HISTOIRE GÉNÉRALE DE MARGENCY


La trame du texte ci-dessous est en grande partie empruntée, avec des augmentations, au livre « Histoire de Margency » d’Alexandre Nicolon (avec la collaboration de Claude Collineau et de Bernard Deü), paru en 2003. Cf. bibliographie.


L’histoire de Margency est celle d’un village qui a voulu, tout au long des siècles, conquérir et préserver son autonomie par rapport à sa voisine, Andilly (270 ha) et sauvegarder jusqu’à nos jours la beauté de ses paysages et la qualité de son environnement.

La superficie de son territoire (72 ha) est une des plus réduites de la Vallée de Montmorency. La commune est longée, à l’ouest, par le ru du Corbon, qui alimente deux beaux étangs (Maugarny et Bury). Les parcs, qui occupent 11 % du territoire, ainsi que de belles demeures des XVIIIe et XIXe siècles, justifient amplement le titre que Charles Lefeuve a donné à Margency en 1856 : « la baronnie de la Vallée »1.

L’étymologie de Margency est incertaine. La plus plausible est celle suggérée par l’abbé Jean Lebeuf 2 qui, en 1758, fait dériver le nom du village du radical celtique marg, mélange naturel de calcaire et d’argile. L’explication avancée par le célèbre historien trouve sa vérification dans l’existence, sur le territoire de la commune, d’un trou à marne. On trouve des orthographes diverses du village sous l’ancien régime : Maryanci, Marjancy, Marjency.


Migafin : avant ou à côté de Margency ?

Margency n’apparaît dans les textes qu’au XIVe siècle. Avant cette date est attestée l’existence de Migafin (également appelé Megafin, Mesiafin ou Merafin). Ce toponyme désigne un village qui a statut de paroisse. Il est mentionné au moins dans sept documents officiels cités par Brigitte Bedos dans son ouvrage sur la châtellenie de Montmorency3, entre 1125 et 1340. Dans l’aveu et dénombrement de Mathieu le Bel établi en 1146, à l’abbaye de Saint-Denis, on trouve « Raoul de Mesiafin pour un fief à Mesiafin même et à Métiger (paroisse également disparue au début de la guerre de Cent Ans entre Montlignon et Saint-Prix) et à Attainville et l’entretien à Villiers-le-Bel pendant trois mois4 ». Raoul de Migafin est donc l’homme-lige de Mathieu-le-Bel pour un fief à Attainville. Il figure en outre comme témoin, cette fois, dans les chartes de Bouchard V et de Mathieu II de Montmorency, à partir de 11505.

Dans la charte de Philippe-le-Bel de 1293 énumérant les paroisses faisant partie de la baronnie de Montmorency, seul est cité le nom de Migafin. Son territoire est cédé par l’abbaye royale de Saint-Denis à Mathieu IV de Montmorency en 1294. Il n’apparaît plus dans la deuxième moitié du XIVe siècle et l’explication la plus souvent avancée6 est que cette paroisse a été détruite au début de la guerre de Cent Ans (1337-1453) et que les survivants se sont réfugiés dans le hameau voisin, qui n’était qu’un lieu-dit. Mais comme la première mention de Margency ne date que de la seconde moitié du XIVe siècle, on est en droit de se demander si son nom n’est pas une simple transformation toponymique de Megafin7.


Le village de Margency sous l’ancien Régime

Pendant toute la période qui va du XVe siècle à la Révolution, le village reste faiblement peuplé. En 1470, il ne compte que 10 habitants ! Ils ne se sont qu’une centaine en 1789. La plupart sont cultivateurs et beaucoup d’entre eux travaillent pour les grands propriétaires, dont le territoire couvre une bonne partie du village. Le bourg lui-même se trouve en quelque sorte « enclavé » entre ces domaines : les maisons sont échelonnées de part et d’autre de la rue principale, sur environ 200 mètres. Ceux que l’on nomme les vignerons sont en réalité des cultivateurs qui, outre quelques arpents de vigne, pratiquent des cultures maraîchères pour leur subsistance ou pour tirer quelques revenus complémentaires en vendant leurs productions aux grands propriétaires ou sur le marché de Montmorency, tout proche. Après les vignerons, la catégorie d’habitants la plus nombreuse est formée par les jardiniers et les gens de maison, employés par les propriétaires des trois grands fiefs (Seigneurie, Bury et Montgarny), et au XVIIe siècle par quelques « bourgeois de Paris ».

Cette classe aisée mène grand train et dispose de vastes et beaux parcs paysagers, ce qui fait vivre directement ou indirectement les gens du village. Ces derniers forment de grandes familles, car les habitants se marient en grande partie entre eux, par attachement à la terre et par le fait que le village est relativement isolé, à l’écart des grandes voies de communication. La propriété se morcelle de père en fils, par héritages successifs et chacun finit par ne disposer que d’un petit lopin de terre. La vie est dure, faute de revenus agricoles suffisants. Les villageois ploient sous les divers impôts. Aussi certains louent-ils leurs services en dehors des travaux des champs et beaucoup accueillent des enfants en nourrice. Cette activité, conçue comme une source de revenus lucrative, aboutit parfois à des abus. La mortalité infantile, phénomène endémique à l’époque, est très importante, surtout avant l’âge d’un an. Par chance, la natalité l’est également et, progressivement, le nombre d’habitants augmente au fil des décennies, pour peu que de grands fléaux ne viennent pas inverser le mouvement. On sait que la Vallée de Montmorency fut frappée par des faits de guerre (notamment par la Fronde 1648-1652), des épidémies (peste bubonique, choléra) et des famines dues à des phénomènes climatiques.


LA SEIGNEURIE DE MARGENCY


Extrait de la "Carte des chasses du Roi" (vers 1760)

La première référence indirecte à une seigneurie dans le village est donnée par un aveu de 1364 d’Arnoul Martel de Saint-Leu, qui évoque le « Chastel de ladite ville de Margency qui, jadis, fut à Messire Pierre de Margency ». Ce dernier pourrait donc être le premier seigneur du village. Après divers propriétaires, la seigneurie est confisquée, pour des raisons inconnues, par Louis XI en 1474 et confiée à un certain Regnaud Le Turc. En 1528, la seigneurie de Margency appartient à Antoine de la Postolle8, chargé par François 1er d'une mission auprès du duc de Gueldre (duché situé à l'embouchure du Rhin), alors allié du roi de France en guerre contre Charles Quint. Nous trouvons, en 1623, Louis de Saveuse, descendant d’une ancienne maison de Picardie, qui a épousé Anne Hellin, héritière de sa mère Anne Leclerc, morte octogénaire, veuve de Jean-Robert Hellin, conseiller au Parlement.

Un peu plus tard, Jeanne de Saveuse, fille d’Henri, hérite du domaine à la mort de sa mère, née Madeleine Violle. Elle épouse le comte de la Marck et prête foi et hommage à la mort de son mari en 1677. La Comtesse de la Marck jouera un rôle déterminant dans la constitution de Margency en paroisse distincte d’Andilly en 1698/99 (cf. ci-après). Elle a pour héritière la duchesse douairière de Duras, veuve d’Henri Durfort, duc de Duras9, maréchal de France, neveu de Turenne. Celle-ci se remarie avec Nicolas Pignatelli, comte d’Egmont, duc de Gueldre, prince du Saint Empire Romain Germanique, qui deviendra ainsi seigneur de Margency.

« Monsieur de Margency » et Mme de Verdelin

L’histoire littéraire du XVIIIe siècle a retenu le nom d’un des derniers seigneurs du village, connu sous le nom de Monsieur de Margency10 et pour ses relations avec l’entourage de Jean-Jacques Rousseau. Il s’agit du fils d’Adrien Cuyret, qui a acheté, en 1731, la seigneurie de Margency au prince Pignatelli. À la mort de son père en 1749, Adrien Cuyret, deuxième du nom11, devient propriétaire du domaine. Charles Lefeuve dresse de lui un portrait peu flatteur :

« C'était un cavalier de taille au-dessous de la moyenne… L'exiguïté de sa personne faisait qu'il avait place partout. On ne le comptait pas à table lorsque l'on était déjà douze, et on n'hésitait pas à le garder sans craindre l'appoint sinistre »12.

Des soucis financiers amènent Monsieur de Margency à louer le château au marquis de Verdelin, vers 1756. Il ne tarde pas à être l’amant de Mme de Verdelin, née Marie-Madeleine de Brémond d’Ars en 1728. Par l’intermédiaire de cette dernière, il se lie avec le cercle rousseauiste de l’époque : Mme d’Epinay, Mme d’Houdetot, Grimm, Saint-Lambert, Holbach… Mme de Verdelin, en effet, a fait la connaissance de Mme d’Houdetot par l’intermédiaire d’une amie commune, Mme d’Aubeterre. Comme le jardin de Margency se trouve sur le chemin emprunté par Sophie d’Houdetot pour se rendre au Mont-Olympe13, sa promenade favorite, Mme de Verdelin lui donne une clé de la propriété. Cette clé sert à la comtesse pour traverser le jardin lorsqu’elle fréquente assidûment Jean-Jacques Rousseau en mai-juin 175714. Après le refroidissement de la relation entre ces deux amis, Mme de Verdelin, qui entre temps a déménagé à Soisy15, entretiendra jusque vers 1771 des rapports amicaux et soutenus avec Jean-Jacques Rousseau, qu’elle nomme « son cher voisin »16. Ce dernier, à mesure que sa passion pour Sophie d’Houdetot s’estompe, se laisse gagner par l’attention que Marie-Madeleine de Verdelin lui porte, jusqu’à lui déclarer dans une lettre d’avril 1765 : « Amie unique, je n'aurai pas assez de tout mon cœur et de toute ma vie pour vous payer le prix d'une si tendre sollicitude ».

En 1763, Mme de Verdelin devient veuve. Adrien Cuyret, qui s’est installé à Sceaux depuis 1762, souhaite l’épouser. Mais il est devenu dévot, ce qui ennuie passablement la Marquise, et elle préfère se consacrer à ses filles. Mme de Verdelin se retire avec elles à l'abbaye de Pentemont, où elle demeure plusieurs années. Elle vit dans sa vieillesse à Cognac et meurt, âgée de près de 83 ans, le 18 décembre 1810 au château de Carrouges en Normandie, chez son gendre, le général comte Le Veneur de Tillières.

Les deux derniers seigneurs de Margency

En 1762, « Monsieur de Margency » a vendu sa seigneurie à Nicolas-Claude Thevenin, écuyer, secrétaire du roi, trésorier receveur général (qui épouse en 1772 Geneviève Martin) . La propriété se compose essentiellement d’un château avec diverses annexes, dont une grande ferme, un pressoir et un colombier, sans compter un potager, et des terres agricoles, tant sur Margency qu’aux alentours. Quant à s’appeler seigneur du village, le nouvel acquéreur tombe de haut : le Prince de Condé ne manque pas de lui rappeler, comme il le fait pour d’autres paroisses, qu’il est le seul à avoir haute, moyenne et basse justice dans la Vallée17 ! Jean-Jacques Thevenin (1739-1804), fils unique de Nicolas, prend la succession de ce dernier en 1780. Il achète également le château d’Andilly-le-bas, qu’il démolit en 1788. Le fait qu’une même personne soit propriétaire des deux seigneuries n’arrangera pas les affaires de Margency quand le village revendiquera quelques années plus tard son autonomie. Ce Thevenin, après avoir été trésorier receveur général comme son père, devient fermier général à la fin de l’Ancien Régime, fonction sociale peu prisée. On trouve sur lui ce terrible jugement :

« Les débauchés, les libertins, comme ce Thevenin de Margency, qui fut surnommé le Syndic des galantins. Diderot ne dit-il pas de l'un d'eux qu'il a dépensé deux millions sans faire un bon mot ni une bonne action ? »18 .

Victor du Bled rapporte cette autre anecdote :

« Bourvalais se querellait dans une assemblée de financiers avec son ancien maître Thevenin, qui finit par lui dire avec hauteur : « Ne te souviens-tu pas d'avoir été mon laquais ? - J'en conviens, répliqua Bourvalais, mais si tu avais été le mien, tu le serais encore »19.

Jean-Jacques Thevenin émigre pendant la Révolution. Des scellés sont apposés sur ses biens. Les gardiens de ses propriétés s’appellent Lefèvre et Bon lard20.


LE COMBAT DE LA PAROISSE DE MARGENCY POUR SON AUTONOMIE AVANT 1789


Dès l’origine, le village de Margency est rattaché à la paroisse d’Andilly, probablement en raison de son faible nombre d’habitants. Les règles sont très strictes à cet égard pendant l’Ancien Régime : les fidèles ne peuvent pas choisir leur lieu de culte. La paroisse est autant une circonscription civile qu’un lieu de rassemblement cultuel. Les autorités politiques y veillent. Les registres paroissiaux, qui servent de registre d’état-civil, sont tenus par les curés21. C’est ce qui explique les démarches obstinées qu’ont pu mener certains hameaux de la Vallée de Montmorency pour arriver au statut de paroisse. Margency en est du nombre.

Le village dispose cependant d’un lieu de culte : à savoir la chapelle seigneuriale, dotée d’un chapelain entretenu par le seigneur du lieu. Voici comment Charles Lefeuve décrit l’action des paroissiens, épaulés par la « dame de fer » de Margency22.

« En 169923, c'est la comtesse de la Marque24, Jeanne de Saveuse, qui a la seigneurie. L'église de Margency parvient à cette époque à n'être plus l'annexe de celle d'AndiIly, mais ce n'est pas sans grands débats. Les habitants du hameau exposent au cardinal de Noailles que le curé de la paroisse ne veut plus descendre pour dire la messe, qu'ils sont séparés par un quart de lieue de l'église paroissiale, et que les chemins sont raboteux ; que l'église de Margency a déjà ses fonts baptismaux, et un cimetière, et 500 livres de rente pour une cure. Bucaille, pasteur d'Andilly, s'oppose à cette distraction, en offrant 150 livres par année pour qu'il y ait seulement un vicaire dans l'annexe. Robert Aubry, seigneur du même village, résiste pareillement à l'érection d'une cure en double emploi. Les Grammontins, qui ont voix au chapitre en vertu de leurs droits sur la paroisse, et d'un gros qu'ils payent tous les ans, consentiraient peut-être à ce que la paroisse fût géminée, si la nouvelle cure les déchargeait d'avance du double impôt. La comtesse de la Marque parle à son tour, et elle fait pencher la balance du côté de sa seigneurie, en y mettant 800 livres qu'elle destine à l'établissement d'un presbytère et 300 livres de rente qu'elle ajoute aux autres 500. Son Éminence accorde à la comtesse, sur sa demande, le droit de présentation à la cure, pour elle et pour ses successeurs, mais en se réservant le droit, comme archevêque, d'y pourvoir pour la première fois. De plus la dame obtient que tous les soirs une prière soit dite et le catéchisme fait, dans la nouvelle paroisse. Le curé et les habitants sont chargés, par le décret même qui érige la cure le 13 mai, de faire une procession à l'église matrice le jour de Saint-Médard, et d'y entendre la grand'messe. La cure est grevée, au surplus, d'une redevance annuelle de 30 sols, au profit de celle d'Andilly. Même somme sera payée par la fabrique nouvelle à l'autre fabrique ».

Margency est donc érigée en paroisse ecclésiastique, mais elle demeure réunie administrativement à la collecte d’Andilly jusqu’à la Révolution, ce qui lui vaudra bien des déboires.

Cinq prêtres vont se succéder jusqu’à la Révolution. Le premier d’entre eux est mondialement connu dans les milieux astronomiques de l’époque, à savoir Michel Touraine, curé de Margency de 169825 à 1720. Venu du diocèse de Coutances, il est installé par l’abbé Ameline Legrand, archidiacre de Paris, en présence de la comtesse de la Marck, patronne de la cure et de sa fille, la duchesse de Duras. Il arrive avec sa fidèle servante, qu’il emploie depuis 1692, encore que le verbe employer soit inadapté, puisque cette dame, dit-il dans son testament rédigé en 1704, « ne reçut jamais de gages : 36 livres par an que je ne lui ai jamais payées… mes bénéfices et revenus étant trop petits, elle a consommé son propre bien et sa vie pour moy ». En dehors de ses activités pastorales, le curé Touraine se passionne donc pour l’astronomie. Pendant plus de trente ans, il se bat pour réviser le calendrier grégorien, imposé par le pape Clément VII, et dont il conteste les modes de calcul. Il en appelle au Pape, qui lui envoie un émissaire. Il est auteur de multiples ouvrages et brochures sur la question26.


Le Moulin-Martinot, devenu Bury

Il est situé pendant l’Ancien Régime sur la paroisse d’Eaubonne. En 1272, est attestée la présence d’un « moulin sis entre les villages d’Eaubonne et de Montlignon », appartenant aux frères et sœurs de l’Hôtel-Dieu de Montmorency, qui l’afferment à des meuniers. En 1461, ce moulin,  « séant au terroir d’Eaubonne au dessous de Monlignon » est « tout demoly et ruyné, inhabité, en friche et buissons et de nulle valeur ». C’est pourquoi il est affermé à Martin Pichot, meunier au moulin de « l’étang neuf sous Montmorency » (le futur lac d’Enghien), avec mission de le remettre en état. D’où la dénomination de Moulin-Martinot, qui sera remplacée en 1705 par celle de Bury, dont l’étymologie est incertaine. À cette date, le détenteur est Jean-Jacques Levesque I, valet de chambre du maréchal de Catinat, auquel succède son fils Jean-Jacques Levesque II. En 1752, le domaine de Bury est acheté aux héritiers Levesque par Alexandre Chatel, dit Duchatel, officier du roy, époux de Marianne Pataux. Il passe ensuite entre les mains d’Antoine Aubry, maître-traiteur à Paris en 1755 : le moulin est toujours « situé paroisse d’Eaubonne ». Quand le sieur Jean Poitevin en fait l’acquisition en 1767, le « Moulin Martinot dit Bury » est décrit comme étant « situé paroisse de Margency ». Il est donc sorti de la juridiction d’Eaubonne entre 1755 et 176727. La veuve Aubry le vend en 1778 à Sébastien Louis Rendu, conseiller du roy, notaire au Châtelet, marié à Marie-Jeanne Gillet. La maison relève des chanoines réguliers de la Trinité et Rédemption des Captifs, établis à Anguien (Montmorency). Le moulin existe encore. Le couple Rendu vend le domaine à Joseph Sanson en 1792. Dans cet acte, on ne parle plus de moulin.


Le fief de Maugarny

Jean-Jacques de Barillon, conseiller du Roi Louis XIII et président de la Première chambre des enquêtes, devient seigneur de Maugarny en 1634, par mariage avec Bonne Fayet, fille unique d'Olivier Fayet qui en a hérité en 1621. Pendant la Fronde, il défend les prérogatives du Parlement contre la cour et est emprisonné sur ordre de la reine Anne d'Autriche au fort de Piquerol dans le Piémont, où il meurt en 1645.

Son fils Jean-Paul, ami de Madame Sévigné, de Madame de Maintenon, d'Arnault d'Andilly dont il partage les idées jansénistes et de la Fontaine, qui lui dédie une fable, est ambassadeur de Louis XIV à Londres, où il parvient à détacher l'Angleterre de la coalition avec l'Espagne contre la France.


L’ÉVOLUTION APRÈS 1789


Pendant la Révolution : une nouvelle bataille pour l’autonomie

Les habitants de Margency qui se sont battus sous l’ancien Régime pour obtenir l’autonomie de leur paroisse ne se doutaient pas que les autorités civiles, cent ans plus tard, allaient se calquer sur la carte religieuse pour délimiter les nouvelles communes. Aussi les paroissiens de Margency, au moment de la Révolution, étaient-ils en droit de se réjouir du décret de l’Assemblée nationale du 11 novembre 1789, reconnaissant formellement à chaque paroisse le droit d’établir chez elle un régime municipal distinct et séparé. Mais une interprétation étroite de ce décret par le district de Gonesse a abouti à ne faire qu’une seule commune d’Andilly et de Margency. C’est ainsi que le 31 janvier 1790, il est procédé à l’élection d’une seule municipalité pour les deux villages.

Les habitants de Margency ne l’entendent pas ainsi et en février 1790, ils décident de se séparer d’Andilly. La bataille est menée par le curé Vastel, qui prend en main le dossier juridique de l’affaire. Celle-ci est portée devant l’Assemblée législative par Monsieur de La Chabaussière, administrateur du conseil départemental de la Seine et Oise. Andilly, de son côté, réagit en portant le conflit devant le district de Gonesse, qui déclare que « la municipalité de Margency doit être anéantie (dissoute) ». En attendant un arbitrage national, les relations entre les habitants des deux communes sont très tendues, ce qui se traduit par des échauffourées et des échanges d’injures. Les paroissiens vont même jusqu’à refuser de se rendre à la procession à Andily, comme c’est la tradition depuis 1699 ! Un essai de regroupement entre les trois paroisses de Montlignon, d’Andilly et de Margency échoue pour cause d’exiguïté et de vétusté de l’église de Margency, lieu le culte le plus central de la fusion envisagée. Les habitants de Margency finissent par avoir gain de cause, avec la signature par Danton, du décret de l’Assemblée nationale en date du 14 août 1792, autorisant la commune à « former sur-le-champ une municipalité ».


LE DIFFICILE COMBAT DE LA MUNICIPALITÉ POUR CRÉER DES SERVICES PUBLICS AUX XIXe ET XXe SIÈCLES28


La population de Margency n’est connue avec précision qu’à partir de 1792 avec 202 habitants. Elle diminue ensuite, puis croît régulièrement de 175 habitants en 1836 à 860 habitants en 1968, soit une augmentation de 491 % en 132 ans, ce qui demeure une assez faible croissance pour la vallée de Montmorency29.

La principale tâche des municipalités successives est d’aménager et d’équiper le village en voies praticables et en services publics : mission quasi impossible, compte tenu du fait que la commune ne dispose pratiquement d’aucune ressource. Et cependant, Margency réussit à s’équiper peu à peu en faisant appel à la générosité des grands propriétaires et à la contribution volontaire des habitants. Plusieurs exemples en témoignent :

- L’aménagement de la voierie. Le pavage des chemins est réalisé dans les années 1830 grâce à une grande mobilisation des habitants, en particulier de ceux qui sont les plus aisés.

« Margency… était, il y a quatorze ou quinze ans, un village au milieu des terres en labour, dont toutes les arrivées étaient impraticables une grande partie de l’année ; des chemins de traverse, sur des terres molles, où toute voiture s’embourbait, y conduisait d’Eaubonne, de Montmorency et d’Andilly ; c’est par cette union remarquable des administrés qui comprennent leurs intérêts, avec les administrateurs qui les signent, qu’on est parvenu avec du temps et de la persévérance à réunir la somme considérable pour une si si petite commune, de 15,000 à 18,000 francs, nécessaire au pavage des routes conduisant à Montmorency et à Eaubonne sur la grande route »30.

- L’accès à l’eau. Le village, au début du XIXe siècle, ne bénéficie que d’une seule fontaine, qui a tendance à se tarir aux premières chaleurs et dont le trop plein a du mal à alimenter le lavoir. La comtesse de Rochefort décide, en 1835, d’aménager une deuxième fontaine à partir des petites sources de son vaste parc, qu’elle canalise de manière à porter les eaux à l’extérieur de sa propriété. Cet édifice fait le bonheur des habitants et l’admiration du Docteur Perrochet, médecin de Montmorency qui, en 1839, le trouve exemplaire sur le plan de l’utilisation pratique et de l’hygiène :

« Un seul conduit (débouche sur) une auge en pierre qui porte l’inscription :

FONTAINE CONSTRUITE PAR LES SOINS DE MESDAMES LA

MARQUISE DE BAYANNE ET LA COMTESSE DE ROCHEFORT.

LES HABITANTS RECONNAISSANTS ONT VOULU EN

PERPETUER LE SOUVENIR PAR CETTE INSCRIPTION.

Monsieur le maire de Margency, dans son active sollicitude pour le bien de ses administrés, n’a point négligé de tirer parti du trop plein de cette seconde fontaine pour la réunir à l’eau de la première, et mieux alimenter le lavoir. (…) L’eau y arrive de la fontaine de Rochefort dans un bassin élevé de deux pieds huit pouces au-dessus du sol. Cette ingénieuse disposition permet aux laveuses de travailler debout, au lieu de rester sur leurs genoux, comme partout ailleurs, la tête toujours penchée, et les membres inférieurs plongés dans une humidité froide qui leur prépare pour un âge avancé des névralgies et des rhumatismes. (…) Le lavoir se trouve au milieu d’une grande pièce à parois vitrées qui laissent arriver une lumière abondante sans ouvrir l’accès ni au vent, ni au froid rigoureux, ni à une chaleur excessive »31.

Cette fontaine et ce lavoir feront plus tard l’objet de contestation, mais ils seront les seuls à desservir la commune jusqu’à l’installation d’une borne-fontaine en 1878, par contrat avec la compagnie des eaux. Puis, ce sera la distribution de l’eau venant de l’Oise, avec la mise en service de la station de Méry.

- L’église et la célébration du culte. La paroisse n’a pas plus que la commune les moyens de subvenir à ses besoins. Le curé Thirion, qui a succédé au curé Vastel en 1792, n’est pas remplacé quand il quitte ses fonctions un an plus tard, faute de traitement. Pendant 10 ans, les plus motivés des fidèles se rendent à la messe à Andilly. La paroisse de Margency est rattachée pour l’exercice du culte à celle d’Eaubonne de 1803 à 1809, puis à Andilly en vertu d’une décision… préfectorale (puisque les rapports entre l’Eglise et l’Etat sont régis par le Concordat de 1801). L’église menace ruine et manque d’être vendue. En 1864, elle est décrite comme étant « dans un état de décrépitude avancé ». La fabrique paroissiale fait face aux réparations les plus urgentes par des souscriptions. Un projet ambitieux de construire une nouvelle église est annoncé en 1896, mais ne voit pas le jour. Entre temps, la propriété de l’église passe à la commune, qui n’a pas plus de moyens que la paroisse pour l’entretenir. On étaye les voûtes, mais une partie du plafond s’effondre en 1933. Le préfet menace l’église de fermeture. Une nouvelle souscription fait face aux travaux de réparation les plus urgents. Après de nouvelles inquiétudes dans les années 1966-1999, la restauration de l’église sera enfin réalisée en 2001-2002. Aujourd’hui, la paroisse de Margency fait partie du doyenné de Soisy.

- L’école. Une école a fonctionné d’une manière plus ou moins continue avant, pendant et après la Révolution, mais elle n’existe plus sur Margency en 1830. Les enfants se rendent alors, soit dans les écoles publiques des villages voisins : Andilly, Montlignon ou Soisy, soit chez les religieuses de Soisy, du moins pour les filles. Il faudra attendre 1869 pour disposer d’une école publique sur Margency : le maire de l’époque, Louis Muret, met à la disposition de la commune des bâtiments pour aménager une salle de classe et un logement pour l’instituteur. La municipalité rétribue l’instituteur, qui est également secrétaire de mairie et chantre à l’église. La famille Muret finira par donner à la commune les bâtiments de l’école et le logement de l’instituteur, qui seront reconstruits en 1893 grâce à un emprunt. Une seconde classe sera créée en 1925. Le groupe scolaire Saint-Exupéry sera édifié en deux tranches, en 1964 et 1971.

- La mairie. Le premier bâtiment occupé par le maire et le conseil municipal date probablement de la fin du XVIIIème ou du début du XIXème siècle. Il a été donné en 1842 par Jean-Baptiste Lefranc, propriétaire de Montgarny et maire de l’époque. Après avoir servi de mairie pendant près de 140 ans, cette maison bourgeoise de caractère, surmontée d’une sorte de beffroi équipé d’une Horloge, sera affectée à la bibliothèque municipale en 1978, lorsque la municipalité s’installera dans le château du Petit Bury.

- Le lavoir est construit aux frais d’un habitant de la commune en 1802. Il sera détruit en 1970.


LES GRANDES PROPRIÉTÉS DE MARGENCY AUX XIXE ET XXE SIECLES


L’ancienne seigneurie

Après la Révolution, la propriété est acquise par le comte Louis de Sainte-Maure de Montausier, pair de France, dont l’épouse est Gilberte de Damas, dame d’honneur de la duchesse d’Angoulême, fille de Louis XVI32. En 1819, nous trouvons Elisabeth de la Porte, veuve du marquis de Lattier de Bayanne. À sa mort, en 1837, sa fille, la comtesse de Rochefort d’Ailly (née vers 1778) devient propriétaire du domaine. Le Dr. Perrochet lui consacre quelques lignes :

« L’ancien château, qui est habité par madame la comtesse de Rochefort, offre de belles allées de marronniers qui rappellent Le Nôtre et le goût de son siècle »33.

La famille Davillier - de Nervo

En 1866, la comtesse de Rochefort lotit les dépendances du domaine, qui empiète sur Montlignon. Le château et son parc sont achetés par (Joseph) Henry Davillier, né le 21 février 1813 et époux d’Adèle Marie de Montozon (1822-1904). Ce financier est régent de la Banque de France au XVème siège34, de 1864 jusqu’à sa mort, qui interviendra le 15 avril 1882 (à Paris), et président de la Chambre de Commerce. Il fait construire la demeure de style Second Empire que l’on connaît actuellement (achevée en 1870). De l’ancien château, dont la partie centrale est détruite par un incendie, il ne reste que les deux ailes et le pigeonnier. La propriété sert de quartier général aux troupes prussiennes qui assiègent Paris en septembre 1870 sous la conduite du prince de Saxe, fils du Kaiser, qui quitte Margency le 10 mars 1971.

Le fils d’Henry, Maurice Davillier, né le 7 mai 1851, est également financier : il devient régent de la Banque de France au XIIIème siège (de 1905 jusqu’à sa mort) et épouse en 1872 Elisabeth Réal. Il décède le 20 juillet 1929 à Paris et est inhumé au cimetière de Margency. Maurice et Elisabeth ont sept enfants. Deux de leurs fils, Jean et Henry, sont banquiers, associés à leur père. Ils dissolvent la Banque Davillier le 30 juin 1936, ses biens étant absorbés par le Crédit Commercial de France.

Deux des filles épousent deux frères Nervo, membres d’une grande lignée d’industriels et arrière petits-fils d’Olympe Christophe Nervo (1765-1835), contre-amiral, qui avait épousé en deuxièmes noces, en 1803, Amaranthe Thérèse Zoé Thevenin de Margency (1779-1852). Henriette Davillier se marie avec le baron Léon Joseph Marie de Nervo, ingénieur, né en 1873, fils de Robert de Nervo et de Claire de Sansal. Germaine Davillier, quant à elle, épouse Prosper de Nervo, commandant. Léon de Nervo est signalé de 1899 à 1938 comme membre de la Société historique de Pontoise, demeurant 24, avenue de Friedland à Paris et au Château de Margency. Le fils de ce dernier, le baron Jacques de Nervo, né en 1897 à Margency et marié à Jacqueline de Lassuchette, est lui-même un grand industriel (mort le 27 juin 1990 à Saint-Rémy de Provence). Son frère Edouard, né le 30 janvier 1907 et marié en 1930 à Jacqueline Chodron de Courcel, meurt le 17 août 1996 à Margency.

Les derniers occupants de l’ancien château

En 1943, le château est acheté par la Croix-Rouge française, qui en fait un centre thérapeutique pédiatrique. Il s’agit d’un établissement de soins de suite et de réadaptation, qui comporte un dispositif de soins d’une capacité de 140 lits d’hospitalisation, de 6 places d’hospitalisation de jour et d’une nouvelle unité spécialisée de 45 lits, qui a été inaugurée en 2005 par Mme Bernadette Chirac, née Chodron de Courcel.

Bury

Le domaine de Bury est délabré au début du XXème siècle. Le Moulin Martinot a disparu. Au décès de Joseph Sanson, en 1808, les héritiers vendent la propriété à Dufossey de Breban, qui la garde jusqu’en 1818. Elle est achetée en 1822 par Ferdinand Tattet, agent de change, qui réside habituellement rue de la Grange-Batelière à Paris. Il fait démolir les vieux bâtiments longeant le chemin reliant Saint-Leu à Montmorency et les remplace par le château actuel, bâti en 1834-1835 sur les plans de l’architecte Visconti35, auteur de nombreuses constructions non seulement à Paris mais dans la Vallée (notamment à Montmorency et Enghien). Le parc est dû à Louis-Sulpice Varé36, que l’on verra aussi à l’œuvre à Montgarny.

Voici comment le docteur Perrochet le décrit en 183937 :

« Le parc, si bien dessiné, de Bury, appartenant à madame veuve Tattet, se fait remarquer par l’heureuse disposition de ses eaux, par le choix de ses arbres d’agrément, et par l’élégante architecture de sa maison ; du perron qui orne la façade principale, on jouit d’une vue champêtre des plus riantes, se terminant à Eaubonne sur la belle propriété de madame Pérignon. Il serait difficile de rendre l’effet merveilleux du petit labyrinthe à la suite de la grande pièce d’eau, entouré et sillonné de ruisseaux, hérissé de rochers, planté de grands arbres de toutes les contrées, et bruyant d’une foule de cascades. Tout le parc en général offre une promenade des plus agréables et des plus variées ».

Le nom de Bury ne tarde pas à défrayer la rubrique mondaine des années 1830, car il constitue l’un des lieux privilégiés où une classe de jeunes gens désoeuvrés de l’époque, appelés dandys, passe des nuits enfiévrées. Le fils de la maison, Alfred Tattet (1809-1856), fréquente un groupe de condisciples, passionnés de littérature, mais aussi de jolies filles et de chevaux. Parmi eux se trouve Alfred de Musset. Ce dernier a fait connaissance d’Alfred Tattet par l’intermédiaire de Félix Arvers, son compagnon de classe. Cette jeunesse dorée profite de l’hospitalité du fils de famille pour abriter à Bury, parmi d’autres lieux, ses équipées nocturnes :

« Ainsi, le soir, sur le coup de minuit, quand tout ce monde de viveurs levait le siège au Café de Paris, il ne faudrait pas croire que c'était pour s'aller coucher, comme les bons bourgeois du Marais. Ah ! mais non. À ce moment psychologique, on était sûr d'entendre dans le brouhaha la voix de Tattet ou celle de Guttinguer.

Le premier disait : "Qui vient souper rue Grange-Batelière ou à Bury ?" Le second : "Qui m'accompagne aux Lilas ou à la Terrasse ?" Cela dépendait du temps et de la saison.

Alors pendant que les autres dandys sautaient dans les fiacres qui stationnaient devant la porte et se faisaient conduire à Enghien ou Morfontaine, Alfred de Musset, Roger de Beauvoir, Belgiojoso, d'Alton-Shée, Chaudesaigues, Arvers, etc., emboîtaient le pas à Tattet ou à Guttinguer et filaient avec eux, qui sur Bury, qui sur Saint-Germain.

Disons tout de suite que Bury trouvait généralement plus d'amateurs que la Terrasse, parce que chez Tattet on pouvait emmener des filles, tandis que chez Guttinguer, quoique la dame du logis ne fût pas bégueule, il fallait se contenter d'en parler et d'en rire »38.

Musset effectue plusieurs séjours en automne à Bury entre 1830 et 1840. Alfred de Musset, Alfred Tattet et Félix Arvers garderont toute leur vie des relations d’amitié qui ne se démentiront pas et l’on doit à Alfred de Musset un poème célèbre à son ami Tattet, écrit à Bury :

Qu'il est doux d'être au monde, et quel bien que la vie!

Tu le disais ce soir par un beau jour d'été.

Tu le disais, ami, dans un site enchanté,

Sur le plus vert coteau de ta forêt chérie.

Le domaine de Bury est divisé en deux vers 1850. La partie Est devient le Petit Bury. Il est acquis en 1913 par Aristide Denfert-Rochereau, fils de Pierre, défenseur de Belfort lors de la guerre de 1870. Celui-ci a épousé Henriette, la fille de Charles Goguel, propriétaire de l’ancienne seigneurie d’Eaubonne. Le château se voit doter d’une aile. La propriété fait l’objet d’une donation en 1926 à la famille Enjalbert. Lors du lotissement réalisé en 1977, le château et la partie boisée du parc sont cédés à la commune, qui en fait la mairie et un jardin public.

Le reste du domaine, qui prendra le nom de Grand Bury, passe de mains en mains jusqu’en 1939, date à laquelle la veuve du dernier propriétaire, Ernest Plisson, le loue aux Pères maristes qui y replient 135 élèves du collège de Sierck, en Moselle et qui achètent la propriété en 1943. Bury deviendra ensuite le Lycée-collège que l’on connaît aujourd’hui et qui accueille près de 1500 élèves.


Maugarny (Montgarny)

Pendant tout le XIXe siècle, le domaine est orthographié Montgarny (ou Montgarni).39

« Montgarny, coeur de la Vallée, a des battements pour toutes ses joies et se resserre dans ses mauvais jours. Toutefois il s'est passé bien des révolutions, qui n'ont pas fait perdre grand'chose à ce rendez-vous de plaisance, protégé admirablement par sa situation centrale et par le bon goût de ses hôtes. Pendant le consulat, Mme de Maleissie était encore propriétaire de Montgarny. Elle y devint, par un second mariage, Mme de la Chabeaussière. Elle avait théâtre à Paris, dans son hôtel de la rue de Lille, et salle de spectacle à la campagne. Ses soirées dramatiques, qu'ont honorées de leur présence le premier consul, sa femme et sa belle-fille, jouissaient d'une très-brillante réputation. Une fois, entre autres, on joua à Margency l'Avocat Patelin »40.

La visite de Bonaparte, de Joséphine de Beauharnais et de sa fille qui deviendra la reine Hortense, peut être datée des années 1800-180441. La fraternisation avec l’entourage bonapartiste tourne court durant l’Empire. Charles Lefeuve décrit la brouille en ces termes :

« Il y avait quelques gens que l'Empire faisait beaucoup rire et qui appartenaient soit à l'opposition philosophique et libérale, soit à celle de la vieille noblesse. Aussi l'empereur prit Montgarny en grippe, et M. de la Chabeaussière, au lieu de faire partie du Sénat, fut pourvu d'une sous-préfecture aux Pyrénées, qu'il s'empressa de refuser »42.

Aussi ne faut-il pas s’étonner du mauvais accueil que le personnel de Montgarny réserve à une étrange proposition que le roi de Hollande, frère de Napoléon et époux de la reine Hortense formule aux jardiniers de Mme de la Chabeaussière :

« Le roi de Hollande, à Saint-Leu, chargea un jour ses jardiniers de lui acheter les quatre saules pleureurs qu'il avait vus à Montgarny et qui laissaient tomber dans la pièce d'eau leur chevelure à la Bonaparte ; ces gens de l'art trouvaient l'idée assez étrange et, qui plus est, assez comique ; mais les propriétaires de l'ancien fief prirent la demande fort au tragique et résolurent de ne pas l'accueillir »43.


La famille Lefranc-Le Roux acquiert la propriété sous la restauration et la gardera jusqu’à la seconde guerre mondiale44. Voici comment le docteur Perrochet décrit le domaine en 1839 :

« Montgarni… la plus vaste des propriétés de Margency, offre dans son terrain ondulé, ses belles eaux et ses points de vue, le résumé en grand de ce que l’on voit épars ailleurs. M. J. A. Leroux, banquier à Paris, y entretient avec amour son beau parc dessiné en partie par Varré de Saint-Martin45, qui joint à un goût exquis une entente parfaite des jardins anglais.

L’étranger, amateur des beaux sites du midi, s’y promène avec délices. A son entrée il se sent irrésistiblement entraîné du côté des hauteurs, sur une terrasse couverte de haute futaie, et qui, dominant tout le parc, ouvre de beaux points de vue sur la vallée. De là il descend du côté de Montlignon jusqu’au ruisseau qui divise le parc en deux parties, et serpente en petites cascades au milieu d’une allée de grands arbres, puis s’épand en un large canal pour disparaître et se remontrer plus loin en nouvelles cascades, jusqu’à la grande pièce d’eau où s’élèvent deux petites îles qui s’encadrent merveilleusement dans ce joli tableau.

De cet endroit on jouit du magnifique coup d’œil que présente un amphithéâtre dont l’aspect des plus variés est impossible à décrire, et au bas duquel se développe la belle maison du propriétaire, derrière une vaste et verte pelouse coupée par des massifs de dahlias, d’hortensias, et de mille autres fleurs »46.

Alfred Le Roux (né en 1815), premier fils de Julien Le Roux et de Delphine Lefranc, épouse en 1845 la sœur d’Alfred Tattet, Charlotte, fille de feu Ferdinand Tattet, ancien propriétaire de Bury. Il a édité en 1842, sous le nom d’Alfred Leroux47, un recueil de poèmes, L’Herbier, et en en 1843, un roman, Edouard Aubert. De tradition bonapartiste, il aide le futur Napoléon III dans sa conquête du pouvoir, ce qui lui vaut une brillante carrière politique sous le second empire : élu député dès 1852, au titre de la Vendée, il est désigné comme vice-président du Corps Législatif48 en 1863, puis nommé ministre de l'Agriculture et du Commerce en juillet 1869, poste qu’il occupera jusqu’en janvier 1870. Il occupe par ailleurs le poste de président du Conseil général de la Vendée de 1852 jusqu’à sa mort en juin 1880, tout en administrant de nombreuses sociétés : Société des chemins de fer de Paris à la Méditerranée, Chemins de fer de l'Ouest, Société générale pour le développement du commerce et de l'industrie, etc. Son frère, Jules Le Roux, qui acquiert la propriété de Montgarny au décès de sa mère en 1864, deviendra de son côté consul général en Suède et en Norvège. Charles Lefeuve évoque en ces termes le caractère champêtre du domaine :

« M. Jules Leroux, membre du Corps législatif49, possède la terre de Montgarny… dont les dépendances magnifiques, coupées par une jolie rivière, sont une vaste garenne, une réserve de lièvres et de lapins. Ces hôtes très intéressants, auxquels M. Leroux et sa compagnie de chasseurs, semblent trop ménager encore les coups de fusil, s'impatientent quelquefois et franchissent le mur de clôture, pour aller se faire pendre au croc des marchands de gibier, au lieu d'attendre l'heure ou leur seigneur et maître les eut fait parvenir en bonne société, dans une jolie bourriche ovale, à des dégustateurs de grande maison »50.

Le fils d’Alfred, Paul Le Roux, marche brillamment sur les traces de son père : né en 1850, il entre au ministère des Affaires Etrangères où il fait carrière jusqu’en 1881. À cette date, il se présente comme candidat bonapartiste dans la 2ème circonscription de Fontenay-le-Comte, en Vendée, siège laissé vacant par la mort de son père et sera constamment réélu jusqu’en 1893. Il deviendra sénateur en 1897, fonction qu’il occupera jusqu’à sa mort en 1923.

Le château de Montgarny, redevenu entre temps Maugarny, est acheté après la seconde guerre mondiale par les Pères Maristes, qui ont déjà acquis le domaine de Bury. Ceux-ci en font d’abord un internat et, plus tard, la résidence des pères qui enseignent au collège. La maison et le parc abritent maintenant des classes préparatoires aux grandes écoles.


Le domaine de la Renaudière

L’histoire de la partie sud-est de Margency, actuellement connue sous le nom de parc de la Renaudière, délimitée par l’avenue Georges Pompidou et la rue d’Eaubonne, est moins connue que celle des autres domaines de Margency. Le nom des Renaudière est attesté depuis au moins l’année 1828, date du séjour de l’écrivain Alexis-François Rio, qui se retire chez ses amis51 pour composer sa première grande œuvre, « Essai sur l’histoire de l’esprit humain dans l’Antiquité », dont la préface est datée de « Margency, 8 octobre 1828 ». Sa biographe, sœur Mary Camille Bowe, résume ce séjour de la façon suivante :

« Pendant l'été de 1828 dans une villégiature à Margency chez « les Renaudière », il mit enfin la main à l'œuvre. Il passa dans ce coin ravissant de la vallée de Montmorency des heures délicieuses de travail. Entre temps, il recevait ses amis : Montalembert, Cornudet, Lemarcis et d’Herbelot, qui formaient avec lui le noyau du parti religieux libéral ».

Alexis - François Rio est né le 20 mai 1797 à l’île d’Arz, dans le Morbihan. Monté à Paris, il refuse le poste de censeur de la presse que lui offre le Gouvernement, suite à l’enthousiasme qu’il montre à l’égard de la libération des Grecs. Ce refus lui vaut une grande popularité et l’amitié du comte Charles de Montalembert, champion du catholicisme social. L’ouvrage écrit à Margency attire l’attention du ministre Auguste de la Ferronays, qui lui procure un emploi au ministère des Affaires étrangères. Il voyage ainsi dans plusieurs pays d’Europe, ce qui lui permet de compléter ses connaissances artistiques. De ses nombreuses publications, on retiendra l’ouvrage en quatre volumes « De l’art chrétien » (1861), qui constitue en réalité une anthologie des peintures italiennes de Cimabue à Raphael. Il meurt le 17 juin 1874 à Arz, où il a sa tombe.

La résidence actuelle, rénovée, qui donne sur la place Bernard Leclerc, date du XIXe siècle. Son dernier propriétaire est le banquier Dreyfus. Laissé à l’abandon pendant sept ans, il est acquis par la municipalité en 1998 dans le cadre d’une opération immobilière lotissant le parc de la Renaudière. Il accueille aujourd’hui des associations à caractère culturel.

LES ACTIVITÉS ÉCONOMIQUES AUX XIXe ET XXe SIÈCLES


Margency est resté jusqu’à une période relativement récente un village à vocation rurale. Les cultures ont peu à peu disparu dans la deuxième partie du XXe siècle à mesure que progressait l’urbanisation. Parallèlement, les activités artisanales et industrielles sont restées très limitées, ce qui a contribué à conserver à la commune son caractère résidentiel.


Le passé agricole de la commune

Les cultures fruitières ont des traits communs avec la viticulture : comme la viticulture, elle s’accommode de la propriété micro-parcellaire existante, elle exige beaucoup de main d’œuvre, et à peu près les mêmes compétences. Déjà présentes en 1830 avec une dizaine d’hectares, ces cultures se maintiennent avec des superficies déclarées de 10 à 12 ha jusque dans les années 1950, régressant ensuite principalement devant les constructions pavillonnaires.

Les cultures maraîchères se développent à partir de la fin du XIXe siècle et, comme les cultures fruitières se maintiennent jusque dans les années 1950. En 1900, elles occupent déjà 25 ha, une trentaine en 1931, dont deux de petits pois cette année là. Elles représentent encore une vingtaine d’hectares en 1944 (y compris les jardins potagers familiaux).

L’élevage n’a jamais été important dans la commune. À la fin du XIXe siècle, on compte, bon an mal an, une vingtaine d’ânes et de chevaux utilisés pour le transport des produits aux marchés de Montmorency, Argenteuil et Paris, ainsi que pour les labours dans le plat pays. On dénombre un maximum de cinq ou six vaches, une dizaine de chèvres et une dizaine de moutons. Le nombre officiel de porcs, en 1942, est de six. Ajoutons, bien sûr quelques volailles pour la consommation domestique.

Les cultures de céréales (seigle et avoine) et les prairies artificielles suivent l’évolution du cheptel : 2 ha de prairie et 7 ha de céréales en 1830, 8 ha de prairie et de luzerne entre 1895 et 1900. Les céréales disparaissent au début du XXe siècle, mais une prairie d’environ 3 ha, louée à un marchand de bestiaux, se maintiendra jusqu’en 1972 à l’emplacement de la résidence « Le village ».

Il ne faut pas attribuer à ces chiffres plus de signification qu’ils en ont : hormis les « superficies plantées », les autres varient d’une année sur l’autre. Une prairie peut être transformée en terre de labour et réciproquement. Les cultures sur terre de labour varient en principe chaque année. Sur ce plan, les statistiques ne valent donc que pour une année déterminée.

Par ailleurs, les superficies attribuées à un propriétaire ne valent que pour la commune, celui-ci peut être propriétaire dans plusieurs communes voisines ou posséder des terres, en fermage sur celles-ci. Mais, à part quelques exceptions, les habitants de Margency sont de très petits propriétaires. En 1944, Dubost, descendant d’une famille de notables depuis près de trois siècles n’est propriétaire que de 10 ha au total sur Margency et sur les communes voisines.


La tuilerie et ses nuisances

À Margency, en 1581, on voit apparaître, dans les archives, Toussaint Messager « marchand tuilier au moulin Martinot ». Une tuilerie existe donc au moulin, à cette date. Elle sera par la suite appelée tuilerie Germain Messager dans plusieurs actes officiels. Cette fabrique est située dans les descriptifs des domaines à la fois de Bury et du fief de Maugarny52.

En 1741, une tuilerie est exploitée par moitié par Charles Fillerin, laboureur d’Eaubonne et son frère Nicolas Fillerin, laboureur à Margency, « accréditée de 42 000 tuiles cuites, bonnes, loyales et marchandes ; de 36 000 non cuites ; glaise pour fabriquer 50 000 tuiles et 1700 bottes de bruyère pour cuire » (notaire Rousseau). Cette entreprise fournit des tuiles aux différents villages de la vallée de Montmorency53.

Une autre messagerie, très importante, occupait les deux cotés de l’actuelle rue Henri Dunant, au niveau du numéro 3 et de l’actuelle maison de retraite. Dans l’ouvrage Les poteries et faïences françaises, Adrien Lesur et Tardy, la mentionne54, en précisant qu’ « en 1787, on y fabriquait des tuiles, des briques, des carreaux, et qu’en 1840, Gomond y faisait de très belles terres cuites qui obtinrent, à cette époque, un succès mérité, mais de courte durée ».

Les bâtiments situés sur le côté impair de la rue Henry Dunant sont vendus en 1837 à Jean-Baptiste Lefranc, maire de Margency. L’acte de vente, établi par maître Prouharam, notaire à Montmorency, porte sur « tous les bâtiments, constructions, terrains, cours et jardins composant l’ancienne tuilerie à Margency ». L’emploi des expressions tous les bâtiments…(de) et l’ancienne tuilerie paraît indiquer qu’elle a cessé son activité en 1837, ce qui est contradictoire avec l’affirmation de l’ouvrage d’Adrien Lesur et Tardy, pourtant souvent considéré comme un annuaire fiable de la poterie et faïencerie française. Nous ne sommes pas en mesure de trancher.

Ce qui est certain, c’est que Gomond reste propriétaire du four à tuiles, situé à l’emplacement de l’actuelle maison de retraite et de l’immeuble du 2 de la rue Roger Salengro. Ce dernier, aujourd’hui maison d’habitation, comporte à l’époque jardin, serre et pigeonnier. Il est vendu en 1846. La tuilerie a donc pu fonctionner jusque 1870, comme semble l’indiquer la gravure représentant le carrefour, sous l’occupation prussienne.

En 1830, selon les informations puisées dans les registres municipaux, la tuilerie emploie l’été, entre 13 et 16 hommes, 5 à 6 femmes, et de 3 à 6 enfants. Elle produit environ 500.000 tuiles par an, principalement expédiées vers Paris.

En 1835, Louis Gomond demande l’autorisation de construire un deuxième four, en remplacement de l’ancien, désaffecté depuis 6 ou 7 ans et proche de plusieurs habitations. Les tuileries appartenant à la catégorie des établissements insalubres et incommodes, le préfet sollicite l’avis de la population. Dix-neuf habitants participent à l’enquête publique commodo/incommodo. Tous soulignent les inconvénients et l’absence d’avantages du projet pour le village.

Alors, le conseil municipal, considérant :

- que le sieur Gomond a fait d’énormes dépenses depuis 15 à 20 ans, pour le four dont il se sert constamment ;

- que le four est isolé de toute maison, excepté la sienne, que les plus proches voisins sont éloignés de plus de quarante pieds, plus la largeur de la rue ;

- que le four à construire, est placé à trois et six pieds d’une maison occupée et est entouré de plusieurs maisons peu éloignées…

- demande que le sieur Gomond continue à jouir du four dont il se sert, que défense lui soit faite de reconstruire l’ancien.

Les travaux se poursuivant, cet avis défavorable du conseil municipal sera, plus tard assorti de menaces de poursuites judiciaires (notons que le sieur Gomond est à l’époque membre du conseil municipal, mais n’assiste pas aux séances où sont évoqués les problèmes de la tuilerie).

Finalement, le préfet autorise la construction du four, malgré l’opposition du maire et du conseil municipal, mais sous réserve que la tuilerie ne nuise pas aux habitants voisins et soit équipée d’une cheminée de douze mètres au-dessus du toit de la tuilerie.

L’entreprise Essences et vernis d’orient

À la fin du XIXe siècle, le four à tuiles et les bâtiments adjacents de l’ancienne tuilerie sont remplacés par la maison Jacobson, du nom de son propriétaire. Dans les années 1920, celui-ci s’avise d’y adjoindre un atelier de fabrication de vernis, à partir d’écailles de poissons.

En novembre 1927, le maire de Margency expose à M. le Sous-préfet que « le propriétaire d’une fabrique d’essence et vernis d’Orient, récemment installée en plein centre de l’agglomération de Margency, et s’agrandissant de plus en plus, s’est permis de faire évacuer, sans autorisation, les eaux usées de sa fabrique provenant du lavage d’écailles de poissons dans la canalisation de la commune ».

Or celle-ci reçoit déjà les eaux de pluie, celles des sources de la Côte et du lavoir communal qui s’écoulent ensuite par un fossé, à travers champs, jusqu’au ru du Corbon, et au-delà, jusqu’au lac d’Enghien. Les propriétaires du fossé refusent les effluents de l’entreprise Jacobson.

Une injonction adressée au sieur Jacobson étant demeurée sans effet, le Conseil demande au maire « soit de faire boucher par un maçon, l’orifice des eaux industrielles à leur sortie de la propriété privée, soit de mettre le propriétaire dans l’obligation de faire établir une canalisation souterraine, pour évacuer ses eaux nauséabondes ainsi qu’on l’a imposé à la blanchisserie Brador, toute voisine ».

Il demande en outre, une enquête des services départementaux d’hygiène, car la fabrique emploie des matières putrescibles (chairs inhérentes aux écailles de poissons), des matières inflammables et émet une odeur nauséabonde et toxique qui incommode la population.

En avril 1928, devant la résistance du propriétaire et l’inertie de l’Administration, le maire et le conseil municipal informent le préfet qu’ils démissionneront si « l’autorité supérieure ne parvient pas à obliger le propriétaire de l’entreprise à supprimer les nuisances ». En mai, le conseil municipal refuse de délibérer et de voter le budget.

Les nuisances ont apparemment cessé ou, à tout le moins, sont devenues supportables, puisque la question n’est plus évoquée dans les registres municipaux.

L’entreprise Essences et vernis d’Orient fabriquait, en fait, une sorte de vernis, fausse nacre destinée à recouvrir les perles de colliers. D’origine juive, son propriétaire, émigra aux U.S.A., en 1940 avant l’arrivée des Allemands et l’activité cessa.

La maison Jacobson est devenue l’actuelle maison de retraite

Brador, dont il est question dans l’une des résolutions du Conseil municipal citée ci-dessus, était une petite entreprise de blanchisserie-repassage située à la place de l’actuelle cantine scolaire. Entre les deux Guerres, elle employait cinq à six personnes. Son propriétaire a été maire de Margency entre 1917 et 1924.

Coultronics, seule entreprise industrielle importante dans l’histoire de la commune

La société française Coultronics, filiale de la société américaine Coulter (du nom de son inventeur, qui révolutionnera la méthode de comptage des cellules du sang), est créée en France en 1962, et s’installe à Margency en 1966.

Son expansion extrêmement rapide (30 employés en 1967, et près de 650 en 1988, dont 400 sur le site de Margency) suit le développement des méthodes automatiques de diagnostic médical, dont elle devient un des leaders mondiaux.

À ses débuts, l’entreprise commercialise des instruments importés, puis elle est amenée, après quelques mois d’existence, à en fabriquer pour répondre aux besoins des laboratoires d’analyses médicales. Elle développe ses propres produits pour les marchés français et internationaux.

Une petite unité de production est construite dans le jardin du pavillon, au 14 rue Legendre, puis de nouvelles constructions seront être réalisées à partir de 1970 jusqu’en 1988 pour atteindre les 6 000 m2 de bâtiments.

Les activités de fabrication développées par cette entreprise, concernent des techniques de pointe : la mécanique de précision, le soufflage de micros tubulures de verre, l’électronique et la micro informatique, ainsi que la production de réactifs pour le fonctionnement des instruments.

Le service de Recherche et Développement de l’entreprise de Margency est à l’origine de plusieurs brevets mondiaux.

Le déclin de l’entreprise est dû à l’émergence de nouvelles technologies et à l’arrivée de concurrents les marchés émergents. Après divers plans sociaux, l’entreprise Coultronics sera reprise par la société Beckman en 1996, qui cédera ensuite ses locaux à un promoteur immobilier.

Hervé Collet,

avec la contribution de Claude Collineau

pour les activités économiques de la période moderne et contemporaine,

novembre 2009.


BIBLIOGRAPHIE


Sources

- Archives départementales du Val d’Oise, Margency, Tuileries, série 9 M : les recensements, 9 M 674.

- Archives municipales de Margency.


Ouvrages de base

- Nicolon (A.), avec la collaboration de Collineau (C.) et Deü (B.), Histoire de Margency, 650 ans d’histoire locale, 200 ans d’histoire communale, éd. Valhermeil, 2003, 128 p.

- Lauderaut (abbé J.), Essai sur l'histoire de la paroisse d'Andilly et Margency au diocèse de versailles, imprimerie de l’œuvre de Saint-Paul, http://www.amazon.fr/lhistoire-paroisse-dandilly-margency-versailles/dp/B0000DUPQ8/ref=sr_1_1?ie=UTF8&s=books&qid=1256919864&sr=1-11881, 66 p.

- Monographie de l’instituteur, Margency, 1899, 51 p., 3 photographies.

- Vijoux (J.-M.), À la découverte d'Andilly, éd. Valhermeil, 2000, 115 p.

Autres ouvrages

- Arzalier (F.), Des villages dans l’histoire. Vallée de Montmorency 1750 -1914, Paris, Ed. du Septentrion, 1996, 393 p.

- Baduel (D.), Briqueteries et tuileries disparues du Val d’Oise, St-Martin-du-Tertre, S.I., 2002, 302 p.

- Bedos (B.), La Châtellenie de Montmorency des origines à 1368, Aspects féodaux, sociaux et économiques, SHAPVOV, 1980, 405 p.

- Bowe (Sœur Mary Camille), François Rio : sa place dans le renouveau catholique en Europe (1797-1874), Paris, Boivin, 1939.

- Lefeuve (C.), Le tour de la vallée : histoire et description de Montmorency, Enghien-les-Bains, Napoléon-Saint-Leu… Herblay/par Lefeuve, Dumoulin, Paris, 1ère éd., 1856. 2e édition, 1866. Rééditée par le Cercle Historique et Archéologique d’Eaubonne et de la vallée de Montmorency, Eaubonne, 1975, 256 p. (Ces deux éditions présentent des versions très différentes)

- Lebeuf (abbé J.), Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris, Paris, t. 2, 1758, ré-éd.,1883.

- Lesur (A.), Tardy, Margency, in Les poteries et faïences françaises, vol. 1, 2e éd., 1969, p. 709.

- Monneau (A.), Briqueteries et tuileries en vallée de Montmorency, in STEMMA, t. 23, fasc. 4, cahier n° 92, 4e trim. 2001, p. 2087-2089.

- Dr. Perrochet, Essai sur la thérapeutique des eaux minérales d’Enghien et sur la topographie physico-médicale de la vallée de Montmorency, par le docteur Perrochet, de Montmorency, Paris, Malteste, 1839, 112 p.

- Séché (L.). Études d'histoire romantique. Alfred de Musset : (documents inédits). Mercure de France, 1907, 2 vol., Vol 1, L'homme et l'oeuvre, les camarades.


1 Lefeuve (C.), Le tour de la vallée : histoire et description de Montmorency, Enghien-lesBains, Napoléon-Saint-Leu… Herblay/par Lefeuve, Dumoulin, Paris, 1ère éd., 1856, p. 370.

2 Lebeuf (abbé J.), Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris, Paris, t. 2, 1758, ré-éd.1883, p. 638.

3 Bedos (B.), La Châtellenie de Montmorency des origines à 1368, Aspects féodaux, sociaux et économiques, SHAPVOV, 1980, 405 p.

4 Renaux(D.), Villiers-le-Bel, 1428-1499, compte d’auteur, Villiers-le-Bel, 1981, p. 69.

5 Arch. nat. LL 1157, f° 240-242 et S 5089 n° 55, respectivement. Cités par Bedos (B.), op. cit., p. 45 et 49.

6 Nicolon (A.), Histoire de Margency, Valhermeil, 2003, p. 23.

7 Hypothèse avancée par Joseph Depoin (1912),

8 Orthographié également l’Apostolle ou Lapostolle.

9 On retrouve plus tard, dans la Vallée, une lointaine descendante de ce personnage : Claire de Durfort, duchesse de Duras, qui achète en 1817 le château Belmont à Andilly. Cf. « La Duchesse de Duras, une amie de Châteaubriand à Andilly ».

10 Cf. « Monsieur de Margency, dans le cercle d’amis de Jean-Jacques Rousseau »

11 Sainte-Beuve l’orthographie, à tort, Quiret.

12 Lefeuve (C.), op. cit., p. 374.

13 Le Mont-Olympe, selon Auguste Rey, se trouve sur le territoire de Montmorency, à l’endroit où a été inaugurée en 1791 la statue à la mémoire de Jean-jacques Rousseau. Cf. Rey (A.), Jean-Jacques Rousseau dans la vallée de Montmorency, Plon-Nourrit, 1909, 294 pages.

14 Cf. « Madame d’Houdetot et Jean-Jacques Rousseau ».

15 M. de Verdelin acquiert en 1759 un château au nord de Soisy, que sa veuve revendra en 1765. La location provisoire du château de Margency était temporaire, dans l’esprit du Marquis. Cf. « Histoire générale de Soisy ».

16 Cf. « Mme de Verdelin, une « aimable voisine » de Jean-Jacques Rousseau, selon Sainte-Beuve »

17 Cf. « Le prince de Condé, défenseur jaloux de ses droits dans la Vallée de Montmorency ».

18 Du Bled (V.), La société française du XVIe siècle au XXe siècle. Amateurs et artistes, manieurs d'argent et fermiers généraux, femmes et salons du XVIIIe siècle, la société polie pendant le règne de Louis XVI, figures de favorites, la vie mondaine de 1789 à 1793, Perrin, Paris, 1900-1913, p. 114. On peut y lire également ce dialogue, emprunté à Mirabeau : « Savez-vous lire ? demande Diderot à un jeune homme qui cherche sa voie. - Oui. - Un peu calculer ? - Oui. - Et vous voulez être riche à quelque prix que ce soit ? - À peu près. - Eh bien ! mon ami, faites-vous secrétaire d'un fermier général, et continuez dans cette voie ».

19 Idem, p. 127.

20 Cf. Coüard (E.-L.), Inventaire sommaire des Archives départementales postérieures à 1789, Seine et Oise, Paris, La Gutemberg, 1940. 2ème vol., p. 326 : « Liquidation des gages de Bon lard et Lefèvre, gardiens de scellés chez l'émigré Thévenin, à Margency ».

21 Les registres paroissiaux de Margency figurent parmi les plus anciens du Val d’Oise. Cf. « Une méthode informatique originale d’enregistrement des données des registres paroissiaux : l’exemple de Margency ».

22 Lefeuve (C.), op. cit. p. p. 376.

23 En réalité, les premières négociations datent de 1698. Un premier acte est signé le 20 juillet 1698 et un second le 14 avril 1699.

24 La véritable orthographe de son nom est de la Marck.

25 En 1698, un ouvrage paru sous la plume de Michel Touraine le mentionne comme curé de Margency. Il se peut que ce prêtre ait commencé son ministère en tant que chapelain de la Comtesse.

26 Cf. « Michel Touraine, curé de Margency et pourfendeur du calendrier grégorien ».

27 Il convient toutefois de signaler qu’une partie de la propriété qui abrite actuellement le lycée-collège de Bury est située sur le territoire d’Eaubonne. Mais le bâtiment principal et l’étang relèvent de Margency.

28 Les registres municipaux ayant disparu pour la période de 1789 à 1830 et de 1846 à 1870, la reconstitution de l’histoire de cette période est tributaire des documents venant de sources diverses, pas forcément complètes.

29 Dupâquier (J.), (sous la dir.), Paroisses et Communes de France, Dictionnaire d’histoire administrative et démographique, Région Parisienne, éd. CNRS, Paris, 1974, p. 551.

30 Dr. Perrochet, Essai sur la thérapeutique des eaux minérales d’Enghien et sur la topographie physico-médicale de la vallée de Montmorency, par le docteur Perrochet, de Montmorency, Paris, Malteste, 1839, p. 99.

31 Dr. Perrochet, op. cit., p. 97.

32 Antoine Josephine Gilberte de Damas, fille du vicomte Claude Charles et de Marie Antoinette Macrine de Montcalm-Gozon, épouse de Louis Auguste Marie César de Sainte-Maure, comte de Montausier (1774-1834), pair de France. Mariée en septembre 1797, la comtesse de Montausier était Dame de la Dauphine. Elle mourut à Beaucaire le 19 septembre 1839 (cf. Albert Révérend, Titres, anoblissements et pairies sous la Restauration, tome VI, p. 201)

33 Dr. Perrochet, op. cit., p. 98.

34 Comme pour l’Académie Française, le conseil d’administration de la Banque de France était réparti en sièges numérotés, dont chacun faisait l’objet d’une élection spécifique.

35 Louis Joachim Tullius Visconti est né à Rome le 11 février 1791 et meurt à Paris le 23 décembre 1853. Cf. « Les architectes de la vallée de Montmorency »

36 Louis-Sulpice Varé est un architecte-paysagiste, né le 15 mai 1803 à Saint-Martin-du-Tertre, dont il deviendra maire de 1844 à 1870 et de 1878 à 1881, et où il mourra le 16 mai 1883. Cf. « Les architectes de la Vallée de Montmorency ».

37 Dr. Perrochet, op. cit., p. x

38 Séché (L.), Études d’histoire romantique, vol. 1, Société du Mercure de France, Paris, 1907, p. 132.

39 Il redeviendra Maugarny à la fin du XIXe (à une date à ce jour indéterminée).

40 Lefeuve (C.), op. cit., p. 372

41 Bonaparte est premier consul depuis le coup d’Etat du 18 Brumaire an VIII (9 novembre 1799) jusqu’au 28 floréal an XIII (18 mai 1804)

42 Lefeuve (C.), op. cit., p. 372

43 Ibid.

44 Cf. « La famille Le Roux à Maugarny : 120 ans de présence à Margency ».

45 En réalité, il s’agit de Louis-Sulpice Varé, cf. ci-dessus.

46 Dr. Perrochet, op. cit., p. 99.

47 Leroux, en un seul mot : une sorte de pseudonyme.

48 Le Corps législatif est le nom donné à l’Assemblée Nationale pendant le Second Empire.

49 Lefeuve confond avec son frère, Alfred Le Roux, qui est effectivement député du Corps législatif.

50 Lefeuve (C.), op.cit., p. 371.

51 Cf. Sœur Mary Camille Bowe, François Rio : sa place dans le renouveau catholique en Europe (1797-1874), Paris, Boivin, 1939, p. 42.

52 Nicolon (A.), avec la collaboration de Collineau (C.) et de Deü (B.), Histoire de Margency, 650 ans d’histoire locale, 200 ans d’histoire communale, éd. Valhermeil, 2003, p. 34.

53 Monneau (A.), Briqueteries et tuileries en vallée de Montmorency, in STEMMA, t. 23, fasc. 4, cahier n° 92, 4e trim. 2001, p. 2089.

54 Lesur (A.), Tardy, Margency, in Les poteries et faïences françaises, vol. 1, 2e éd., 1969, p. 709.

Baduel (D.), Briqueteries et tuileries disparues du Val d’Oise, St-Martin-du-Tertre, S.I., 2002, 302 p. L’auteur cite cependant les références : Archives départementales du Val d’Oise, Margency, Tuileries, série 9 M : les recensements, cote 9 M 674.

Cf. « Les carrières à plâtre, briquetiers et tuiliers en vallée de Montmorency - Margency ».