HISTOIRE GÉNÉRALE DE TAVERNY




Taverny est la commune la plus étendue de la Vallée : 1268 hectares, élément qui contribue à lui attribuer une forte ancienneté, ce qui fut confirmé par les nombreuses fouilles archéologiques menées depuis la fin du XIXe siècle. Son territoire primitif était plus grand en superficie, du fait qu’il appartenait à l’origine à un ensemble encore plus important démembré. Le ban paroissial de Saint-Etienne d’Ermont, comprenait au Ve siècle, selon Michel Roblin, 5 000 hectares qui aurait englobé à l’époque Bessancourt, Taverny, Saint-Leu, Saint-Prix, Montlignon, Andilly, Margency, Eaubonne, Sannois, Franconville et Le Plessis-Bouchard1.

La commune s’étage sur le coteau sud des buttes témoins de Montmorency, entre 65 et 185 m d’altitude. Malgré une forte urbanisation, elle conserve encore un couvert forestier important, qui occupe un tiers du territoire sur les hauteurs surplombant l’agglomération.


Taverny au Moyen Âge et dans l’Ancien Régime

Située à 500 m de l’ancien centre et à l’orée de la forêt, l’église Notre-Dame domine d’une quarantaine de mètres le village qui s’étire le long de la route de Paris à Méry-sur-Oise et Auvers-sur-Oise, avec la présence d’un pont attestée au IXe siècle2. À l’est, se trouve le hameau de Vaucelles et au nord-ouest celui de Montubois, attesté sous la forme de « Maant » en 11743, avec son prieuré et sa chapelle. Le plan d’Intendance de 1780 indique de grandes surfaces occupées par des vignes qui couvrent alors près de 400 arpents (environ 137 ha). Deux grands domaines se partagent le sud du territoire : Boissy, avec le bois du même nom et Beauchamp, également couvert d’une grande surface boisée. Ce dernier sera élevé au rang de commune en 19224.

Jusqu’à cette date, la limite méridionale de la commune s’appuie sur la chaussée Jules César. La possession de la villa de Taberniacus (Taverny)5 est confirmée en 754 par Pépin le Bref à l’abbaye bénédictine de Saint-Denis. Ce toponyme qui évoque des boutiques, voire des tavernes6, a été mis en relation avec la voie antique7, mais il pourrait tout aussi bien s’appliquer à l’habitat situé le long de la vieille route d’Auvers, à la période carolingienne.

Quant à l’église Sainte-Marie de Moncelles (ecclesia de Moncelli) « près Taverny8 », elle est donnée vers 1121 à l’abbaye bénédictine de Saint-Martin de Pontoise9 avec l’assentiment de Bouchard IV de Montmorency10, seigneur de Conflans, qui la tenait en fief de l’évêque de Paris11. Elle a pour second patron Saint-Barthélemy. Avant 1189, le village voisin de Bessancourt12 relève de la paroisse de Taverny13.

Mais la population tabernacienne est faible : seulement 60 habitants en 147014. La Jacquerie de 1358, les compagnies anglaises de la guerre de Cent Ans, puis la Fronde, de 1648 à 1652, ravagent une grande partie de la vallée de Montmorency.

L’activité essentielle est l’agriculture, avec l’exploitation des terres à blé, mais aussi la viticulture très présente dans la vallée, celle-ci régresse fortement à partir du XVIIIe siècle au profit de la culture légumière et arboricole15, mise en place par les plus gros marchands laboureurs.


Le village comprend la seigneurie censière de Taverny et de nombreux fiefs laïques : du Haut-Tertre ou de la Sablonnière, du Plessis-Beauregard, le fief de Bertencourt, le fief Morlet, des Écuyers de Juilly, de Glenne ou de la Fatie, de Vaucelles, de l’Aumusse, et des deux réunis (dit de Vaucelles), de Boissy, et de la garenne de Beauchamp, sans compter les fiefs ecclésiastiques, de l’église Notre-Dame-de-l’Assomption de Taverny (Archevêque de Paris), du prieuré de Taverny (Saint-Martin de Pontoise), du Plessis-Bouchard (ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem), de « Maant » ou du prieuré Saint-Christophe de Montubois aux cisterciens de Notre-Dame-du-Val (à Mériel), au XIIe siècle, puis à Notre-Dame-la-Royale (Maubuisson), au XIIIe siècle, et enfin devenu prieuré Saint-Jacques (Jésuites de Paris), au XVIIe siècle, des Lignières appartenant à l’église Saint-Nicolas du Plessis-Bouchard, etc. dont nous présenterons la liste des actes, conservés aux Archives du Musée Condé à Chantilly du XIIe au XVIIIe siècles16.

Au XVIIIe siècle, la population de Taverny a fortement augmenté : 225 feux, soit 900 habitants, en 1709. Elle connaît une augmentation lente à la veille de la Révolution : 306 feux, soit 1 224 habitants, en 1788. Elle remonte à 1 276 habitants en 1790, soit une croissance de 142 % en 81 ans17.

La forte mortalité des nourrissons, à Taverny18 est typique d’un phénomène que l’on rencontre dans toute la Vallée de Montmorency au XVIIIe siècle : de petites gens prennent en nourrice des enfants des « bourgeois » de Paris et de la région, pour compléter leurs faibles revenus19 et beaucoup d’entre eux, mal pris en charge, meurent prématurément.

Auparavant, une autre activité secondaire est pratiquée dans le village par les femmes, ou les hommes, il s’agit de la dentelle : la blonde. Les dentellières et marchands de dentelles en vallée de Montmorency sont connus par les registres paroissiaux, les minutiers ruraux, les archives judiciaires et récemment par l’étude de Béatrix de Buffévent, L’Économie dentellière en région parisienne au XVIIe siècle. Les négociants sont rares dans la vallée de Montmorency par rapport à ceux du Pays de France, qui est le centre principal, avec notamment Villiers-le-Bel (121 marchands et 188 ouvriers en dentelles), de production de la blonde dans notre région : 4 à Taverny et 2 à Saint-Leu, et 1 seul ouvrier en dentelles est mentionné à Taverny (10 ouvrières en dentelles à Saint-Prix à la même époque) dans les rôles de la taille au XVIIe siècle20. La collecte de Taverny comprenait une partie de l’actuelle commune de Beauchamp.


Taverny aux XIXe et XXe siècles

Le 19 juillet 1806, les communes de Saint-Leu et de Taverny, suivant un décret du 16 juin, rendu à Saint-Cloud, sont réunies en une même commune, dont le siège est fixé à Saint-Leu. Les deux communes sont à nouveau séparées par arrêté préfectoral du 25 janvier 1821. Mais Saint-Leu gardera l’appellation de Saint-Leu-Taverny jusqu’en 1852, pour devenir Napoléon-Saint Leu pendant tout le second Empire. Le 30 mars 1922, Taverny perd des territoires au profit de Beauchamp, érigé en commune (distincte). Taverny sera érigé en chef-lieu de canton, lors de la création de cette circonscription, en vertu de la loi du 21 juillet 193121.

Auparavant, à partir de 1841, la construction du chemin de fer (ouvert en 1846), dynamise la Vallée. Mais, pour rallier Taverny, il faudra emprunter un service d’omnibus à deux chevaux, depuis la station de Franconville, pendant encore plus de 30 ans. La ligne Ermont-Valmondois n’est créée qu’en 1873, ce qui va changer et dynamiser le village, avec l’érection successive de deux stations sur son territoire : la gare de Taverny en 1876 et la halte de Vaucelles en 1895. La population s’accroît, de petites industries ou des nouvelles activités s’installent.

L’industrie s’implante à Taverny, sans pour autant transformer le paysage du village. Elle valorise les richesses locales. L’utilisation de la meulière caverneuse et de la caillasse (meulière compacte) est importante pour la construction des pavillons de la Vallée22. La forêt continue de faire l’objet d’une exploitation soutenue, voire abusive. Une tourbière est mise en service : c’est la seule du canton23. Des charbonniers vivent encore dans les bois. Les bûcherons qui travaillent dans la forêt habitent dans des huttes de branchages (les loges)24. Dans la tradition des claies utilisées autrefois, on continue à fabriquer cerceaux et treillages, en particulier dans les usines Fournier et Abondance Frères. La société Lemaire fabrique les paillassons en paille de seigle destinés aux maraîchers et à leurs produits fragiles.

Le plâtre est travaillé industriellement25. Une grande société, appartenant à Franck de Préaumont, emploie 60 ouvriers à la fin du XIXe siècle. La Carrière Rouzée s’occupe également de produire du plâtre. C’est seulement en 1863 qu’est engagée l’exploitation des carrières de gypse en souterrain, qui servent ensuite à la culture des champignons. Des carrières de plus petite taille sont présentes dans la ville. Certaines rues en gardent le souvenir : on trouve encore à Taverny une « sente de la Carrière à Mignot ». Une usine de papiers photographiques se monte. Une usine à gaz est mise en service près de l’actuel passage à niveau en 1881 pour alimenter en éclairage Saint-Leu, Bessancourt et Taverny. Elle appartient à la Compagnie Georgi, et produit du gaz à partir du brûlage du coke26.

Avec le développement des transports, le vignoble ne résiste pas à la concurrence des vins du sud et en particulier du Languedoc, mais la proximité de la capitale assure encore la prospérité pour le blé, la pomme de terre, les vergers et la culture maraîchère dans la plaine.

Le développement récent de la ville

La population ne cesse de croître depuis le dernier tiers du XIXe siècle. Elle compte 1 676 habitants en 1876, passe à 3 260 en 1906, pour atteindre 7 080 en 1954 et 12 902 en 1968, et 25 144 habitants en 1990 soit une population 15 fois plus nombreuse en 114 ans. En effet, la population de la ville a triplé entre 1962 et 1987, passant de 8 600 à 24 700 habitants. Ces nouveaux Tabernaciens se sont installés dans le quartier du Carré Sainte-Honorine, dans la Plaine (quartier de Beauchamp, Verdun), mais aussi le long des grandes voies de communications que sont le CD 106, la route nationale 328, la voie ferrée Paris-Valmondois, et plus récemment, l’autoroute A 115.

Le développement de Cergy-Pontoise et l’accroissement de la population de Taverny pèsent lourd sur l’équilibre économique de la commune. Les différentes municipalités ont tenté de créer des pôles pour attirer des entreprises sur le territoire de la commune. La deuxième tranche de la Zone d’Activités Économiques des Châtaigniers ne peut voir le jour qu’en 1988. Une quarantaine d’entreprises y sont implantées actuellement. L’équipement de la ville en petits centres commerciaux s’accentue. En avril 1990, après de nombreuses vicissitudes procédurières, le centre commercial du Bois de Boissy (les Portes de Taverny, avec ses 24 000 m2) est inauguré.

La croissance du secteur tertiaire de la période de 1990 se mesure aussi par l’implantation à Taverny de sociétés de services, d’agences locales de grandes banques et des sociétés d’assurance. La municipalité a lancé également l’extension de la ZAE des Châtaigniers (3e tranche) et à créer celle du Chêne Bocquet (50 ha à terme), de manière à compléter l’implantation du centre commercial du Bois de Boissy par des activités tertiaires de proximité27.


LE PATRIMOINE ANCIEN DE TAVERNY

L’oppidum gaulois du Camp de César.

Le site archéologique le plus important de la vallée de Montmorency, datant de l’époque protohistorique, est l’oppidum gaulois du Camp de César à Taverny. La Jeunesse Préhistorique et Géologique de France (JPGF), a commencé à le fouiller en 1973 et a livré, des éléments très importants pour la connaissance de la vie, de l’habitat, et du mobilier de ces hommes de l’Âge du Fer dans la Vallée28.

L’auteur de ces lignes y a dirigé, de 1973 à 1978, des fouilles archéologiques, d’abord de sauvetage, puis menées méthodiquement. Ce site a été tour à tour considéré par beaucoup d’auteurs comme pouvant avoir été un camp d’origine celtique, une motte féodale érigée du IXe au XIIe siècle ou même un parc à bestiaux !

En réalité, seule la première hypothèse, émise par Camille Jullian en 1924, s’est révélée exacte. Suite aux travaux effectués par notre association JPGF, section d’Ermont, sous couvert du SRA d’Île de France29, grâce aux études stratigraphiques et typologiques du mobilier découvert, l’on peut désormais affirmer qu’il s’agit d’un oppidum gaulois, à terrassements multiples, en forme de trapèze, long de 350 m et large de 250 m et couvrant une surface de 8,75 hectares.

Cet oppidum, implanté à l’extrémité nord-ouest de la butte-témoin de la forêt de Montmorency, aux lieux-dits Camp de César et Le Haut-Tertre, à une altitude de 180 m NGF, était défendu par les pentes naturelles du site sur trois de ses côtés. Sur le quatrième côté, au sud-est, la défense était constituée par deux fossés parallèles, doublés chacun par un rempart, qui coupaient le sommet de la butte-témoin dans toute sa largeur et protégeaient ainsi d’une éventuelle attaque venant de la crête de la forêt de Montmorency.

Ce type d’oppidum est qualifié d’ « éperon barré ». En effet, son éperon barré pourrait être l’élément le plus ancien, remontant peut-être même jusqu’au Néolithique moyen, comme ceux de l’Oise et de la Picardie. Mais son intérêt repose sans nul doute sur sa levée de terre rectangulaire de 90 m par 70 m, adossée par son quatrième côté au rempart principal, entourée à sa base d’un petit fossé en « V » et au sommet d’un rempart sur trois de ses côtés et haute encore de 3,30 m à ses deux angles droits orientés nord et ouest par rapport au reste du camp.

Cette levée de terre rectangulaire remonte au Bronze final II (1000 à 900 avant notre ère). Puis nous trouvons des témoins d’habitats du Hallstatt ancien (725 à 650 avant notre ère) et enfin des cabanes gauloises de la Tène II et III (250 à 50 avant notre ère), le site ayant été abandonné un peu avant la guerre des Gaules30.

Sur cette levée de terre rectangulaire, nous avons également trouvé de la céramique médiévale (6 % du mobilier), en résiduel, datable de la fin du XIIe siècle au début du XVe siècle et une bossette de harnachement en bronze du XVIe siècle. Le Camp de César aurait été le refuge légendaire d’une troupe anglaise en 1442, dont la toponymie garde cependant le souvenir sous le nom de « Fort aux Anglois », indiqué sur des cartes du XVIIIe siècle31. Dans le grand rempart, ont été également creusés six encavements dont le rôle a été élucidé lors des fouilles de 1978 : il s’agit de l’emplacement de deux batteries de trois canons installés sur le site par les Français au cours de la guerre de 1914-1918, pour compléter la défense des forts autour de Paris.

Actuellement, de nouvelles recherches sont en cours, sous la direction de Christophe Toupet32, archéologue départemental et conservateur territorial du patrimoine au Musée de Guiry-en-Vexin, pour essayer de dater l’ensemble des différentes structures en terre conservées jusqu’à nos jours.

Le vicus routier du Carré Sainte-Honorine.

À Taverny, au lieu-dit le « Carré Sainte-Honorine », les campagnes de fouilles archéologiques de sauvetage, qui ont duré de 1972 à 1978, ont mis en évidence une station routière gallo-romaine, dont quatre à cinq groupes de bâtiments, dotés chacun de plusieurs pièces, s’étendent sur 250 m de longueur sur 35 m de largeur.

L’ensemble de ces bâtiments, qui peut être assimilé à une station routière, et daté par la céramique, semble avoir été fondé dans la première moitié du Ier siècle de notre ère, puis agrandi dans la première moitié du IIe siècle. Il a été abandonné ou détruit lors des Invasions germaniques de 275-276 de notre ère.

Une partie du site a été protégée par une butte de terre, le long de la chaussée Jules César33, à la suite des recherches menées de 1972 à 1978 et de l’urbanisation de ce quartier, et n’est donc plus visible de nos jours.

La cave gallo-romaine de La Garenne/Les Écouardes.

En 1997, au lieu-dit Les Écouardes, à Taverny, un petit site d’habitat rural a été fouillé sur le tracé de prolongement de l’autoroute A115, au sentier des Garennes. Le bâtiment principal, maçonné, était associé à une cave à cinq niches aménagées, construite en petit et moyen appareil. Une voirie avec trottoir longeait la façade d’un bâtiment à pans de bois et torchis ancré sur solins. Un puits et une fosse complétaient l’ensemble. Cette petite exploitation agricole est attestée entre le IIe et la fin du IIIe siècle34. La cave, fouillée en 1997, a été sauvegardée et remontée dans son quartier d’origine, près des jardins familiaux, résidence Guynemer-Mermoz35

L’église Notre-Dame-de-l’Assomption.

Laissons la parole à l’abbé Lebeuf pour la description de la belle église gothique, dominant tout le village de Taverny, dédiée à Notre-Dame et à Saint-Barthélemy36.

« L’église de ce bourg est incontestablement l’une des plus belles qui se voyent dans tout le Diocèse de Paris. Elle est bâtie comme tout le bourg sur le coteau qui regarde le midi. Les dehors sont peu de choses, mais les dedans en sont charmans, par la délicatesse du gothique, celle des galleries qui règnent tout autour et dans la croisée et au sanctuaire qui est en forme d’abside ou de rond-point ; elle est aussi toute voutée en pierre. Cet édifice qui est sous l’invocation de Notre-Dame et de S. Barthelemi est un ouvrage du XIIIe et du XIVe siècle ; le jubé qui est en bois est plus nouveau, aussi bien que l’orgue placée sur la grande porte. Le clocher est sur la croisée vers le midi. C’est ce qui a le moins d’apparence. On le dit construit de chateigner. On ne peut gueres douter que nos Rois n’ayent contribué au bâtiment de cette Eglise avec les seigneurs de Montmorency….

Le retable du grand autel est en relief. On y voit une très belle statue de la sainte Vierge, de marbre blanc ou d’albâtre ….Autour de la cloture du chœur on voit par dehors la représentation en relief de l’Histoire de la Passion, et on y lit en lettres gothiques minuscules du côté droit l’opposition des vertus aux vices, en ces termes :

Orgueil diligence trebuche.

Paresse sobriété trebuche.

Gloutonnie chasteté trebuche.

Et du côté gauche :

Luxure charité trebuche.

Envie patience trebuche.

Ire largesse trebuche »37.

L’église est probablement construite à l’instigation de Mathieu II de Montmorency, connétable en 1218. Elle s’élève à proximité du château que ces seigneurs possèdent sur le territoire de Taverny. En 1237, Bouchard IV de Montmorency, fils de Mathieu II, lègue dix livres destinées aux vitrages de l’église, ce qui indique que le gros œuvre doit être terminé. L’édifice est construit dans un style gothique, alors en plein épanouissement. Le plan et l’élévation témoignent de l’ambition de cette réalisation, en particulier pour l’abside à sept pans ou pour la claire-voie, novatrice pour le début du XIIIe siècle, au second niveau de la façade occidentale. Les restaurations importantes du XVe siècle sur le clocher ou les fenêtres hautes, puis du XIXe siècle sur la façade et les arcs-boutants, n’altèrent en rien l’unité du bâtiment38.

L’église conserve en outre le très beau maître-autel, sans doute offert par le connétable Anne de Montmorency, dans le milieu du XVIe siècle. Des huiles sur toile marouflée sont exécutées au début du XXe siècle par l’architecte Lucien Magne et le peintre Gomez. De part et d’autre de la Crucifixion, sont agenouillés Anne de Montmorency, son épouse Madeleine de Savoie et leurs enfants.

Un buffet d’orgue du XVIe siècle, avec une tribune composée à partir de treize panneaux de bois d’un jubé du XVIe siècle évoquant les épisodes de la vie de saint Barthélemy ; deux Vierges à l’Enfant du XIIIe siècle, l’une en bois et l’autre en marbre ; un tableau représentant saint Gérôme du début du XVIIe siècle, attribué au peintre Astolfo Petrazzi, de l’école italienne ; un beau lutrin en bois de 1757 ; enfin, un bel ensemble de pierres tombales et dalles funéraires du chevalier Philippe de l’Isle-Adam (?), du XIIIe siècle ; de Mathieu de Montmorency, mort en 1360 ; de Jean, fils du maréchal Charles de Montmorency, mort en bas âge en 1352 ; de Charles, demi-frère de Jean, fils de Perrenelle de Villiers, également mort en bas âge en 1369 ; de Bouchard du Rû, mort en 1387 ; de Jean de La Motte, vicaire, mort en 1557. Ces sépultures sont la preuve de l’attachement de la famille de Montmorency et de leurs hommes de confiance au village et à son église dans la deuxième moitié du XIVe siècle39.

Le prieuré relevant de Saint-Martin de Pontoise

Aucun document ne nous est parvenu sur le prieuré et sa construction, le bâtiment actuel datant du XVIIIe siècle. Toutefois l’ancienneté de l’occupation sur ce site a pu être vérifiée lors de travaux récents, où des céramiques médiévales ont été découvertes. Le prieuré fut fondé grâce à une donation de Richard de Montmorency-Banthelu vers 112140.

Le prieur de Taverny41 est un personnage très présent, ainsi qu’on peut le voir au travers des textes. En 1215, il jouit, ainsi que le prieur de Tour42, de « vingt arpens de bois sis en la vallée de l’Ortie43 ». Ce ne sont sans doute pas les seuls biens fonciers dont il perçoit le revenu, puisque le prieuré dispose d’une dotation pour subvenir à ses besoins. Cependant, en 1226, il est autorisé à racheter le droit de visite perçu par l’évêque « à cause de sa pauvreté », pour cinquante sous parisis.

Ses difficultés ont dû vite se résorber puisqu’en 1240, un texte de l’Officialité de Paris44, qui représente l’autorité judiciaire de l’évêque, nous fait connaître le différend survenu entre le prieur et ses paroissiens « à l’occasion des bâtiments qu’il faisait élever entre les murs de l’église paroissiale », ce qu’il faut comprendre comme le périmètre appartenant à l’église.

Ce texte nous renseigne à la fois sur des constructions, dont nous ne connaissons pas l’usage, mais aussi sur un aspect de la vie sociale des Tabernaciens de l’époque. La sentence de l’Official dispose que le prieur doit achever les constructions en cours, mais que « dans la suite, ni lui ni ses successeurs ne pourront en faire élever de nouveaux sans la permission des paroissiens ».

Sans doute est-ce la fabrique - cet organisme, mentionné en 1237, formé de paroissiens chargés de gérer le temporel de l’église - qui a mené ce procès45. Les villageois sont donc assez bien organisés pour pouvoir le porter devant l’Officialité de Paris, le gagner, et faire reconnaître leurs droits dans leur paroisse.

Au XIVe siècle, le prieur assoit son autorité. En 132646, l’Officialité de Paris lui confirme le droit de percevoir les dîmes sur le vin de Saint-Leu. En 1337, le Châtelet de Paris lui donne l’autorisation de vendre son vin pendant le banvin, c'est-à-dire en même temps que le seigneur du lieu47.

Ceci implique qu’il possède des vignes48 et qu’il en tire des revenus, en vendant le vin au meilleur moment. En effet, les vins se conservent très mal à l’époque médiévale, et les premiers commercialisés sont les meilleurs et les plus chers. Les vignerons doivent attendre que le seigneur ait terminé ses vendanges pour commencer les leurs, de même qu’ils doivent attendre qu’il ait écoulé son vin pour vendre le leur.

Le prieur obtient ce droit seigneurial, ce qui augmente ses pouvoirs. Ses revenus ne sont cependant pas aussi importants que ceux du prieuré Noir de Tour : ils sont évalués en 1352 à 50 livres, contre 60 pour le prieuré Noir de Tour. À titre de comparaison, les revenus de l’abbaye mère de Saint-Martin de Pontoise sont de 130 livres49.

En revanche, nous savons, grâce au procès intenté par le bailli contre le prieur à propos du banvin, en 1337, que le prieuré et l’église sont des lieux où le droit d’asile s’applique : les autorités seigneuriales ou royales ne peuvent se saisir des personnes qui s’y réfugient, même s’il s’agit de malfaiteurs50.

Le prieuré de Montubois, de Saint-Christophe à Saint-Jacques.

Suivons encore l’abbé Lebeuf, pour l’analyse des documents concernant le prieuré de Montubois :

« Il y a eu, jusques dans ces derniers temps, sur le territoire de la paroisse de Taverny, une chapelle du nom de S. Christophe dans le lieu dit Mont-à-Bois ou Mant-à-Bois, dont Jean de Rueil et Marie Martin, sa femme, étoient Seigneurs en 1562. Cette Chapelle se trouve même marquée dans la Carte du Diocèse par De Fer qui est la plus récente. Je penserois qu’elle étoit fondée dès le XIIe siècle, sur ce que je vois parmi les témoins au bas d’un acte de Matthieu de Montmorency de l’an 1193, Nicolaus Capellanus de Taverni. Si ce n’est que quelquefois Capellanus a signifié Curé. Depuis ce tems-là je trouve dans ce testament de Bouchard (VI de Montmorency-Saint-Leu-Deuil), Seigneur de Montmorency, de l’an 1237, un legs ainsi exprimé : Capella de Mant. C solidos. La situation de ce Ma[a]nt51 est assez clairement désignée dans un titre de l’an 1174, par lequel un autre Bouchard (V de Montmorency-Saint-Leu-Deuil) de la même maison donnant à l’Abbaye du Val une portion de bois qu’il avoit acheté d’Haimard de Frepillon52, dit que cette portion est située inter Bettemont et Mantuam scilicet à fundo vallis usque ad viam superiorem. Cette description convient très fort à la Chapelle de S. Christophe entre laquelle et Bettemont il y avoit effectivement un vallon. Ainsi c’est par alteration qu’on a dit Montaboy, au lieu de Mant au Bois. C’étoient les Seigneurs de Montmorency qui y présentoient. Le Connétable Anne de Montmorency y nomma le 29 janvier 1541. Dans un acte de resignation de l’an 1588 elle est dite infra limitos Parochiæ B. Mariæ de Taverniaco. Il y avoit encore un Titulaire au milieu du dernier siècle (XVIIe s.). C’étoit Pierre de Croniere ou de Croneaux, Curé de Bessaucourt, lequel fit en 1652 avec le Procureur des Jesuites de Paris, un échange qui fut homologué le 15 avril. L’année suivante les Jesuites du Collège ayant exposé à l’Archevêque de Paris qu’ils avoient dans l’étendue de leur ferme de Montebois, Paroisse de Taverny, une Chapelle de S. Christophe éloignée des maisons et en désordre, et que le Titulaire vouloit bien la leur unir sous le bon plaisir de M. le Prince de Condé, Patron, à cause de son Duché de Montmorency, et le Procès verbal de visite l’ayant représenté comme situé dans les bois, et insinué qu’elle seroit mieux placée dans la ferme des Jesuites ; le Vicaire Général, André du Saussay, donna un décret d’union le 10 juin 1653, déclarant qu’elle seroit transferée dans la ferme, et que les Jésuites en acquitteroient les charges et qu’il seroit planté une Croix dans la place de l’ancienne Église. Le 18 Décembre 1655 fut enregistrée en Parlement la permission qui venoit de leur être donnée. Cette ferme de Mont-à-Bois étoit un présent que Michel Sonnius, fameux libraire de Paris, vers l’année 1620 avoit fait au Collège des Jesuites, et n’avoit aucun rapport avec la chapelle de S. Christophe53 ».

Ce prieuré, représenté sur les cartes du XVIIe siècle comme étant implanté en plein bois, dans la Haute Forêt de Montmorency54, présente une histoire très complexe. Il est effectivement fondé au XIIe siècle et appartient aux cisterciens de Notre-Dame du Val. Au milieu du XIIIe siècle, il passe aux cisterciennes de Notre-Dame-la-Royale (abbaye de Maubuisson), puis au XIVe siècle à un seigneur laïc, Pierre d’Orgemont. En 1620, le collège des Jésuites de Paris reçoit en don la ferme de Montubois. En 1653, il demande le transfert de la chapelle à l’intérieur de leur ferme. Le vicaire général accepte le transfert et demande qu’une croix soit plantée à l’emplacement de l’ancienne chapelle. Il s’agit de la Croix saint Jacques dont il ne reste plus que le lieu-dit (enclave de Taverny sur Bessancourt).

Un moulin à vent dit de Saint-Jacques est la propriété laïque des Montmorency-Taverny, tandis que l’abbaye de Maubuisson possède, peut-être dès 1524 ou après le grand bornage de 1551, un moulin à vent, à une altitude de 171 m NGF au lieu-dit Les Balicots, près de La Croix sans Bras55.

À la fin du XIXe siècle, on trouve à cet endroit une « guinguette » du Moulin Saint-Jacques appartenant à la Mère Mouton. De même, la ferme est devenue à cette époque une « guinguette » appartenant au Père La Chicaille (La Chicaille, lieu-dit conservé de Taverny).

Les bâtiments existent toujours : ils figurent sur le cadastre de 1832, où l’on peut également noter la présence du moulin Saint-Jacques à cette date, situé non loin de la Croix-Saint-Jacques (emplacement de l’ancienne chapelle du prieuré).

Reste à comprendre comment la titulature de la chapelle du prieuré de Saint-Christophe s’est transférée à celle de Saint-Jacques. Ces deux saints sont associés, tous deux patrons des voyageurs, suivant Michel Roblin, ce qui pourrait expliquer ce glissement de l’un sur l’autre, Saint-Christophe demeurant souvent la titulature la plus ancienne56.

Il convient enfin de signaler la présence toute proche, à l’orée de la forêt, en allant sur Béthemont-la-Forêt, d’une ancienne thuilerie, près du ru de Montubois, attestée en 1642 et figurant sur une carte du XVIIe siècle, près du Bois des Feuillan[t]s de l’abbaye du Val, en gru[e]rie57.

Le château seigneurial des Montmorency.

Une demeure seigneuriale, assez importante pour pouvoir recevoir les rois de France, a été bâtie dans le village. Il n’en reste plus trace aujourd’hui, puisqu’elle a été détruite au début du XVIIe siècle. Sa construction a probablement été entreprise par les Montmorency.

En 1270, Alix de Montmorency situe une de ses terres « au parc de Taverny, près des fossés de Messire Bernard58 ». Le lieu-dit Le Parc est attesté sur les plans du XVIIe siècle de Taverny et correspond à l’emplacement du château seigneurial des Montmorency, branche de Saint-Leu-Deuil59.

Plusieurs actes sont promulgués lors de séjours royaux à Taverny. En 1298 et en 1313, Philippe le Bel y signe des actes. Philippe V le Long fait de même en 1317. Enfin, Philippe VI de Valois est présent dans le village à deux reprises, en 1331 et en 1335. À chaque fois, Taverny est sur le chemin, à l’aller ou au retour, d’une destination importante : Paris, Poissy, Maubuisson, Pontoise…60 Peut-être s’agit-il d’une étape que le roi met à profit pour dialoguer avec un de ses vassaux directs, et grand serviteur de la monarchie, à moins qu’il n’ait voulu se livrer à un de ses sports favoris, la chasse.

L’épisode de la guérison du duc de Normandie, futur Jean II le Bon, se situe dans ce contexte. En 1335, le roi Philippe VI de Valois séjourne à Taverny, avec son fils unique Jean. Celui-ci tombe malade, au point qu’on craint pour sa vie, et donc pour la succession royale61. Il est alors fait appel à l’abbaye de Saint-Denis, soutien de la monarchie française, symbole de l’union entre le roi et son Église. Ses moines sortent les précieuses reliques que l’abbaye conserve, et font trois fois le chemin jusqu’à Taverny, pieds nus, transportant le Saint-Clou, le Doigt de saint Denis, et les reliques de la Sainte-Couronne. Dans l’esprit de l’époque, on ne pouvait trouver reliques plus précieuses, et donc plus efficaces. Ce sont celles du saint patron de la monarchie française, saint Denis, et du Christ à qui l’on demande leur intercession. La guérison du duc de Normandie, qui intervient à la suite des processions, est célébrée ensuite à Saint-Denis par une messe d’actions de grâces62.

Avant d’aborder les nouvelles propriétés du XIXe siècle, évoquons les différents fiefs qui couvraient le territoire de Taverny à la veille de la Révolution et que nous retrouvons sur les plans reliés du Musée Condé de Chantilly, datant du début du XVIIIe siècle63.

Les possesseurs de fiefs à Taverny à la fin de l’ancien Régime

Les fiefs de Vaucelles et le fief de Laumus sont réunis par François de Séjournant en 1671 et en 1675 par Nicolas de la Fayolle. Le fief des Écuyers de Juilly et celui des Mallets sont réunis en 1677 par Michel Frédy. Le fief du Plessis-Beauregard se trouve en possession d’Élisabeth Catherine Jouve (veuve d’Augustin Malherbe) le 13 mai 1789. Le fief du Haut-Tertre ou de La Sablonnière appartient à Pierre Claude Cossard en 1729. Le fief de Glenne ou de La Fatie est acquis par Pierre Chauchat de Vigny le 30 juillet 1780, puis par François Gaillet de Bouffret64.

En 1788, le seigneur de la paroisse de Taverny, de la subdélégation d’Enghien, est le prince de Conti65.

Le château du Haut-Tertre.

Son nom est tiré du lieu-dit : « Le Haut-Tertre », désignant l’endroit où se situe l’oppidum gaulois du Camp de César. Ce château est en effet bâti aux pieds de son antique prédécesseur. Il figure sur l’un des plans du XVIIIe siècle66. Il porte ensuite le nom de son nouveau propriétaire, Auguste Godard, à partir de 1830. Celui-ci est maire de Taverny de 1855 à 1859 et père du pianiste et compositeur Benjamin Godard. Le domaine comprend un vaste parc de 16,5 hectares, qui s’étend alors jusqu’à la mare aux Sangsues, l’actuel étang Godard. Maxime Clair, industriel, fait démolir le château en 1901-1902, pour construire à la place la demeure actuelle, achevée en 190567.

C’est une belle demeure de style classique, Louis XV, d’une parfaite symétrie, avec un avant-corps central saillant, à pans arrondis concaves, décoré d’un balcon en pierre, un escalier d’accès et la porte centrale donnant sur un corridor, deux autres portes latérales aux frontons en doucine, et deux pavillons en légère saillie à l’extrémité de la façade côté cour, un appareillage en bossage formant pilastres souligne chaque corps de bâtiment, à l’étage noble, trois fenêtres de part et d’autre du balcon répondant à celles du rez-de-chaussée, dont deux ont un tableau décoré de festons et l’autre un petit balcon, un toit à la Mansart, au-dessus d’une corniche moulurée à modillons et percé de cinq lucarnes symétriques à fronton triangulaire. Ce château se situe à l’angle de la rue Auguste-Godard et du chemin des Princes.

Le château de La Tuyolle

Situé dans le quartier du Martray - qui pourrait être, comme pour Cormeilles-en-Parisis, un lieu ancien de sépultures68 - le domaine acheté et le château construit, vers 1860, par M. Lévy Marx Guntzberger (1788-1863), marié à Rachel Fould, sa cousine germaine69, lui-même banquier d’affaires et d’investissements et sans doute d’escompte. Il possède à l’origine un parc magnifique de 7,5 hectares avec quelques arbres remarquables : cèdre du Liban, platane hybride impressionnant de 11 m de circonférence et de 30 m de hauteur, hêtre pourpre, pin laricio, cèdre pleureur, séquoia toujours vert, bifide, de 40 m de hauteur70. La propriété est rachetée en 1869, sous Napoléon III, par la duchesse de Grafton, Lady Ashburton, née de Bassano, bienfaitrice de Taverny, dont on donna plus tard le nom à une rue de la ville. En 1920, la préfecture de la Seine acquiert le château pour le transformer en sanatorium. Il passe ensuite à l’œuvre des Maisons américaines de convalescence et reçoit des femmes atteintes de tuberculose71. Après de nombreuses vicissitudes, le château a gardé sa vocation médicale en tant qu’hôpital interdépartemental puis communal, l’hôpital du Parc, inauguré en 1992. Il est spécialisé dans la rééducation respiratoire et la réadaptation cardiologique.

C’est également une belle demeure de style classique, Louis XV, d’une parfaite symétrie, avec un avant-corps central saillant à pans arrondis convexes souligné de deux pilastres, décoré d’un grand balcon en fer forgé à l’étage noble, supporté par deux atlantes, sept fenêtres, décorées d’agrafes sculptées, éclairent l’intérieur de l’édifice, dont trois dans l’avant-corps et deux de part et d’autre, l’étage ayant la même répartition de fenêtres à décor de mascarons, un toit à la Mansart, au-dessus d’une corniche moulurée et percé d’une grande lucarne centrale à balcon en fer forgé, de deux œils-de-bœuf et de deux autres symétriques, de chaque côté, à fronton en doucine. Ce château se situe Chemin des Aumuses.

Le château de Boissy

Ce château, ancien rendez-vous de chasse, propriété du prince de Condé, est acheté, après la saisie révolutionnaire, par M. Lefèvre, notaire à Paris, qui ajoute à son nom celui d’un fief « Pontalis ». Ses deux fils font de la politique, et c’est d’eux que Gambetta dit un jour à la tribune de la Chambre : « Les deux frères Lefèvre-Pontalis parlent beaucoup de République, mais sont Orléanistes ». L’aîné, le propriétaire du château, accède à l’Institut. Il a deux fils dont l’aîné, spécialiste de l’architecture gothique, devient directeur de l’École des Chartes. Le second, qui hérite du château, est un ancien élève de cette École72. Eugène de Pontalis nous a laissé des écrits sur quelques découvertes archéologiques de Taverny73. Le château possède un grand domaine boisé, celui du Bois de Boissy, ancienne propriété des Montmorency depuis le XIIe siècle. Le château actuel, dans son milieu arboré, est construit en 1793, pour le citoyen Bruyère par son frère, directeur des travaux de Paris, puis inspecteur général des Ponts-et-Chaussées74.

Beau bâtiment avec un avant-corps central légèrement saillant, sommé d’un fronton triangulaire, un balcon en fer forgé à l’étage noble, côté jardin, surplombant les offices, trois portes-fenêtres au centre et une fenêtre de part et d’autre donnent une belle ordonnance, l’étage ayant la même répartition des fenêtres, chaque pignon possède également un fronton triangulaire, reposant sur une corniche à modillons. Dans le parc, au sud du château, est encore visible une ancienne glacière du XVIIIe siècle, mais la pièce d’eau adjacente a malheureusement disparu.

Le château de Vaucelles

Le château de Vaucelles se trouve sur l’ancien fief du même nom75, réuni au fief de Laumus par François de Séjournant, dès 1671. Le général de Saint-Hilaire y habite en 1842. Puis, la propriété passe successivement aux mains de M. Valentino, l’ancien chef d’orchestre, puis de M. Denière, le célèbre fabricant de bronze76. Après lui, le château passe dans la famille du comte de Clerk, puis de Mme Octave Homberg, la femme du banquier. Enfin, M. Schorestein, créateur des camions « Willeme », en devient le propriétaire77. Depuis, le château abrite une association, l’Œuvre de secours aux enfants.

C’était un beau bâtiment avec un avant-corps central, abritant le corridor et l’escalier central, légèrement saillant, sommé d’un fronton triangulaire, percé d’un œil-de-bœuf, qui a perdu toute sa décoration. Une ordonnance symétrique de cinq fenêtres, sur trois niveaux, avec un pavillon en léger retrait à deux niveaux de chaque côté. Au-dessus d’une corniche moulurée, le toit est percé de quatre lucarnes à fronton en doucine. Ce château se situe 13, rue de la Marée.

Le château de Bellevue

Appartenant, entre 1830 et 1840, à M. Rouen des Mallets, d’une famille de notaires, il sera détruit et remplacé par l’actuelle maison Sainte-Geneviève. Le domaine est délimité par les rues de Paris, Rouen-des-Mallets, du Maréchal Foch, et de l’avenue de la Gare. C’est également un notaire qui épouse la fille de M. Rouen des Mallets : le vicomte Terray de Vindé, dont la fortune est immense78.


ILS ONT HABITÉ TAVERNY

Le chevalier Philippe de l’Isle-Adam.

Son effigie, figurant sur une dalle funéraire de l’église, porte le costume de guerre d’un chevalier du temps de Philippe II Auguste (1180-1223). Deux anges thuriféraires, nimbés et sortant de nuages, à peine visibles, l’encensent. La main divine qui la bénit sort aussi d’une petite nuée. L’inscription est en vers léonins. François de Guilhermy, qui a transcrit cette inscription, nous indique que les armoiries, gravées sur l’écu, sont à peu près effacées, mais que l’on distingue seulement un chef chargé de trois ou quatre oiseaux79. Ce renseignement est suffisamment précis pour que l’on puisse envisager l’appartenance probable à la famille de l’Isle (Adam), dont les tombes, par exemple, d’Ansel chevalier, seigneur de Boury (mort en 1285) et d’Adèl chevalier, seigneur de Frouville, fils d’Ansel III (mort en 1275) sont répertoriées à l’abbaye de Notre-Dame du Val où ils ont été inhumés80. Le blason de la famille de l’Isle se lit « de gueules à la fasce d’argent accompagnée de sept merlettes de même, quatre en chef, trois en pointe ». Il reste en outre à déterminer quelle seigneurie ce Philippe de l’Isle détenait-il dans la région.

Mathieu de Montmorency, seigneur d’Avremesnil et de Goussainville

Le chevalier Mathieu est représenté sur une dalle funéraire de l’église. Son effigie porte le costume de guerre d’un chevalier, mort en 1360, comme l’indique l’inscription gothique. Les deux anges thuriféraires, situés de part et d’autre de sa tête, sont finement gravés,

Mathieu de Montmorency, troisième fils de Jean Ier et de Jeanne de Calletot, possédait la seigneurie d’Avremesnil et celle de Goussainville en partie81. Les armoiries gravées sur son écu ne diffèrent de celles de la branche aînée de sa famille que par un lambel de trois pièces82.

Bouchard du Ru

L’épitaphe de Bouchard du Ru, mort en 1387, était encastrée jadis dans un pilier de l’église. Une moulure forme encadrement. Au-dessus du texte, une gravure au trait représente deux personnages en prières, les mains jointes, devant la Vierge qui est assise sous un dais tenant son fils sur les genoux. Les deux priants sont un bourgeois en cotte et manteau, et derrière lui, un prêtre portant la chasuble relevée sur les bras et l’étole. L’enfant Jésus les bénit. L’inscription en gothique ne nomme que Bouchard du Ru. Le prêtre qui le suit était peut-être son fils ou le curé de la paroisse. Les vers octosyllabaires, au nombre de dix, qui servent d’épitaphe sont disposés comme de la prose. Des points simples les séparent les uns des autres83. Il est receveur des Montmorency, c’est-à-dire chargé de collecter l’argent dû à ces derniers dans le village. En 1364, cependant, il reconnaît tenir de l’abbaye de Saint-Denis des cens qu’il perçoit à Taverny84.

Jacquin de Chennevières

L’exemple de Jacquin de Chennevières est tout aussi révélateur de la société à laquelle il appartient85. Cet homme est choisi comme « capitaine » de la Jacquerie de 1358 pour la région de Montmorency. Cette révolte n’est pas une poussée de colère de pauvres paysans. C’est le sursaut de paysans assez aisés pour s’inquiéter du devenir de la commercialisation de leurs surplus agricoles, à une période de dépréciation monétaire.

Le personnage est proche du roi et du seigneur de Montmorency. La lettre rappelle « les bons et lons services que le dit Jacquin a faitz à nostre très cher seigneur et ayeul Philippe », c’est-à-dire le roi Philippe VI de Valois, grand-père du Régent qui accorde ainsi sa grâce. Le seigneur de Montmorency lui pardonne avant l’autorité royale, et Jacquin sera son prévôt de 1362 à 136886.

Benjamin Godard.

Benjamin Godard est le fils d’Auguste Godard, maire de Taverny de 1855 à 1859. Il naît à Paris en 1849. Il montre des dons précoces de pianiste dès l’âge de 15 ans. Violoniste particulièrement doué, il entre au Conservatoire de Paris, où il est l’élève de Reber et Vieuxtemps, et en sort en 1867. À force de travail, il devient, plus tard, professeur titulaire de la classe de musique d’ensemble instrumental au Conservatoire (1887). Il publie des pièces de piano et des mélodies, deux concertos, quatre symphonies, des opéras. Il compose des œuvres dramatiques, dont « Le Tasse », récompensée lors du grand prix de la Ville de Paris, ou « Jocelyn » en 1888, célèbre par sa berceuse et des opéras, comme « Dante » en 1890 ainsi que « La Vivandière » en 1895. Sa musique témoigne d’un instinct mélodique très sûr, mais non exempt de facilité. Il meurt à Cannes le 10 janvier 1895.

Louis Bousquet

Louis Bousquet, adjoint au maire de Taverny et premier maire de Beauchamp composa avec C. Robert la chanson de « La Madelon », créée peu avant la guerre de 1914, et qui eut une grande vogue dans l’armée française pendant toute la durée des hostilités.

L’abbé Alain Rousseau nous indique d’autres personnalités du XIXe siècle qui habitèrent également Taverny. Il convient au moins de les nommer. L’administrateur du journal Le Temps, M. Pariset, habitait rue Phannie-Leleu-Demontigny, ancienne rue de Pontoise. Le ministre Maginot séjournait de temps en temps rue du Trou-Samson, où sa mère est décédée. Edmond Rostand, et sa femme, Rosemonde Gérard, passèrent deux étés chez leur oncle, M. Homberg, qui avait loué une propriété, maintenant démembrée, appelée Chalet Meiller. Les anciens de Taverny se souviennent encore avoir vu Rosemonde Gérard poussant la voiture d’enfant où dormait son fils aîné, Eugène Rostand, qui deviendra violoniste de renom. Le chef d’orchestre Henri Valentino habitait place de Vaucelles. Ernest Feydeau, père du célèbre auteur de comédies de boulevard, était souvent l’hôte de M. Guntzberger. Mme de Montalembert, enfin, demeurait à Taverny en 186287. Plus près de nous, on ne saurait omettre le nom d’Alice Donna, native de Taverny, chanteuse, compositeur, puis compositeur-interprète, animatrice de radio-TV, formatrice, présidente de la Commission des Variétés et aujourd'hui programmatrice de Bobino.


Gérard Ducoeur,

octobre 2009, révision août 2010.


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ANNEXE


CABINET DES TITRES - ARCHIVES DU MUSÉE CONDÉ À CHANTILLY


1-BA-044 TAVERNY.


Fief du Haut-Tertre ou de la Sablonnière.

• Aveux et dénombrements : s. d. (XIVe siècle), Jean Le Maire, d'Argenteuil ; arrière-fief à Belloy tenu par Renault Robert. 15 avril 1358, Michel Glenne le jeune, demeurant à Maffliers, à cause de sa femme Perronnelle, fille de feu Jean Le Maire, de Taverny ; arrière-fief à Belloy qui fut à Gasse de Cernay, chevalier, tenu par Jean Le Bfier, bourgeois de Paris. 5 février 1366 [1367], Michel Glenne; arrière-fief à Belloy tenu par Nicolas de Mauregart, bourgeois de Paris. 4 mars 1381 [1382], Michel Glenne. 21 novembre 1391, Michel Glenne.

• Foi et hommage par Adenet de Méry, orfèvre et bourgeois de Paris, 3 septembre 1425. Foi et hommage par Jean Le Mareschal, de Pontoise, pour la moitié du fief, qui fut à son père Michel et à son frère Jacques, 25 septembre 1425. Foi et hommage par les sœurs de feu Adam de Méry, Jeanne, veuve de Guillaume Tuvillain, et Marion, veuve de Pierre Courvillain, 17

février 1438 [1439]. Foi et hommage par Jean Saulnier pour la moitié du fief, 3 septembre 1466. Foi et hommage par Pierre de Lange, orfèvre à Paris, 4 janvier 1468 [1469] (mentions relevées en 1748).

• Aveu et dénombrement baillé à Jean de Montmorency par Pierre de Lange, [402] orfèvre et bourgeois de Paris, 21 juillet 1488. Autre aveu baillé à Jean de Montmorency par Nicolas Coupever et Pierre de Lange, marchands orfèvres et bourgeois de Paris ; s. d. (copie du temps sur papier).

• Foi et hommage par Étienne de Lange, marchand et bourgeois de Paris, 10 juillet 1532 (copie de 1746). Aveu et dénombrement, s. d. (copie du temps sur papier).

• Demande de souffrance de foi et hommage par Claude Doublet, marchand et bourgeois de Paris, pour son neveu Étienne de Lange, fils mineur de Jacques, 20 janvier 1569. Foi et hommage au nom d'Étienne par Jean Pyat, marchand et bourgeois de Paris, 9 septembre 1569 ; lettres de réception par Madeleine de Savoie, veuve du connétable Anne de Montmorency, Chantilly, 16 octobre 1569. Foi et hommage par Étienne de Lange lui-même, Chantilly, 3 octobre 1585 ; lettres de réception par Madeleine de Savoie, même jour. Autres lettres de réception délivrées par le connétable Henri de Montmorency, 15 juin 1597.

• Souffrance accordée à Jean de Lange, fils mineur de feu Étienne, 9 octobre 1603. Acte de foi et hommage, 23 août 1621.

• Foi et hommage par Philippe Cossard, marchand de draps de soie et bourgeois de Paris, cousin-germain et héritier de Jean de Lange, 10 mai 1624. Foi et hommage par Henri Cossard, fils de Philippe, 12 novembre 1635.

• Foi et hommage par Jean Cossard, fils et héritier de Philippe, 20 juin 1671.

• Foi et hommage par Jean Cossard, fils de Jean, 25 janvier 1689, 15 mars 1707.

• Sentence de mise en vente et adjudication des biens de Jean Cossard, 26 janvier 1729 (imprime] de 8 p. in-folio). Fixation du droit de quint denier dû par Pierre-Claude Cossard, adjudicataire (petit-fils de Jean), pour le fief du Haut-Tertre, 12 septembre 1730. Foi et hommage, 3 février 1731.

• Recherche du service du fief, 13 mars 1776.


Fief du Plessis-Beauregard.

• Le duc de Montmorency donne à Isabelle Le Grand, veuve de Noël Hureau, intendant de ses maison et affaires, l'emplacement du château de Taverny, avec une superficie de six arpents et demi, pour être tenu en fief sous le nom du Plessis-Beauregard; brevet du 15 janvier 1624, acte notarié du 5 février 1625, enregistré au greffe du Châtelet de Paris le 1er août suivant (copie de 1641).

• Antoine Hureau, sr de Rubelle, cède le fief à Michel Barbreau, maître apothicaire et épicier, bourgeois de Paris, 10 février 1641. [403]

• Michel Barbreau et Marie Delaporte, sa femme, le vendent à François de Séjournant, bourgeois de Paris, 8 mai 1668.

• Marie-Élisabeth Belleperche, veuve de Jean-Baptiste Darly, et sa fille Marie-Madeleine, le vendent à Louis-Pierre Saunier, maître des Requêtes de l'Hôtel, 27 juin 1757. Cession du retrait féodal par le prince de Condé, 1er novembre. Contrat de remboursement, 29 décembre.

• Acquisition du fief par Jacques-Sébastien Chauchat de Vigny, avocat au Parlement, 25 mai 1773 ; fixation du droit de quint, 16 juin ; foi et hommage, 30 juin.

• Vente par Chauchat de Vigny à Jean-Baptiste Marcel, bourgeois de Paris, 31 octobre 1787.

• Vente par Marcel à Élisabeth-Catherine-Euphrosine Jouve, veuve d'Augustin Malherbe, procureur-général de la chambre de la Marée, 13 mai 1789. Délibérations du Conseil du prince de Condé, 8 juin, 5 et 26 août 1789.


Fief de Bertencourt.

• Aveu de Robert de Bertencourt, chanoine de Péronne, samedi avant la Madeleine, 1360.

• Aveu de Jean Le Clerc, clerc et notaire du Roi, 6 juillet 1386, vidimus du 14 juillet suivant : un arpent de vigne à Taverny au lieu dit Morlet, cens, rentes, rouages, forages, etc., à Taverny et à Saint-Leu ; arrière-fiefs tenus par Pierre Thoyne, Jaquet Coliet, Pierre Malart, le fils de Pierre Le Deable, les ayant-cause de Thibaut de Nogentel, de Gilles de Nantouillet et de Duvelin de Lihus.

• Aveu d'un arpent de vigne, baillé à Jean Le Clerc par Jacques Le Breton, 22 juillet 1394.


Fief de Morlet (plusieurs pièces de vigne).

• Aveux et dénombrements par Guy Le Voyer, laboureur à Taverny, 1er août 1537 ; par Michel Fredy, écuyer, 6 octobre 1677 ; par ses frères et soeurs, enfants et héritiers, 10 août 1691 ; par François Fredy, 12 décembre 1729. Délibérations du Conseil du prince de Condé : 28 avril 1740, droit de relief dû pour la vente faite par François Fredy à Denis Rouen le 24 mars précédent ; 13 mars 1776, aveux à demander au sieur Rouen ; 6 décembre 1780, droits dus pour les biens échus à Denis-André Rouen, avocat en Parlement, notaire au Châtelet de Paris, par le décès de son père Denis, commensal de la maison du Roi.


Fief des Écuyers de Juilly (cens et rentes sur des maisons et héritages à Taverny). [404]

• Déclaration du fief « qui est aux hoirs de feu Lancelot de Juilly », s. d. (XIVe siècle). Aveux et dénombrements par Simon Spifame, 22 octobre 1398; par Barthélémy Spifame, 1er octobre 1405 ; par Andry Émery, bourgeois de) Paris, qui a acquis de Jean Spifame et de Jeanne Lamy, sa femme, 18 septembre 1462 ; par Berthaut Bertillon, marchand épicier, bourgeois de Paris, héritier d'Andry Émery, son oncle, 12 avril 1467 [1468] ; par Jacques Bertillon, fils de Berthaut, 31 décembre 1490 ; par Catherine Bourdin, veuve de Louis Le Valoys, seigneur de Fontaines, s. d. (fin du XVIe siècle); par Jean Le Valoya, seigneur de Fontaines, 25 juillet 1607 (ces deux derniers en originaux signés et en copies de 1647; le fief consiste alors en un manoir à Taverny, de nombreuses pièces de terre, des rentes, etc.).

• Le fief appartient à Michel Frédy en 1674, comme le fief de Morlet]. Aveux et dénombrements par Michel Frédy, 2 octobre 1677; par son fils François et ses autres héritiers, 21 juillet 1691 ; blâme de ce dernier aveu, 15 septembre 1692.

• Délibération du Conseil du prince de Condé au sujet des droits dus par François Fredy, 15 mai 1727 (Michel Frédy était mort en 1685, laissant huit enfants : Jean-Michel, mort en 1690, François, trois filles, dont une mourut en 1693, Nicolas, mort en 1702, Alphonse et Dominique). Aveu et dénombrement donné par François Frédy, 8 août 1732, reçu le 6 octobre au bailliage d'Anguien.

• François Frédy, seigneur de Coubertin, lieutenant des vaisseaux du Roi, et Marie Morel, sa femme, vendent à Denis Rouen, officier du Roi, et à Catherine Poutrel, sa femme, les fiefs des Écuyers de Juilly et de Morlet, et leurs autres biens sis à Taverny, Saint-Leu et Bessancourt, 24 mars 1740. Modération des droits de quint, 28 avril.

• Droits dus par Denis-André Rouen, fils de Denis, pour les deux fiefs, 6 décembre 1780.




Fief de Glenne ou de la Fatie (maisons à Taverny, vignes, cens, rentes).

• Jean Glenne, marchand épicier à Paris, avoue tenir en fief de Pierre de Bussy, dit Picquet, écuyer, ayant la cause de feue Isabelle de Bussy, un fief qui fut jadis à Gilles de Nantouillet, qui fut vendu et transporté par Casin de La Motte, écuyer, et par Agnès, sa femme, fille dudit Gilles, à Bouchard du Ru, père de feue Jeanne du Ru, femme d'Adam Glenne et mère dudit Jean; 10 décembre 1446 (copie du XVIe siècle sur papier). Jeanne Glenne baille à titre de rente ses biens de Taverny à Pierre Fromont, laboureur, 10 décembre 1446 (copie du XVIe siècle sur papier). [405]

• Déclaration des cens et rentes que doivent les héritages tenus du fief Pierre Fromont, qui fut jadis à Jean Glenne et qui appartient à Berthaut Fromont, fils aîné de feu Jacques ; s. d. (XVIe siècle).

• Déclaration du fief de Glenne, alias la Fatie, présentée par Adrien Donon, fils et héritier de feu Laurent, à René de Bussy, seigneur de Gournay en France ; s. d. (XVIe siècle).

• Adrien Donon, laboureur à Taverny, cède le fief de Glenne ou de la Fatie à François Vivian, trésorier de la maison du duc d'Elbeuf, 21 mars 1583.

• Les héritiers d'Adrien Donon cèdent à François tous les droits qu'ils pouvaient prétendre sur le fief de Glenne, 12 mai 1596.

• Le prince de Condé permet à Jacques Nicolas, écuyer, sr de Montmort, et à Claude Tagnier, avocat au Parlement et au Conseil privé du Roi, de capter plusieurs sources et fontaines et d'en conduire l'eau dans leurs maisons de Taverny, 19 mars 1639.

• Louise Guérin, femme de Jean David, commissaire enquêteur et examinateur au Châtelet de Paris, auparavant femme de Louis Chabanceau de La Barre et héritière de feu son fils Pierre, exempt français de la compagnie des Cent Suisses de la Garde du Roi, vend à Nicolas Henriard, sr du Manoir, avocat es conseils du Roi, une maison à porte cochère sise à Taverny, rue Damon, 13 juin 1681.

• Geneviève-Marie Julliet de Franconville, épouse séparée quant aux biens d'Alexandre, comte de Longaunay, vend à Pierre-Joseph Chauchat, négociant à Paris, la propriété du droit de fief de la Fatie ou Glenne sur trois quartiers de vigne, un clos sis à Taverny, rue Damon, et 166 perches de bois, 31 mai 1773. Liquidation du droit de quint, 16 juin.

• Pierre-Joseph Chauchat, conservateur des hypothèques, vend sa maison de Taverny, rue Vauxelles, et ses biens à Christophe-François Gailliet de Bouffret, président en la Cour des Monnaies, et à Marie-Ève de Savigny, sa femme, 30 juillet 1780. Liquidation du droit de quint, 30 août.


Fief des Lignières à Taverny, appartenant à l'église Saint-Nicolas du Plessis-Bouchard.

• Reconnaissances de cens et rentes délivrées par les tenanciers à la fabrique de l'église de 1628 à 1666, 42 pièces sur papier.


Fief de l'église de Taverny (maison, terres et vigne).

• Aveux et dénombrements par Pierre Malart, écuyer, 22 mai 1382 ; par Nicolas Marcel, boucher et bourgeois de Paris, 29 février 1403 [406] [1404] ; par Guillaume Lanse, marchand drapier, bourgeois de Paris, qui a acquis le fief de Guillaume Le Vannier, couturier à Paris, 1er juillet 1424.

• Déclaration du revenu de l'église et fabrique Notre-Dame de Taverny, 28 mai 1548.

• Enquête sur les fiefs des églises de Taverny et du Plessis-Bouchard, ordonnée par le Conseil du prince de Condé le 13 mars 1776 et le 30 juillet 1777 ; M. Rouen, notaire à Paris, jouit du fief des Lignières.


Fief du Prieuré de Taverny.

• Copie des titres suivants, faite en 1770.

• Gilbert, évêque de Paris, donne l'église de Saint-Leu-Taverny à l'abbaye de Saint-Martin de Pontoise, 1122.

• Jean Dufour, prêtre à Saint-Leu, prend à ferme de l'abbé de Saint-Martin de Pontoise, prieur de Taverny, les biens du prieuré, 6 février 1494 [1495].

• Bouchard de Montmorency confirme une donation faite aux moines de Saint-Martin de Pontoise par « Bernardus Morici de Taverni », 1172.

• Sentence de la Prévôté de Paris dans un différend entre Martin Duval de Joy, prieur de Taverny, et Jean de La Fontaine, bailli de Taverny pour Guillaume de Rochefort, chevalier, au sujet de la vente des vins du prieuré; samedi avant Pâques 1337 [1338].

• Mathieu de Montmorency donne 20 arpents de bois aux prieurs de Tour (Saint-Prix) et de Taverny, avril 1215.

• Jean de Moncelles prend à titre de rente le four et la maison du prieuré à Taverny, 1275.

• Échange entre particuliers de biens mouvant de l'église de Saint-Leu de Taverny, de M. de Montmorency et d'Ancel Le Brun, chevalier, 6 février 1362 [1363] (vidimus du 13 mai 1407).

• Baux à rente du domaine du prieuré, 1371 à 1423 et 1629.

• Déclarations censières, 1665, 1666, 1668, 1679.

• Délibérations du Conseil du prince de Condé relatives au fief du Prieuré, 30 octobre 1743, 13 mars 1776.


1-BA-045 TAVERNY (seigneurie censière de).

• Alix de Montmorency cède à Mahieu de Montmorency et à Jeanne, sa femme, ses biens de Taverny, bois, chapons, corvées, cens, oublies, vinage, travers, et 7 livres de rente à Hérouville, en échange du bois de Boissy ; avril 1269.

• Thibaut Flourie, de Taverny, donne ses biens à Jean de Montmorency et à [407] Jeanne, sa femme ; « lundi es huitiemes de la Purification Notre Dame » 1315 [février 1316].

• Mandement de Pierre de Garges, intendant d'Anne de Montmorency, au receveur de Montmorency de payer 60 sols tournois à Philippe Torel, à qui le châtelain de Taverny a fait, par son ordre, « abattre et descouvrir le portail dudict lieu », 25 octobre 1534.

• Quatre contrats de vente entre habitants de Taverny, 1549, 1550, 1586.

• Délibération du Conseil du prince de Condé sur une contestation entre le curé de Taverny et le sr Séjournant au sujet d'un banc que le prince a donné permission à ce dernier de placer dans le chœur de l'église, 10 septembre 1671.

• Le prince de Condé vend à Charles Le Clerc de Lesseville, seigneur de Saint-Prix, la seigneurie censière de Saint-Leu et de Taverny, à la réserve de la justice, 15 juillet 1675. Inventaire des titres des censives, 1er mars 1676. Charles Le Clerc de Lesseville cède la seigneurie censière de Taverny à Madeleine Boutteroue, veuve de Charles Le Clerc de Lesseville, sous-doyen du Grand Conseil, en échange de la moitié du fief de Ternay à Saint-Leu, 4 août 1677. Madeleine cède à sa fille, Anne Le Clerc de Lesseville, la seigneurie censière et une grande maison à Taverny, 26 août 1686 ; modération du droit de quint, 21 décembre 1689.

• Placet d'Armand de Saint-Martin, conseiller au Parlement (mari d'Anne Le Clerc de Lesseville) pour la concession d'une ruelle derrière sa maison de Taverny, avec un plan, 1690.

• Concession d'une partie de ruelle à M. Julliet, seigneur censier de Taverny, 3 mai 1720.

• Délibérations du Conseil du prince de Condé sur le droit de chasse à Taverny, 3 avril et 20

novembre 1731.

• État de la terre de Taverny, 17 juin 1773, avec une lettre de M. Chauchat du 15 et une de M.

Loiseau de Bérenger du 27.

• Marie Julliet de Franconville, femme séparée quant aux biens d'Alexandre-Claude, comte de Longaunay, vend la terre et seigneurie de Taverny à Jean-Joseph de La Borde, 22 octobre 1773. État des titres de propriété depuis 1675. Modération du droit de quint, 31 octobre 1773 ; quittance délivrée par Ambroise Piot, trésorier général du prince de Condé, 6 novembre.

• Dépenses et recettes seigneuriales du prince de Condé à Taverny de 1775 à 1790.

• M. de La Borde vend Taverny au prince de Conti (Louis-François-Joseph de Bourbon), 24 mars 1777. Règlement du droit de quint, 9 avril.


• Liquidation d'anciens droits féodaux dus par Mme de Longaunay, 15 juillet 1778. [408]

• Pièces relatives à l'exploitation des bois dépendant de la seigneurie de Taverny, 1778-1790.

• Vente de Taverny et Beauchamp par le prince de Conti à M. Petit, 22 janvier 1791. Lettres de M. Petit, 1791-1793. Documents relatifs au domaine de Taverny, états de loyers, rentes, etc., 1788-1792.

• Déshérence de biens à Taverny, 1778-1779.

• Contrats de cens et rentes, 1748.


Fiefs de l'Aumusse et de Vaucelles à Taverny.


I. Fief de Vaucelles (rentes sur des maisons et héritages).

Aveux de Thibaut de Nogentel, épicier et bourgeois de Paris, 4 novembre 1360 ; de Jean Rémon, bourgeois de Paris, 30 décembre 1366 ; de sire Jean Rémon, général maître des monnaies du royaume de France, 17 mars 1381 [1382], 30 juin 1390, 13 avril 1391. (Le fief, acquis par Jean de Vaudubos, appartint ensuite à son neveu, Colinet de Vaudubos, puis aux enfants de Colinet).

II. Fief de l'Aumusse.

Jean de Taverny, sa femme Marguerite et son frère Gilles cèdent aux vicaires perpétuels de Saint-Mellon de Pontoise, 4 deniers et une picte de censive annuelle, ainsi que leurs droits sur les vignes possédées par lesdits vicaires à Taverny, avril 1254 ; lettres de Jean de Taverny et lettres de l'official de Paris (copie de 1532). Foi et hommage par les vicaires perpétuels de Saint-Mellon, 16 septembre 1622, 5 décembre 1635. Bail à ferme du fief de l'Aumusse, 12 octobre 1624. Vente du fief à René Le Blanc, bourgeois de Paris, ci-devant lieutenant en la prévôté générale de la connétablie et des camps et armées du Roi et son procureur en ses chasses et Varenne du Louvre, 9 mars 1641. Foi et hommage par René Le Blanc, 6 avril.

• René Le Blanc vend sa maison de la rue de Vaucelles et ses biens de Taverny à Robert Gravelle, mesureur-contrôleur de charbon es ports de la ville de Paris, 11 décembre 1646.

• Foi et hommage par François de Forcadel, conseiller du Roi, élu en l'élection de Paris, 4 mai 1665.

• Les chanoines prébendés de la sainte chapelle de l'église royale et collégiale Saint-Mellon de Pontoise, étant aux droits des vicaires, rentrés en possession du fief de l'Aumusse par sentence des Requêtes du Palais, le vendent à François de Séjournant, sieur du Plessis-Beauregard, 2 mai 1671.


III. Les deux fiefs unis sous le nom de fief de l'Aumusse dit Vaucelles.

Vente par François de Séjournant et Perrette Roujon, sa femme, à Nicolas de La Fayolle, avocat en Parlement, 13 janvier 1675. Mainlevée de la saisie du fief du [409] Plessis-Beauregard et des autres fiefs acquis par M. de Séjournant, 5 mai 1675, et composition des droits par lui dus au prince de Condé, 14 mai. Foi et hommage par Nicolas de La Fayolle, 6 juin 1675. Aveu et dénombrement, 14 mars 1682. Souffrance accordée à sa veuve, Marie de Perey, 18 juillet 1691. Acquisition par Silvain Parvau, courrier du cabinet du Roi, 28 décembre 1693; foi et hommage, 21 août 1694. Saisie du fief, maison et héritages, sur le détenteur à titre de rente, Noël Michel, tailleur d'habits, et jouissance accordée à Léonard Dumoulin, bourgeois de Paris, 17 octobre 1714. Silvain Parvau, conseiller du Roi, commissaire ordinaire des galères de France, et Marie-Anne de Beaumont, sa femme, vendent à Alexandre Aubry, seigneur d'Armainville, ci-devant maître d'hôtel ordinaire du Roi, leur grande maison du carrefour de Vaucelles à Taverny, avec jardin de cinq arpents et chapelle, des vignes, rentes, et le fief de l'Aumusse dit Vaucelles, 26 octobre 1716. Délibérations du Conseil du prince de Condé relatives au service du fief, 3 mai 1738, 14 juin, 2 août, 1er décembre 1742, 6 août 1744, 3 mai 1748, 23 et 30 janvier, 3 juillet 1749. Vente par M. Aubry d'Armainville à Antoine-Pierre Le Vasseur, sr d'Hénonville, avocat en Parlement, 23 janvier 1749. M. Le Vasseur et le sr Bouillard, son gendre, sont autorisés à enclore deux pièces de terre dans leur jardin et à déplacer le chemin de la Marée, 16 février 1750. Délibération du Conseil du prince de Condé au sujet de la prétention de droits seigneuriaux émise par le comte de Longaunay sur « un emplacement que possède M. Le Vasseur à Taverny, lieu dit Vaucelles, clos en partie de murs, où était ci-devant une maison bourgeoise démolie depuis peu, laquelle appartenait aux sr de Parvau et Maniquet », 22 janvier 1750. Mainlevée de l'opposition formée au décret du fief de l'Aumusse, 18 juin 1750 ; dépôt par M. Aubry d'Armainville d'une somme de 1.800 livres, 6 juin 1752. Dédit en faveur de M. Gillet, procureur au Parlement, qui a le dessein d'acquérir le fief de l'Aumusse de la succession de M. Le Vasseur, 13 août 1757. Le Conseil arrête qu'on demandera à M. Le Vasseur la foi et hommage du fief, 13 mars 1776.

• Inventaire des titres du fief de 1254 à 1757.


BOISSY (terre et seigneurie de), près de Taverny.

• Bail à titre de rente perpétuelle de 21 arpents de terre au terroir de Taverny, près la Croix Blanche, fait par Denis Fromont, seigneur de Boissy, à Jean Compagnon, charpentier à Saint-Leu ; 23 janvier 1501 [1502].

• Pierre Clutin, notaire et secrétaire du Roi, avoue tenir en fief de Guillaume de Montmorency 125 arpents de bois es bois de Boissy, faisant portion de 150 arpents en une pièce, dont le sixième appartient à Nicolas de Louviers, [410] seigneur de Saint-Merry, qui furent au Breton du Plessis à cause de sa femme, tenant à maître Denis Promont et d'autre part aux terres du Plessis; un autre fief de 20 arpents de bois assis près de l'église de Taverny, qui fut à Antoine Sanguin, tenant à la haute forêt, et d'autres petits fiefs en bois et vigne, en la forêt et à Tour (Saint-Prix), « tous lesquelz fiefz appartindrent à mon oncle M. Jehan de Louviers, chanoine de l'église de Paris, lequel me les a donnez par donation faicte entre vifz » ; 25 janvier 1507 [1508].

• Bail à ferme pour trente-six ans d'une pièce en friche de 60 arpents de terre dépendant de la seigneurie de Boissy, fait à Jean et Nicolas Compagnon par Jean Le Prévost, seigneur d'Eaubonne, veuf de Jeanne Fromont et tuteur de ses enfants, 19 mai 1514.

• Deux baux à rente perpétuelle consentis par le même, 12 février 1515 [1516].

• Vente des coupes du bois de Boissy par le receveur d'Anne de Montmorency, 5 février 1525 [1526], et par le receveur de Jean Le Prévost, seigneur de Boissy, receveur ordinaire de Senlis, 26 février 1525 [1526] et 20 mai 1527.

• Bail à ferme de 60 arpents de terre sis au terroir de Boissy, consenti par le receveur du duc de Montmorency à Georges Touppet, concierge du.château de Taverny, 31 janvier 1558 [1559].

• Bail de la ferme de Boissy, consenti par MM. de Marly, intendant général du duc de Montmorency, et Forestier, secrétaire, 2 février 1594.


• Délibération du Conseil, du prince de Condé, prise à la requête de M. de Blair, qui, en 1713, a acquis la ferme de Boissy du sr Paniquiny, au sujet de l'exécution d'un échange de bois fait en 1676 entre ledit Paniquiny et le prince de Condé ; 22 septembre 1719.

• Bail des coupes du bois de Boissy, consenti pour neuf ans par le duc de Bourbon à Nicolas Hébert, marchand, 22 décembre 1733.

• Acquisition du domaine de Boissy par le duc de Bourbon en 1817.


LE PLESSIS-BOUCHARD.

• Plusieurs délibérations du Conseil du prince de Condé au sujet des entreprises du commandeur de Louvières sur les censives du Plessis-Bouchard, 1682-1687.

• Nouvelles contestations entre l'ordre de Malte et le prince de Condé au XVIIIe siècle. Plusieurs mémoires contre les prétentions de M. d'Ormesson, commandeur de Cernay, qui se prétend seigneur censier universel du Plessis-Bouchard ; rappel et examen de titres depuis le XIIIe siècle. Plusieurs [411] délibérations du Conseil du prince de Condé à ce sujet, 1789-1791. Contribution du prince à la réparation de l'église, 1786.


1-BA-046 Baux de la garenne de BEAUCHAMP, 1693-1771

• Documents relatifs à la jouissance de la garenne par M. de La Borde, 1773-1793. Jouissance du bois de Boissy par M. de La Borde; vente de coupes; 1773-1791. Pièces de comptabilité concernant l'administration de Taverny, du bois de Boissy et de la garenne de Beauchamp.


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1 Roblin (M.), Le terroir de Paris aux époques gallo-romaine et franque, Picard, Paris, 1971, p. 241- 246.

2 Ducoeur (G.), La seigneurie d’Auvers-sur-Oise du IXe au XIIe siècle, le portus d’Auvers, et Le pont de Méry, in Méry-sur-Oise, Un Château dans l’Histoire, Val d’Oise éd., Méry-sur-Oise, 2006, respectivement p. 32-33 et p. 45.

3 Montubois est le résultat de l’évolution sémantique de Maant-au-bois.

4 Cf. « La création des nouvelles paroisses et communes de la Vallée de Montmorency » et « Brève histoire de Beauchamp »

5 Monumenta Germaniae Historiae, Diplomata Karolini, p.7-11. Traduction d’après Rousseau (abbé A.), et al. Taverny (754-1958), 1958, ré-éd. ville de Taverny, 1982, p. 35-37.

6 Mulon (M.), Noms de lieux d’Ile-de-France. Introduction à la toponymie, éd. Bonneton, Paris, 1977, p. 76.

7 Voir infra : « Le vicus routier du Carré-Sainte-Honorine ».

8 Cf. « L’église Notre-Dame de l’Assomption de Taverny ».

9 Depoin (J.), Cartulaire de l’abbaye de Saint-Martin de Pontoise, Pontoise, 1895/1896, actes LIX (1121), p. 56-57, CXXXII (1160) p. 106-107 et CLX (1170) p. 126-130, Inventaire des titres de Saint-Martin de Pontoise, ADVO 9 H1 p. 586 et 9 H76 (1122).

10 Cf. « Les premiers seigneurs de Montmorency ».

11 Bedos (B.), La Châtellenie de Montmorency des origines à 1368, Aspects féodaux, sociaux et économiques, SHAPVOV, 1980, p. 112-113.

12 Cf. : « Brève histoire de Bessancourt », et « L’église Notre-Dame et le château Madame de Bessancourt ».

13 Le Saint Allain (M.), Taverny, in Wabont (M.), Abert (F.), Vermeersch (D.), (sous la dir.), Carte Archéologique de la Gaule, Val-d’Oise, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Paris, 2006, p. 417-421.

14 Lebeuf (abbé J.), Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris, Paris, t. 2, 1758, ré-éd.1883, Librairie de Féchoz et Letouzey, p. 60-67, cf. p. 66.

15 Cf.: « Les pépiniéristes en vallée de Montmorency ».

16 Arch. Musée Condé à Chantilly, 1-BA-044 à 046 (Taverny et Beauchamp), cf. Annexe 1 ci-après.

17 Dupâquier (J.), (sous la dir.), Paroisses et Communes de France, Dictionnaire d’histoire administrative et démographique, Région Parisienne, éd. CNRS, Paris, 1974, p. 607.

18 Arzalier (F.), Du berceau à la tombe, in Des villages dans l’histoire, vallée de Montmorency (1750 à 1914), éd. Pr.Univ. Septentrion , Lille, 1996, 340 p., p. 55-62 et en particulier p. 59-62 pour Taverny.

19 Cf. « Les nourrices rurales d’enfants des « bourgeois » de Paris et de la région parisienne-Du berceau à la tombe ».

20 Buffévent (B. de), L’Économie dentellière en région parisienne au XVIIe siècle, SHAPVOV, Pontoise, 1984, les paroisses dentellières p. 58-59.

21 Dupâquier (J.), (sous la dir.), op. cit., p. 607.

22 Cf. « Géologie de la vallée de Montmorency dans le Parisis. Géologie, géomorphologie, utilisation des roches et des ressources naturelles par l’homme ».

23 Rousseau (abbé A.), et al. op. cit., p. 162.

24 Cf. « La forêt de Montmorency et les métiers de la forêt ».

25 Cf. « Les carrières à plâtre, tuiliers et briquetiers en vallée de Montmorency ».

26 Jablonski (C.), Époque contemporaine, in Taverny. Histoire d’un Terroir, Édition ville de Taverny, 1991, p. 103-104.

27 Jablonski (C.), op. cit., p. 115-116.

28 Ducoeur (G.), L’oppidum gaulois du Camp de César à Taverny, Val d’Oise, in Bull. JPGF, n° 3, 1973, p. 14-19.

Ducoeur (G.), L’oppidum gaulois du Camp de César à Taverny, Val d’Oise, in Bull. JPGF, n° 4-5, 1974-1975, p.23-34.

Ducoeur (G.), L’oppidum gaulois du Camp de César à Taverny, Val d’Oise, in Bull. JPGF, n° 6, 1976, p.48-64.

Ducoeur (G.), L’oppidum gaulois du Camp de César à Taverny, Val d’Oise, in Bull. JPGF, n° 8, 1978, p.66-79.

29 Jullian (C.), Chronique gallo-romaine, REA, 1924, p.351 et 1926, p. 149.

SRAIDF, à l’époque : Direction des Antiquités historiques d’Ile-de-France.

30 Ducoeur (G.), Taverny, L’oppidum du Camp de César, in Pérouse de Montclos (J.-M.), (sous la dir.), Le guide du patrimoine, Ile-de-France, Hachette, 1992, p. 627-628.

Ducoeur (G.), L’oppidum gaulois du Camp de César à Taverny, Val d’Oise, in Les Celtes dans le nord du Bassin Parisien (VIe-Ier siècle avant J.C.) Actes du 5e colloque tenu à Senlis, RAP, n° 1, 1983, p. 229-231.

31 Arch. nat. N III Seine-et-Oise, 20.

32 Toupet (C.) et al., Les fossés du retranchement celtique de Frépillon-Bessancourt (Val d’Oise) : un oppidum des Parisii, in BAVF, n° 37, 2005, p. 71-84.

33 Cf. « La chaussée Jules César et le vicus d’Ermont. Les sites gallo-romains de Taverny ».

34 Vermeersch (D.) et Wabont (M.), Le Val d’Oise gallo-romain, in Carte Archéologique de la Gaule, Val-d’Oise, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Paris, 2006, p. 107-116 et 420.

35 Le Saint Allain (M.) op. cit., p. 420.

36 Cf. note 7. Cf. aussi Lefèvre-Pontalis (E.), Église Notre-Dame de Taverny, in Congrès archéologique de France, Paris, Picard, 82e session (1919), 1920, p. 50-69.

37 Lebeuf (abbé J.), op. cit., p. 61.

38 Schauinger (L.), Notre-Dame de Taverny, in Foussard (D.), Huet (C.), Lours (M.) : Églises du Val-d’Oise, Pays de France, Vallée de Montmorency, Dix siècles d’art sacré aux portes de Paris, SHAGPDF, 2008, p. 270-272.

Schauinger (L.), Notre-Dame de Taverny, éd. ville de Taverny, 1998, 88 p.

39 Pérouse de Montclos (J.-M.), (sous la dir.), Taverny, Église Notre-Dame de l’Assomption, in Le guide du patrimoine, Ile-de-France, Hachette, 1992, p. 627.

Jablonski (C.), op. cit., p. 48.

40 Depoin (J.), op. cit., acte lix, p. 56-57. Cité par Pegeon (A.), L’abbaye de Saint-Martin de Pontoise au Moyen Âge (XIe-XIVe siècles), SHAPVOV, 1995, p. 29, note 41.

41 Cf. « Le rôle social et économique des communautés religieuses dans la châtellenie de Montmorency ».

42 Cf. « Les prieurés des abbayes de Saint-Martin de Pontoise et de Saint-Victor de Paris ».

43 Arch. dép. V.O. 9 H 1 p. 279 sq. Tour, ancien nom de Saint-Prix. Vallée de l’Ortie, lieu-dit de Saint-Leu.

44 Arch. dép. V.O. 9 H 1.

45 Arch. nat. S 37 n° 15.

46 Arch. dép. V.O. 9 H 1 p. 279 sq.

47 Arch. dép. V.O. 9 H 93.

48 Cf. « La vigne et les vignerons en Vallée de Montmorency ».

49 Bedos (B.), op. cit., p. 113.

50 Jablonski (C.), op. cit., p. 50-51.

51 Jablonski (C.), op. cit., p. 61.

52 Arch. nat. K 25 n° 6/7. Cf. Foucher (S.), Notre-Dame du Val, abbaye cistercienne en Val d’Oise, éd. Valhermeil, 1998, p. 222, note 2.

53 Lebeuf (abbé J.), op. cit., p. 63-64.

54 Archives du Musée Condé de Chantilly, plan de la « Havte Forest d’Angvien ov de Montmorenci » dim. 0,40 x 0,24 m, 84 K PCL S6 (sans date, sans doute du XVIIe siècle).

55 Bornet (R.), Bessancourt, des origines à la Belle Epoque, éd. municipale, 1989, p. 43-44.

56 Roblin (M.), Saint-Christophe à Montubois, Saint-Jacques, in Le terroir de Paris aux époques gallo-romaine et franque, Picard, Paris, 1971, p. 184-186.

57 Arch. nat. N III Seine-et-Oise, 120.

58 Archives du Musée Condé de Chantilly, BA 44.

59 Arch. nat. N III Seine et Oise, 20. Voir supra note 41.

60 Arch. nat. registre du trésor des Chartes.

61 Rousseau (abbé A.), et al. op. cit., p. 92-93.

Lebeuf (abbé J.), op. cit., p. 63.

62 Jablonski (C.), op. cit., p. 51.

63 Archives du Musée Condé de Chantilly, BA 46, plan de Taverny 116 C 18, entre 1709 et 1725.

64 Rousseau (abbé A.), et al. op. cit., p. 209-210.

65 Rey (A.), La fin de l’Ancien Régime à Saint-Prix, La Seigneurie, Paris, 1884, Appendice, p. 49-50.

66 Plan du registre terrier de Taverny de 1719 : « Lanclaue Du Château ».

67 Rousseau (abbé A.), et al. op. cit., p. 167-168.

68 Le Forestier (C.), La nécropole mérovingienne du Martray à Cormeilles-en-Parisis, in Bull. SHAAP-VA, n°37, 2004, p. 53-62.

69 Fould, famille d’hommes d’affaires et de banquiers français. Bénédict Fould (1792-1858), fils du fondateur de la banque Fould, Oppenheim et Cie. Son frère Achille (1800-1867), fut ministre des Finances de Louis-Napoléon Bonaparte de 1849 à 1852, il créa des Caisses de retraite et de secours pour la vieillesse. Rachel Fould était la fille de Beer Lion (Léon) Fould, banquier, père d’Achille, donc sœur du ministre des Finances de Louis-Napoléon Bonaparte. Mr L. M. Guntzberger n’a pas possédé le château de Vaucelles, contrairement à ce qu’indique l’abbé J. Rousseau. Cf. Rousseau (abbé A.), et al. op. cit., p. 168.

70 Collectif, Les arbres remarquables du Val d’Oise, Ed. Dakota, CGVO, 2005, p. 54-61.

71 Rousseau (abbé A.), et al. op. cit., p. 170-171.

72 Rousseau (abbé A.), et al. op. cit., p. 171.

73 Lefèvre-Pontalis (E.), Taverny, in Congrès archéologique de France, 82e session, Paris, 1919, p.50 sq.

74 Lefeuve (C.), Taverny. in Le tour de la Vallée. Histoire de la vallée de Montmorency, 1856 et 1866, ré-éd. CHAEVM, n° 2, 1975, p. 130.

75 Selon Lucien Double, les armes de Vaucelles sont « d’argent au chef emmanché de gueules chargé de billettes d’or ». Voir infra réf. Note 74.

76 Double (L.), Les chroniques des pays de Rémollée et de Thor (Basse-forêt de Montmorency, Saint-Leu, Saint-Prix, Taverny, Montlignon, Bouffémont, Cernay-Ermont, Sannois, etc.), Paris, typographie de Ch. Meyrueis, 1869, p. 124.

77 Rousseau (abbé A.), et al. op. cit., p. 168.

78 Rousseau (abbé A.), et al. op. cit., p. 167.

79 Guilhermy (F. de), Inscriptions et épitaphes de la France du Ve au XVIIIe siècle. Ancien diocèse de Paris, Paris, 1873-1883, in 4°, p. 315-316. Dame Ydoine d’Attainville porte à droite le même blason, p. 462-463.

80 Foucher(S.), L’abbaye du Val à Mériel et ses tombeaux disparus, éd. Valhermeil, 1989, 70 p., p. 50 et 53.

81 Cette branche des Montmorency, seigneurs d’Avremesnil (canton de Bacqueville-en-Caux, arrondissement de Dieppe) et de Goussainville est distincte de celle des seigneurs de Saint-Leu et de Deuil, dont la branche issue d’Hervé de Montmorency (1071-1087), comprend Bouchard VI, troisième fils de Mathieu III et de Jeanne de Brienne qui reçut cette terre vers 1250. Elle s’éteignit en 1402 avec Jean II de Montmorency.

82 Guilhermy (F. de), op. cit., p. 318, 1 pl.

83 Guilhermy (F. de), op. cit., p. 320.

84 Arch. nat. S 2250 n° 59.

85 Arch. nat. JJ 86 f° 67 v°.

86 Jablonski (C.), op. cit., p. 55-56.

87 Rousseau (abbé A.), et al. op. cit., p. 171.