Au service de Napoléon 1er : la famille de Luçay, châtelaine de Saint-Gratien


La famille Legendre de Luçay a illustré Saint-Gratien de 1805 à 1837. Bien qu’ils soient moins connus et moins titrés que le maréchal de Catinat ou la princesse Mathilde, le comte de Luçay, préfet du palais de l’Empereur Napoléon 1er, Mme de Luçay, dame d’atours des impératrices Joséphine et Marie-Louise, ainsi que le comte Philippe de Ségur, leur gendre, sont des personnages gratien- nois qui gagnent à être (re)découverts.

Jean de Luçay, châtelain de Valençay et maître de forges

Jean Baptiste Charles Le Gendre de Villemorien, futur comte de Luçay, naît en 1754 d'une famille noble originaire du Lyonnais, mais établie dans la capitale depuis la fin du XVIIe siècle. Son grand-père était gentilhomme de la chambre de Louis XV. Son père, Philippe-Charles Le Gendre de Villemorien (1717-1789), qui a épousé le 10 février 1752 Marie-Antoinette Bouret, est d'abord conseiller au Parlement de Paris, puis administrateur général des Postes et enfin fermier général, c’est-à-dire grand percepteur d’impôts pour le compte du roi. Cette charge éminemment lucrative permet à ce dernier d’acheter, en 1765, la terre de Valençay dans le Cher. Il s’agit d’un immense domaine de 20 000 hectares, dont 7 500 en bois et près de 5000 en terres labourables. Le château est magnifique.

M. de Villemorien acquiert en outre la terre de Luçay-le-Masle, dont il fait prendre le nom à son fils, lequel achète de son côté en 1787 le comté de Veuil- Argenson. À la mort de son père en avril 1789, Jean reprend la charge de fermier général et passe davantage son temps dans sa terre qu'à Paris. Tout en demeurant à Valençay, il dirige les forges de Luçay, au point, dit son voisin et ami le comte de Cheverny, qu’« on ne le connaît plus que sous le titre d'entrepreneur de forges ». Il accroît en peu de temps l'importance des usines qui existent déjà sur ses terres et en crée de nouvelles, notamment une fonderie de canons et des filatures de coton, nouvelle industrie importée d’Angleterre. Cinq cents ouvriers y trouvent du travail et leurs produits obtiennent d'honorables distinctions aux expositions de l'an VI et de l'an IX. Il épouse le 24 avril 1786, dans la chapelle de l'Hôtel des Menus Plaisirs du roi à Paris, Jeanne Charlotte Papillon d'Auteroche, qui lui donnera deux enfants : Antoinette Charlotte Lucie (1787-1813) et Napoléon Joseph Charles (1805-1875), filleul de Napoléon, qui deviendra préfet.

Sauvé de la guillotine par son épouse

Pendant la Révolution, il ne fait pas bon avoir été fermier général sous l’Ancien Régime. Lors de la Terreur, le Comité de Salut public veut avoir la tête de tous les fermiers généraux. L'ordre arrive d'incarcérer M. de Luçay à Châtillon. On l'y conduit. Il trouve le moyen de s'enfuir, et passe trois jours dans sa forêt de Garsendant, à la belle étoile.

Que font la municipalité et le comité de surveillance ? Ils font saisir madame de Luçay et l'incarcèrent au lieu de son mari : si dans trois jours il ne se présente pas, elle est condamnée à mort ! M. de Luçay l'apprend par un de ses gardes, chez qui, mourant de faim, il va prendre un morceau de pain. Il se rend en toute hâte à la prison de Châtillon pour prendre la place de sa femme.

Libérée, Mme de Luçay va trouver Ferry, député dans les départements, inspecteur des forges, et obtient qu'il défende la vie de son mari. Mais celui-ci, pendant qu’on le conduit au tribunal, s'échappe à Selles-en-Berry. Sa femme, qui revient de Paris, est sûre que s'il se présente, il sera absout comme entrepreneur utile à la République. De Luçay se trouve à nouveau détenu dans la prison de Châtillon. L'ordre ne va tarder de son transfert à Paris, il n'y a pas de temps à perdre ! La suite des événements est épique :

« Sa femme lui ayant préparé les moyens de fuir, de Luçay trompe son gardien, il s'échappe, et descend rapide- ment du donjon fort élevé où il est détenu. Mais la trahison d'un valet l'arrête, et, remontant plus rapidement encore, il se réinstalle dans sa prison avant que le geôlier se soit aperçu de sa tentative. Cette présence d'esprit lui permet de la renouveler plus à propos. Alors, réussissant, il traverse l'Indre à la nage. Il laisse flotter sur cette rivière une partie de ses vêtements et persuade ainsi qu'il y a péri. Puis, gagnant les forêts de ses domaines, il y erre sans nourriture deux jours et deux nuits entières. Vaincu enfin par le besoin, il se traîne et tombe mourant chez un de ses gardes. C'est là qu'apprenant l'arrestation de madame de Lucay comme complice de son évasion, il ne reprend de forces que pour revenir à Châtillon, et racheter la tête de sa femme au prix de la sienne. Ce touchant et double dévouement, loin d'attendrir les terroristes, irrite leur brutalité, lorsqu'une seconde fois, dans les sociétés populaires rurales et dans le directoire même de l'Indre, mille voix surgissent : « Nous réclamons, disent-elles, ce génie inventeur dont l'intelligente industrie et la bienfaisance éclairée ont soulagé l'indigence, ont fait disparaître la mendicité, et qui, par l'utile et généreux emploi de sa fortune, est devenu cher à tout le département ». Le Comité de Salut public cède à ces démonstrations de l'opinion et de Luçay est relâché. Ses biens finissent par lui être rendus, sur les témoignages les plus honorables des administrateurs de son département » (Biographie Michaud).

Une honorable carrière sous le Consulat et l’Empire

L'ordre se rétablissant en France, de Luçay est nommé administrateur de l’Indre. Sur la recommandation de Lebrun, il est nommé par Bonaparte, lors de la réorganisation des départements, préfet du Cher le 3 mars 1800. De cette expérience, de Luçay publiera en 1802, une Description du département du Cher, seul ouvrage que l’on ait de lui.

Il quitte son poste préfectoral, avec un succès mitigé, le 2 novembre 1801, pour devenir (en compagnie de M. de Rémusat, qui a passé sa jeunesse à Saint-Gratien), un des quatre préfets du palais consulaire, charge qui vient d’être créée à la Malmaison pour superviser un certain nombre d’établissements administratifs. C’est à ce titre, notamment, que de Luçay reçoit l’attribution de surintendant de l’Opéra. Il devient plus tard premier préfet du palais impérial. Il reçoit la Légion d'honneur dès l'établissement de cet ordre. Un décret du 3 décembre 1809 et des lettres patentes du 14 février suivant font de lui un comte héréditaire. Parallèlement à ses charges de cour, de Luçay préside le collège électoral du Cher d’octobre 1804 à mai 1810, avant de siéger à celui de Seine-et-Oise de 1810 à 1816.

Le châtelain de Saint-Gratien

Le 28 mars 1815, il reprend ses fonctions de premier préfet du palais. Il les exercera pendant les Cent-Jours. Après 1815, M. et Mme de Luçay rentrent dans la vie privée et se retirent à Paris et Saint-Gratien.

M. de Luçay habite habituellement le vieil hôtel familial au 49, rue du Faubourg Saint- Honoré à Paris, tout en restant propriétaire de ses terres de Valençay. Mais ses charges pari- siennes l’accaparent et il a des ennuis d’argent. Il cherche à se défaire de Valençay. Les circonstances de la vente ne sont pas banales :

« Un jour, le Premier consul dit à Talleyrand, ministre des Relations extérieures : « Je veux que vous achetiez une belle terre, que vous y receviez brillamment le corps diplomatique et les étrangers marquants, qu'on ait envie d'aller chez vous, et que d'y être prié soit une récompense pour les ambassadeurs des souverains dont je serai content ».

M. de Luçay, présent à cette conversation, propose au ministre son château et sa terre de Valençay, qui étaient devenus des charges trop lourdes pour lui. La somme qu'il demandait dépassait les disponibilités de Talleyrand. Ainsi, l'affaire risquait de ne pas aboutir.

Mais le Premier consul, qui désirait à la fois être utile à M. de Luçay et agréable à son ministre, fit don à celui-ci de la différence. C’est ainsi que l'acte de vente est signé à Paris, le 17 floréal an XI (7 mai 1803), chez les notaires Raguideau de La Fosse et Chodron, moyennant la somme énorme de 1 600 000 francs » (Marc Allégret, Revue du Souvenir napoléonien, avril-mai 2003).

M. de Talleyrand, que nous retrouverons plus tard à Andilly, au château de Belmont, donnera cette propriété à son neveu Napoléon-Louis de Talleyrand-Périgord, époux de la belle Dorothée, duchesse de Dino.

M. de Luçay cherche alors une « campagne » plus proche de Paris. Le décès de l’amiral Bruix, ancien ministre de la Marine, le 18 mars 1805, laisse libres le magnifique parc et le château naguère construit par le maréchal de Catinat à Saint-Gratien. M. de Luçay acquiert la propriété et s’y installe avec sa famille. Cette vieille demeure ne lui suffit pas. Il fait édifier par l’architecte Fortin un nouveau bâtiment, que l’on appellera le Château neuf ou du Belvédère et qui sera plus tard habité par Custine et la princesse Mathilde (16, avenue Gabriel-Péri aujourd’hui). L’inauguration donne lieu à une réception grandiose. La construction de cet édifice porte l’empreinte de l’Empereur :

« Napoléon 1er en eut la première idée. Étant venu un jour visiter M. de Luçay, propriétaire des terrains actuels et qui habitait la maison du maréchal, il précisa lui-même la situation que devait avoir le nouvel édifice. Sa pensée est donc inévitablement liée à ce domaine qu'il a foulé de son pas rapide, et dont son coup d'œil d'aigle avait saisi et coordonné tout l'ensemble » (Marc de Montifaud, Revue du XIXème siècle, 1866).

Le chroniqueur Charles Lefeuve y va lui aussi de son couplet lyrique :

« Le comte de Luçay était propriétaire de presque toute l'ancienne terre seigneuriale de Saint-Gratien, lorsque la chrysalide du Consulat à vie sortait de sa coque trop étroite avec les ailes de l'Empire. En qualité de préfet du palais, M. de Luçay était tenu parfois au courant des plus petits désirs de l'impératrice Joséphine et de sa fille, qui était la reine de la Vallée avant d'être la reine de Hollande. Il y avait, en ce temps-là, dans un salon du palais de Saint-Leu, des glaces tellement bien disposées qu'elles réfléchissaient toute la campagne à trois lieues à la ronde. La reine Hortense en profitait pour passer constamment en revue tous ses voisins. Sa Majesté tournait souvent les yeux du côté qu'avait habité le héros de Staffarde et de la Marsaille. Elle y voyait l'eau bleue du lac, glace que répétait merveilleusement une autre glace. Mais il n'y avait pas encore de blanches maisons tranchant sur la masse verte des arbres du parc et du bois Jacques. Le château de Catinat disparaissait au fond de Saint-Gratien, sans qu'on le vit des hauteurs de Saint-Leu, dans le cristal de ce polyorama. Il manquait quelque chose, selon la reine Hortense, sur ce point-là du paysage, et surtout dans la partie haute de l'admirable parc de Saint-Gratien. Que pouvait être ce quelque chose ? M. de Luçay y fit mettre un palais. Une pensée de la reine Hortense avait pour ainsi dire posé la première pierre de l'édifice ; une auguste visite, celle de l'empereur, couronna l'œuvre. (...) Après une longue promenade dans les allées séculaires du grand parc, et autour de ce lac appartenant encore, comme la source Cotte, la source de la Pêcherie et presque tout le territoire de l'établissement thermal, à M. le comte de Luçay, une fête eut lieu dans les appartements. Il n'en fallait pas davantage pour que les sénateurs, les généraux, etc., vinssent demander tour à tour quelques heures d'hospitalité au nouveau seigneur. Celui qui y revenait le plus souvent, comme ami de la maison, était le maréchal Exelmans » (Charles Lefeuve, Le Tour de la Vallée, 1866).

Après restauration, l’ancien Château neuf ou du Belvédère construit par M. de Luçay a été loti en appartements à la fin du XXème siècle.

Deux ans après son installation dans la commune, M. de Luçay devient maire de Saint- Gratien en 1808, jusqu’en 1815. En 1817, tout en restant au château Catinat, il vend le Château neuf. Il meurt à Paris le Ier novembre 1836 et est enterré au cimetière de Montmartre.

Madame de Luçay, dame d’atours

La comtesse Jeanne Charlotte de Luçay, un an après la nomination de son mari comme préfet du Palais, reçoit en frimaire an XI (début décembre 1802), une lettre signée Duroc :

« Madame, le Premier consul vous a nommée pour faire auprès de Mme Bonaparte les honneurs du Palais. La connaissance personnelle qu'il a de votre caractère et de vos principes lui donnent l'assurance que vous vous en acquitterez avec la politesse qui distingue les dames françaises et la dignité qui convient au Gouvernement ».

Elle côtoiera à ce poste Mme de Rémusat, autre dame du Palais, née Claire Gravier de Vergennes, qui s’est mariée en 1796 à Saint- Gratien, où elle a passé son enfance.

En tant que dame du palais, elle assiste, comme son mari, au sacre de Napoléon, le 2 décembre 1804. Pendant la cérémonie, elle porte une offrande, « le pain d'argent ». En 1807, elle est nommée dame d'honneur pour recevoir la princesse Catherine de Wurtemberg, lors de son mariage avec Jérôme Bonaparte, roi de Westphalie (22-23 août 1807), futurs parents de la princesse Mathilde.

L'Empereur, content de ses services auprès de Joséphine, l'attache à Marie-Louise, la nouvelle impératrice, comme dame d'atours, au traitement de 30 000 francs par an. Mme de Luçay fait partie de la délégation qui se rend à la frontière austro-bavaroise pour recevoir Marie- Louise et l'accompagner jusqu'à Compiègne. Elle assiste aux mariages civil et religieux, après les souverains et les personnalités de tout premier plan. La générale Durand, dans ses Mémoires sur Napoléon et Marie-Louise (Calmann Lévy, 1886) écrit : « Mme de Luçay est douce, bien élevée, d'une conduite parfaite, incapable de nuire, même à son ennemi (si elle pouvait en avoir un), n'ayant de force et de courage que pour défendre les absents et nullement pour se défendre elle-même ; possédant le terme et tout l'usage nécessaire pour vivre à la cour, où elle était depuis bien des années ».

La dame d'atours doit veiller à ce que les fournitures nécessaires pour les atours de l'Impératrice soient faites d'une manière convenable et en proportion des besoins. Elle arrête les prix des choses commandées et ordonne le paiement aux fournisseurs (vêtements, objets et bijoux). Elle assure aussi le service des fleurs et s'occupe, avec intelligence, des libéralités et aumônes de l'Impératrice.

Philippe de Ségur, général d’Empire

Sous l'Empire, l'hôtel Mme de Luçay, rue d'Angoulême-Saint-Honoré, devenue rue de La Boétie à Paris, est réputé pour son élégance.

Le 25 septembre 1806, Antoinette Charlotte Lucie (1787-1813), fille du comte de Luçay, également dame du palais, épouse à Paris Philippe de Ségur et l’après-midi, toute la noce part pour Saint-Gratien.

« Mademoiselle de Luçay s’est mariée ce matin. Après la cérémonie, on est parti pour Saint-Gratien. M. de Luçay m’a dit qu’il espérait que ce lieu porterait bonheur à sa fille, étant accoutumé à voir consacrer d’heureux mariages » (Lettres de Madame de Rémusat).

Né à Paris, le 4 novembre 1780, Philippe Paul de Ségur est fils de Louis Philippe, comte de Ségur (1753-1830), et petit-fils de Philippe Henri, marquis de Ségur, maréchal de France et secrétaire d’État à la guerre de Louis XVI. Son neveu Eugène épousera Sophie Rostopchine (1797-1874), plus connue sous le nom de comtesse de Ségur. Les troubles de la Révolution décident ses parents à l'envoyer en Angleterre, où il reste jusqu'en 1795. Philippe passe les premières années de son adolescence à Châtenay, près de Sceaux. En février 1800, il s’en- gage comme simple hussard dans le corps des volontaires de Bonaparte : « J'avais dix-neuf ans. Et il se trouvait que je n'étais propre à rien, pas même à être commis dans un bureau, en raison de ma mauvaise écriture. C'était là pourtant ma seule ressource ». Le vieux maréchal, son grand-père, lui dit à cette occasion : « Tu vas servir un parti qui n'est pas le mien. Mais sers ton pays, et une fois sous son drapeau, ne l'abandonne jamais ». Grâce à son nom aristocratique, il bénéficie d’un avancement rapide. Il est attaché à l’état-major du Premier Consul dès 1802.

Philippe de Ségur repart presque aussitôt pour l’armée. Il est chef d’escadron major en 1807, colonel en 1809, général de brigade et aide de camp de l’Empereur en 1812, qu’il accompagne en Russie. À la fin des Cent Jours, en 1815, il est chef d'état-major du corps d'armée chargé de la défense de la rive gauche de la Seine. Après la chute de Napoléon, il se retire à Saint-Gratien avec son beau-père et ses enfants. Sa femme est morte en 1813. Il est inconsolable, mais il reprend goût à la vie en se consacrant à l’écriture.

« Dès que les environs de Paris redevinrent libres, je me retirai avec vous, mes enfants, à Saint-Gratien, dans la vallée de Montmorency, chez le comte de Luçay, mon beau-père. C’est là que, hiver comme été, pendant sept ans, rendu aux lettres et vivant surtout dans le passé, j’écrivis l’Histoire de Napoléon et de la Grande Armée en 1812 » (Philippe de Ségur, Mémoires d’un aide de camp de Napoléon, 1895)

Encouragé par le succès de cet ouvrage, publié en 1824, Philippe de Ségur fait paraître en 1829, l'Histoire de Russie et de Pierre le Grand. Il est élu le 25 mars 1830 à l’Académie fran- çaise. Il y siège en compagnie de son père quelques mois avant la mort de ce dernier (premier cas, dans l’histoire de cette institution, où le père et le fils siègent ensemble). Il est appelé à la Chambre des pairs le 19 novembre 1831 et se prononce contre l’hérédité de cette fonction. Rappelé à l'activité par le gouvernement de Louis-Philippe, Ségur est promu, le 27 février 1831, au grade de lieutenant général. Il meurt le 25 février 1873.

Hervé Collet, août 2010
 
 

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