HISTOIRE GÉNÉRALE D’ANDILLY


Le village d’Andilly, à l’origine, comprend l’actuelle commune de Margency et s’étend sur 342 hectares. Cette situation durera jusqu’à la Révolution, mais dès 1699, la paroisse de Margency (72 ha)1 franchit une première étape en obtenant une église et un curé autonomes. L’historique ci-après concernera principalement le territoire de l’actuelle commune d’Andilly, qui couvre 270 hectares, sauf à retracer les interactions entre ces deux villages, qui ont beaucoup de points communs.


Un village implanté sur les coteaux

Le bourg d’Andilly est concentré dès l’origine sur les coteaux de la butte témoin de Montmorency, délaissant la partie la plus élevée (culminant à 170 mètres) et la plus boisée, à savoir les Champeaux (nom dérivé du toponyme Champs-Hauts), lieu-dit partagé avec Montmorency. Cette partie du territoire, éloignée des habitations, constituera un lieu privilégié d’exploitation du limon des plateaux et de la pierre meulière, sous forme de carrières d’argile et de briqueteries.

De par sa position géographique, le village se trouve à l’écart des grands axes routiers, concentrés dans la vallée. Mais il est cependant desservi par un chemin qui serpente le long des coteaux, depuis Montmorency jusqu’à Méry-sur-Oise, en passant par Saint-Prix et Frépillon, et qu’empruntent au cours des siècles les commerçants qui souhaitent éviter les barrières de « péage », établies par les grands seigneurs féodaux sur les voies de grande communication. C’est le cas notamment des poissonniers (chemin dit « de la marée »). Ce chemin sera plus tard apprécié des promeneurs : c’est celui que pratiquera Jean-Jacques Rousseau quand il se rendra à Eaubonne, pour aller rejoindre son amie, Sophie d’Houdetot, en mai-juin 1757. Il sera emprunté le siècle suivant par les cavalcades à dos d’ânes des Parisiens débarquant le dimanche sur la grande place de Montmorency par le Refoulons sur les traces du philosophe genevois qui a honoré notre Vallée de sa présence.

L’exposition au midi du village, sur des coteaux ensoleillés, le prédispose à la culture de la vigne. Sa pente raide (de 170 à 50 mètres d’altitude) entraîne un ruissellement naturel, qui ne donne pas lieu, paradoxalement, à un cours d’eau important. Tout au plus, peut-on signaler un petit ru, maintenant canalisé, qui sort près du château dit des Sources et qui ressort pour alimenter l’actuelle pièce d’eau des Huit-Arpents, à la limite de Soisy. Quelques sources alimentent, avec un débit irrégulier, des fontaines, des abreuvoirs et des lavoirs.

« Plusieurs sources qui viennent des Champeaux où elles forment près de la maison de Belair une mare considérable qui ne tarit jamais, fournissent à Andilly une eau qui dissout le savon et cuit bien les légumes. Celle de la fontaine contient un peu de matières salines ; l’eau de la source de Soisy, étant la plus pure et la plus abondante, mérite de lui être préférée »2.


Pendant des siècles, Andilly restera un village de dimension modeste, à vocation rurale, dont il garde encore aujourd’hui beaucoup de caractéristiques. Son plus bel éloge est certainement celui, formulé en vers, par l’auteur de la Lettre à Jennie en 1818 :

« C'est un petit hameau qu'embellit la nature ;

Des plaines, des coteaux, des bois délicieux ;

Des eaux, des prés couverts d'une aimable verdure,

Y charment à la fois et le coeur et les yeux »3.

Andilly compte aujourd’hui près de 2 300 habitants, ce qui en fait la commune la moins peuplée de la Vallée de Montmorency.


Étude toponymique

Comme dans le cas de Montmorency4, le rapprochement de toponymes comme Margency et Andilly renvoie d’une manière significative à un anthroponyme5 francique : Marig-entius (Margency) et Andelig (Andilly, lequel a pu se latiniser en Andelius).

Sans parvenir à une certitude, nous pensons que Maurentius (Montmorency) est, comme ses voisins, d’origine franque.

Nous pensons donc que la création du domaine de Montmorency, mais aussi de Margency et d’Andilly qui s’est faite aux dépens de la zone forestière, date de cette époque (IVe ou Ve siècle) et est antérieure à la conquête de la Gaule par Clovis6.

Michel Roblin estime pour sa part qu’Andilly, l’Andeli du XIIe siècle, est un nom voisin d’Andillé, Andilhac, Andely, qui sont eux-mêmes à rapprocher de noms comme Andigny, Andigné. Le radical and- est considéré comme celtique (Andecavus, Anjou). Il le classe cependant dans les étymologies douteuses7.

Certains archéologues pensent que, compte-tenu de la topographie du lieu, ainsi que de la toponymie de trois noms de villages avec finale -y (iacus), cette zone pourrait recéler un site antique gallo-romain, mais aucune découverte archéologique n’est venue pour l’instant confirmer cette présomption. Il faut cependant reconnaître que le site en rebord du plateau, à la pelouse des Châtaigniers, au lieu-dit Bel-Air, près de l’ancien rendez-vous de chasse du prince de Condé (et lieu de rencontre des veneurs de Chantilly au XIXe siècle) est un site de prédominance (plus élevé que celui de Montmorency), avec un profil en hémicycle et une vue magnifique sur toute la vallée de Montmorency et sur la capitale des Parisii.


Les temps terribles : XIVe-XVIIe siècles

Pendant la guerre de Cent ans (1337-1453), la vallée de Montmorency est régulièrement dévastée par les troupes qui se combattent. Quelle que soit leur origine, les soldats en campagne pillent et tuent sur leur passage. Au début du XVe siècle, il faut compter avec les affrontements entre Armagnacs et Bourguignons. Pendant près de trente ans, toute vie disparaît de la région. La disette succède aux pillages et aux épidémies. La grande Peste noire a décimé une bonne partie de la population entre 1347 et 1351 et l’épidémie de peste bubonique revient régulièrement, même si elle frappe moins fort. Des lettres patentes de Charles VII, en mai 1450, autorisent le seigneur Fromont à modérer ou supprimer les servitudes à Andilly, afin d’y rappeler des habitants que les désordres de la guerre en ont fait sortir. Mais en 1470, Andilly ne compte encore que 10 habitants.

Le calme revient un peu dans la première partie du XVIe siècle, mais les guerres de religion (1562-1598) sèment à nouveau l’insécurité. Les années 1626 à 1632 voient encore de grandes épidémies de peste. Puis au XVIIe siècle, la région est à nouveau frappée par la guerre civile : la Fronde (1648–1653) amène des mouvements de troupes aux abords de Paris. 1652 est une année terrible pour la Vallée de Montmorency et toute l’Ile-de-France. Le 1er juin, les troupes royales commandées par Turenne installent leur camp à Deuil. À partir de là, la soldatesque multiplie les exactions pour se ravitailler ou, pire encore, pour se divertir. L’avoine et le sainfoin sont fauchés à Andilly, comme dans la plupart des autres villages. Les habitants s’enfuient vers la forêt. Les terres abandonnées ne sont plus labourées, les vendanges ne sont guère abondantes. Angélique Arnauld écrit à la reine de Pologne :

« Tous les villages d'alentour (de Paris) sont absolument déserts, et ce qui reste d'habitants sont retirés dans les bois, les autres étant morts de faim ou ayant été assommés par les soldats. Les abbayes ont été presque toutes pillées, et, ce qui est le plus horrible, les religieuses qui n'ont pu se sauver ont été indignement traitées... La maison de mon frère d'Andilly a été non seulement pillée des Lorrains, mais presque démolie, les arbres arrachés et tous les pauvres paysans estropiés »8.

Quand ce n’est pas la guerre, ce sont les conditions climatiques qui peuvent réduire à néant les récoltes. 1694, par exemple, est une année de grande misère, avec des pluies continuelles de printemps et d’été. Les céréales pourrissent en terre, les prix deviennent élevés, provoquant la famine. Les années qui précèdent la Révolution amènent aussi la disette : le « Grand hiver » de 1788-1789 entraîne une diminution dramatique de la production de céréales : le peuple manque de pain, ce qui ne sera pas sans influence sur les émeutes révolutionnaires.


LES SEIGNEURIES ET LES FIEFS


Extrait de la "Carte des chasses du Roi" (vers 1760)


Un premier seigneur au XIIe siècle ?

Brigitte Bedos9 nous donne l’indication suivate :

« C’est au détriment de l’abbaye bénédictine de Saint-Denis, de ses puissants vassaux les seigneurs de Villiers, que les Montmorency s’implantèrent dans la région. À partir de 1150, ceux qui se déclaraient en 112510 hommes-liges de Mathieu le Bel figurent comme témoins dans les chartes de Bouchard V et Mathieu II de Montmorency : Baudouin d’Andilly11, Raoul de Migafin12 (Margency) […]. Dans l’aveu rendu au roi par Charles de Montmorency en 136813, Andilly, Migafin, Ezanville, Piscop sont comptées au nombre des localités de la châtellenie de Montmorency ».

Mais ce Baudouin d’Andilly, cité en premier en 1146 dans l’aveu et dénombrement de Mathieu le Bel à l’abbaye de Saint-Denis, est vassal de Mathieu le Bel pour un fief à Garges, seigneurie qu’il partage avec Alult, Réoric d’Ézanville, Raoul de Gonesse. Est-il bien seigneur de notre Andilly, comme après Réric, et peut-être un autre Baudouin, cités dans la deuxième moitié du XIIe siècle et Raoul d’Andilly cité au XIIIe siècle ?


Les possessions à Andilly des abbayes environnantes


Notre-Dame du Val

L’abbaye cistercienne de Notre-Dame du Val, située sur le territoire de Mériel, possède principalement des vignes à Andilly. Dès 1193, elle reçoit des vignes14, dont l’amortissement d’un demi arpent, appelée « la vigne de Domont »15, en 1241, pourrait correspondre à cette donation de 1193. En 1244, une donation de quelques vignes est mentionnée, dont Henri, clerc, est peut-être le donateur. Thibaud de Bruyères, chevalier, confirme le don16. En 1250, Robert d’Andely et sa femme, avec la ratification de leur fils, donnent au Val tout ce qu’ils possèdent en terres, vignes et maison, à Andely (Andilly)17.


Les Grandmontins du Meynel

Bouchard V de Montmorency, en 1169, établit les religieux de Grandmont, dits les Bonshommes (ordre pauvre), en sa forêt de l’Isle-Adam. Ainsi est créé le prieuré du Meynel ou du Coudray à Nerville-la-Forêt. Ce prieuré constitue l’une des nécropoles des Montmorency, avec l’abbaye du Val et le prieuré de Conflans-Sainte-Honorine (dépendant de l’abbaye du Bec-Hellouin dans l’Eure). Ces religieux sont très probablement codécimateurs18, avec le curé, de la cure d’Andilly. Un fait l’atteste : lorsque le seigneur Jean-Henry de Lier veut reconstruire l’église Saint-Médard à ses frais, en 1719, il lui faut obtenir le consentement des religieux du Meynel, au diocèse de Beauvais, comme l’indique l’abbé Lebeuf19. Ce fait nous confirme que la donation de la moitié des revenus de la cure d’Andilly a été réalisée par les Montmorency, ou l’un de leurs vassaux, même si nous ne disposons pas de texte direct qui nous le prouve (le collateur20, y compris dans le pouillé du XVIIIe siècle, demeure normalement l’évêque de Paris, qui a dû fournir son consentement, à l’époque de cette donation).


La maladrerie de Sannois et d’Andilly

À Sannois, sur la rive nord de l’ancien Grand chemin de Paris à Pontoise, au-delà du chemin d’Ermont (aujourd’hui rue du Lieutenant Keiser), s’élève la léproserie Saint-Ladre (domus leprosarie de Centum Nucibus). Attestée en 1291, elle accueille les paroissiens malades, ainsi que ceux d’Andilly21. Comme à Saint-Gratien, celle de Sannois a une prisée (un rayon d’action) constituée seulement de deux paroisses : leur point commun est qu’elles sont administrées par les marguilliers de leurs églises, ce qui laisse supposer une origine paroissiale indépendante des structures féodales de cette époque.22


Des bribes de renseignements jusqu’au XVIe siècle

Nous ne possédons - du moins pour le moment - que des informations fragmentaires sur la période médiévale. À titre provisoire, nous reproduisons les rares renseignements que l’abbé Lebeuf nous a transmis :

« Le plus ancien Seigneur que l'on connoisse de ce lieu, est un nommé Baudoin, dont Matthieu Le Bel, Seigneur de Villers-le-Bel, disoit en l'an 1125, dans une de ses chartes : Balduinus de Andeli meus est de feodo quod tenet apud Garges23. Puis Ruric, qui souscrivit en 1148 à une charte de Suger, Abbé de Saint Denis. Rericus de Andilli est dans une autre de l'an 1151, qui regarde Saint Martin des Champs. Le nom de Baudoin a été très-commun parmi ces Seigneurs. Balduinus de Andiliaco est témoin dans un don que fit l'an 1174 Burchard de Montmorency à l'Abbaye de Saint Victor. A l'an 1177 il est nommé Baldoinus d’Andeli et dans une charte de Maurice de Sully, Evêque de Paris, de l'an 1193, concernant la fondation de l'Abbaye d'Herivaux, Balduinus de Andeliaco. La même année, Hugues, Abbé de Saint Denis, donna acte comme ce même Baudouin avoit transigé sur ses droits avec ses vassaux de Garges.

Parmi les manuscrits de M. Dupuy est un catalogue du XIIIe siècle, qui renferme les noms et Seigneuries de ceux de la Châtellenie qui relevoient du Roi, avec ce titre Isti sunt de Castellania Parisiensi tenentes a Domino Rege24. Dans ce nombre est marqué Radulphus de Andeli. Mais environ dans le même tems, un Thibaud de Bruyeres, Chevalier, avoit une Seigneurie à Andilly, puisque ce fut lui qui amortit en 1244 le bien qu'y eurent les Moines du Val »25.

On trouve par ailleurs Philippe de Trye26 pour le fief de Trye en 1367.

Le 3 mars 1362, Jean de Fleury fait aveu d’un manoir à Andilly, four banal, pressoir banal, etc.

En 1426, la terre d’Andilly est adjugée par décret, suite à un contentieux, à Jean Fromont, seigneur de Boissy, clerc du Roy en sa cour des comptes, époux d’Isabeau de Blandecque, fille de Franchequin, sergent d’Armes du roi.

Son fils, Guillaume Fromont, lui succède.

La fille de ce dernier, Jeanne Fromont, apporte la seigneurie d’Andilly en dot à Jean Le Prévost, procureur en la cour des comptes, receveur du bailliage de Senlis, lors de son mariage en 1497. Ils ont deux fils : Claude et Guillaume.


La séparation des deux seigneuries d’Andilly

En temps ordinaire, le droit de la transmission des biens pendant la période féodale et durant l’Ancien Régime s’appuie sur le principe du droit d’aînesse27. Pour éviter le morcellement indéfini des terres nobles, la dévolution des biens immobiliers considérés comme nobles (seigneuries, fiefs, censives) se fait de père en fils, par ordre de naissance, sans division des propriétés. Quand le père dispose d’une certaine fortune et possède plusieurs terres nobles, il peut réaliser des partages entre ses fils à condition de respecter les périmètres existants, quitte à dédommager les puînés par des sommes d’argent ou avantages divers. En l’absence de descendants directs, l’héritage passe à une branche latérale, selon les mêmes règles. Les exceptions doivent être approuvées par le suzerain et être enregistrées par le Parlement.

On ne sait pas dans quelles circonstances Jean Le Prévost décide de diviser la seigneurie en deux, sans doute pour éviter d’avoir à départager ses deux fils, Claude et Guillaume.

a) Andilly-le-Bas

La terre d’Andilly-le-Bas est donnée à Guillaume Le Prevost, greffier des eaux et forêts de France, Champagne et Brie, marié à Marie Chariot, dont Guillaume.

- Guillaume II le Prevost, marié à Antoinette (de ?) Braque, a entre autres enfants, Robert.

- Robert le Prevost, vend Andilly-le-Bas le 15 février 1566 au grand avocat Simon Marion (biographie ci-après), qui le donne à sa fille Catherine Marion, lorsqu’elle épouse, le 1er avril 1585, Antoine Arnauld (biographie ci-après). Ce dernier en devient détenteur à part entière lors de la mort de son beau-père le 15 février 1605. Lors du mariage de son fils Robert Arnauld (biographie ci-après), avec Catherine de la Boderie, en 1613, Antoine luidonne à son fils la terre d’Andilly, sous réserve d’usufruit, tandis qu’Antoine Le Fèvre donne à sa fille la terre de Pomponne, dans les mêmes conditions28.

Quand Antoine meurt en 1619, la seigneurie du Bas revient définitivement à Robert.

b) Andilly le Haut

- Claude Le Prevost hérite de la terre haute.

- On trouve ensuite un Claude II, puis un Claude III29. Un de ces Claude Le Prevost est impliqué dans un acte passé le 4 juillet 1567, devant le notaire Cayard de Paris, où il est présenté comme « seigneur en partie d'Andilly »30.

- Charles Le Prevost, fils de Claude III, meurt à l’armée « sans enfants mâles ». Andilly le Haut passe à ses filles, dont :

- Catherine Le Prevost, qui épouse Charles Danye, sieur de Belmont31

La réunification

Nous sommes dans l’incertitude sur la façon dont les deux parties de la seigneurie d’Andilly sont réunies au XVIIe siècle. Une seule certitude : elles se retrouvent entre les mains de Robert Arnauld, qui peut ainsi s’appeler Arnauld d’Andilly. Mais à quelle date ? Nous avons affaire à deux thèses :

- Un descendant de la famille Robinot, à l’occasion de recherches généalogiques dont il publie les premières conclusions sur son blog personnel sous le titre  « Point sur mes connaissances sur la seigneurie d’Andilly et l’hôtel de Belmont »32 affirme : « Le 17 avril 1660, la seigneurie d’Andilly-le-Bas est saisie sur la succession de Catherine Le Prevost et de Charles Danye. Elle échoit à Robert Arnauld, qui rassemble ainsi Andilly-le-Haut et le-Bas ». Cette affirmation s’appuie sur un acte notarié auquel nous n’avons pas eu accès, mais qui semble détacher le fief de Belmont de cette transaction, ce que nous voulons bien admettre. Cette hypothèse a pour avantage d’expliquer comment Robert Arnauld

- L’abbé Lebeuf, de son côté, au XVIIIe siècle, penche pour une date plus précoce, qu’il situe vers 1627/1637, en s’appuyant sur les arguments suivants :

« Il est certain qu'Antoine Arnauld ne possédoit pas les deux Seigneuries en 1612. Dans l'homologation faite cette année par l'Evêque de Paris, d'un échange entre Margarin Luthon, curé d'Andilly et de Margency, d'un arpent de terre, il y a simplement Antoine Arnauld, avocat en parlement, seigneur du Bas Andilly. Il mourut en 1619. Mais son fils et son successeur, plus connu sous le nom de M. Arnauld d’Andilly, écrit dans ses Mémoires imprimés (p. 14), que Catherine Marion, sa mère, avoit eu Andilly en partage. Ainsi, ce seroit par là que le Haut Andilly auroit été réuni au Bas. La permission qu’il lui fut accordée en 1626 d’avoir une chapelle domestique spécifie en général sa maison d’Andilly (…) Dans l’épitaphe de Catherine Le Fèvre de la Boderie, sa femme, décédée en 1637, il est dit absolument Seigneur d’Andilly, et il n’est pas qualifié autrement à la tête des ouvrages que l’on a de lui »33


La suite des propriétaires de la seigneurie unifiée34

En 1637, Robert Arnauld d’Andilly perd sa femme. Il songe sérieusesement à se retirer du monde et vend, probablement en 1644, la seigneurie d’Andilly pour 50 000 écus à Gilles Aubery35, maître en la chambre des comptes, conseiller au Grand Conseil. Ce dernier est le deuxième mari de Marie Pinon (son mariage date de 1625). Cousine des Arnauld en tant que descendante de Catherine Pinon (femme de Simon Marion), Marie Pinon est qualifiée en 1654 de « dame d’Andilly et de Trye, veuve de Gilles Aubery ».

À la mort de Marie Pinon, la seigneurie passe au fils de Gilles, Robert Aubery, maître des comptes. Celui-ci décède en 1610, laissant deux héritières :

- Le 15 octobre 1710, foi et hommage sont rendus par sa nièce, Marie Angrand, veuve de Philippe de Bauran, seigneur de Catilly, héritière de Robert Aubery, au moyen de la renonciation faite à sa succession par Marie Aubery, femme de Charles, marquis de Roucy, et en cette qualité propriétaire des quatre cinquièmes de la seigneurie d'Andilly et du fief de Trie.

- 17 octobre 1710, Marie-Françoise Aubery, légataire de son frère Robert et veuve de Gilbert Auger de Cavoye36, rend à son tour foi hommage du cinquième qui lui revient.

Le 10 juin 1712, Mesdames de Cavoye et Marie de Catilly, vendent les seigneuries d'Andilly et de Trie au banquier, Jean-Henry de Lier, époux de Françoise-Catherine Henneman. Il est conseiller de finances et référendaire de l'Électeur de Bavière, Max Emmanuel. Ce dernier a été gouverneur des Pays-Bas espagnols (1692-1701 et 1704-1708) et s’exile en France de 1708 à 1715. Jean-Henry de Lier arrive en quelque sorte dans ses bagages et fait des affaires en France, où il se fixe. Il ne se contente pas de faire fortune : il veut prendre racine et jouer au seigneur37. C’est la raison de son acquisition de la terre noble d’Andilly. Il veut un grand domaine et intervient dans ce sens auprès du Prince de Condé. Ce dernier lui accorde en 1724 la réunion des fiefs d’Andilly-le-Bas, d’Andilly-le-Haut, de Trye, de la Sablonnière et de la Banalité-des-Vignes d’Andilly. Cette unification fait partie d’une politique des princes de Condé visant à limiter le nombre de terres nobles dépendant du duché d’Enghien, à condition que leurs titulaires ne se déclarent pas seigneurs de plein exercice, mais simplement seigneurs censiers, disposant de la moyenne et basse justice, mais laissant la haute justice au seul suzerain.

En 1736, le fils de Jean-Henry, Othon Louis Antoine De Lier38, lui succède comme seigneur d'Andilly. Il est né à Wetzlar, ville impériale, le 17 ou 30 novembre 1700, et naturalisé français par Lettres du mois de Juillet 1714. Il est reçu conseiller au Grand-Conseil le 19 Août 1717, grand rapporteur en Chancellerie le 4 Mars 1728, et conseiller de Grand' Chambre du Parlement en 1771, dont il deviendra président (on l’appellera désormais le président de Lier). Il épouse, le 15 juin 1733, Louise- Philippe Lambert, morte le 26 octobre 1754, sans enfants. Ses armes : d'or, au sauvage au naturel, couronné de pampre de Sinople, appuyé sur une massue, & posé sur une terrasse aussi de Sinople ; l’écu chapé & arrondi d'azur, à deux lions affrontés d'or.

Sentant sa fin approcher, le président de Lier fait donation de la seigneurie et terre d’Andilly, le 14 septembre 1776 à sa nièce, Marie-Anne-Françoise-Thérèse de Lier, épouse d’Andilly de Trye, sous réserve d’usufruit.

À la mort d’Othon de Lier, le 8 juillet 1778, Marie de Lier prend possession définitive de la seigneurie d’Andilly, qu’elle conserve jusqu’à son propre décès. Elle rend légataire universelle, le 8 août 1784, Marie-Charlotte de Sauvion, seconde femme de Pierre-Jacques De Brétignères (qu’elle a épousé en avril 1744).

Le fils de ce dernier, Anne-Charles-René de Brétignières de Saint-Germain, conseiller au Parlement de Paris, meurt le 16 novembre 1786, léguant la seigneurie d'Andilly et le fief de Trie à son cousin Jacques-Louis de Brétignières, marquis de Rosay et Villette, lequel les revend, 16 juillet 1787, à Jean-Jacques-Nicolas Thevenin, fermier général, qui a succédé à son père, Nicolas, comme seigneur de Margency en 1780.

Pour une raison inconnue, Thevenin démolit le château d’Andilly-le-Bas en 1788. On ignore ce que devient à ce moment Andilly-le-Haut.


Le fief Belmont après la réunification de 1660 de la seigneurie d’Andilly

Lors de la signature de l’acte de 1660, le château de Belmont, qui semble être l’hôtel seigneurial d’Andilly-le-Haut, est détaché de la seigneurie et constitue (ou redevient ?) un fief à part.

Deux périodes :

1. La famille Le Prévost : 1660-1719/1729

Après l’acte de 1660, les Le Prévost ne disparaissent pas de la vie d’Andilly, pour trois raisons :

- Tout d’abord, la famille Le Prévost garde le fief de Belmont, qui est détaché d’Andilly-le-Haut et par conséquent, de l’ensemble de la seigneurie d’Andilly.

- Ensuite, elle conserve les droits de pressoir qui, étant la propriété de la branche de Claude Le Prevost, n’ont pas été saisis en 1660, ainsi que le droit de se faire inhumer dans la chapelle saint Michel aux armes de la famille, ce dont fait mention Jean Nicolas Le Prevost en 1708 dans son testament.

- Enfin, elle obtient de faire respecter l’ordre de préséance en l’église d’Andilly. Elle gagne le procès intenté contre le seigneur Aubry, visant à garantir le droit, pour elle et ses gens, de recevoir le pain bénit (la communion) juste après le seigneur d’Andilly, mais avant les domestiques de ce dernier.

Le fief de Belmont revient d’abord à Nicolas Le Prevost, auditeur en la Chambre des Comptes, époux de Marie Paniquiny, puis à sa mort, en 1696, ses trois enfants :

- L’aîné, Jean Nicolas Le Prévost, époux de Marguerite Legendre, meurt le 22 avril 1708

- Léonard Le Prévost, secrétaire du roi, trésorier de France à Paris, lui succède, mais meurt aussi sans enfants (en 1729 ?)

- Marie-Madeleine Le Prévost en bénéficie en dernier lieu. Elle a épousé Marc Antoine Robinot (cf. ci-après).


2. La famille Robinot

Elle est présente à Andilly depuis le début du XVIe siècle à deux titres :

A. Elle acquiert dès 1604 une ou des propriétes dans le village

Le premier à acheter une propriété à Andilly est Nicolas Robinot, notaire au Châtelet  de 1588 à 1647. Son étude (LXXXVIII) est située rue vieille du Temple, paroisse Saint-Nicolas-des-champs. En décembre 1644, il devient doyen des notaires et ce, jusqu'en décembre 1647.

Il épouse à une date inconnue Marie Besançon, dont il a  trois enfants connus :

- Anne Robinot, qui épouse Henri  Saulsoy par contrat de mariage du 15 novembre 1620

- Une autre fille, qui épouse Théodore Cartier, notaire au Châtelet (étude XVIII)

- Louis Robinot (cf. ci-après).

En 1604, Nicolas Robinot achète des propriétés à Andilly, que l’on retrouve dans son inventaire après décès en 1648.

Son fils, Louis Robinot, trésorier ordinaire des vivres et camps des armées de France est confirmé comme étant propriétaire à Andilly dans son inventaire après décès de 1668. Un procès verbal d’arpentage situe la propriété Robinot en voisin de Belmont. Dans un des actes de la famille est cité également le Chateau Gaillard. Il est propriétaire d'une maison rue du Grand Chantier actuelle rue des Archives.

Il décède avant 1668, date de l’inventaire après son décès, dans l'étude de son beau-frère, Théodore Cartier.

Il épouse Madeleine Vigneron (décédée vers 1695), qui lui donne cinq enfants :

- Louis Robinot, trésorier des vivres et camps des armées de France,

- Jean-Baptiste Robinot,

- François,  avocat, qui épouse Françoise Piget le 8 septembre 1692, et décède le 18 février 1734

- Marc Antoine Robinot, trésorier de France à Soissons (cf. ci-après)

- Florent Robinot, contrôleur des guerres, décédé un peu avant le 23 juillet 1710

- Madeleine Robinot, qui épouse Louis Le Laboureur, bailli de Montmorency.

B. Elle devient, par alliance, propriétaire du fief Belmont

Marc Antoine Robinot, écuyer, trésorier de France à Soissons, épouse en 1698, Marie Madeleine Le Prévost, fille et héritière de Nicolas le Prevost, sieur de Belmont et de Méry. Il devient de ce fait sieur de Belmont, tout en restant propriétaire des propriétés familiales andilloises, dont le Château-Gaillard.

Il dépose un blason, suite à l'édit de 1696 : d'argent à fasce de gueule chargé de trois étoiles d'or Paris II, 1. Il décède avant 1724.

Il a quatre enfants :

- Nicolas II Robinot, né le 12 août 1679 (cf. ci-après)

- Marc Antoine II, né en octobre 1682, auditeur des comptes

- Marie Jeanne Robinot, épouse de Pierre Juliard,

- Madeleine II Robinot, épouse d’Antoine Henry Tournier du Pouget, seigneur de Pommereuil, tous deux décédés avant 1760 (dont descendance).

Nicolas II Robinot, né et baptisé le 12 août 1679 en l’église Saint-Nicolas-du-Charsonnet, hérite de Belmont et de ses dépendances. Il a quarante ans lorsqu’il succède à Nicolas Thibert (mort en charge) comme secrétaire du roi à la Grande Chancellerie, le 6 avril 1719 : à cette date, il est avocat au Parlement et aux Conseils, et porte le titre d’écuyer.
Il se constitue une importante bibliothèque, essentiellement de droit et d'histoire, qui sera vendue après sa mort en 1736 et fera l'objet d'un catalogue39. Il décède dans sa charge, peu avant juillet 1735, rue Neuve Saint Eustache du côté de la rue Montorgueil (actuelle rue d'Aboukir).

Il épouse, en 1691, Madeleine Midy, fille de Pierre Claude Midy, sieur de Belair, avocat, secrétaire du Roy, et de Marie Claude Le Bœuf. Ils ont un fils, Nicolas III (ci-après).

Nicolas III Robinot, né le 15 octobre 1713 dans la paroisse Saint-Nicolas-des-Champs, reprend la charge de secrétaire du Roy de son père le 2 juillet 1735. Il décède après 1760. Son épouse, Marie Claire Agnès de Kayserstain, lui donne un fils, également prénommé Nicolas.

Nicolas IV Robinot, dernier sieur de Belmont, est celui que l’on retrouvera à la Révolution comme premier maire d’Andilly. Il est donc descendant, par son arrière grand-mère Madeleine Le Prévost, des anciens seigneurs d’Andilly, et à cet égard, il est plus légitime que Jean-Jacques Thévenin, qui n’est propriétaire de la seigneurie que depuis deux ans et qui a démoli Andilly-le-Haut.


Margency et Andilly : des rapports contrastés

Dès l’origine, le village de Margency est rattaché à la paroisse d’Andilly, probablement en raison de son faible nombre d’habitants. Les règles sont très strictes à cet égard pendant l’Ancien Régime : les fidèles ne peuvent pas choisir leur lieu de culte. La paroisse est autant une circonscription civile qu’un lieu de rassemblement cultuel. Les autorités politiques y veillent. Les registres paroissiaux, qui servent de registre d’état-civil, sont tenus par les curés40. C’est ce qui explique les démarches obstinées qu’ont pu mener certains hameaux de la Vallée de Montmorency pour arriver au statut de paroisse. Margency en est du nombre, en s’appuyant sur un atout : le village dispose d’un lieu de culte, à savoir la chapelle seigneuriale, dotée d’un chapelain entretenu par le seigneur du lieu. Voici comment Charles Lefeuve décrit l’action des paroissiens de Margency, épaulés par la « dame de fer » de la seigneurie locale.

« En 169941, c'est la comtesse de la Marque42, Jeanne de Saveuse, qui a la seigneurie. L'église de Margency parvient à cette époque à n'être plus l'annexe de celle d'AndiIly, mais ce n'est pas sans grands débats. Les habitants du hameau exposent au cardinal de Noailles que le curé de la paroisse ne veut plus descendre pour dire la messe, qu'ils sont séparés par un quart de lieue de l'église paroissiale, et que les chemins sont raboteux ; que l'église de Margency a déjà ses fonts baptismaux, et un cimetière, et 500 livres de rente pour une cure. Bucaille, pasteur d'Andilly, s'oppose à cette distraction, en offrant 150 livres par année pour qu'il y ait seulement un vicaire dans l'annexe. Robert Aubry, seigneur du même village, résiste pareillement à l'érection d'une cure en double emploi. Les Grammontins, qui ont voix au chapitre en vertu de leurs droits sur la paroisse, et d'un gros qu'ils payent tous les ans, consentiraient peut-être à ce que la paroisse fût géminée, si la nouvelle cure les déchargeait d'avance du double impôt. La comtesse de la Marque parle à son tour, et elle fait pencher la balance du côté de sa seigneurie, en y mettant 800 livres qu'elle destine à l'établissement d'un presbytère et 300 livres de rente qu'elle ajoute aux autres 500. Son Éminence accorde à la comtesse, sur sa demande, le droit de présentation à la cure, pour elle et pour ses successeurs, mais en se réservant le droit, comme archevêque, d'y pourvoir pour la première fois. De plus la dame obtient que tous les soirs une prière soit dite et le catéchisme fait, dans la nouvelle paroisse. Le curé et les habitants sont chargés, par le décret même qui érige la cure le 13 mai, de faire une procession à l'église matrice le jour de Saint-Médard, et d'y entendre la grand'messe. La cure est grevée, au surplus, d'une redevance annuelle de 30 sols, au profit de celle d'Andilly. Même somme sera payée par la fabrique nouvelle à l'autre fabrique »43.

Margency est donc érigée en paroisse ecclésiastique, mais elle demeure réunie administrativement à la collecte d’Andilly jusqu’à la Révolution, ce qui lui vaudra bien des déboires.

Le problème est rendu compliqué par le fait qu’en 1887, Jean-Jacques Thevenin (1739-1804), qui est déjà propriétaire de la seigneurie de Margency achète également le château d’Andilly-le-bas, qu’il démolit en 1788. Le fait qu’un même personnage soit propriétaire des deux seigneuries n’arrange pas les affaires de Margency quand le village revendique deux années plus tard sa totale indépendance. En effet, les paroissiens de Margency, au moment de la Révolution, s’attendent à bénéficier du décret de l’Assemblée nationale du 11 novembre 1789, reconnaissant formellement à chaque paroisse le droit d’établir chez elle un régime municipal distinct et séparé. Mais une interprétation étroite de ce décret par le district de Gonesse aboutit à ne faire qu’une seule commune d’Andilly et de Margency. C’est ainsi que le 31 janvier 1790, il est procédé à l’élection d’une seule municipalité pour les deux villages.

Les habitants de Margency ne l’entendent pas ainsi et en février 1790, ils décident de se séparer d’Andilly. La bataille est menée par le curé Vastel, qui prend en main le dossier juridique de l’affaire. Celle-ci est portée devant l’Assemblée législative par Monsieur de La Chabaussière, administrateur du conseil départemental de la Seine et Oise. Andilly, de son côté, réagit en portant le conflit devant le district de Gonesse, qui déclare que « la municipalité de Margency doit être anéantie (dissoute) ». En attendant un arbitrage national, les relations entre les habitants des deux communes sont très tendues, ce qui se traduit par des échauffourées et des échanges d’injures. Les paroissiens vont même jusqu’à refuser de se rendre à la procession à Andily, comme c’est la tradition depuis 1699 ! Un essai de regroupement entre les trois paroisses de Montlignon, d’Andilly et de Margency échoue pour cause d’exiguïté et de vétusté de l’église de Margency, lieu le culte le plus central de la fusion envisagée. Les habitants de Margency finissent par avoir gain de cause, avec la signature par Danton, du décret de l’Assemblée nationale en date du 14 août 1792, autorisant la commune à « former sur-le-champ une municipalité ».

En 1809, nouveau rebondissement : les deux paroisses d’Andilly et de Margency sont à nouveau réunies, par décision préfectorale, en vertu des dispositions concordaires. Depuis le 14 décembre 1803, la paroisse de Margency est en effet rattachée à celle d’Eaubonne. Le 21 février 1809, le préfet de Seine-et-Oise informe le maire de Margency que « la réunion de votre Commune à celle d’Andilly est déclarée définitive. Il lui reste cependant encore un moyen d’obtenir l’exercice du culte dans son église sous le titre de Chapelle ou d’Annexe ». La condition posée est de réunir au moins 500 francs par an pour le traitement et le logement dudit chapelain. L’affaire traîne pendant trois ans. En 1812, le sous-préfet de Pontoise va même plus loin : compte tenu du rattachement de la paroisse de Margency à celle d’Andilly, l’église de Margency devient de ce fait inutile et il propose de la vendre ! Le 21 juin, les administrateurs de la fabrique d’Andilly, sollicités de donner leur avis « prient le maire de répondre que, désirant conserver la paix qui a toujours régné (sic) entre les habitants de Margency et leurs voisins d’Andilly, ils désirent que le sous-préfet ordonne lui-même ce qu’il appartiendra ». Cette réponse à la Ponce Pilate a quand même pour effet d’arrêter le projet de vente de l’église de Margency et le curé d’Andilly est autorisé à y célébrer la messe, mais de façon encore occasionnelle, puisque le 15 mai 1831, le conseil municipal de Margency demande à avoir une messe tous les dimanches et jours de fête.


Eglise et vie religieuse sous l’Ancien Régime

Vers 1205. Mention de l’église d’Andilly dans le pouillé parisien : « Ecclesia de Andeliaco - de donatione episcopi - in decanatu de Gonessa ». Elle nous indique que l’église Saint-Médard d’Andilly est de donation épiscopale, qu’elle appartient, à l’époque, au doyenné de Gonesse, au diocèse de Paris et à la province ecclésiastique de Sens44.

1422. Mention de l’église d’Andilly : Jean Fontaine lui lègue une rente de 20 livres.

1448. Les Blancs-Manteaux de Notre-Dame de Montrouge viennent faire une quête à Andilly, en exhibant des reliques, dont une de Saint-Antoine, dite La Mentonnière. Les religieux de Saint-Antoine de Paris portent l’affaire devant le Parlement.

1547. 11 (ou 21 ?) août. L’église d’Andilly, restaurée, est consacrée par Monseigneur Boucher, évêque de Mégare.

1657. Condamnation par le pape du Jansénisme, qui touche de plein fouet Antoine Arnauld d’Andilly, un des théoriciens de cette doctrine et l’ensemble de la famille Arnauld.

1699. Décret érigeant Margency en cure autonome (tout en restant rattachée à Andilly).

1719. 17 août. La première pierre du chœur de l’église Saint-Médard d’Andilly est bénite par Edme Le Roux, curé de la paroisse. La reconstruction du chœur et des deux chapelles latérales est due aux libéralités de Jean-Henry de Lier, seigneur de la commune. Un grand nombre de personnages y seront enterrés. À côté du curé, un chapelain est attaché à demeure auprès de la seigneurie depuis près d’un siècle.


Andilly pendant la Révolution

Les habitants d’Andilly voient d’un bon œil l’abolition des privilèges et participent activement à la rédaction de leur cahier de doléances qui, selon Jean-Marie Vijoux45, est prêt bien avant la date officielle (12 avril 1789). Il sert même de modèle, semble-t-il, à quinze autres communes des alentours (mais l’exemplaire d’Andilly a disparu). La Révolution se passe sans dommages physiques pour les grands propriétaires fonciers et le clergé, qui jouent le jeu du nouvel ordre des choses. Le maître du domaine de Belmont, Nicolas Robinot, devient le premier maire de la commune (1789-1790)46. Le seigneur Jean-Jacques Thevenin donne l’exemple de brûler les papiers féodaux. Le curé Charles Blair de Beauvais célèbre la messe, le 14 juillet 1791, en présence du Conseil municipal, afin d’honorer « l’anniversaire du jour où la liberté a été rendue aux Français ».

La suite devient plus mouvementée. Le vote de la constitution civile du clergé provoque le départ du curé Blair, le 29 octobre 1792, qui « allègue de ses infirmités », sans doute pour ne pas cautionner cette mesure, dénoncée par les autorités ecclésiastiques. Aussi, le 31 octobre 1792, le conseil municipal se rend-il à Deuil pour demander à Antoine Hermory, en religion frère Joseph, prêtre récollet de Saint-François-d’Assise, du couvent de Saint-Denis, vicaire à Deuil, de devenir curé d’Andilly. Ce dernier accepte de prêter le serment exigé par la loi et il est installé le 9 décembre en tant que curé constitutionnel47.

L’entrée en guerre de la France contre les puissances alliées précipite les événements. Tout ce qui peut servir aux armées est réquisitionné. Les objets de culte ne sont pas épargnés. C’est ainsi que le 17 août 1793, la municipalité demande au district de Gonesse que l’argent provenant de la vente des objets et meubles de la ci-devant église soit laissé à la commune pour être employé à la construction d’un lavoir. Le 15 octobre 1793, deux des trois cloches de l’église sont remises au district de Gonesse.

L’année 1794 prend un tour plus anticlérical, ou plutôt, met en valeur un autre registre de convictions philosophico-religieuses, fondées sur le culte de l’Être suprême. Le 20 janvier, la municipalité fait abattre la croix de l’Evangile48, au nord-est du village et la remplace par un frêne. Le 26 janvier, ordre est donné de faire disparaître immédiatement toutes les croix qui sont sur l’église et dans le cimetière. Des ventes de croix et de tableaux religieux sont organisées en février : le 8, la grande croix du cimetière et l’Image de la Vierge ; le 15, les croix de l’église et celles du cimetière ; le 28, le reste des ferrures de l’église. Le 14 avril, l’inscription Temple de la Raison est placée au-dessus de l’église et Maison commune et Comité de surveillance à la porte du presbytère. Le curé constitutionnel Hermory lui-même finit par être effrayé par ces excès et quitte la commune au cours de l’année. L’église d’Andilly ne retrouvera un curé qu’en 1803, l’abbé Charles Henrion, après la signature en 1801 du Concordat par Joseph Bonaparte au nom de son frère Premier Consul Bonaparte et par les délégués du pape Pie VII.

Avec le Directoire et le Consulat, la révolution prend un tour plus modéré. Mais l’effort de guerre continue à peser sur les villageois, qui sont toujours tenus de fournir hommes et matériel pour les troupes, dans un contexte économique très difficile.

C’est l’Empire qui signe d’une manière déterminée la fin des turbulences révolutionnaires. Tout semble se présenter, pendant l’Empire et la Restauration, comme si la Révolution n’a été qu’un moment difficile à supporter et dont il faut simplement réparer les dégâts : l’église est restaurée, les croix sont replacées dans le cimetière, les grands domaines changent simplement de propriétaires et les villageois retournent à leurs champs, comme avant.


L’évolution démographique sous l’Ancien Régime

À l’écart des grands axes, juché en haut de la colline verdoyante de Montmorency, dont jadis la forêt venait jusque sur ses pentes, le village d’Andilly, vivant à l’ombre de la cité ducale de Montmorency, semble jusqu’au XVIIe siècle ignorée de l’histoire, si ce n’est celle directement liée à sa grande voisine.

En 1471, la population andilloise, comprend 10 habitants (à la même date il y en avait 12 à Montlignon, comme à Eaubonne)49. Jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, les chiffres augmentent sensiblement : 97 ou 72 feux selon les sources, soit 388 ou 288 habitants en 1740, ce qui représente une population multipliée par 38,8/28,8 en 269 ans. La population, reste à peu près constante dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle à 108 ou 95 feux, soit 432/380 habitants, en 1788 et connaît une diminution notable à la période révolutionnaire : 350 habitants en 179050, ce qui fait d’Andilly, à cette époque, un des villages les moins peuplés de la Vallée. Les causes en sont principalement une mortalité forte, à cause d’épidémies (par exemple, à Sannois, en 1737, une épidémie de « fièvre vermineuse » provoque soixante morts)51, un taux de natalité encore faible, peu ou pas d’immigration (le village étant à l’écart des grands axes), d’autant que la population accepte difficilement les « horsains », les étrangers.

Au XVIIIe siècle, le coteau coiffé de la forêt de Montmorency devient un lieu d’agrément et de rencontre pour une petite partie de la société parisienne. Les promeneurs peuvent visiter les vergers où se pratiquent de nouvelles méthodes de culture, se retrouver dans les serres pour voir les melons et les ananas produits en pots, célébrer la qualité du lait des nourrices de ce secteur, tant et si bien qu’Andilly, moins sans doute qu’Eaubonne, profite de cet engouement52.


La commune s’équipe

La grande tâche des municipalités successives, pendant le XIXe siècle, est d’équiper le village en service publics, alors que la population est peu nombreuse (habitants en 1800) et que la commune dispose de ressources très modestes. Aussi est-il fait appel à la générosité de riches bienfaiteurs : les propriétaires de grands domaine et les bourgeois parisiens qui sont de plus en plus nombreux à chercher dans les environs de la capitale une « campagne » pour passer la belle saison.

L’église, en premier, bénéficie de multiples dons et souscriptions pour réhabiliter les murs, orner les autels, remplacer les objets de culte et alimenter les œuvres charitables. En cette période d’imbrication entre l’église et l’Etat, peu importe de savoir d’où vient l’aide aux nécessiteux. Il en est de même pour l’enseignement, qui continue à être assuré par la paroisse, comme avant la Révolution. Des dons et des collectes d’argent assurent l’entretien des locaux et la rémunération des enseignants. L’école, contrairement à beaucoup d’autres communes voisines, est mixte jusqu’en 1868, date à laquelle garçons et filles sont répartis dans des lieux séparés. Victor Tillet prend la direction des garçons. Il publie en 1888 une monographie sur L’état des chemins et sentes d’Andilly.

L’entretien de ces chemins n’est pas sans poser des problèmes, mais comme avant la Révolution, la question est résolue par l’équivalent des corvées, mais cette fois-ci sur une base volontaire.

Le cimetière, qui est resté groupé jusque là autour de l’église, est transféré en 1853, en application d’une loi de 1804, qui ordonne de placer les sites funéraires en dehors des bourgs et des centres-villes.

La mairie-école est construite en 1889. Outre la salle de classe, elle abrite un parloir, un télégraphe une bibliothèque, une salle des mariages qui fait office de local de réunion, un bureau administratif pour les services de la mairie et le logement de fonction de l’instituteur. Elle servira de mairie jusqu’en 1998, date à laquelle les services municipaux s’installent au château des Sources.


L’évolution démographique aux XIXe et XXe siècles

Pendant des siècles, les activités agricoles, arboricoles53 (poiriers et cerisiers) et viticoles54, ainsi que l’exploitation artisanale de la pierre meulière et de l’argile à briques et à tuiles, réalisée sur le plateau des Champeaux, rythment la vie des Andillois dans un cadre traditionnel.

En 1801, la population andilloise est de 342 habitants. Les chiffres augmentent sensiblement, avec 633 habitants en 1896, ce qui signifie une population multipliée par près de 1,85 en 95 ans. Pour le XXe siècle, cette croissance demeure toujours faible, contrairement à l’ensemble de la Vallée, avec 828 habitants en 1901. Elle passe à 1519 habitants en 1968, soit une population multipliée par 1,83 en 67 ans55. La population actuelle est de 2013 habitants, soit une augmentation de 32,5 % en l’espace de quarante ans, ce qui reste faible, mais résolument mesuré, par rapport au développement de l’ensemble de la vallée de Montmorency.


La vie agricole au XIXe et XXe siècle

La proximité de la capitale, en plein essor démographique, et la concurrence des vins en provenance des grandes régions viticoles de France entraîne une régression de la vigne, au profit des cultures maraîchères et arboricoles. On comptera encore, après la Libération, de nombreux hectares de vergers. Les poires, comme les cerises dites de Montmorency sont les spécialités du pays. Certaines routes comme celle de la Croix-Blanche sont bordées de cerisiers. La grande culture concerne les graminées classiques, la luzerne et les pommes de terre (introduites à la fin du XVIIIe siècle par Parmentier et Cadet de Vaux). La vigne, bien qu’atteinte par le phylloxera, garde encore ses lettres de noblesse à Andilly et en 1912, le vin d’Andilly est placé en tête des crus de la région par un jury de connaisseurs. La fête des vendanges reste un moment fort de la vie du pays.


Les briqueteries et tuilleries

Le sous-sol de la forêt de Montmorency, riche en gypse et en argile, a donné naissance à l’industrie du plâtre, et à l’installation de nombreuses briqueteries et tuileries, tout autour du massif forestier. Bois et bruyère ont été longtemps utilisés pour la combustion dans les fours. Des carrières sont attestées à Andilly avant le XIXe siècle, sur le plateau des Champeaux (le lieu-dit la Sablière en garde la trace).

C’est surtout à partir de la deuxième moitié du XIXe siècle que s’implantent à Andilly de nombreuses briqueteries, profitant du caractère isolé du plateau des Champeaux, à la lisière de Domont ou de Montmorency, loin des habitations. Car la réglementation est très stricte : les installations doivent être autorisées par le préfet. Elles doivent se tenir éloignées de la forêt, des cultures et des quartiers habités. La clairière au sommet du village, qui a fait l’objet de nombreuses carrières, et qui n’est pas peuplée, est un endroit privilégié pour de tels aménagements.

Jacques Adolphe Papillon installe en 1862 une briqueterie chauffée au charbon de Charleroi, sur le plateau. Il s’assure le droit d’extraire pendant 20 ans la terre nécessaire pour sa fabrication dans une pièce de 70 ares appartenant à Joseph Isoré fils, à Andilly, située au point de rencontre des chemins d’Andilly à Domont par la Croix-verte et de la Croix-de-l’Evangile, au lieu-dit  Les Champeaux, dans la pièce dite des 22 arpents.

En 1865, l’ingénieur Maurice Level (qui construit par ailleurs la ligne du Refoulons) relie les carrières et les briqueteries des Champeaux sur Andilly par un chemin de fer industriel à voie de 60 cm, financé par M. Marchand, propriétaire de carrières à Montmorency.

Paul Borie, marchand-briquetier demeurant à Saint-Denis installe en 1868 une briqueterie au lieu-dit La Berchère, près du chemin de la Chasse ou chemin Vert. Le maire émet l’observation suivante : « Ces établissements sont assez fâcheux au milieu de nos populations de cultivateurs, ils amènent des ouvriers étrangers au pays et dont les antécédents sont ignorés et chargent nos bureaux de bienfaisance ».

Narcisse Danicourt, briquetier demeurant à Montmorency, aménage en 1882 une briqueterie dans un champ qu’il vient d’acheter au lieu-dit Les 14 Arpents, bordé par le chemin vicinal de Montmorency à Domont et par le chemin vicinal d’Andilly à Domont. Cet établissement est situé à 1 500 mètres du bourg et à plus de 200 mètres des habitations de la Croix-Blanche. Son successeur est, semble-t-il Jean-Louis-Emile Couard, en 1886.

Victor Xavier Achille Lefèvre, briquetier à Montmorency, construit en 1894 une briqueterie avec four flamand au lieu-dit les Petites Communes, sur une parcelle de 91 ares, qui forme une pointe, bordée d’un côté, par chemin de la Chasse ou chemin Vert, et de l’autre par le chemin de Montmorency à Domont par la Croix Blanche. L’installation est proche du fort de Montlignon, mais l’autorité militaire n’y voit pas d’inconvénient. Le préfet donne l’autorisation à condition que M. Lefèvre établisse une grande cheminée pour porter la fumée à une grande hauteur. Après la disparition du briquetier, sa veuve continue l’exploitation avec ses trois fils, en 1901.

La S. A. entreprise Labalette frères, représentée par Antoine Labalette et qui a son siège dans le Nord, établit en 1930 une briqueterie à feu continu au lieu-dit les Cinquante Arpents, à environ 600 mètres des habitations les plus proches et à 300 mètres du fort de Montlignon. Elle est bordée par la route stratégique et le chemin des Communes. Le four est non fumivore et la cheminée mesure 25 mètres. La briqueterie cesse ses activités après 1966.

Emile Sottieaux, d’Andilly et Léopold Haveger, de Domont, ouvrent en 1932 une briqueterie au lieu-dit les Champeaux avec un four non fumivore. L’autorisation lui est donnée malgré les craintes exprimées par des pépiniéristes et des horticulteurs au sujet des gaz et fumées susceptibles d’être dégagées par cet établissement. En 1952, la briqueterie Emile Sottieaux fabrique de la brique pleine ordinaire et de la terre battue pour court de tennis. Lors du recensement de 1962, nombreux sont les briquetiers qui habitent Andilly.

Jean-Marie Vijoux signale dans son livre que « des briqueteries en activité, il n’en demeure aucune. La cessation d’activité des briqueteries se solde sur le plateau des Champeaux par l’abandon de dizaines d’hectares de carrières ou de terrains en jachère, un objectif idéal pour les promoteurs »56.

Mais l’Agence régionale des espaces verts d’Île-de-France a maintenant acquis 93 hectares autour des anciennes carrières d’extraction de pierre meulière et de lœss (ou limon des plateaux) qui alimentaient les briqueteries des Champeaux et de La Berchère.


L’évolution récente : un urbanisme maîtrisé

Les municipalités successives, au XXème siècle et en particulier après la seconde guerre mondiale, ont lutté pied à pied pour conserver à Andilly son caractère de village, tout en accueillant une population nouvelle et en offrant à ses habitants un minimum de services collectifs.

Eloignée de toute gare (la plus proche se trouve à environ cinq kilomètres), la commune ne s’est pas développée au même rythme que les autre communes valmorencéennes, et elle s’en réjouit. Elle a échappé, dans les années 1960, à des programmes d’urbanisation massive qui auraient défiguré son paysage si pittoresque. Sa situation sur les coteaux et son caractère boisé, l’ont préservée des grands programmes qui ont radicalement transformé une grande partie des communes du centre de la Vallée.

La création de lignes routières de transports en commun lui a toutefois a permis de se désenclaver. La commune a pu réaliser quelques équipements collectifs (dont le groupe scolaire Sylvain-Lévi) et créer une petite zone d’activités artisanales et industrielles de 30 entreprises. L’acquisition de quelques villas de caractère a contribué à sauvegarder le patrimoine ancien, en les affectant à des services administratifs. Un nouveau village de 125 pavillons a été aménagé dans le secteur des Huit-Arpents. L’adhésion d’Andilly à la CAVAM (Communauté d’aglomération de la Vallée de Montmorency) en 2002, lui a permis d’accéder à des équipements qu’une commune de taille moyenne ne saurait s’offrir à elle seule.


vers la seconde partie de l'article


1 Cf. notre article « Histoire générale de Margency ».

2 Dr. Perrochet, Essai sur la thérapeutique des eaux minérales d’Enghien et sur la topographie physico-médicale de la vallée de Montmorency, par le docteur Perrochet, de Montmorency, Paris, Malteste, 1839, p. 68.

3 Lenormand (F), Lettres à Jennie sur Montmorency, l’Hermitage, Andilly, Saint-Leu, Chantilly…, 1818, pp. 174.

4 Cf. notre article « Histoire générale de Montmorency ».

5 Un village anthroponyme dérive d’un personnage qui l’a habité, voire même fondé.

6 Blondin (R.), L’origine de Montmorency. Étude toponymique, in Mémoires SHAP-VOV, t. 58, 1962, p. 47-51.

7 Roblin (M.), Le terroir de Paris aux époques gallo-romaine et franque, Picard, Paris, 1971, p. 65, note 1.

8 Monlaur (M.-R.), Angélique Arnauld, Paris, Plon-Nourrit, 1901, p. 228.

9 Bedos (B.), La Châtellenie de Montmorency des origines à 1368, Aspects féodaux, sociaux et économiques, SHAP VOV, 1980, p. 49.

10 Archives nationales S 2309. L’aveu et dénombrement de Mathieu le Bel, est maintenant daté par les historiens de 1146.

11 Archives nationales L 900, n° 11.

12 Archives nationales S 5089, n° 55.

13 Archives nationales P 129, n° 41.

14 Archives nationales S 4199 n° 17 – L 944 n° 5. Cité par Foucher (S.), Notre-Dame du Val, abbaye cistercienne en Val d’Oise, éd. Valhermeil, 1998, p. 168.

15 Archives nationales LL 1542. Ibidem

16 Collectif, Dictionnaire historique de la ville de Paris et de ses environs, t. I, Paris, 1779. Ibidem.

17 Archives nationales LL 1542. Ibidem

18 Un décimateur est une personne ou une collectivité qui perçoit la dîme due par les paroissiens en vue de subvenir aux besoins de l’église et du desservant. On trouve quelquefois, des codécimateurs quand cette dîme est partagée.

19 Lebeuf (abbé J.), Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris, ré-édition par Adrien Augier, Fernand Bournon, Paris, Féchoz et Letouzey, 1883, p. 634.

20 Le collateur est l’autorité ecclésiastique qui nomme les desservants.

21 Le Grand (L.), Les Maisons-Dieu et léproseries du diocèse de Paris au milieu du XIVe siècle, d’après le registre de visites du délégué de l’évêque (1351-1369), in Mémoires de la Société de l’histoire de Paris et de l’Ile de France, t. 24, 1897, p. 61-365 et t. 25, 1898, p. 50-159.

Touati (F.-O.), Archives de la lèpre. Atlas des léproseries entre Loire et Marne au Moyen Âge, CTHS, 1996, p. 305-324.

Cf. notre article « Les maladreries, les léproseries, les Hôtels-Dieu en vallée de Montmorency ».

22 Bedos (B.), op. cit., p. 47.

23 « Baudoin d’Andilly est mon vassal pour un fief qu’il tient à Garges », traduction de François de Gandt in Renaux (D.), Villiers-le-Bel 1428-1499, Dominique Renaux, Villiers-le-Bel, 1981, p. 69.

24 « Voici les châtellenies du Parisis qui dépendent du roi à titre de suzerain ».

25 Lebeuf (abbé J.), op. cit., p. 634-635.

26 Les Trie, famille de petite féodalité, sont originaires du Vexin, à Trie-le-Château et à Mouchy-le-Châtel (Oise). Ils se retrouvent, par exemple, seigneurs de Mériel, dans notre région. Cf. Foucher (S.), Mériel, un village du Val d’Oise, éd. Valhermeil, 2000, p. 23. Cette famille réussit à s’élever, par alliances successives avec les Dammartin, les Montmorency, les Courtenay. En moins d’un siècle (XIIIe-XIVe siècle), elle compte un grand chambellan, deux maréchaux et un amiral. Cf. Favier (J.), Dictionnaire de la France médiévale, éd. Fayard, 1993, p. 927-928.

27 Ce régime successoral ne vaut que pour les terres nobles et ne s’applique pas aux biens des paysans, ce qui aboutit, à l’inverse, à un morcellement indéfini des terres agricoles en Vallée de Montmorency, au cours des siècles. Au point d’arriver, aux XVIIIe et XIXe siècles, à de véritables lopins de terre, souvent dispersés sur le terroir du village ou dans les villages voisins. Cf. Arzalier (F.), Des villages dans l’histoire. Vallée de Montmorency 1750 -1914, Paris, Ed. du Septentrion, 1996, 393 p.

28 Cf. Hector de Masso La Ferrière-Percy, Les La Boderie : étude sur une famille normande, Aubry, 1857, p. 91 ss.

29 « Claude eut Andilly le haut, duquel son fils Claude hérita, puis le petit-fils du même nom ». Lebeuf, op. cit.,p. 635.

30 Renée Thomas, Au village d’Eaubonne (1590 - 1815) : éléments historiques, généalogiques et démographiques, mairie d’Eaubonne, 1988.

31 « Ensuite le fils de ce dernier, nommé Charles, étant mort sans enfans mâles, au retour de l'armée, sa part dans la Seigneurie d'Andilly échut aux filles du même Charles ». Lebeuf (J.), op. cit., ibidem.

32 Cf. http://pagesperso-orange.fr/nadine-emmanuel.clause/famille/maisons/andilly.html

33 Lebeuf, op. cit., p. 636.

34 Cf. Chantilly : Les Archives. Le Cabinet des titres, vol. 1, Paris, Champion, 1929, p. 177.

35 Et non Aubry, comme l’a écrit Charles Lefeuve dans Le Tour de la vallée (1866), et tous ses continuateurs : l’abbé Lauderaut et Jean-Marie Vijoux.

36 Gilbert Auger de Cavoye, maréchal de camp et armées du roi, chevalier, seigneur de Beaufort, est blessé mortellement à la bataille de Luzzara en 1702.

37 Jean Alazard, Charles Diehl, Mélanges Bertaux, 1924, p. 249.

38 Cf. Dictionnaire de la noblesse, contenant les généalogies, l'histoire & la chronologie des familles nobles de la France, l'explication de leurs armes, & l'état des grandes terres du royaume. Vol. 9. veuve Duchesne, 1775.

39 Cf. Christine Favre-Lejeune. Les secrétaires du roi de la Grande Chancellerie de France, dictionnaire biographique et généalogique (1672-1789), Paris, Sedopolis (Pierre-Marie Dioudonnat, éditeur), 1986, tome II, p. 1164-1165

40 Les registres paroissiaux de Margency figurent parmi les plus anciens du Val d’Oise. Cf. notre article « Une méthode informatique originale d’enregistrement des données des registres paroissiaux : l’exemple de Margency ».

41 En réalité, les premières négociations datent de 1698. Un premier acte est signé le 20 juillet 1698 et un second le 14 avril 1699.

42 La véritable orthographe de son nom est de la Marck.

43 Lefeuve (C.), op. cit., p. 376.

44 Longnon (A.), Pouillés de la Province de Sens, Paris, 1904, in-4°.

45 Vijoux (J.-M.), À la découverte d'Andilly, éd. Valhermeil, 2000, p. 32-33.

46 Le même Nicolas Robinot offrira aux habitants un repas fraternel, le 10 janvier 1794 pour célébrer la prise de Toulon par Bonaparte (19 décembre 1793).

47 Cette installation est censurée par l’abbé Lauderaut dans son ouvrage Essai sur l’histoire de la paroisse d’Andilly et Margency au diocèse de Versailles. La liste des curés d’Andilly établie par cet auteur ne comporte pas le nom de l’abbé Hermory (cf. p. 25). Ce n’est pas la première, ni la dernière fois dans cet Essai, que l’abbé Lauderaut met ses convictions personnelles au-dessus de son devoir d’historien. Citons notamment sa volonté délibérée de ne pas écrire « l’histoire de la Révolution et de ses excès véritablement sataniques » (p. 8).

48 Elle sera solennellement replacée en 1852.

49 Lebeuf (abbé J.), Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris, Paris, t. 1, p. 634.

50 Dupâquier (J.), (sous la dir.), Paroisses et Communes de France, Dictionnaire d’histoire administrative et démographique, Région Parisienne, éd. CNRS, Paris, 1974, p. 437.

51 Cf. notre article « Histoire générale de Sannois ».

52 Aubert (J.), Montmorency, in La grande histoire du Val d’Oise, Edijac, 1987, p. 209.

53 Cf. notre article « Les pépiniéristes en vallée de Montmorency ».

54 Cf. notre article « Vignes et vignerons en vallée de Montmorency ».

55 Dupâquier (J.), (sous la dir.), op. cit., p. 437.

56 Vijoux (J.-M.), op. cit., p. 58.