groslay et à Montmorency, respectivement en 1202 et en 1252, se sont étendues à Montmagny. Il s’agit de remplacer la taille26 à merci des féodaux par une taxe annuelle sur les biens et les habitants… Cette commune est dotée d’un maire, qui rend la justice foncière : bornage des communaux répartis entre les habitants chaque année, droits d’usage, impôts fonciers ou cens... D’où son nom. Un acte de 1634 stipule que la communauté possède des biens en aunaies27 au lieu-dit Maupas ou Le Marais, pour lesquels la population doit chaque année 9 chapons et 9 poulets de cens. Ce bien est entré à une date inconnue dans le domaine du seigneur local28.


La Guerre de Cent Ans (1337-1453)

Les Anglais sortent au nombre de six à huit cents, « pour aller bouter le feu en tous les petits villages et grands qui sont entre Paris et Pontoise sur la rivière de Seine…. Mais le seigneur de l’Isle-Adam qui était issu de Pontoise et était sur les champs vint contre eux et les mit presque tous à mort et les chassa, tuant et occiant29 depuis par-delà Espinel (Épinay) jusqu’aux portes de Paris ».

Le journal d’un Bourgeois de Paris, qui rappelle ainsi l’évènement du 10 avril 1436, n’est pas prolixe en détails. Mais l’on sait que ce combat, qui précède de trois jours la reprise de Paris par les Français, associe les troupes du roi et celles des Bourguignons ralliés à la cause de Charles VII. Il se déroule, vraisemblablement, aux confins des deux actuels départements du Val d’Oise et de Seine-Saint-Denis, la rivière du Crould servant sans doute de point fort de retraite pour les Anglais, car « un petit pont » est pris plusieurs fois par chacune des forces adverses au cours de ce combat opiniâtre.

Et, comme toujours, les villages traversés par les troupes doivent payer lourdement leur tribut aux hommes d’armes, de l’un et l’autre camp : surtout Deuil et Montmagny, les plus proches de ce dernier combat30.


La guerre de Cent Ans a ravagé toute la région, comme nous venons de le voir avec Jean Aubert. Mais que s’est-il passé exactement à Montmagny ? L’historien Maurice Gachelin nous le raconte :

La Jacquerie, la spoliation anglaise, la peste, les écorcheurs, les Grandes Compagnies, la guerre entraînent la fuite ou la mort des habitants. La forêt regagne de vastes étendues, à l’exception des meilleurs vignobles, que les vignerons réfugiés à Paris, seule ville close, reviennent cultiver à la moindre accalmie.

C’est ainsi que Richebourg devient un bois. Il est probable que les Montmorency, comme ils le font pour d’autres paroisses, « importent » des paysans, à qui ils donnent des terres qui font d’eux, les premiers dotés, de futurs chefs de village.

L’aveu de 1457 permet de mesurer les conséquences de la guerre de Cent Ans : beaucoup de terres sont en friche, et l’on « soule » (pense) qu’elles ont dû être plantées en vignes (les Closeaux, les Tartres, la Pêcherie, Richebourg, Pesson,…). On ne sait pas ce que sont devenus les anciens habitants : telle maison « fut à … », son possesseur actuel est dit « à la place de … », comme si un nouvel accensement vient d’être réalisé depuis peu. En effet, des vignes sont encore indivises, beaucoup de propriétaires le sont « à cause de leur femme », comme si le repeuplement ne remonte pas à plus de trente ans. Le document cite quelques cultivateurs-vignerons que nous retrouverons longtemps : les Cordier, Guimier, Duru et Berthe (tous deux de Richebourg), Delacroix, Féron… Pour en savoir plus sur le peuple, il faudra attendre la création de l’état-civil.

L’église a été reconstruite ou réparée : elle figure au pouillé parisien du XVe siècle. Le curé, soumis à la nomination du prieur de Deuil, est en 1486 Jean de Cambrai, parent du Chancelier de Notre-Dame, Ambroise. L’église, en 1457, est le siège de la confrérie du Saint-Sauveur. La tradition - ou plutôt le folklore - raconte qu’en Eure-et-Loir, le Saint-Sauveur réside dans un puits situé parfois dans l’église : il agit sur les conditions atmosphériques, sècheresse ou pluie. Celui de Montmagny protège sans doute le vignoble. Cette confrérie possède des biens en Gasche (près des Closeaux ou clos de Pontoise). Mention est faite aussi, à un moment donné, d’une confrérie Saint-Thomas. Près de l’église se trouve la ruelle de la Procession du Saint Sacrement, qui n’a pu être créée à Montmagny qu’entre 1264 et 1311, période où le pape a généralisé ce rite.

La fabrique détient des biens qu’elle cède ou loue en 1457, notamment des vignes qui sont « ja pieça31 » aux cures de Montmagny et de Deuil, situées sur le chemin de Montmorency, dit Fouch, et à l’Épinette32.


Le village en 1457


L’hydrographie

Géographiquement, Montmagny se divise en deux parties :

- Au nord, les pentes des buttes [témoins] vers Pierrefitte, Saint-Brice, Groslay, Montmorency d’où descend le ru d’Ara33 qui traverse le territoire du nord au sud. Il s’agit de la zone habitée, cultivée.

- Au-dessous de la rue du Bout des Carnaux, s’étend une zone humide, marécageuse, comportant à la limite de Deuil, un vaste étang, qui présente à la Plante des Champs, un déversoir portant le nom cité une fois de Pêcherie et de Franette. Le ruisseau, les étangs sont alimentés par la nappe phréatique34 et les sources. Deux d’entre elles sont situées sur la Butte, celle qui deviendra la Fontaine Judas et, au-dessous des carrières, la Fontaine Isambert. Elles sont canalisées en direction du château au XVIe siècle. Une autre située sur Deuil, la Fontaine Oreillon (aux Rayons, Orillon), s’écoule vers le ru d’Ara, par le chemin de Montmagny à Montmorency, qui est en permanence inondé par d’innombrables sources. Il est marécageux au point que ni chevaux, ni voitures ne peuvent l’emprunter. Cette fontaine ne sera canalisée qu’au XVIIIe siècle. Le marais et le ruisseau de la Fontaine constituent dès le XIIIe siècle, la limite entre Deuil et Montmagny. Cette hydrographie détermine les chemins vers Épinay et Paris.



Les chemins

Le plus ancien cité en 1454 est la rue Saint-Martin (il existe encore un carrefour de ce nom, est-ce un souvenir ?). Venant de Villetaneuse, où il semble se confondre avec le chemin de Paris, il prend, en traversant Pesson, le nom de chaussée de Saint-Brice (1486). Au-dessus de la zone inondable (chemin haussé), il est bordé très tôt par des masures35 au milieu des vignes. Ce chemin coupe à la fontaine Isambert, la voierie de M. de Montmorency, qui conduit à Pierrefitte par les sentiers de la Butte[Pinson]. Cette rue traverse le bourg, suit le chemin de Montmorency ou du Clos de Pontoise, la rue du Lac de Marchais, les chemins des côtes de Deuil, le clos de Paris, les Engoulevents, les Martinets.

Après l’église (dans le lieu-dit ancien, la Glèze) et le couvent, le chemin de Groslay quitte le chemin de Montmorency.

On l’appelait ruelle aux Corps, et aussi chemin de Groslay à la Croix Franche, croix élevée sans doute en commémoration des franchises, de 1202 et 1252. Les autres chemins conduisant vers Villetaneuse sont évoqués dans les actes du XVIe et du XVIIe siècle. On en trouve un autre, dont le nom est illisible, qui conduit aux Fontaines.

La voie de Montmorency, outre l’église et le « Moutier36 », longe l’hôtel des Carnaux et sa vigne appelée « Clos de l’Hôtel », puis les maisons de Jean Alespée, bourgeois de Paris qui détient un fief à Saint-Brice, de Jehan Poulain, bourgeois de Saint-Denis. Le ruisseau longeant l’hôtel de Montmagny sépare cet hôtel de la maison de Catherine de Neufville. Comme un précédent propriétaire s’appelle Dupuis, elle prend le nom de Masure du Puits. Dans ce même secteur, la famille Jalloux possède une grande maison appelée Fouch.

On découvre les premiers regroupements de biens. La famille Vincenot, près du Moutier réunit trois masures en une seule : la sienne, celle de Jean Hébert et de Jehan Le Métallier. Derrière elle, s’élève la maison de Catherine la Courroussée (son mari s’appelle Courrousse, bourgeois de Paris)37.



La seigneurie de Montmagny aux XVIe et XVIIe siècles : les Huault

En 1369, l’aveu rendu aux Montmorency pour le bois de Richebourg, qui couvre la butte et tout le vallon « au bas de la montagne », mentionne un manoir avec dépendances. Les premiers seigneurs de Montmagny à proprement parler n’apparaissent qu’au XVIe siècle. Ils appartiennent à une famille de magistrats tourangeaux : Jacques Huault (1441-1495) épouse la petite-fille de Jean de Villiers-Adam et se fait appeler seigneur de Montmagny, mais ce n’est qu’en 1546 que son petit-fils Louis Huault († 1576) prête hommage aux Montmorency. Le représentant le plus célèbre du lignage est Charles Huault de Montmagny (vers 1583- 1657), chevalier de l’Ordre de Malte, premier gouverneur et lieutenant général de la Nouvelle-France de 1636 à 1648. Les pierres tombales d’Adrien Huault (1620-1699) et de son fils Michel-Louis Houault († 1676) sont exposés dans la nef de l’église avec celle d’un couple de vignerons, Guillaume Guibillon et Perette son épouse, décédés respectivement en 1625 et en 1631.


Leur origine

Le XVIe siècle voit donc s’installer à Montmagny les Huault. Ils sont originaires de la région d’Azay-le-Rideau où ils possèdent deux fiefs, aujourd’hui disparus : La Huauldière, qui tire son nom de leur patronyme, et Cousseteau.

Le premier connu, Raoul, est dit chevalier de Malte, ce qui est impossible, puisque cet Ordre a pris naissance en 1530. Il est probablement chevalier de Rhodes. Quoi qu’il en soit et sur cette seule affirmation de Moreri38, cette famille est noble dans les branches masculines et féminines depuis quatre générations (100 ans), soit depuis 1318, sous le règne de Philippe le Bel. Elle est riche, car le droit de passage dans l’Ordre se monte à 250 écus d’or et, dans la Langue39, à 50 écus40. Habituellement les cadets entraient dans cet ordre militaire. On peut donc penser que Raoul Huault est le cadet d’une famille, dont on ne sait rien par ailleurs.

Lorsque sous le règne de Charles VI, le Dauphin prend Azay-le-Rideau (1418), Huault le suit et s’attache à sa fortune. Suit-il aussi Jeanne d’Arc ? Il rentre à Paris avec Charles VII en 1436. En 1440, il épouse Marie Luillier, fille d’un avocat au Parlement41. Elle est issue d’une famille parisienne ancienne et célèbre, et compte dans ses ancêtres la fille d’Étienne Marcel. Elle est parente, en 1440, du gouverneur de la Bastille.

En 1448, Huault est vassal des Montmorency pour deux fiefs qui ne figurent pas dans les plus anciens dictionnaires des postes, La Roque et Le Puy. Ses fiefs tourangeaux, n’étant plus mentionnés dans ces documents, ont peut-être été saisis par les Anglo-bourguignons, qui les auraient donnés à leurs partisans après 1418.

Quant aux deux fiefs cités, peut-être font-ils partie du douaire de son épouse, car les Luillier sont fixés dans la région. En 1365, l’un d’eux est garde du sceau de la châtellenie de Pontoise. Un autre voit ses biens confisqués par les Anglais à Dugny (1423). Au XVIe siècle, un autre encore est seigneur de Saint-Gratien42.

De ce mariage naît, sans doute en 1441, Jacques, seigneur de Puy (La Roque a disparu) et de Montreuil « en partie sous le bois de Vincennes », le futur Montreuil-sous-Bois. Il est soldat, suit Charles VII en Italie, connaît les entrées triomphales, participe à la prise de Naples où il meurt le 14 mai 1495. Bien qu’on n’en parle nulle part, il est possible qu’il ait été proche des chevaliers de Rhodes, car il épouse Alix de Villiers de l’Isle-Adam de Chettenville. Elle est petite-fille de Jean, maréchal de France, nièce de Jean, grand-maître de Rhodes, grand hospitalier, chef de la Langue de France et cousine de Philippe, grand-maître de Malte. Entrer dans cette famille suppose des liens avec la Chevalerie de Rhodes. Jean de Villiers43 défend cette île avec ses seules forces contre la flotte turque. Écrasé par le nombre, il reçoit du Sultan les honneurs de la guerre et la liberté. Charles Quint lui donne Malte en 1530, d’où le nouveau nom de l’Ordre.

Alix survivra longtemps à son mari. En 1525, elle fait don à son fils de certaines terres, dont Montmagny. Pierre Huault, seigneur de Montreuil, de Le Clairs ( ?), de Montmagny est vassal du roi pour Bussy (12 mai 1529).

Ce Pierre Huault est marié trois fois. Son fils aîné Jacques reçoit le domaine principal : Vaires (sur la Marne), Aubigny (près de Melun, Seine-et-Marne, R.N. 371 et R.D. 57), Challemaison (sur la Marne, sud-sud-ouest de Provins), Montreuil (Montreuil-sous-Bois), Bussy-Saint-Martin (Seine-et-Marne, sud de Lagny, sur R.D. 35). Le second, Louis, reçoit Montmagny à sa naissance le 28 juillet 1526.

Pierre Huault vit à Paris. Il y meurt le 18 novembre 1532 et est inhumé dans le caveau qu’il s’est fait construire sous l’autel de l’église Saint-Jean-en-Grève44. Cet édifice se trouve sur l’emplacement actuel de la place et du mur oriental de l’Hôtel-de-Ville et sous le trottoir de la place Lobau. Ses fonctions ne sont pas connues, mais on peut supposer qu’elles sont lucratives. Son domicile, dans ce dédale de petites rues, est indécelable.


À vingt ans, Louis de Montmagny fait acte de foi et hommage au baron de Montmorency, le 30 mai 1546, à la porte de l’antique donjon, près de l’église [Saint-Martin]. On ne connaît pas davantage ses fonctions, mais il épouse en 1547 Claude de Billon, fille du gouverneur de Guéret, maître des Comptes, puis ambassadeur du roi au traité de Cambrai (1529). Ils ont quatre filles, qui seront bien mariées :

- En 1566, Etiennette épouse le premier président du Parlement de Bretagne, Claude Faucon de Riez,

- Denise, en 1571, épouse Antoine de Beauvais, président de la Cour des Aydes,

- Catherine, en 1573, épouse Claude de Bragelongue, conseiller au Parlement,

- Enfin, en 1578, Antoinette épouse Jean Anjorant, conseiller au Parlement, maître des Requêtes.


Comme l’amour compte beaucoup moins que l’argent, Louis de Montmagny est donc puissamment riche. Nous pouvons être surpris que ses biographes ne nous disent rien. Il meurt probablement en 1576, car son fils Charles, rend hommage à cette date à Montmorency pour Montmagny et « Goyencourt » (canton de Roye, dans la Somme).

Charles de Montmagny nous est, par contre, bien connu. Né en 1553, il est conseiller au Grand Conseil en 1579 (peut-être a-t-il, à 26 ans, succédé à son père ?), il est délégué de ? la noblesse pour la rédaction de la Coutume de Paris45. Comme tous les parlementaires, il est favorable au parti catholique. On dit même qu’il signe en 1589 l’acte d’Union de la Ligue. Mais, légitimiste à l’image de ses pairs, il reconnait immédiatement Henri IV en 1589, en compagnie de son cousin, le Président de Vaires.

En 1592, il est maître des Requêtes. En 1599, Henri IV le nomme intendant du Poitou, avec une double mission : rechercher les faux nobles qui tentent de se soustraire à la taille et combattre les abus en matière de finance. Dans cette tâche surhumaine, à laquelle il se consacre entièrement, il a pour allié le trésorier du Poitou, Scévolé de Sainte-Marthe. Il meurt en 1610, ce qui lui permet d’échapper à la réaction qui suit la mort du roi.

Il a épousé vers 1580, Antoinette du Drac, fille d’un conseiller au Parlement. Il en a sept enfants, dont quatre vivront :

  • Louis, né en 1585, futur seigneur de Montmagny,

  • Claude qui meurt en 1581,

  • Adrien, seigneur de Messy (Nord de Claye-Souilly, RN. 371), capitaine aux Chevaux Légers, qui meurt sans enfant,

  • Charles, né en 1589, le grand homme de la famille,

  • Charlotte qui se marie,

  • Deux petites filles qui meurent au berceau.


Louis Huault, né en 1585, meurt en 1647. Il est conseiller au Grand Conseil où il succède à son père en 1612 et conseiller d’État en 1643. Il prête serment d’allégeance pour Montmagny le 21 février 1634 et il possède également un fief de 80 arpents (26,66 ha) au Mesnil-Aubry.

Louis Huault de Montmagny dispose à Paris, 62 faubourg Saint-Antoine, de l’Hôtel de la Mouffe, bâti en 1360, et d’un terrain, 7 bis place Royale (place des Vosges), le tout formant un ensemble important près de l’ancien Hôtel royal des Tournelles46, détruit en 1565 sur ordre de Catherine de Médicis. Là se trouve un vaste espace en pré, en culture, avec un marché aux chevaux, où s’est tenu le carrousel au cours duquel Henri II a été tué47.

En 1605, Henri IV décide de créer la Place Royale pour les manifestations officielles et, après avoir fait construire deux pavillons, distribue gratuitement le terrain à des personnalités qui s’engagent à y construire des pavillons identiques. Que Huault soit ou non du nombre des bénéficiaires de la gratuité des terrains, il possède un lot, non construit en 1624, au 7 bis, place des Vosges.

En 1624, Louis Huault joue l’Hôtel de la Mouffe et le perd au profit du Trésorier Mesme-Gallet, sieur du Petit Thouars, qui fait construire le futur Hôtel de Sully. En 1634, lorsque l’ancien ministre d’Henri IV acquiert le domaine du Trésorier qui s’est ruiné au jeu, il achète le terrain appartenant à Montmagny pour y faire construire une annexe de son hôtel. Cet édifice existe encore, classé propriété de la Ville de Paris.

Il épouse Catherine Lottin de Charny (Charny, près de Meaux, sur la R.D. 129), vers 1618. Ils viennent souvent à Montmagny en 1641. Leur fils aîné Adrien de Montmagny naît en 1619 et meurt en 1699. Comme son père, il est conseiller au Grand Conseil en 1647. Quatre ans plus tard, il épouse Jeanne d’Espinozze dont il a un fils, Michel de Montmagny, seigneur de Richebourg, qui meurt célibataire à 24 ans, le 7 octobre 1676. Avec lui s’éteint la famille des Huault de Montmagny dans les circonstances suivantes :

- Adrien a trois sœurs : l’une entre aux Annonciades de Saint-Denis en 1634, l’autre au Couvent de la Conception à Paris (1637) et la troisième, Jeanne, mène une existence mouvementée, digne d’un roman de cape et d’épée. Elle épouse en 1647 un conseiller au Parlement, Louis Ribier qui est assassiné en 1658. Ce décès ne la décourage pas. En 1660, elle convole avec un brigadier des armées du roi, Robert Guérin qui est assassiné à son tour en 1678. Elle en a un héritier qui meurt enfant.

- Des deux frères d’Adrien Huault, l’un devient l’abbé de Montmagny, titulaire de plusieurs prieurés, l’autre, Jacques, dont nous avons déjà parlé, meurt sans enfant.

Les Huault possèdent au XVIIe siècle de nombreux domaines en Île-de-France : à Bussy-Saint-Martin, Deuil, Épinay, Groslay, Montreuil-sous-Bois, Saint-Brice et Sarcelles48.

Ainsi finit – du moins en France - mais aussi au Canada - une famille riche, mêlant les activités militaires et celles de la magistrature, sans pour autant avoir marqué son temps d’une manière profonde, sauf sous Henri IV.

Il ne reste d’elle à Montmagny que ses armes : « d’or à la fasce d’azur chargée de trois molettes du champ et accompagnée de trois coquerelles de gueules».

On ne peut leur attribuer un sens particulier, sauf les trois molettes qui constituent une affirmation de leur noblesse d’épée49.


Montmagny aux XVIIe et XVIIe siècles 

Une imposante propriété

En 1747, entre les rues du Clos de Pontoise, de Montmorency et la ruelle qui les réunit, Louis-Marcel Fermé, conseiller au Parlement possède une « maison »: dix fenêtres sur chaque façade au rez-de-chaussée et au premier, trois de chaque côté, soit cinquante-deux fenêtres ! Quatre mansardes en façade, six à l’arrière.

Le rez-de-chaussée comprend trois salles à cheminée, un grand billard, un office, une cuisine, le tout sur cave. Un escalier dans l’œuvre conduit aux chambres de maîtres et aux mansardes.

Comme dépendance, deux corps de logis sur le chemin de Groslay, le tout dans un parc de 18 arpents, partiellement clos de haies vives, comprenant potager, bosquets, bois de haute futaie.

Une grille d’entrée ouvre vers Groslay, une autre rue de l’Église.

Ce Fermé, pour une dette impayée de 40 000 livres à un bourgeois parisien, est « saisi » et son bien acquis par Louis Pierre Guillaume de Chavaudon le 23 mars 1751 pour 14 300 livres. Mais, comment savoir s’il s’agit d’une insolvabilité réelle, ou d’une procédure classique ! La coutume est de s’entendre sur un prix, puis d’inventer un créancier fictif et on mettait la justice en marche. Les créanciers, souvent inconnus avec des charges oubliées, doivent se faire connaître, sous peine de tout perdre, après application50 et affichage. Le bien n’est obéré que d’une obligation : la fabrique y perçoit deux rentes de 15 livres fondées par Hochereau, Bailli de Montmorency entre 1667 et 1677.


Les chemins, les seigneurs et la communauté

Le château et son enclos sont implantés en fond de vallée, enserrés par des chemins anciens. Pour aménager son parc, Huault demande et obtient le déplacement de ceux qui le gênent.

En 1599, les habitants réunis au son de la cloche, après la messe, sur le carrefour de l’église écoutent les propositions du châtelain, et l’autorisent à prendre et enclore dans son parc la voierie et les rues autour de la maison seigneuriale vers l’église, jusqu’au coin de la maison Beaugrand, à condition de construire à ses frais un carrefour commode, depuis cette maison à l’église, près de la grande rue, à main droite allant aux Carnaux jusqu’à la maison Couillard, à main gauche, une ruelle de l’église à la grande rue de Montmagny à Villetaneuse.

C’est le premier point.

D’autre part, Huault veut canaliser la fontaine de la butte [Pinson] pour l’amener au château. La communauté l’accorde, mais à condition qu’il construise une fontaine publique entre l’église et le chemin de Villetaneuse, appelé rue Nouvelle, sur le passage des canaux.

Enfin, Huault donne aux habitants l’ouverture de la bonde du marais de Deuil, à travers une vigne de la Plante des Champs, aux lieux-dits Pêcherie et la Franette. Cet étang atteint la ruelle de Villetaneuse ou chemin de Maupas, conduisant au Coquenard (étang sur Epinay), et Huault s’engage à édifier un petit pont sur le ru d’Ara.

Le Conseil de Montmorency, ayant l’accord des habitants, entérine la transaction (1599). En même temps, le duc autorise le seigneur de Montmagny à établir « un fossé à flancs et à pont-levis » en sa maison, près de l’église.

Nouvelle demande le 16 octobre 1642. Un autre Huault envisage d’aménager son pré carré. Il a commencé à enclore son parc d’un mur et les paysans protestent. Huault entend continuer son bouclage. Dans ce but, il demande qu’on lui cède le chemin de Montmagny, aux Carnaux, qui est « étroit, mauvais, sinueux, presque inutile », et qu’il propose de remplacer par un autre, plus « haut », plus large, en un mot meilleur, aboutissant à la rue aux Corps. Les paysans exigent une largeur de deux toises51. Huault en offre quatre, à partir du coin de la rue Neuve, et cela à ses frais.

L’accord se fait : le seigneur obtient le chemin et garde son mur, les paysans gagnent une « route ».

En 1706, le seigneur est Pierre Thomé. Il veut étendre son parc vers la butte [Pinson] et demande le droit de déplacer, à ses frais, le chemin de Villetaneuse. Il vise un lieu plus élevé, éloigné de trente toises du précédent, dans ses terres, suivant une ligne droite joignant la dernière maison de Villetaneuse à l’angle du mur du jardin qui se trouve devant la cour du château. De ce point, cette ligne passe à travers ce terrain, que le ruisseau traverse sous un pont, à l’angle droit jusqu’au carrefour du cimetière. La largeur de ce chemin doit mesurer sept à huit toises. En même temps, il demande à déplacer de 18 à 20 toises le chemin situé au bout de son parc, reliant les Carnaux à Villetaneuse. Son désir est d’enclore les anciens passages dans son parc.

Il ne s’arrête pas en si bon chemin, si l’on peut dire : il demande aussi les eaux de la fontaine Isambert pour ses réservoirs et promet de construire une fontaine en un lieu commode pour les habitants. Ceux-ci font connaître leurs souhaits : à savoir une fontaine, -dont le plan nous est parvenu - très classique, avec robinet et trois bassins. Thomé accepte et l’accord se conclue, entériné par le Conseil du Prince.


1762 : la fontaine du seigneur de Chavaudon

En 1762, le petit pont (sur le ru d’Ara), construit en 1599, s’effondre. Les paysans rédigent une belle pétition pour que le Conseil du Prince et Louis Pierre Guillaume de Chavaudon le fassent réparer. C’est, disent-ils, le chemin de Paris pour le transport des fruits, vins et denrées.

Guillaume de Chavaudon ne croit guère à l’usage agricole, mais il craint les inondations d’automne !

Le Conseil du Prince fait établir des devis : 373 livres pour un maçon, 273 livres pour un autre, Pillieux de Deuil, qui enlève le marché. Et pourtant, au cours de la discussion, des conseillers n’ont pas rougi de proposer sa dévolution, pour 40 livres, au maçon du Prince. Cette manoeuvre n’a pas abouti !

La canalisation de la fontaine Judas, construite en 1599, passe en 1762 près d’une carrière de pierre à bâtir – bien que ce soit du gypse [saccharoïde] – exploitée par un maçon local, Bridault. Mais, en 160 ans, les fouilles ont réduit le chemin de huit à deux pieds52 de large, la circulation a abîmé les tuyaux d’un regard appelé Bluteau, à droite en venant de Pierrefitte par le chemin des Postes. L’alimentation des réservoirs du château s’en ressent et Guillaume de Chavaudon demande l’autorisation de dévier la rue au-dessus du regard jusqu’à la ruelle du Clos Perrier ou Isambert, pour en porter la largeur à 12 pieds, le regard se trouvant alors à gauche, en descendant la côte.

Les habitants, convoqués le 27 juin 1762, donnent leur accord unanime, les travaux se faisant, semble-t-il, sur les terres de Guillaume de Chavaudon et à ses frais. Le chemin sera terminé en 1763. Il réunit le chemin des Postes (à l’est du Fortsuite de la rue Ch. Grimaud) à Montmagny par la sente de Pierrefitte et la rue des Faucilles, alors ruelle du Clos Perrier ou Isambert.


Les bonnes affaires du sieur Desforges

Et pourquoi pas moi ? se dit le Bailli d’Enghien, Desforges, le 17 mars 1769. La ruelle du Bluteau serait beaucoup plus belle dans mon jardin. Je demande à l’enclore. Certes, elle dessert bien un vigneron, Feré, qui y a son jardin. Mais tant pis !

Et curieusement, la communauté accepte de céder 81 toises, une perche de chemin, contre 27 toises que Desforges donne pour en établir un nouveau. Le Conseil du Prince se méfie, il entérine la décision des habitants du 15 août 1769, sous réserve qu’il ne soit en aucun cas mêlé au procès que pourrait faire Feré, Desforges seul étant responsable.

Douze ans s’écoulent, le 18 juillet 1781, Desforges revient à la charge. C’est le Conseil du Prince qui tranche :

- Il devra un cens d’un sou, preuve de vasselage, confirmant qu’à jamais le terrain est au Prince et qu’il n’en est que l’occupant perpétuel,

- Il devra donner à la fabrique 50 perches de terre de ses biens en un lieu qu’elle choisira,

- Il devra abandonner dans le « bout » en haut de la ruelle, le terrain suffisant pour un chemin de voirie faisant communiquer la rue Neuve avec la ruelle Isambert,

- Il devra garantir et indemniser le Prince de Condé, de l’effet de réclamation de « Ferret » (ou Feré) dont le jardin a sa porte d’entrée ruelle du Bluteau.

Cinq ans s’écoulent, pendant lesquels Desforges s’aperçoit que donner un terrain à la fabrique, créer un bien de mainmorte, entraîne des dépenses folles, car il faut des lettres patentes du Parlement. Il propose donc, aux lieux et places des 50 perches, de donner aux marguilliers un présent de leur choix et de valeur équivalente. Il faut donc modifier le contrat.

Mais entre temps, le redressement du chemin de Montmagny à Villetaneuse a coûté à Desforges une pièce de vigne, pour laquelle il demande au Prince une indemnité.

La dernière décision dont nous disposons est du 4 janvier 1786.

Le Conseil du Prince ne répond pas à la demande d’indemnité, mais concède 20 perches de terrain (on ne sait où d’ailleurs, dans la ruelle du Bluteau) moyennant 6 deniers de cens annuel et la fourniture aux frais de Desforges d’une grosse, de deux expéditions de l’acte de concession et d’un plan du terrain concédé. Les archives n’ont conservé ni l’un, ni l’autre53.


Les seigneurs de Montmagny au XVIIIe siècle 

Adrien Huault donne la terre de Montmagny à son cousin Nicolas de Malebranche, seigneur du Mesnil-Simon, conseiller au Parlement, le 13 mars 1693. Après lui, nous trouvons Pierre Thomé, écuyer, conseiller du roi et trésorier général, dont la fille Louise-Philippine et le fils Thomé de Richebourg sont parrain et marraine en 1717. Au château, vit un concierge (1706-1717-1721), un jardinier (1721), un domestique, un officier.

En 1729, Louis Darboulin achète la seigneurie. Il emploie un vacher (1737). S’intéresse-t-il à l’agriculture comme les physiocrates54 ? Il est marchand de vin, fournisseur de la cour. Il cumule pendant quelques temps trois privilèges de suisses de la seule maison de Condé, qui lui permettent, joints à son propre privilège de Bourgeois de Paris, de faire rentrer en franchise des droits de gros et huitième plus de 160 000 litres de vin par an dans la capitale55.

En 1739, le nouveau seigneur est Louis Guillaume de Chavaudon. Ce dernier est né le 6 mars 1691, de Pierre Guillaume de Chavaudon, seigneur de Sainte-Maure et de Marie Péricard. Il est conseiller au Parlement en 1713, maître des requêtes au Grand Conseil en 1728, puis président au Parlement en 1749. Il habite à Paris, paroisse Saint-Jean-en-Grève. Il a épousé le 19 juin 1715, Anne Elisabeth Masson, fille de Jean-François Masson (1670-1743), secrétaire du roi, et d’Anne Mollien (1666-1731).

Son fils, Louis-Marie-Nicolas Guillaume de Chavaudon de Montmagny, lui aussi conseiller au Parlement de Paris, en 1762, a épousé en 1757 Élisabeth de Frémont d’Auneuil, fille de Pierre de Frémont, sieur de Mazy, président au Parlement et de Marie-Agathe Desvieux. Le jeune ménage demeure à Paris, rue du Paradis, paroisse Saint-Jean-en-Grève.

Lorsque Louis Guillaume de Chavaudon meurt, le 15 juillet 1765, auprès de son fils, Louis-Marie, son neveu est présent. Il s’agit de Pierre-Nicolas Chavaudon de Sainte-Maure, conseiller à la cour des aides, dont l’hôtel se trouve quai Malaquais, mais qui possède une résidence administrative, rue aux Juifs, laquelle figure sur l’acte de décès.

Nous ne connaissons pas la date de la mort de la Présidente Élisabeth Masson, qui meurt probablement à Paris. En 1772, son fils fait baptiser une fille à Montmagny sous les prénoms d’Alexandrine-Reine-Pétronille.


Le château de Montmagny


Extrait de la "Carte des chasse du Roi" 1765


Le château et son parc occupent le quadrilatère formé par les rues Carnot et rue Jean Missout, rue de Villetaneuse/rue Gallieni, avenue du Général de Gaulle/rue du 11 novembre56. Au XVIIIe siècle, le château passe entre les mains de plusieurs grands bourgeois. Laissons Maurice Gachelin nous en parler :


« Il faut attendre l’acte d’achat du 14 mai 1739 pour avoir une description. Une avant-cour, séparée de la cour par un mur d’appui, comportait un pavillon de chaque côté : la chapelle et une remise pour carrosses avec chambres au-dessus. Au fond de la cour s’étendait le château à deux étages. Il comprenait au rez-de-chaussée : un vestibule, des salles, une cuisine – cave sous l’ensemble – un escalier dans l’œuvre desservait les étages par des couloirs en façade sur lesquels s’ouvraient les chambres. Au-dessus, un escalier conduisait aux chambres des domestiques et aux greniers. Le tout était couvert d’ardoise.

À droite dans la cour, ouvraient deux basses-cours avec grange, écurie, remise, foulerie-pressoir, cellier, cave, volets à pigeons au-dessus de la porte de la grange.

À gauche, longeant l’avant-cour et la cour, s’étendait un potager. Derrière le château, un clos de 35 arpents était orné de parterres, jets d’eau, bosquets, allées d’arbres et futaies.

Détaché du château, face aux basses-cours, une dépendance comprenait un jardin, une grande cour dans laquelle se trouvaient remises, greniers et une grange de cinq travées remise à neuf, qui fut transformée en église pendant la reconstruction [de celle-ci], de 1738 à 1760 »57.


Ses jardins à la française sont baignés par le ru des Haras ou ru d’Ara (venant de Montmorency). Déclaré bien national à la Révolution, il abrite un hôpital entre juin 1794 et juillet 1795, puis il est démoli. Une de ses grilles se trouve aujourd’hui au centre hospitalier de Franconville-aux-Bois à Saint-Martin-du-Tertre.

Le domaine comporte des biens dispersés sur Épinay (les fiefs Leclerc et Dudrac), Groslay, Deuil, Sarcelles, Saint-Brice, Villetaneuse, Pierrefitte, Montmorency, en dehors des fiefs de Richebourg et de la Mairie, plus un fief non déterminé ayant appartenu aux chanoines de Montmorency. En 1634, Charles Huault de Montmagny obtient du duc de Montmorency qu’ils soient réunis en un seul fief. Mais, outrepassant la justice foncière et sans tenir compte des droits de son suzerain, il s’adjuge la moyenne et la basse justice, avec un juge. Chose curieuse : tous les appels sont jugés au baillage sans provoquer de réaction féodale de la part de son suzerain. Elle ne viendra qu’en 174458.


Le terroir de Montmagny

Le bon ensoleillement des coteaux et la proximité de Paris favorise la culture de la vigne qui, en 1782, occupe 50 % des terres. Dans les pentes de la Butte Pinson, s’ouvrent des carrières de plâtre.

Le ru des Haras (ou ru d’Ara), affluent de la Seine, baigne les jardins à la française du château et de nombreuses sources alimentent les environs. Au sud-est, sur le chemin Vert, s’étire le quartier des Carnaux, tandis qu’à l’est se regroupe l’habitat des Faucilles.

Le territoire est limité par des chemins anciens : au sud la route de Saint-Denis à Auvers, avant la bifurcation vers Pontoise de la chaussée Jules-César ; au nord-est la route de Beauvais à Paris ou route de Beaumont59.


La vie des habitants à Montmagny

Les vignerons se marient entre eux et les autorisations pour les unions entre parents au 3e ou 4e degré sont nombreuses. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, quelques conjoints viennent de Paris, Longueil (Oise), Grigny (Essonne), Le Bourget, la Bourgogne …

Même en tenant compte des veufs, on se marie tard : 38 ans en moyenne pour les hommes, 28 ans pour les femmes. Il arrive que le mari ait 11 ans de moins que la femme, mais celle-ci apporte le bien. Un écuyer de 73 ans peut épouser une Du Moulin de 40 ans (il meurt l’année même). Des personnes âgées se lient à l’occasion pour finir leur vie, mais c’est rare.

La majorité est à 25 ans. Cependant, en 1745, Nicolas Berthe, tabellion, autorise le curé à marier sa fille sans son consentement avec qui et quand elle voudra… Il est imité, en 1750, par Louis Legros en faveur de son fils qui épouse une fille qu’il a engrossée. Libéralisme ou abdication ? On ne trouve pas d’autre exemple.

Cette population religieuse tient fermement aux processions, qui assurent la fécondité de la terre, surtout au moment des Rogations60 qui chassent les mulots, et de la saint Marc (l’Évangéliste).

Les mœurs sont excellentes. Dans la première moitié du XVIIIe siècle, la pression de l’opinion publique est assez forte pour que le curé indique le nom du père dans l’acte de baptême d’un enfant naturel. Dans la seconde moitié, cette paternité n’est plus mentionnée, ou si elle l’est, elle est couverte d’encre, quand bien même la mère a déclaré sa situation au bailli de Montmorency, avant la naissance de l’enfant. C’est un recul pour les mœurs en général et pour la condition féminine en particulier61.


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1Le barrage de Pierrefitte (indiqué sur le plan d’Intendance de 1782) est le lieu où était perçu l’octroi

sur la « Grande route de Paris à Calais », ce lieu deviendra ensuite un relais de poste, puis un

café-restaurant, le long de l’actuelle RD 1.

2Fallue (L.), Notes sur quelques fortifications antiques de la vallée de Montmorency, in Revue Archéologique, 6, Paris, 1862, p. 380-383. Les archéologues demeurent très réservés sur la fiabilité des interprétations et des données fournies par cet auteur.

3Ducoeur (G.), Les voies romaines dans le nord du Bassin Parisien, in Bull. JPGF, n° 2, 1973, p. 30-33.

Cf. notre article : « La chaussée Jules César et le vicus d’Ermont. Les sites gallo-romains de Taverny ».

4Gachelin (M.), Histoire de Montmagny, Centre Culturel Communal, Montmagny, 1979, p. 10.

5Mulon (M.), Noms de lieux d’Ile-de-France. Introduction à la toponymie, Ed. Bonneton, 1997, p. 15.

6Terres en franc alleu : propriété n’ayant jamais dépendu d’un suzerain.

7Cf. notre article : « Les premiers seigneurs de Montmorency ».

8Cf. notre article : « Le rôle social et économique des communautés religieuses dans la châtellenie de Montmorency ».

9Marchegay (P.), Chartes de Saint-Florent de Saumur concernant l’Ile-de-France de 1070 à 1220, Paris, 1879, in-8°, p. 18.

10Pour la reconstruction au XVIIIe siècle, voir infra le chapitre « Les idées religieuses » et « L’église Saint-Thomas Becket ».

11Il ne s’agit pas d’une abbaye ni d’un prieuré, mais les Cisterciens de Bonport (Eure) y possèdent des clos de vigne, pressoir et maisons entre Deuil et Montmagny, comme nous allons le voir.

12Gachelin (M.), op. cit., p. 11-12. La paroisse ne figure pas, en effet, au pouillé de 1205. Par contre elle figure (curatus de Mommagnia) au compte de 1352 pour 25 livres 16 sols 8 deniers de revenus.

13Bonport (Eure), abbaye de cisterciens fondée dans la filiation de Cîteaux en 1190 par Richard Cœur de Lion pour les moines parisiens de Notre-Dame-du-Val (Val d’Oise).

14Archives nationales, LL 1157, fol. 401. Cité par Bedos (B.), La Châtellenie de Montmorency des origines à 1368, Aspects féodaux, sociaux et économiques, SHAP-VOV, 1980, p. 104, note 9.

15Arch. nat., L 849, n° 74. Cité par Bedos (B.), op. cit., p. 104, note 10.

16Essartement : défrichement de landes et de bois.

17Bibliothèque Nationale, ms latin 17048, Gaignières 180. Cité par Bedos (B.), op. cit., p. 122, note 152.

18Lebeuf (abbé J.) : Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris, Paris, 1883, t. 1, p. 586-589.

19Franchises : libre usage d’un droit concédé gratuitement par le suzerain.

20Arpent : mesure agraire de 100 perches et variant selon les provinces de 34 à 51 ares.

211366 : la peste est passée par là, nous dit Maurice Gachelin. Mais l’auteur pense pour l’origine de « Pesson » au sens de « pâtures », attestées, sur ce lieu-dit, en 1457.

22La livre est l’unité monétaire qui a donné naissance au franc, se divise en 20 sols de 12 deniers. Tournois : les premières livres ont été frappées à Tours.

23Le cens : droit dû au seigneur par le paysan pour sa masure et son hostise.

24Dès le XIe et au XIIe siècle, on voit apparaître des chartes communales (Pontoise, 1188). La commune est constituée par des bourgeois qui ont prêté serment, à sa tête il y a un maire élu, entouré d’un conseil (formé de jurés, échevins, pairs). Cette entité peut posséder des biens, d’où les fiefs dits « de La Mairie ».

25L’aveu est l’acte par lequel un seigneur reconnaît tenir son fief d’un suzerain et paie à cette occasion certains droits.

26La taille est l’impôt payé par les roturiers, d’abord féodal et sans règles, puis royal.

27Une aunaie ou aulnaie est un lieu marécageux planté d’aulnes.

28Gachelin (M.), op. cit., p. 15-17.

29Vient du verbe occir (tuer).

30Aubert (J.), Montmagny, in Les grandes heures de Montmorency et ses environs. Horvath, 1983, p. 48.

31ja pieça : il y a aujourd’hui longtemps.

32Gachelin (M.), op. cit., p. 18-19.

33Ce ru prend sa source à Montmorency, où il porte de nom de ru des Haras, puis traverse Groslay, où il s’appelle Darras ou de Arras. Son parcours constitue un véritable itinéraire sémantique !

34La nappe phréatique : nappe d’eau proche du sol, à Montmagny et à Deuil. Elle se trouvait autrefois à seulement 0,50 m de profondeur.

35La masure : du bas latin masura, demeure. Il ne s’agit en aucun cas de maison misérable, à cette époque.

36Moutier ou Moustier au sens de : monastère (abbaye, prieuré, …), mais parfois simplement d’église.

37Gachelin (M.), op. cit., p. 19-21.

38Moreri (L.), Le Grand dictionnaire historique, ou le mélange curieux de l’histoire sacrée et profane

Par Mre Louys Moreri…À Amsterdam : Chez Henry Desbordes : Pierre Brunel : Antoine Schelte ;

À La Haye : chez Adrian Moetjens : Henry Van Bulderen, 1698, 4 vol.

39Langue (dans la) : les ordres militaires, dont les Templiers, de chaque pays se groupent selon leur nationalité, leur langue, et celui qui entre dans un groupe national paie un droit.

40Cf. notre article : « La présence des Templiers en vallée de Montmorency ».

41La véritable orthographe est L’Huillier. Jean L’Huillier est prévôt des marchands en 1447 et son petit-fils est tué en 1567 à la bataille de Saint-Denis.

42Cf. notre article : « Histoire générale de Saint-Gratien ».

43Il s’agit ici de Philippe Villiers de l’Isle-Adam (1521-1534), 22e et dernier Grand-Maître de l’Hôpital, dont les armes sont : « d’or au chef d’azur, chargé d’un dextrochère vêtu d’hermine supportant un fanon d’hermine brochant sur le champ ». Cf. Poutiers (J.-C.), Rhodes et ses chevaliers, 1306-1523. Approche historique et archéologique, Imp. Catholique sal Araya, Liban, ESTC, distributeurs à Bruxelles, 1989, en part. p. 317.

44Ancienne église parisienne, sur l’emplacement actuel d’une partie de la place Lobau et d’une partie de la place de l’Hôtel-de-ville. Érigée en paroisse (1212), rebâtie en 1326, elle est désaffectée en 1790, vendue en 1800 et démolie.

45La Coutume de Paris est l’ensemble des usages ayant force de loi (droit coutumier) dans la région de Paris.

46Pierre d’Orgemont, chancelier de France, en est le premier possesseur connu (XIVe siècle). Après lui, le duc de Berry en 1402, le duc d’Orléans en 1404, puis les rois en seront successivement propriétaires.

47Ce lieu sert aussi de théâtre au fameux duel des mignons d’Henri III contre trois partisans d’Henri de Guise. La Place des Vosges correspond en partie à cet emplacement (l’ancien Hôtel Royal des Tournelles).

48Legallais (F.), Charles Huault de Montmagny, in Revue de la Société d’Histoire de Montmorency et de sa Région, n° 27, 2009, p. 4-23, en part p. 6.

49Gachelin (M.), op. cit., p. 28-34.

50Application : on affiche (applique) dans le village la saisie du bien d’un tel, et les créanciers doivent se faire connaître à la justice du lieu. Ce terme est resté en anglais pour désigner un formulaire dans le cadre d’un appel de candidature : application form.

51La toise est une mesure de longueur de 1,949 m.

52Le pied est une mesure de longueur de 0,324 m, divisé en 12 pouces.

53Gachelin (M.), op. cit., p. 50-55.

54Physiocrate (gr. phusis, nature, et kratos, force). Philosophe et économiste de l’école de Quesnay. (Citons spécialement le marquis de Mirabeau, Dupont de Nemours, Lemercier de La Rivière, l’abbé Baudeau, Le Trosne, etc., qui se groupèrent, à partir de 1760, autour du docteur Quesnay pour former la secte des « philosophes économistes ».)

55Cf. Katia Béguin, Les princes de Condé. Rebelles, courtisans et mécènes dans la France du grand siècle, Seyssel, Champ Vallon, 1999, p. 241.

56Béthencourt-Devaux (R.), Montmagny de ses origines aux 900 millions de Maurice Utrillo-Valadon, Essai, 1969, p.24.

57Gachelin (M.), op. cit., p. 38-42.

58Idem, p. 39.

59Chauche-Floury (D.), Montmagny, in Wabont (M.), Abert (F.), Vermeersch (D.), (sous la dir.), Carte Archéologique de la Gaule, Val-d’Oise, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Paris, 2006, p. 349-350.

60La procession des rogations est instituée en 469 par saint Mamert, évêque de Vienne, en France, à la suite de calamités qui ravagent le Dauphiné. En 816, Léon III en adopte l’usage à Rome. Elles se déroulent normalement durant les trois jours qui précèdent l’Ascension et en la fête de saint Marc (25 avril).

61Gachelin (M.), op. cit., p. 68-69.