HISTOIRE GÉNÉRALE DE SANNOIS



À l’ombre des moulins et au bord du Grand chemin de Paris à Pontoise

Commune du Parisis, Sannois (d’une superficie actuelle de 483 hectares) s’étage entre 45 et 170 m NGF sur la pente nord des Buttes témoins de Cormeilles1. Dans les temps anciens, sur le flanc nord des buttes témoins de Cormeilles, où tourneront trois moulins, l’habitat se groupe autour de l’église Saint-Pierre, le long du vieux chemin joignant Paris à Argenteuil et Ermont, pour rejoindre l’oppidum gaulois de Taverny, ainsi que le long de la route royale reliant Paris à Pontoise. C’est sur ce Grand chemin de Paris à Pontoise (Paris-Rouen) que va s’installer un relais de poste, mais à Franconville (ils sont situés tous les 2 lieues, soit 8 km), ainsi que des hôtels, des auberges et de nombreuses habitations à Sannois2. Ce voisinage n’est pas sans conséquences : nombreux encombrements, passage de cheminots et bien sûr, de maraudeurs, vols à la tire, etc. Cet axe, sans doute créé dès le début du XIIe siècle (le droit de travers de Franconville date de 11163), joue un rôle structurant pour le village de Sannois. Celui-ci longe par ailleurs le vieux chemin (gaulois), perpendiculaire à cet axe qui a autrefois relié Lutetia (Paris) à Taberniacus (Taverny) et les oppida de Picardie en passant par le viculus Ermedonis (Ermont)4. Cette configuration en croix fait de Sannois non seulement un village-rue, mais aussi un village de carrefour routier5. Elle est certainement à l’origine du fort peuplement de ce village viticole, à forte production, par rapport aux autres paroisses de la vallée de Montmorency, plus à l’écart des grands axes. Vignes et cerisaies couvrent la moitié du terroir, le gypse est exploité sur les hauteurs, les argilières au bas du coteau6. Ces deux types de production font de Sannois un village à la fois vigneron et plâtrier.


La toponymie de Sannois

Les mentions Centinodium7 et Centum Nuces8 qui, du XIe (charte de Philippe Ier, peu avant 1081) au XIIIe siècle, désignent, sous forme latinisée, Sannois, laissent perplexe : ces « cent noix » représentent-elles la description originelle du lieu ? C’est fort peu probable. Cette latinisation de fantaisie, par les scribes médiévaux, nous permet toutefois de savoir qu’à leur époque, on prononce San-nois, avec le son an à la première syllabe. Deux siècles plus tard, il est encore question, dans un texte en français, d’un certain chevalier de Cent Noiz. Cela dit, on n’a pas jusqu’ici proposé une explication satisfaisante du nom de cette localité9


Sannois il y a 500 000 ans

Au lieu-dit Le Puits-Gohier, à l’emplacement de l’échangeur de l’autoroute A 15, des fouilles archéologiques ouvertes dans les anciennes carrières Poliet-et-Chausson entre 1950 et 1958 ont attiré plusieurs préhistoriens renommés, parmi lesquels l’abbé Henri Breuil (1877-1961) et François Bordes (1919-1981). Des objets en silex et en grès (outils, éclats, nucleus, bifaces, etc.) du Paléolithique ancien et moyen y ont été recueillis10. Du mobilier mésolithique en grès (Montmorencien) et néolithique en silex ont été signalés dans les années 1960 au lieu-dit Les Monfrais et du mobilier néolithique au Pré-Brochet.


Présence gallo-romaine à Sannois ?

Pour l’époque gallo-romaine, dans son livre Notes sur Sannois, l’abbé Massuchetti signale des « caves gallo-romaines » rue Damiette11. Les recherches que nous avons menées n’ont pas permis de confirmer cette datation. Par contre, des caves à voûte en anse de panier postmédiévales, appartenant à des viticulteurs (autres exemples à Deuil et à Ermont), ont été détruites dans les années 1960, rue des Cloviers et rue des Carrières, ancien chemin d’Argenteuil.

Pour Michel Roblin, Sannois (Centinodium, XIIe siècle/Centeum Nuces, XIIIe siècle) appartiendrait au Ve siècle à un domaine dont Ermont serait le centre. Il dépendrait du fisc impérial qui possède dans la vallée un saltus, accaparé par Clovis et donné par Dagobert à l’abbaye de Saint-Denis. Mais il souligne que la création de la paroisse de Sannois - dédiée à saint Pierre - serait à peine plus récente que celle d’Ermont, dédiée primitivement à saint Etienne12. Saint Blaise est le second patron de la paroisse, qui est aussi de collation épiscopale.

Autre témoin de l’unité primitive de la région : le culte à saint Flaive, dont le nom est associé à une fontaine du même nom, située près de l’Ermitage. Ce saint champenois (Flavitus, Flavit), gouverneur (custos) du château de Marcilly-le-Hayer, est honoré à l’église d’Ermont - dont il est le second patron13- et à Franconville. Le culte est encore bien vivant au XVIIe siècle, car lorsque Séraphin de la Noue, ermite de l’Imitation Saint-Antoine, s’installe en 1617 près de la fontaine, il est tenu d’y monter un conduit « hors de son clos pour l’usage du commun et d’ouvrir sa chapelle pour les processions d’Ermont14 ».


Période du haut Moyen Âge et du Moyen Âge à Sannois

Pour la période du haut Moyen Âge, en 1914, le creusement d’une tranchée militaire dans les environs de Sannois a entraîné la découverte d’une sépulture « franque »15. Malheureusement, cette découverte n’est pas localisée précisément.

L’origine du château du May ou du Mail qui se dressait sur la butte de Sannois a été longtemps débattue. L’abbé Lebeuf le faisait remonter à la période mérovingienne. Plus près de nous, André Vaquier pensait qu’il aurait été construit vers 880 pour défendre l’abbaye de Saint-Denis et Paris contre les incursions des Vikings, mais les fouilles archéologiques de 1966, auxquelles nous avons participé, n’en ont pas apporté la preuve : les vestiges - des murets d’une quarantaine de centimètres d’épaisseur liés au plâtre - ne dataient pas du Moyen Âge. Le domaine de l’Ermitage et de la fontaine Saint-Flaive, sis rue de l’Ermitage, est aujourd’hui propriété de la Fondation d’Auteuil.

La forteresse est ruinée au début du XIIe siècle, lors d’une expédition armée conduite pour régler un conflit entre l’abbé Adam (1099-1122), de l’abbaye de Saint-Denis, et Bouchard IV de Montmorency (1087-1130/1134). En 1101/1102, le roi Louis VI le Gros16 en lutte féodale contre Bouchard IV de Montmorency, qui épousera successivement Agnès de Beaumont et Agnès de Pontoise, incendie tous les environs, dont Sannois. Elle a dû être relevée en tout ou partie, car en 1359, le régent Charles de France, futur Charles V (1338-1380), ordonne la destruction du « chastel du Mail » pour éviter qu’il ne soit investi par les Anglais. En 1472, l’ordre des Hospitaliers loue à Jean Haze, maréchal à Montmorency, une place « vuide », autrefois occupée par des « maisons, granges, étables et autres édifices jadis appelés la grange auxerroise [au sorrois, en 1284] et que on dit depuis le château du Mail ». La tour d’un moulin à vent, construit sur les fondations du donjon, y subsiste en partie, comme nous l’indique Étienne Chevalier (fin XVIIIe s.), qui a vu des vignes grimper sur ces ruines17.


Sannois sous l’Ancien Régime

Avant la forte urbanisation du XXe siècle, l’habitat se répartit d’une part près de l’église, le long du vieux chemin (ancienne voie gauloise) joignant Paris à Argenteuil et Ermont pour rejoindre l’oppidum gaulois du Camp de César à Taverny18 et, d’autre part le long de la route royale, dite du Grand chemin de Paris à Pontoise (actuelle RN 14) reliant Paris à Rouen.

En 1785, vignes et cerisaies19 occupent la moitié du territoire, tandis que les bois ne couvrent que 3 % de la surface totale. Les carrières de gypse sont importantes sur les hauteurs, et les terres à briques et à tuiles exploitées dans la partie basse. Les sources mentionnées dans le cadastre de 1820 n’alimentent aucun cours d’eau20.

La seigneurie du village est partagée entre le prieuré bénédictin d’Argenteuil, lui-même rattaché à l’abbaye de Saint-Denis, la famille des Montmorency et les Hospitaliers, sans compter divers petits fiefs dont, à l’exception du fief des Charités, il serait trop long de retracer l’histoire ici.

La paroisse a pu être créée au haut Moyen Âge si l’on en croit la dédicace de l’église aux apôtres Pierre et Paul. Le plus ancien vestige connu - un chapiteau historié les représentant - date du XIIe siècle. Sur la rive nord de l’ancien Grand chemin de Paris à Pontoise, au-delà du chemin d’Ermont (aujourd’hui rue du Lieutenant Keiser), s’élève la léproserie Saint-Ladre (domus leprosarie de Centum Nucibus). Attestée en 1291, elle accueille les paroissiens malades, ainsi que ceux d’Andilly21. Comme à Saint-Gratien, celle de Sannois a une prisée22 constituée seulement sur deux paroisses : leur point commun est qu’elles sont administrées par les marguilliers de leurs paroisses, ce qui laisse supposer une origine paroissiale indépendante des structures féodales de cette époque23

En 1293, Sannois fait partie de la châtellenie de Montmorency, en partie seulement. Il s’agit de la partie nord du Grand chemin de Saint-Denis à Pontoise (actuel boulevard du Général de Gaulle). La partie sud relève de l’abbaye de Saint-Denis, via le prieuré bénédictin d’Argenteuil.

En 1382, Charles VI y réunit de nombreuses troupes sous les ordres du duc de Bourgogne. Elles se comportent en bandes pillardes qui vivent sur les productions du village et des alentours. Les troupes anglaises, maîtresses de Pontoise, Conflans et Herblay ravagent Sannois en 1419. Le même phénomène se reproduit en 1565, lorsque les Huguenots s’emparent d’Argenteuil. Ces calamités successives expliquent la disparition de toute trace du passé jusqu’à la fin du XVIe siècle.

En 1472, les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem - qui ont reçu en don, de la part de Guillaume du May, en 1339, le château du Mail avec des terres - possèdent une grande partie du côté ouest de la colline de Montrouillet, essentiellement des vignes, aux lieux-dits : Château du Mail et Masures du Mail. Le château du Mail étend ses vignes jusque sur le territoire d’Argenteuil près de la fontaine des Rosières.

Le fief des Charités est un petit fief que se partagent Sannois et Argenteuil. Il appartient aux bénédictins de l’abbaye de Saint-Denis, par l’intermédiaire du prieuré d’Argenteuil, qui a haute, moyenne et basse justice et qui dépend de l’office des Charités de ce dernier. En 1611, Regnault Penelle, soucieux d’accroître ses domaines, souligne aux religieux que leur fief n’est affermé que pour 15 livres tournois par an. Il leur en offre 30 l.t. de rente rachetable, sur un capital de 600 l.t. Après enquête, le prieur accepte d’abandonner le fief à Regnault Penelle, en respectant les termes de sa proposition. L’aliénation est opérée le 27 novembre 1611, mais elle amène un procès qui durera jusqu’à la transaction finale du 19 mai 166824. Ce fief est finalement vendu par le prieur commendataire d’Argenteuil, Pierre du Comboust de Coislin, et passe au prince de Condé, Louis de Bourbon, le 10 août 1664, comprenant le fonds de terre d’une valeur de 300 l.t. de revenu annuel et de 11 500 l.t. pour l’achat d’un bois de 40 arpents. Le prince de Condé cède ensuite la seigneurie de Sannois à François Béraud le 13 août 1664. François Béraud devient l’unique seigneur de Sannois avec droits de cens, lods et ventes, droit de basse et moyenne justice, le prince de Condé se réservant la haute justice, situation qui durera jusqu’à la Révolution25.

Entre 1575 et 1582, Regnault Penelle (+1618), maître couvreur et bourgeois de Paris, reconstitue les deux fiefs de Hugo et du Grand Hôtel. Henri III (1551-1589) l’autorise à faire creuser des fossés autour du château et à ajouter un pont-levis. D’après un acte de 1693, on y pénètre au sud par deux portes. L’une d’entre elles est cantonnée de tourelles, dont la première sert de prison. Un pigeonnier s’élève dans la cour. Au fond, le pont-levis donne accès au château composé d’un corps de logis flanqué de deux pavillons. La justice, moyenne et basse, est rendue dans l’auditoire bâti sur une place plantée d’ormes. Cet hôtel seigneurial est situé au sud-ouest de l’église, entre les actuelles rues du 8-mai-1945, Félix-et-Roger-Pozzi, Hippolyte-Jamot et Carnot. Une soixantaine d’années plus tard, Nicolas Anne Delisle, avocat au parlement, habite un château édifié de neuf à l’est de la rue du Puits-Mi-Ville, dans un domaine délimité par la rue Georges-Clémenceau, les boulevards Charles-de-Gaulle et Maurice-Berteaux, la rue de Stalingrad, l’impasse du Jardin-Renard et la rue du Docteur-Émile-Roux. L’impasse et le chemin de la Mare rappellent la présence de l’étang qui servait à alimenter la glacière du château seigneurial26. Comme beaucoup de domaines à cette époque, le parc s’agrémente d’un plan d’eau, de rochers, de cascade, d’un pavillon chinois, etc.



La Seigneurie au XVIIIe siècle - Plan de Joseph Duruey, seigneur de Sannois. Archives municipales de Sannois


Deux moulins à vent tournent au dessus du village27, sur le Mont Trouillet qui, note l’abbé Lebeuf au milieu du XVIIIe siècle, est « fort renommé dans les observations faites par M. Cassini pour la formation des cartes par triangles »28. Le moulin à pivot, construit en 1759, est inscrit à l’inventaire des monuments historiques le 12 mai 1975. Le Mont Trouillet se trouve officiellement classé parmi les sites de « caractère artistique ou pittoresque » depuis 1934.

Sannois est, après Franconville, le premier village des environs de Montmorency et d’Argenteuil à réclamer l’assistance des sœurs de la Charité, instituées par Vincent de Paul, en acceptant les charges afférentes à leur installation et entretien29. En 1630, Louise de Marillac, à la demande de Vincent de Paul, vient visiter l’établissement de la Confrérie de la Charité à Sannois.


Les activités principales

L’activité viticole est la principale ressource de Sannois. C’est en effet le plus gros bourg viticole du canton, après Argenteuil. Pour l’année 1788, la production de vin est de 4 859 muids, soit 1 107 852 litres, alors que Deuil, par exemple, gros bourg viticole, produit la même année 2 661 muids, soit un peu plus de la moitié (54,7 %) de celle de Sannois30.

À Argenteuil et Sannois, on utilise des fosses à fumier où les boues, la paille, les immondices de toutes sortes forment un purin, envoyé quotidiennement et massivement, à travers les rues du village, dans les champs et les vignes, ce qui n’est pas sans poser de graves problèmes d’odeur et de salubrité. Une série d’épidémies endeuille d’ailleurs Argenteuil entre 1781 et 1783, ce qui amène l’intendant Bertier de Sauvigny à en proscrire la pratique31.

Mais devant le recul de la vigne, dès la seconde moitié du XVIIIe siècle, l’arboriculture se développe à Sannois, parallèlement à la viticulture. C’est ainsi que l’on trouve la mention de « vigne et ceriseraies32 », mais aussi de groseilliers, de figuiers, et l’on produit aussi de l’asperge, entre les rangs de vigne, dans les terrains les plus sablonneux.


Les activités secondaires

La première d’entre elles est pratiquée dans le village par des hommes ou des femmes. Il s’agit de la dentelle : la blonde. Les dentellières et marchands de dentelles en Vallée de Montmorency sont connus par les registres paroissiaux, les minutiers ruraux, les archives judiciaires et récemment par l’étude de Béatrix de Buffévent, L’Économie dentellière en région parisienne au XVIIe siècle. Les négociants, cependant, sont rares dans la Vallée : 4 à Taverny et 2 à Saint-Leu (en comparaison, pour le Pays de France, où ils sont 121 à Villiers-le-Bel), un seul ouvrier professionnel en dentelles (attesté en tant que métier principal et déclaré officiellement) est mentionné à Sannois dans le rôle de taille au XVIIe siècle, alors que l’on trouve 10 ouvrières en dentelles à Saint-Prix à la même période33.

Par ailleurs, au XVIIIe siècle, de petites gens prennent en nourrice des enfants des « bourgeois » de Paris et de la région pour compléter leurs faibles revenus34. À Sannois, Catherine Counot nous indique des relations constantes avec Paris (en dehors de celles de la vente des produits du terroir) mais également à cause des enfants placés en nourrice. Ces nourrissons sont élevés dans des conditions souvent discutables, ce qui provoque un grand nombre de morts précoces35.


L’évolution démographique sous l’ancien Régime

En 1470, la population sannoisienne n’est que de 12 feux, soit 48 habitants environ36. Jusqu’au début du XVIIIe siècle, les chiffres augmentent notablement : 112 feux, soit 448 habitants en 1709, ce qui signifie une population multipliée par 9 en 239 ans. Dans la décennie 1735-1745, le nombre des décès est supérieur à celui des naissances pour des raisons médicales : en 1737, une épidémie de « fièvre vermineuse » provoque soixante morts.

La population, cependant, remonte graduellement dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle à 309 feux, soit 1236 habitants, en 1781 et connaît une augmentation notable à la période révolutionnaire : 1530 habitants en 1790, soit une population multipliée par 3,41 en 72 ans37, ce qui fait de Sannois à la Révolution un des villages les plus peuplés de la Vallée. Cette progression est probablement due à plusieurs facteurs combinés : la baisse de la mortalité, la montée du nombre de naissances, et l’accroissement de l’émigration38. Le 27 mai 1791 intervient une légère rectification des limites entre Sannois et Ermont, comme s’en est produite une vingt ans plus tôt pour les limites de dîmages entre Eaubonne et Ermont, en 177239.


SANNOIS AUX XIXe ET XXe SIÈCLES

Pendant des siècles, les activités agricoles (des maraîchers surtout) et viticoles40, ainsi que l’exploitation artisanale du gypse dans les coteaux et de l’argile à briques et à tuiles, réalisée dans la partie basse41, rythment la vie des sannoisiens dans un cadre traditionnel. Mais l’arrivée du chemin de fer le 1er août 1863, avec l’ouverture au trafic de la ligne d’Argenteuil à Ermont et la création d’une station à Sannois, attire une population nouvelle et modifie progressivement la répartition des domaines agricoles, par la vente et la parcellisation, au profit de la construction de l’habitat particulier.

La population connaît une démographie croissante au XIXe siècle, passant de 1 593 habitants en 1801 à 4 401 habitants en 1896. La population est ainsi multipliée par 2,76 en 95 ans et subit une évolution très importante au XXe siècle, passant de 4 905 habitants en 1901 à 19 060 habitants en 1968, soit une augmentation de 3,88 de la population en 67 ans42. Des zones pavillonnaires se développent autour de la gare, ce qui entraîne la régression des cultures ancestrales du terroir.

La création de la zone à urbaniser en priorité (ZUP) - qui couvre une partie de Sannois, d’Ermont et de Franconville - modifie encore plus profondément le paysage sannoisien et contribue à l’expansion démographique de la commune après 1965.

La population actuelle est de 25 313 habitants, ce qui indique un fort accroissement de population de 5,16 en 108 ans, chiffre moyen de l’évolution de la population dans la vallée de Montmorency, depuis le début du XXe siècle.


Les carrières à plâtre à Sannois

Sous la Restauration, trois propriétaires de carrières à plâtre sont mentionnés dans les délibérations du conseil municipal : MM. Gillet et Forcinal, puis M. Dumont. Après une période d’extension en 1860-1861, le commerce du plâtre se ralentit en 1862 et les problèmes économiques dans ce secteur d’activité deviennent très importants. Néanmoins, deux entreprises exploitent encore des carrières à plâtre, au lieu-dit les Cloviers, en 1865 : M. Dumont et M. Gillet. On en compte trois en 1875. En 1869, une usine de chaux et de ciment voit le jour, installée près des Cloviers, d’abord dirigée par M. Alleaume, l’usine l’est ensuite par M. Paul Parmentier. L’entreprise compte 80 ouvriers au début du XXe siècle43.


Les tuiliers et briquetiers à Sannois

Louis Paulmier est tuilier en 1817, sa veuve reprend la fabrique avec ses fils avant 1831. Ils n’apparaissent plus au recensement de 1836. En 1856, François Pierre est tuilier, son épouse est Rosalie Rigault. En 1861, treize ouvriers tuiliers travaillent chez lui et chez Louis Guillaume Touzelin. En 1876, Louis Napoléon Duval, est qualifié fabricant de tuile dans le recensement de 1876, il était auparavant architecte de Mme Touzelin.

En 1841, Louis Guillaume Touzelin fait de la tuile. En 1845, l’exploitation d’une glaisière, au lieu-dit le Clos, lui est donnée. Mme veuve Touzelin, possède une usine exploitée par [François] Lemaître. Cette tuilerie-briqueterie de la Maison Rouge existait déjà vers 1810. Elle se compose de deux fours, l’un très ancien et l’autre récemment construit. Ils contiennent chacun 80 000 carreaux et 3 000 briques. Après de nombreuses plaintes des riverains pour pollution, causée par la combustion de la houille (à l’origine le 1er four fonctionnait au bois), l’administration demande l’installation d’une cheminée. Elle ne sera aménagée qu’en 1875, mais elle ne donne pas entière satisfaction, d’où de nouvelles plaintes. L’autorisation du préfet est finalement retirée le 8 mai 1878.

La dame A. Berton demande l’autorisation d’établir une briqueterie au lieu-dit le Mont-Trouillet, le 12 avril 1883, mais l’autorisation n’est pas accordée, trois ans plus tard, suite à des plaintes de différents cultivateurs de Sannois.

Le 24 août 1868, Nicolas Ernest Parmentier demande l’autorisation d’établir une fabrique de brique, tuile et carreau au lieu-dit le Jardin Renard, sur la route impériale annexe n° 14, de Sannois à Argenteuil. L’autorisation est accordée par le préfet le 23 septembre 1868. Son activité continue jusqu’en 1896, où il figure comme fabricant de brique.

La fabrique Rougeault, dirigée par François Pierre Adrien Rougeault, a pris la suite des établissements Nicolas Ernest Parmentier, postérieurement à 1878. L’instituteur note, dans sa monographie de 1899 : « On fabrique des tuyaux, briques et autres produits céramiques. Elle occupe cent ouvriers bien que tout se fasse mécaniquement. Sa production est considérable. Le four à cuire l’argile est circulaire et à feu continu ».

L’entreprise est dirigée successivement par Arthur Rougeault, son frère, en 1906 ; puis par sa veuve Victorine Rougeault, en 1911. Et en 1926, Marcel Rougeault, fils de François, est à la tête de l’usine. Son activité cessera après la dernière guerre mondiale44.


LE PATRIMOINE ANCIEN DE SANNOIS


L’église Saint-Pierre et Saint-Paul de Sannois

L’abbé Lebeuf décrit en ces termes l’église de Sannois qui a été remplacée par un édifice plus vaste au début du XXe siècle45, devant l’accroissement de la population sannoisienne.

« L’église est titrée de S. Pierre, Apôtre, et S. Blaise y est regardé comme second patron ; on y montre même un buste qui le représente, et qui contient quelques reliques….On lit dans le chœur de l’Église d’aujourd’hui une inscription sur le marbre qui apprend que Michel Penelle, Écuyer, moyen et bas Justicier, Seigneur des Fiefs de Hugo et Grand-Hostel, sur lesquels est bâtie cette Église, mourut en 1636 : il y est qualifié Exempt des Gardes de Monsieur Frère du Roi. On trouve mention du Fief Heugot, Paroisse de Çannoy, dans un titre de l’an 1443, où Philippe Braque, Conseiller au Parlement, est dit possesseur. Ce fief Heugot situé à Çannoy relevoit apparemment d’un autre fief plus considérable du même nom de Heugot (il s’agit du fief de Saint-Lor), où B[o]uchard, Seigneur de Montmorency, tint une assemblée solemnelle, l’an 1177, chez Henri qui étoit Seigneur. Il semble que ce Heugot principal (origine de la famille), étoit sur un ruisseau aux environs du village de Saint-Brice (et/ou Luzarches). Suger, Abbé de Saint-Denis, regardant Çannoy comme une des Paroisses où son Monastère avoit du bien, marque que de son temps on vit augmenter de quatre livres les nouveaux cens de Çannoy, et les anciens de cent sols. Les titres de l’Abbaye (cistercienne) du Val proche l’Isle-Adam font mention à l’année 1240 ou 1250 d’un Odon de Cennoy (Eudes de Cernay attesté en 1213), Écuyer, bienfacteur de cette Maison »46.

L’ « ecclesia de Centum Nucibus » est citée pour la première fois, dans le pouillé du diocèse de Paris de 1205. Toutefois, l’existence d’un maire de Sannois, en 1193, présuppose l’existence de la paroisse. La dédicace de l’église de Sannois aux apôtres Pierre et Paul a amené Michel Roblin à supposer une fondation franque47. Cette datation paraît trop ancienne et aucun document, ni découvertes ou fouilles archéologique ne la confirme. Par contre, le titre de Saint-Pierre et de Saint-Paul était, avec la Vierge, celui du monastère des moniales d’Argenteuil. Les bonnes relations de ce monastère avec les Montmorency, que l’on peut rapprocher des différends qui sont survenus, au début du XIIIe siècle, à Sannois, sur la propriété des droits de dîme, de cens et de basse justice qui ont opposé l’abbaye de Saint-Denis et les Mauléon, vassaux des Montmorency dans la seigneurie sannoisienne de Saint-Lor48, orienteraient plutôt vers une création paroissiale antérieure à la « récupération » des biens du monastère des moniales d’Argenteuil en 112949.


Les vestiges de l’église primitive

L’église primitive a totalement disparu, remplacée au XVIe siècle, par une nouvelle construction qui, à son tour, cèdera la place, à l’église actuelle50. Le seul vestige conservé de cette église est un chapiteau dont trois faces sont ornées et représentent quatre personnages sur un fond de feuilles d’acanthe. L’identification des personnages paraît certaine pour les deux premiers : celui de droite est saint Pierre qui tient la « clé », celui de gauche est saint Paul qui tient le « Livre ». De chaque côté, il semble s’agir d’orants plus ou moins mués en atlantes, spécialement à droite. La frontalité, la réminiscence antique de l’atlante, la rusticité de l’œuvre rappellent les chapiteaux du XIe siècle. Ce chapiteau, en supposant qu’il ne s’agisse pas d’un remploi, tendrait à faire dater la construction de la première église de Sannois de la fin du XIe ou du début du XIIe siècle, en accord avec ce qui a été entrevu de l’époque de la création de la paroisse. Un autre chapiteau conservé, en calcaire lutétien, représente un enfant vendangeur en train de couper une grappe de raisin, sans doute polychrome à l’origine. Il est datable du XVIe siècle 51.

La statuaire conservée dans l’église

L’église comprend les éléments suivants :

- La statue de saint Blaise, sans doute polychrome à l’origine, du début du XVIe siècle, installée dans le chœur, ainsi que des reliques de ce saint52, patron des cardeurs, vénéré en particulier pour les maux de gorge, dont l’abbé Lebeuf nous a donné plus haut la description, dans le milieu du XVIIIe siècle.

- La statue de la Vierge (ou de Marie-Madelaine), située dans le chœur, du XVIe ou du début du XVIIe siècle.

- La pierre tombale de Michel Penelle, écuyer, décédé en 1636.

- La plaque funéraire, en marbre blanc, de Gaspard Paul, écuyer du roi, procureur des finances au bureau de la généralité d’Amiens et receveur de l’hôpital général de Paris, propriétaire depuis 1689 de la maison du Chef-de-Ville à Cernay, et du Clos Paul (clos de vigne) à Sannois, mort en 1730, qui devrait se trouver dans sa paroisse, l’église d’Ermont53.

- La statue de saint Sébastien, en terre cuite polychrome, du XVIIIe siècle. La famille de Secqueville fit construire un caveau de famille devant un autel, dans une chapelle latérale (disparue) dédiée, à l’époque, à saint Sébastien, et où aurait pu reposer ensuite le corps du célèbre Savinien Cyrano dit de Bergerac, leur cousin54.

- Une ancienne croix de carrefour, « la croix de la Borne » recueillie par un sannoisien en 1792, portant le « Christ en croix ». Elle proviendrait du carrefour de la rue de la Borne et du Grand chemin de Paris à Pontoise, elle fut donnée à la paroisse après la Seconde Guerre mondiale.

- La présence d’éléments de l’ancien retable, du XVIe siècle, réutilisés autour du monument « Aux enfants de Sannois morts pour la France 1914-1918 », dans l’église. Il représente d’un côté saint Pierre et de l’autre saint Paul, ce qui pourrait indiquer que cette titulature associée est attestée, pour l’église de Sannois, au moins dès la Renaissance.

François de Guilhermy cite une autre dalle funéraire, celle d’Henri Ruel, avocat, et de dame Antoinette Pouvel ainsi que la date du 31 mai 1780. Il nous donne en outre le texte inscrit sur une cloche datant du dernier tiers du XVIIIe siècle : « La cloche fut bénite en 1777, sous le patronage du duc de Bourbon, dont la fin tragique au château de Saint-Leu est restée enveloppée d’un douloureux mystère, et de sa sœur, mademoiselle de Condé, qui mourut religieuse, en 1824, au couvent du Temple, où elle s’était renfermée. Nous n’avons pas eu à citer jusqu’à présent le nom du fondeur, Jean-Baptiste Robert »55.

L’église Saint-Pierre et Saint-Paul de Sannois, possède dans sa partie neuve des vitraux créés par Valentine Reyre, une artiste ermontoise du sacré, pour le baptistère de l’église, cinq fenêtres :

- La Sainte Trinité (au centre), anges gardiens (de part et d’autre), texte du Notre Père (au sud-ouest), texte du Credo (au sud-est), et aux fenêtres basses de la nef : Saint-Albert (2e travée sud), Sainte-Anne (3e travée sud), et trois saints missionnaires : Saint-Antoine de Padoue, Saint-François-Xavier, Saint-François d’Assise (2e travée nord) ainsi qu’une petite rosace représentant Sainte-Catherine de Sienne, (3e travée nord). La grande rosace du fond de l’église, au-dessus de la tribune, s’inscrit dans un cadre sannoisien Sainte-Thérèse de l’Enfant-Jésus, apparaît près du clocher de l’église et du moulin. Valentine Reyre fit ces cartons en 193756.

Enfin, signalons la présence d’un chapiteau moderne, sculpté en 2000 : « Chaîne d’amitié ou de prière communautaire », par l’artiste sannoisien Dan Robert, pour marquer le centenaire de l’église et aussi l’avènement du nouveau millénaire (2e travée nord).


La villa Rozée, une mairie devenue le musée Utrillo

Cette ancienne demeure bourgeoise a servi de mairie de 1884 à 1991 : elle porte le nom du propriétaire qui a vendu ce bien à la commune, à la suite d’une déclaration d’utilité publique. L’histoire de ce bâtiment nous est assez bien connue, surtout par l’analyse de plusieurs plans du XVIIIe siècle.

Nous savons ainsi qu’en 1725, la propriété entourée d’un beau parc existe déjà ; elle s’étend, au sud, jusqu’au milieu de la rue Damiette. Le plan de 1787 montre qu’un agrandissement du bâtiment, côté ouest a été réalisé : il s’agit de la construction d’une chapelle. Cette partie élevée en matériaux plus légers a été très vite transformée en dépendance assez mal entretenue. Pour la partie la plus récente de cette propriété, l’architecte pourrait être François-Joseph Bélanger auquel on doit La Folie Saint-James de Neuilly (1777-1785)57. Assurément, il est impossible d’infirmer ou de confirmer cette hypothèse.

Certes, la construction offre les caractéristiques architecturales du XVIIIe siècle, mais il apparaît que la façade de l’édifice n’offre pas une unité de style : les fenêtres assez étroites du rez-de-chaussée, les fenêtres à la mansarde du second étage, les macarons qui ornent le premier étage évoquent le tout début du XVIIIe siècle.

Quant au campanile dont les cartes postales de 1905 présentent l’aspect le plus ancien, son style assez gracile, la guirlande entourant l’horloge, témoignent d’une architecture appréciée dans la seconde moitié du XVIIIe siècle.

Dès que l’édifice a été acheté par la ville, il a été très bien entretenu : sa façade a connu de multiples rénovations. Après la guerre de 1914-1918, des bandes de fausses briques rouges lui ont donné l’aspect d’un bâtiment de style Louis XIII. La façade a retrouvé maintenant son style XVIIIe siècle. L’ancien parc sert, depuis longtemps, de cour de récréation aux élèves de l’école Jules Ferry.

La construction d’une nouvelle mairie ayant été décidée en 1991, le bâtiment a été transformé en musée consacré au peintre Utrillo qui a séjourné deux fois, à Sannois, et dont l’œuvre s’est très souvent inspirée du charme des paysages sannoisiens.

Grâce à cette décision, l’ancienne demeure du XVIIIe siècle a vu s’ouvrir devant elle une nouvelle existence, placée sous le signe de la vie artistique58.


Le moulin de Sannois sur le Montrouillet

La colline du Montrouillet fait partie de la butte témoin de Cormeilles-en-Parisis, au-dessus des formations gypseuses, une épaisse couche de sables de Fontainebleau la couronne. Sur ce sol sablonneux se trouve le sommet de la butte de Sannois à une altitude de 162 m NGF, c’est là que s’élève le moulin, dans une rue calme, bordée d’un petit bois : elle s’appelle la rue des Moulins.

C’est le plus important exemplaire subsistant en France de moulin-pivot ou chandelier (dit aussi à cage ou moulin-pioche). À l’inverse des moulins-tours, dits aussi à pile, dont la spécificité réside dans la structure formée d’une tour fixe surmontée d’une calotte mobile (la commande se faisant généralement depuis le sol grâce à une queue), le moulin-pivot de Sannois tourne entièrement autour d’un axe : en l’occurrence une pièce de chêne de 6 m x 0,86 m constitue la base du pivot ; deux soles de 8 m de long pour 0,40 m x 0,42 m d’équarrissage supportent l’ensemble du moulin. Dans la partie haute de l’édifice, le rouet (monté sur un arbre de 6,50 m x 0,60 m x 0, 60 m d’équarrissage dans lequel sont enfilées les ailes) entraine le mécanisme. Les ailes (21 m) sont constituées de la vergue (12 m x 0,24 m x 0,36 m d’équarrissage) renforcée en chaque extrémité par deux scions cintrés en queue de billard (4,50 m de long). Toutes ces données sont celles relevées (après la restauration de 1975) et avant la « restauration » profonde réalisée en Belgique, en 2008.

La célébrité du moulin de Sannois est surtout due, toutefois, au séjour et aux peintures de Maurice Utrillo (période 1912-1914), ou encore à la popularité de ses bals musettes d’autrefois (période 1900)59.

Une toile du musée Utrillo représente le moulin de Sannois (celui datant de 1625, démoli en 1926) au premier plan et, à l’arrière plan, le moulin actuel.

Face au moulin, au lieu-dit La Montagne, s’étend maintenant une belle parcelle de vigne (cépages chardonnay et pinot). Elle fournit un vin blanc au goût très agréable, à boire, bien sûr, avec modération. Au début du siècle dernier déjà, nous savons, grâce au témoignage de cartes postales anciennes que des ceps de vigne prospéraient à cet endroit particulièrement bien situé du côté sud de la colline, face à Argenteuil.


ILS ONT HABITÉ SANNOIS


Cyrano de Bergerac

Le célèbre écrivain du XVIIe siècle (1619-1655), précurseur des philosophes du siècle suivant, compte parmi les personnages célèbres de Sannois. Une rue de la localité porte son nom, afin de pérenniser le souvenir de cet auteur anticonformiste qui inspira à Edmond Rostand la pièce de théâtre : Cyrano de Bergerac. Certes, le séjour du héros de Rostand, à Sannois a été très bref : nous savons seulement que Cyrano, malade, a trouvé refuge, en juillet 1655, chez son cousin, Pierre de Cyrano qui habitait dans la localité. Mais quelques jours plus tard, Savinien Cyrano dit de Bergerac décédait. Sa dernière demeure, selon le témoignage du curé de l’époque, Cochon, a été l’église Saint-Pierre. Assurément l’édifice, depuis le XVIIe siècle, a été l’objet de nombreuses transformations et même d’une reconstruction au XXe siècle. Des fouilles menées en 1934 n’ont pas donné de résultats indiscutables. La localisation de la tombe de Cyrano dans l’église, en dépit des recherches minutieuses de Jacques Delaplace, ne peut être indiquée avec une précision absolue. Quant à la maison de Pierre de Cyrano, à la suite d’études bibliographiques très approfondies, Jacques Delaplace a montré qu’elle se situait à l’emplacement du 27 de l’actuelle rue Georges Clémenceau et non au 11 de la rue du Puits-mi-ville, comme l’indiquait la croyance locale60.

À Sannois, les traces matérielles de Cyrano « sannoisien » sont fort peu visibles, mais sa mémoire est présente, grâce aux témoignages culturels. C’est ainsi que la salle Cyrano de Bergerac, où se déroulent de nombreux spectacles, depuis son inauguration en 1978, rend hommage à un auteur, « découvert » par Edmond Rostand. Enfin, l’art plastique immortalise le souvenir de Cyrano, lorsque nous contemplons, sur le boulevard Charles de Gaulle, le buste de l’écrivain sculpté par l’artiste sannoisien, Dan Robert. C’est alors qu’en pensant à Cyrano et à son rêve de voyage fictif dans le Voyage dans les États et Empire de la lune61, puis dans le Voyage dans les États et Empires du soleil, nous sommes tentés de relire ses œuvres pour mieux prendre conscience de leur actualité au XXIe siècle62.


Madame d’Houdetot

M. et Mme d’Houdetot s’installent à Sannois en 1762, après avoir quitté Eaubonne où Elisabeth Sophie Françoise Lalive de Bellegarde, comtesse d’Houdetot a noué avec Jean-Jacques Rousseau la relation amicale que l’on sait63. Cette dernière est alors âgée de trente-deux ans. Le domaine qu’habite la famille, pendant la belle saison, sera totalement démoli, dès 1816, trois ans après le décès de la comtesse, par un groupe d’entrepreneurs de bâtiments, qui détruisent les belles demeures, pour utiliser, dans des constructions nouvelles, tous les matériaux susceptibles d’être réemployés (on les appelle la Bande noire au XIXe siècle).

Fort heureusement, la topographie de la propriété de M. et Mme d’Houdetot nous est bien connue, grâce à l’étude des plans du seigneur Joseph Duruey qui présentent, de façon détaillée, l’ensemble du village de Sannois en 178764.

Les biens de la famille d’Houdetot s’étendent de part et d’autre de l’actuel boulevard Charles de Gaulle, connu au XVIIIe siècle, sous le nom de Grand chemin de Paris à Pontoise, ou de Pavé de Paris.

Les immeubles d’habitation comptent deux parties, à droite et à gauche de la rue Vauconsant qui n’est pas encore percée à l’époque : ils sont situés en bordure de la grande route. Un très beau parc s’étend, au sud, jusqu’à la rue Dimeresse, devenue rue Georges Clémenceau. Il est entretenu avec un soin particulier. Nous pouvons, sur ce même plan, distinguer, dans la partie ouest, face aux bâtiments, des parterres rectilignes et un bassin. Du côté est, s’étend un secteur boisé qui peut laisser supposer que, là, une certaine liberté est laissée à la nature.

En face, sur le côté nord du Grand chemin de Paris à Pontoise, M. et Mme d’Houdetot possèdent aussi un grand pré : sa grande longueur s’étend de l’actuel Centre Médico-social presque jusqu’à la rue Cyrano de Bergerac.

Dès que Sophie d’Houdetot devient sannoisienne, elle éprouve pour le village un très grand attachement. Elle peut là, dans un cadre qui lui plait, poursuivre une activité de femme de lettres, passionnée par la vie politique de son temps, heureuse d’échanger une correspondance suivie avec les personnages célèbres de son temps. Mais, pour autant, la nouvelle habitante de Sannois ne vit pas repliée dans son domaine : elle s’intéresse à la vie de la paroisse : il lui arrive souvent d’aider financièrement des personnes démunies.

À une époque où peu de femmes jouent un rôle politique, Sophie d’Houdetot se passionne pour la liberté, qui lui paraît un bien inestimable. Sans doute ne la voit-elle pas assez présente en France, car c’est vers les « jeunes » États-Unis d’Amérique que son regard se tourne fréquemment. C’est ainsi qu’au terme d’un long échange de correspondances entre Sophie d’Houdetot et Benjamin Franklin, le grand législateur et savant vient à Sannois le 21 avril 178165. La comtesse, à cette occasion, accueille son hôte en lui adressant des poèmes de sa composition, exaltant la liberté qui rend les citoyens heureux. Puis un acacia de Virginie offert par Franklin est planté près d’un petit monument dédié à Voltaire. Il s’agit d’une « fabrique » qui se trouve à l’extrémité sud du domaine, et visible, quant à son emplacement, sur ce même plan de 1787.

Franklin gardera un si bon souvenir de cette visite qu’il conseillera à son ami, Thomas Jefferson, président des États-Unis d’Amérique de 1801 à 1809, de se rendre à son tour à Sannois. La rencontre a lieu le 20 juin 1785. Jefferson est heureux de rencontrer la vieille comtesse : il apprécie particulièrement le parc de Sannois où se fait entendre le chant du rossignol.

Entre Jefferson et Mme d’Houdetot les rapports sont certes, très cordiaux, mais ils ne présentent pas un caractère aussi amical que celui établi entre Benjamin Franklin et Sophie d’Houdetot. La Révolution de 1789 devenant proche : la famille d’Houdetot se rend alors beaucoup moins à Paris et réside surtout à Sannois. Conformément aux décisions de la Convention, Sophie d’Houdetot comparait devant les élus sannoisiens pour attester du paiement de l’impôt. Les délibérations du conseil municipal décrivent avec précision le visage de la ci-devant comtesse aux « cheveux grisons ». Cette évocation nous fait penser au tableau réalisé par Frédéric-Christophe, petit-fils de Sophie. Nous pouvons voir dans le salon sannoisien de la famille (dont la fenêtre est ouverte), un aperçu du paysage de Sannois en 1802 : un clocher au milieu d’arbres touffus et la colline surmontée d’un moulin. La maîtresse de maison est au centre du tableau, coiffée d’un bonnet, son mari à sa droite, son amant, Saint-Lambert66, qui réside très souvent à Sannois, à sa gauche.

Certes, sa passion pour Saint-Lambert est profonde, mais ce bonheur s’épanouit d’autant plus qu’il s’exprime dans un cadre particulièrement attachant. C’est ainsi que Sophie écrit en vers cette déclaration d’amour au village :

« Quelques amis, Sannois et la santé une douce société

Des beaux-arts la troupe chérie, voilà les objets de mes vœux,

Et les seuls objets dont je veux remplir le reste de ma vie ».

Fort heureusement, la ville n’a pas oublié Mme d’Houdetot, un mail porte le nom de cette sannoisienne célèbre. Tout à côté, le mail Jean-Jacques Rousseau rappelle l’idylle dont Eaubonne a été le témoin, sous un acacia en fleurs67. Sannois a donc réuni deux « amis » qui n’ont jamais voulu devenir amants.


Joseph Duruey, dernier seigneur de Sannois

En 1787, Joseph Duruey, riche banquier, acquiert la Seigneurie de Sannois, avec la moyenne et la basse justice et le droit de chasse. Sur l’acte d’achat, il est dit : employé d’État, receveur général des finances de la généralité de Poitiers. Le prince de Condé n’a plus que le droit de haute justice qu’il s’est réservé depuis 1664. Son domaine est très vaste et s’étend de l’actuel boulevard du Général de Gaulle jusqu’à la rue de Stalingrad.

Les plans conservés aux Archives municipales de Sannois68 permettent de se représenter la beauté de ce domaine. Le château, qui sera totalement détruit au XIXe siècle, se trouve entre l’impasse du Château et l’actuelle avenue Rozée.

Le parc, dessiné avec un soin minutieux, comporte de magnifiques parterres, des arbustes d’essences rares, des jets d’eau et plusieurs orangeries. À l’extrémité Est du domaine, une glacière établie auprès d’une petite mare permet aux propriétaires de conserver leurs produits alimentaires dans des conditions aussi bonnes que possible69.

Le 4 frimaire An II (24 novembre 1793), il est arrêté comme ancien receveur général et comme suspect. Le 10 frimaire An II (30 novembre 1793), le conseil municipal entreprend une démarche auprès du comité de sécurité générale pour obtenir son élargissement. Duruey est cependant condamné à mort par le tribunal révolutionnaire et guillotiné le 28 ventôse An II (18 mars 1794)70.


François Magendie, le savant physiologiste

François Magendie, physiologiste français, né à Bordeaux en 1873, et décédé d’une lente et cruelle maladie de cœur, à Sannois le 7 octobre 1855, le jour même où il accomplissait sa soixante-douzième année71. Médecin de l’Hôtel-Dieu et professeur de médecine au Collège de France (1830), où il précéda Claude Bernard, son élève. Il donna la première démonstration expérimentale de la distinction des nerfs moteurs et des nerfs sensitifs. Plus tard, il découvrit la sensibilité en retour ou récurrente des racines antérieures, et montra qu’elle n’est qu’un emprunt aux racines postérieures. On lui doit : Précis élémentaire de physiologie (1816), Leçons sur le choléra-morbus (1832), Leçons sur les phénomènes physiques de la vie (1836-1842), Leçons sur les fonctions et les maladies du système nerveux (1839). Il a publié, de 1821 à 1831, le Journal de physiologie expérimentale. Il fut élut à l’Académie de médecine en 1819 et à l’Académie des sciences en 1821.

Compte tenu de l’importance nationale et internationale de la carrière de François Magendie, celle-ci fait l’objet d’un article particulier « François Magendie, le savant physiologiste, à Sannois »72.

Archambault, piqueur de Napoléon Ier

Après la chute de l’Empire, les archives municipales mentionnent la présence dans la localité de l’un des familiers de Napoléon Ier. Il s’agit d’Achille-Thomas-Lucien Archambault, un piqueur remarqué par l’Empereur pour son extrême habilité à conduire les chevaux avec rapidité et précision. La tombe de ce soldat se trouve au cimetière de Sannois73. Présent à Waterloo, Archambault, chargé de la garde de la berline de voyage de Napoléon Ier, encerclé par les troupes autrichiennes, doit laisser cette voiture aux mains des assaillants. Seules, les clés ont pu être sauvées et sont maintenant conservées au musée de la Malmaison, accompagnées d’une notice d’explication rédigée par Archambault lui-même.

Jusqu’au décès de l’Empereur, ce vétéran est présent aux côtés de son ancien chef et vivra l’exil, à Sainte-Hélène, en qualité de cocher. En récompense de ses loyaux services, Archambault comptera parmi les légataires de Napoléon Ier, pour une somme de 60 000 francs.

En 1833, il s’installe à Sannois, 14 rue de Paris. Compte-tenu des transformations urbanistiques, nous pouvons seulement indiquer que cette maison se trouvait sur l’actuel boulevard Charles de Gaulle, entre la rue de Pierre-Paul Rétali et la rue Louis Moreaux.

À Sannois, Achille-Thomas-Lucien Archambault a pu retrouver un camarade de combat : le meunier Pierre Vieubled, lui aussi, présent à Waterloo.

Enfin, à Sannois, de 1821 à 1840, le maire, Louis Montalant, chevalier de la légion d’honneur, est un ancien officier d’artillerie de l’Empereur qui a eu le mérite d’organiser un corps de sapeurs pompiers. Louis Montalant est le premier maire dont nous connaissons le portrait74.


Le docteur Rétali, maire pendant la guerre de 1870

Dans l’ouvrage du docteur Pierre-Paul Rétali, maire de Sannois de 1861 à 1908, intitulé : Occupation Allemande de Sannois (1870-1871), paru en 1903, et réédité pour le centenaire de sa parution75. Il retrace la vie quotidienne des Sannoisiens confrontés à l’occupation prussienne, avec leurs terribles privations, écrite au jour le jour du 20 septembre 1870 au 9 septembre 1871.

Sur les 2 221 habitants de la commune, beaucoup ont préféré se réfugier à Paris ou bien en Normandie. Dans cette ville presque déserte, les maisons inoccupées sont très vite pillées par l’ennemi. Toute activité agricole est sévèrement réglementée, par crainte d’espionnage. Des incidents éclatent souvent entre la population peu à peu revenue et les occupants.

Pierre-Paul Rétali est omniprésent : avant tout, l’auteur est un médecin, qui observe avec rigueur les principes déontologiques de sa profession, soignant avec le même dévouement les Sannoisiens et les occupants allemands. Mais ce praticien n’oublie jamais son rôle de maire. Il se montre très habile négociateur face aux administrateurs prussiens et tente d’atténuer les rigueurs de l’occupation. Enfin, tout au long de son ouvrage historique, Pierre-Paul Rétali regarde sans cesse vers l’avenir et l’action : il souhaite par la publication de son ouvrage, aider les générations futures à dépasser la haine, pour atteindre la fraternité qu’il a constatée entre soldats allemands et français réunis à l’ambulance du Plessis-Bouchard, afin d’y être soignés.

N’est-ce pas là le message d’un humaniste dont la valeur demeure toujours actuelle à l’aube du XXIe siècle ?76


Le docteur Roux, le savant

Émile Roux (1853-1933) suit des études de médecine à Clermont-Ferrand. Sa pratique médicale commence par une collaboration avec Louis Pasteur, qui veut être assisté par un jeune praticien dans ses recherches sur les maladies infectieuses. Émile Roux accompagne Pasteur dans sa découverte du microbe du charbon, qui décime les troupeaux de moutons et collabore avec lui dans ses recherches sur le virus rabique. Mais surtout Émile Roux met au point le sérum prophylactique de la diphtérie (1894), puis du tétanos (1898). À partir de 1886, sa vie se confond avec celle de l’Institut Pasteur. Sous-directeur de 1895 à 1904, il devient directeur jusqu’à sa mort en 1933. Travailleur acharné, il se prive souvent de vacances pour ne pas confier des malades âgés auxquels il s’est attaché à de jeunes médecins remplaçants, et il ne partira pas en retraite.

C’est en 1921 que le Docteur Roux acquiert plusieurs terrains au sommet de la colline de Sannois, une salle de bal, une maison, ainsi que deux moulins. Dès 1922, il reçoit de Louis Moreaux, maire de Sannois, une lettre l’informant que le coteau du Montrouillet est proposé au classement « parmi les sites et monuments naturels de caractère artistique ». Certes, le nouveau propriétaire se montre soucieux, dans sa réponse, de ne pas altérer le paysage, mais il refuse de souscrire un engagement plus précis, car il entend rester libre des biens qu’il a acquis.

En 1924, le Docteur Roux décide de vendre la plus grande partie de ses propriétés du Montrouillet. Il ne conserve qu’un petit terrain de 500 m2. Beaucoup de Sannoisiens s’inquiètent du sort des deux moulins qui tombent de plus en plus en ruines. En 1925, le Docteur Roux obtient le permis de construire une maison sur le terrain qu’il a gardé, rue des Moulins. La démolition de l’un de ces bâtiments (le vieux moulin datant de 1625, peint par Utrillo), en 1926, par le nouveau propriétaire est regrettée dans la commune77.


Alexandre Ribot

Le souvenir de cet homme politique (1842-1923) est conservé dans la toponymie sannoisienne par la dénomination de « square Alexandre Ribot » et de « villa Ribot » donnée en 1973 lors de l’achat par la commune de l’ancienne propriété Lapierre, jadis habitée par Alexandre Ribot, homme politique très influent sous la troisième République. Ce parlementaire, élu député en 1878, est devenu sannoisien en 1881, par l’acquisition faite à Mr et Mme Dumont d’une belle demeure située au 119 de l’actuel boulevard Charles de Gaulle. Un parc assez vaste entourait la demeure : le nouveau propriétaire l’agrandit très vite par l’achat d’un champ de groseilliers, d’un bosquet et d’un jardin contigu. La maison d’habitation construite peu après la Révolution de 1789, a été remaniée dans le style résidentiel des propriétés datant de la quatrième République. D’anciennes constructions en bordure de la rue sont démolies, à l’initiative du nouveau propriétaire, pour mieux mettre en valeur l’esthétique du bâtiment central.

Alexandre Ribot conserve ce bien jusqu’en 1896 et se montre discret dans la commune. Son épouse quant à elle, participe financièrement à l’aide aux déshérités et fait aussi des dons à l’église. Pendant les quinze années de sa vie sannoisienne, Alexandre Ribot gravit les échelons de la vie politique : ministre des Affaires étrangères en 1890, il joue un rôle très important dans la conclusion de l’accord franco-russe, en 1892.

Continuant à monter dans la carrière gouvernementale, c’est ainsi qu’il obtient, pendant la guerre de 1914-1918, une aide financière de la part de l’Angleterre et surtout, il associe la population civile française à l’effort de l’armement, en créant les bons de la Défense nationale.

Mais surtout, Alexandre Ribot s’efforce de permettre à tous la possession d’un logement agréable. Il propose cette réalisation dans un ouvrage où il expose sa volonté de progrès social : L’utilité des caisses de crédit immobilier pour favoriser l’accession de la propriété aux ouvriers (1905)78.


Louis de Robert, journaliste et écrivain

C’est le 13 janvier 1898 que, dans sa célèbre déclaration « J’accuse… ! », Émile Zola écrit dans le journal l’Aurore, son article en faveur de Dreyfus. Ce qui nous vaut la mémoire d’un sannoisien célèbre, Louis de Robert, qui seconda Zola, au cours de cette campagne de presse engagée par bon nombre d’intellectuels français.

Certes, l’œuvre littéraire de Louis de Robert est maintenant totalement oubliée. Mais à Sannois existe la rue Louis de Robert dans le calme quartier pavillonnaire proche d’Ermont, tout près de la rue Keiser. L’ouvrage consacré à Sannois au XXe siècle79 mentionne, de son côté, la présence dans la commune de cet écrivain qui connut son heure de gloire à la Belle Époque. Néanmoins, il est évident que, même au niveau local, la place qu’a occupée Louis de Robert dans les lettres françaises n’est guère manifeste.

Ce sannoisien discret vient s’installer dans la localité en 1902, il y demeurera jusqu’à sa mort, le 27 septembre 1937, à l’âge de soixante six ans. Louis de Robert habite quelque temps rue Magendie, en tant que locataire du maire, M. Moreaux. Mais bientôt des constructions neuves firent ressembler cette rue « à un coron de mineurs », selon l’expression de l’écrivain lui-même. C’est donc pour fuir cet environnement peu attirant que Louis de Robert et sa mère s’installent au 37 rue Touzelin , dans la villa Henriette, un cadre qui leur parait enchanteur, car il a gardé le charme de la campagne.

Louis de Robert, après un long séjour au sanatorium de Davos, au début du siècle, n’a du son salut qu’aux soins éclairés des médecins et à la tendre vigilance de sa mère. Mme Alexandrine Zola, en remerciant Louis de Robert pour l’envoi du Roman du malade, souligne à juste titre, combien l’ouvrage constitue à cet égard un témoignage authentique sur la grave maladie de l’auteur du livre. Elle note en effet : « On a cette joie, à la dernière ligne, de voir que dans la vie, l’ami vous a été réservé et qu’il a échappé à cette fin si dramatique ».

Il commence à travailler comme journaliste en tant que critique littéraire. Paul Faure est témoin à son mariage, à la fin de 1928, avec la jeune Jeanne Humbert (elle est de trente ans sa cadette), téléphoniste à la poste de Sannois. Jean Rostand vient souvent le voir à son domicile. Louis de Robert est un des premiers à déceler le génie de Marcel Proust, qui lui voue une grande amitié. Il collabore avec Pierre Loti. Au journal, il se lie avec Coppée, Barrès, Jules Renard, Paul Hervieu, d’Erparbès, Tristan Bernard, Paul Brulat, Alphonse Allais, Lucien Descaves, Alphonse Daudet. À Cambo, il fréquente Edmond Rostand, etc.

Il reçoit le prix Fémina pour son ouvrage autobiographique : Le roman du malade et, en 1930, le prix Lasserre pour l’ensemble de son œuvre.

La place importante occupée par Louis de Robert dans la vie littéraire française est bien soulignée par l’article que lui a consacré, sur une page entière, Le Figaro littéraire du 28 septembre 1987. Article d’autant plus émouvant qu’il célèbre le cinquantième anniversaire de la disparition de l’écrivain. Mme de Robert, de son côté, a publié en 1987 un livre de souvenirs au titre fort bien choisi : Le cœur a ses raisons, remarquable biographie de Louis de Robert. Décédée en 1994, elle a légué à la ville de Sannois de nombreux témoignages bibliographiques concernant la vie et l’œuvre de son mari. C’est enfin pour célébrer le centenaire de sa disparition qu’une conférence présentée par le docteur André Cancelier et Mme Denise Bobard-Paulard ont présenté une conférence le 9 juin 199880.


Maurice Utrillo, peint des paysages sannoisiens

Le peintre Maurice Utrillo, (Paris 1883 - Dax 1955), est fils de la femme-peintre Suzanne Valadon et, croit-on, d’un bohème nommé Boissy. Il porte à partir de 1891 le nom d’Utrillo, qui est celui du peintre et écrivain catalan Miguel Utrillo. Celui-ci réside à l’époque à Montmartre et reconnait l’enfant. Suzanne Valadon, de son côté, est modèle dans divers ateliers. Maurice Utrillo est élevé par sa grand-mère, rue du Poteau et rue Tourlaque. Après le mariage de sa mère avec Paul Moussis, il quitte Montmartre pour Pierrefitte, banlieue campagnarde au nord de Paris. Il fréquente l’école primaire de Montmagny, puis le lycée Rollin. La faiblesse de son caractère le conduit à l’alcoolisme. Il prend un poste au Crédit foncier, d’où son intempérance le fait renvoyer. Il doit subir à dix-huit ans une première cure de désintoxication. Quand il regagne Pierrefitte, il a recouvré la santé, mais l’inaction lui pèse. Aussi, pour le distraire, sa mère lui donne-t-elle des cartons et des couleurs. Il commence alors à reproduire des paysages qu’il voit de sa fenêtre. Séduit par les Impressionnistes, Sisley, Pissaro, il s’intéresse à ce travail, puis il va peindre en plein air et exécute, dans les années 1902-1903, de nombreux paysages de Montmagny et de la butte Pinson. Devant les résultats qu’il obtient, la surveillance de sa mère se relâche et Utrillo quitte la banlieue pour regagner Montmartre, où il ne tarde pas à reprendre ses habitudes. Son état d’esprit s’accorde parfaitement avec les faubourgs lépreux dont toute sa vie il exprimera la mélancolie. Il peint les rues du vieux Montmartre et propose ses cartons aux marchands de vin du quartier, qui, parfois, acceptent de le servir en échange d’un paysage. Vers 1907, il se dégage de l’influence des Impressionnistes et entre dans ce qu’on nommera plus tard « l’époque blanche », d’une grande fécondité (700 à 800 œuvres). Pourtant, il ne peint que pour boire. Beuveries et batailles le conduisent au poste de police. Pour l’arracher aux tentations de la rue, Suzanne Valadon lui procure comme modèles des cartes postales, dont il s’inspire avec la même ferveur. À l’époque blanche, succèdent d’autres périodes, où dominent les rouges et les bleus. Il subit un moment l’influence de sa mère. Dans ses paysages, il fait figurer parfois de petits personnages, des femmes surtout, et pousse la minutie du détail à l’extrême. En 1912, il expose au Salon des indépendants et au Salon d’automne, et présente, en mai 1913, sa première exposition, à la galerie Eugène Blot, rue Richepanse. Bien que la critique soit réticente, on commence à admettre que l’incorrigible ivrogne, dont les séjours dans les maisons de santé et les asiles d’aliénés se multiplient, est un artiste. Mais sa mère et son beau-père, André Utter, ne peuvent plus le laisser sortir : cloîtré désormais rue Cortot, puis avenue Junot et au château de Saint-Bernard (Ain), il se livre à une production intensive qui est son unique distraction. En 1926, il brosse les décors de Barabau pour les Ballets russes et, en 1948, ceux de Louise pour l’Opéra-Comique. En 1935, il épouse la femme-peintre Lucie Valaure et mène à ses côtés, dans leur villa de banlieue, une vie édifiante. Maurice Utrillo est représenté dans les musées d’art moderne du monde entier.

Utrillo a séjourné deux fois à Sannois, deux mois à la fin du printemps 1912 et six mois de la fin de 1913, à juillet 191481.

Le souvenir de cet artiste, dont l’œuvre s’est très souvent inspirée du charme des paysages sannoisiens, est conservé par la création du musée qui lui est dédié dans l’ancienne mairie de Sannois, la villa Rozée, place du Général Leclerc.

Après Utrillo, plusieurs artistes de renom ont séjourné à Sannois dans la deuxième moitié du XIXe et au début du XXe siècle. Parmi eux, Bénédicte Masson et Eugène-Henri Cauchois, remarqués aux Salons officiels et Charles Sébastien Giraud, très en vue lui aussi et familier de la princesse Mathilde, à Saint-Gratien. À la même époque, Jean-Joseph Beaudoin est un illustrateur recherché des grandes rédactions parisiennes. Plus près de nous, citons René Prat, fondateur de la Société régionale des Beaux-arts, l’Atelier, et les trois sœurs Blanche, Léonie et Lucie Louppe dont de nombreuses familles sannoisiennes possèdent des tableaux de bouquets de fleurs82.


Gérard Ducoeur,

avec des contributions de Mme Bobard-Paulard,

novembre 2009.


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1 Cf. « Géologie de la vallée de Montmorency dans le Parisis. Géologie, géomorphologie, utilisation des roches et des ressources naturelles par l’homme ».

2 Le village de Sannois est figuré sur le plan de « Trudaine », archives nationales, cartes, plans et photographies, cote : F 14* 8448, planche 3. Les atlas dit de « Trudaine » ont été dressés par Daniel Charles Trudaine et Jean Rodolphe Perronet entre 1745 et 1780.

3 Arch. nat., K 21, n° 115, cité par Bedos (B.), La Châtellenie de Montmorency des origines à 1368, Aspects féodaux, sociaux et économiques, SHAPVOV, 1980, p. 25.

4 Ermont a perdu son double caractère militaire et commercial lorsque la chaussée Jules César a été abandonnée pour un itinéraire vers Pontoise passant par Épinay et Sannois

5 Roblin (M.), Le terroir de Paris aux époques gallo-romaine et franque, Picard, Paris, 1971, p. 243.

6 Chauche-Floury (D.) et Wabont (M.), Sannois, in Wabont (M.), Abert (F.), Vermeersch (D.), (sous la dir.), Carte Archéologique de la Gaule, Val-d’Oise, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Paris, 2006, p. 408.

7 Suger, Liber de administratione sua, cité par Lebeuf (abbé J.) : Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris, Paris, t. 2, 1758, ré-éd. 1883, art. Sannoy, p. 39-40 et p. 44.

8 Le premier pouillé du diocèse de Paris, doyenné de Gonesse, datant de 1205 cite : ecclesia de Centum Nucibus, De Donatione episcopi.

9 Mulon (M.), Noms de lieux d’Ile-de-France. Introduction à la toponymie, Ed. Bonneton, 1997, p. 10.

10 Sacchi (C.), Des hommes habitent Sannois depuis 500 000 ans, in Barbier (E.), Delaplace (J.), Riboulleau (C.), Sacchi (C.), Turgis (G.), Un village nommé Sannois, éd. Valhermeil, 1992, p. 23-30.

11 Massuchetti (abbé F.), Notes sur Sannois, 1909, réédition Le Livre d’histoire-Lorisse, Paris, 2005.

Paulard (D.), Rue Damiette, in Au nom de la rue ou une monographie consacrée à l’onomastique des rues sannoisiennes en l’an 2001, « Sannois d’Hier à Aujourd’hui », éd. Valhermeil, 2001, p. 20.

12 Roblin (M.), op. cit., p. 242-244. Cette datation paraît trop ancienne et aucun document, ni découvertes ou fouilles archéologique ne la confirme.

13 Cf. « La fontaine Saint-Flaive et l’Ermitage à Sannois - Les reliques de Saint-Flaive à Ermont ».

14 Lebeuf (abbé J.) : op. cit., t. 2, p. 44-45.

Roblin (M.), op. cit., p. 242.

15 Lefèvre-Pontalis (E.), Séance du 23 décembre 1914, in Bull. Soc. Antiquaires de France, 1914, p. 299.

Toussaint (M.), Répertoire archéologique du département de Seine et Oise, in Bull. Com. Antiq. et Arts de Seine-et-Oise, 53, 1951, p. 132.

16 Bournazel (É.), Louis VI le Gros, éd. Fayard, 2007, p. 62-63.

17 Vaquier (A.), Le château du Mail- La fontaine Saint-Flaive et l’Ermitage, in Ermont des origines à la Révolution française, SHAAPV, 1965, p. 97-104.

Chevalier (É.-O.), Notices sur la commune et sur l’hospice d’Argenteuil, Saint-Denis, 1859, réédition Le Livre d’histoire-Lorisse, Paris, 1993, 314 p.

Cf. « La présence des Templiers en vallée de Montmorency - L’ancienne « commanderie » du château du Mail à Sannois ».

18 Roblin (M.), op. cit., p. 124.

Cf. « La protohistoire en vallée de Montmorency ».

Cf. « La chaussée Jules César et le vicus d’Ermont-Les sites gallo-romains de Taverny ».

19 Cf. « Les pépiniéristes en vallée de Montmorency ».

20 Cf. « Les points d’eau en vallée de montmorency à travers l’histoire ».

21 Le Grand (L.), Les Maisons-Dieu et léproseries du diocèse de Paris au milieu du XIVe siècle, d’après le registre de visites du délégué de l’évêque (1351-1369), in Mémoires de la Société de l’histoire de Paris et de l’Ile de France, t. 24, 1897, p. 61-365 et t. 25, 1898, p. 50-159.

Touati (F.-O.), Archives de la lèpre. Atlas des léproseries entre Loire et Marne au Moyen Âge, CTHS, 1996, p. 305-324.

Cf. « Les maladreries, les léproseries, les Hôtels-Dieu en vallée de Montmorency ».

22 La prisée est un ensemble de paroisses couvertes par la desserte d’une léproserie ou d’une maladrerie.

23 Bedos (B.), op. cit., p. 47.

24 Delaplace (J.), Le fief des Charités, in Barbier (E.), Delaplace (J.), Riboulleau (C.), Sacchi (C.), Turgis (G.), op. cit., p. 115-118.

25 Counot (C.), Les vignerons de Sannois au XVIIIe siècle. Étude démographique et sociale d’un village du Parisis, Thèse à l’École nationale des Chartes, 10 déc. 1966, p. 182 et 187.

26 Le plan terrier de Joseph Deruey, seigneur de Sannois en 1787, est conservé aux Archives municipales de Sannois, 10 planches sont conservées (La Commanderie, La Seigneurie, La Belle-Étoile, La Croix-des-Marais et le Bois-Catinat, Cernay, Les Fossés-Trempés, Les Piretins, Le Poirier-Baron, La Mare, Les ruines du Mail), une seule planche a disparu, sans doute à la Révolution, celle concernant le quartier de l’église Saint-Pierre et Saint-Paul.

27 En 1785, on ne trouve que deux moulins en marche : le troisième ne sera construit qu’à partir de 1790 : il a brûlé en 1901. Le plus ancien moulin en bois (c.1625), sera détruit en 1926.

28 Lebeuf (abbé J.) : op.cit., p. 45.

Cf. « Les Cassini astronomes et géographes à Franconville ».

29 Lefeuve (C.), Sannois, in Le tour de la Vallée. Histoire de la vallée de Montmorency, 1856 et 1866, ré-éd. CHAEVM, n° 2, 1975, p. 118.

30 Lachiver (M.), Vin, vigne et vignerons en région parisienne du XVIIe au XIXe siècle, SHAPVOV, 1982, p. 831 et 835.

Arzalier (F.), Du berceau à la tombe, in Des villages dans l’histoire, vallée de Montmorency (1750 à 1914), éd. Pr.Univ. Septentrion , Lille, 1996, 340 p., p. 30.

31 Muchembled (R.), Bennezon (H.), Michel (M.-J.), (sous la dir.), Histoire du grand Paris, de la Renaissance à la Révolution, Perrin, 2009, p. 49.

32 Procès-verbal d’arpentage de Sannois, AD 95, C6, cité par Quellier (F.), Des fruits et des hommes. L’arboriculture fruitière en Ile-de-France (c.1600-c.1800), PUR, 2003, p. 87.

33 Buffévent (B. de), L’Économie dentellière en région parisienne au XVIIe siècle, SHAPVOV, Pontoise, 1984, Les paroisses dentellières, p. 58-59.

34 Cf. « Les nourrices rurales d’enfants des « bourgeois » de Paris et de la région parisienne - Du berceau à la tombe ».

35 Arzalier (F.), op. cit.., p. 55-62 et en particulier p. 59-62 pour Taverny.

36 Lebeuf (abbé J.) : op. cit., t. 2, p. 43.

37 Dupâquier (J.), (sous la dir.), Paroisses et Communes de France, Dictionnaire d’histoire administrative et démographique, Région Parisienne, éd. CNRS, Paris, 1974, p. 600.

38 Counot (C.), op.cit., p. 101 et 175.

39 Arch. nat. L 900.

40 Cf. « Vignes et vignerons en vallée de Montmorency ».

41 Cf. « Les carrières à plâtre, tuiliers et briquetiers en vallée de Montmorency ».

42 Dupâquier (J.), (sous la dir.), op.cit., p. 454.

43 Cancelier (A.), Paulard (D.), Sannois hier et aujourd’hui, Valhermeil, 1993, 184 p., p. 22-24.

44 Baduel (D.), Briqueteries et tuileries disparues du Val d’Oise, St-Martin-du-Tertre, S.I., 2002, p. 229-240.

45 Voir infra note 50.

46 Lebeuf (abbé J.) : op. cit., p. 43.

47 Roblin (M.), op. cit., p. 243.

48 Le fief de Saint-Lor occupait le sud-ouest de Sannois, entre le tracé actuel de l’autoroute A 15 et la crête des buttes de Sannois et de Cormeilles. La quinzaine de documents qui mentionnent ce territoire s’étagent du XIIIe au XVIIIe siècle. Ils ne laissent aucun doute sur l’implantation sannoisienne du fief ni sur sa mouvance, au XIIIe siècle, des seigneurs de Montmorency. Cf. Barbier (E.), et al., Le fief de Saint-Lor, in op. cit., 1992, p. 68-70.

Bedos (B.), op. cit., p. 159.

49 Barbier (E.), et al., op. cit., 1992, p. 73-74.

50 Cette église a été reconstruite en deux étapes : en 1900-1901, puis en 1934-1935, notamment pour la partie est (où se trouvent le clocher et le baptistère). A noter aussi cette particularité, l’église à son chœur orienté à l’ouest, et son porche à l’est, du fait de sa reconstruction sur un édifice antérieur, encore partiellement en place, au moment de cette- reconstruction, réalisée en deux phases.

51 Barbier (E.), et al., op. cit., 1992, p. 74-75.

52 Royer (C.), Les vignerons usages et mentalités des pays de vignobles, Paris, Berger-Levrault, 1980, p.166. L’auteur ne sépare pas le culte de saint Vincent, dont la fête est célébrée le 22 janvier, de celui de saint Blaise dont la fête est célébrée le 3 février, en souvenir de ce martyr arménien supplicié, lui aussi, sur l’ordre de l’empereur Dioclétien. Pour lui, ces deux saints président au démarrage du cycle végétatif de la vigne.

53 Vaquier (A.), La plaque de Gaspard Paul, receveur de l’Hôpital général de Paris, mémoires SHAPVOV, t.63, 1970, 8 p.

54 Voir plus loin le chapitre concernant Savinien Cyrano dit de Bergerac.

55 Guilhermy (F. de), Inscriptions et épitaphes de la France du Ve au XVIIIe siècle. Ancien diocèse de Paris, Paris, 1875, in 4°, t. 2, p. 306-307.

56 Cf. « Valentine Reyre (1889-1943), la passion du sacré à Ermont, Montmagny, Sannois ».

57 Selon le témoignage de Mme Maroger-Gillet, document dactylographié, déposé aux archives communales.

Césari (D.), Les jardins des Lumières en Île-de-France, éd. Parigramme, 2005, p. 60-64.

58 Texte rédigé par Mme Denise Bobard-Paulard que nous tenons à remercier ici pour son active contribution.

59 Torrès-Guardiola (P.), Moulin de Sannois, in Poisson (G.), (sous la dir.), Dictionnaire des monuments d’Île-de-France, éd. Hervas, 2001, p. 758-759.

Paulard (D.), Le moulin de Sannois, monument historique, site classé, Ville de Sannois, 1987, 32 p.

Cf. « Le(s) moulin(s) de Sannois ».

60 Delaplace (J.), Cyrano de Bergerac, in Stemma, Revue du CÉGHIDF, cahier n° 62, 16e année, t. 16, fasc. 2, 2e trim. 1994, p.1367-1372.

61 Ouvrage posthume, publié en 1657, deux ans après le décès de l’auteur.

62 Voir note 58. Cf. aussi Bobard-Paulard (D.), À la conquête du monde spatial, Technologie et rêve dans le sillage de Blaise Pascal, de Cyrano de Bergerac et de Jules Verne, conférence du 18 décembre 2004, Association « Sannois d’hier à aujourd’hui », 28 p.

63 Cf. « Jean-Jacques Rousseau et Mme d’Houdetot ».

64 Voir note 26.

65 Benjamin Franklin vient à Franconville rencontrer le comte de Tressan, vers 1777. C’est lui qui l’introduira chez Mme d’Houdetot à Sannois. Il deviendra aussi l’ami de Cadet de Vaux. Cf. « Un philanthrope méconnu Cadet de Vaux (1743-1828) à Franconville ».

66 Cf. « Le quiproquo de l’anniversaire de Saint-Lambert »

67 Cf. « Jean-Jacques Rousseau et Madame d’Houdetot ».

68 Voir note 26.

69 Voir note 58.

70 Delaplace (J.), Sannois sous la Révolution, Valhermeil, 1989, p. 59-62.

71 Massuchetti (abbé F.), Le Petit-Cernay, in op. cit., p. 129.

72 Cf. « François Magendie, le savant physiologiste, à Sannois »

73 Cimetière de Sannois, Section Da 6.

74 Voir note 58.

75 Rétali (P.-P.), Occupation allemande de Sannois (1870-1871), Sannois, 1903, ré-éd. Association « Sannois d’Hier à Aujourd’hui », préface de Mme Denise Bobard-Paulard, 2003, 154 p., 5 planches hors texte.

76 Voir note 58. C’est peu de temps auparavant, qu’Auguste Rey publie le Journal et impressions du maire et du curé de Saint-Prix pendant la guerre (de 1870-1871), Paris, Champion, 1899. Ces deux ouvrages historiques sont les seuls, à notre connaissance, à traiter ce conflit d’une manière ample pour la vallée de Montmorency.

77 Voir note 58. Les Sannoisiens se sont alors déchaînés sur le nouveau propriétaire dans un journal : « Aurore Sannoisienne », le style pastichait le texte de Zola : « J’accuse… ! », en janvier 1898, dirigé par Clémenceau.

78 Voir note 58.

79 Cancelier (A.), Paulard (D.), op.cit., p. 106-108.

80 Cancelier (A.), Paulard (D.), Louis de Robert, journaliste et écrivain sannoisien, engagé dans l’affaire Dreyfus, Association « Sannois d’Hier à Aujourd’hui », conférence du 9 juin 1998, 22 p.

81 Cancelier (A.), Paulard (D.), op. cit., 1993, p. 59-60.

82 Cancelier (A.), Paulard (D.), op. cit., 1993, p. 60.