LES MOULINS DANS L’HISTOIRE


D’Île-de-France, du Parisis et de la vallée de Montmorency


HISTOIRE DES MOULINS


Les découvertes de l’archéologie moderne permettent d’affirmer que, quarante siècles avant l’ère chrétienne, l’homme de notre région connaissait les céréales.

Plus certainement les sites chasséens et ceux de la civilisation Seine-Oise-Marne ont livrés des traces d’orge, de seigle, avec, déjà à l’époque, une nette prédominance des blés1. Le froment (triticum diccocum, dit au Moyen Âge « frumentum ») ; l’engrain ou petit épeautre (triticum monococum , dit au Moyen Âge « spelta »), dont le grain adhérait à la balle.

Les archives les plus anciennes, à partir du VIe siècle de notre ère, font état des redevances en nature, payables en froment, en épeautre, en seigle (sigalum), en avoine (avena), en mélange de blés divers (mixtura ou annona), et même en multura (mouture, c'est-à-dire mélange de la farine et du son), et en bracia ( blé ou orge germé et concassé servant à la fabrication des bières ou cervoises).

Il est donc permis de penser que tous ces hommes écrasaient le grain. Dans le Pater Noster, le Christ a imploré Dieu le Père de nous donner « notre pain quotidien ». Peut-être s’agissait-il plutôt de galettes. Le « produit fini » que consommait notre ancêtre était sans doute fonction de la qualité des matières premières et de son aptitude à les travailler. Plus facile à confectionner que la galette et le pain, la bouillie resta longtemps une nourriture de base. Au XVIe siècle encore, le poète dammartinois Claude Gauchet en témoigne :

« Si pour les survenants leur viande est faillie,

Ils mangeront pour met la pasteuse bouillie2 ».


Broyer le grain a été, après la chasse, l’une des premières activités de l’homme primitif en quête de nourriture. Rapidement il chercha à perfectionner le système, imaginant le moulin à bras dont l’utilisation longue et fastidieuse immobilisait une main d’œuvre « musclée ». On ne tarda pas à apprécier les limites de cette force musculaire. L’idée vint alors d’utiliser la puissance des animaux domestiques : manège à cheval permit le pompage de l’eau, le battage des récoltes, la mouture des céréales et des oléagineux. L’usage de ces matériels se continua longuement, car ils permettaient de travailler dans des régions dépourvues de toutes autres sources d’énergie domesticables.

Ces sources d’énergie ne pouvaient venir que de la nature. Les puissances latentes qui se manifestaient exceptionnellement, comme les tempêtes de vent ou le déchaînement des grandes marées, faisaient peur : manifestations présumées des Divinités, elles étaient indomptables. Seule « force tranquille » dans cet environnement, l’écoulement calme et régulier des eaux paraissait pouvoir être utilisé : une roue à aube horizontale pivotant autour d’un axe vertical, un chenal canalisant l’eau d’un seul côté des pales, et la première machine hydraulique était née…

La puissance obtenue est proportionnelle à celle du flux, elle-même fonction de son volume et de sa vitesse, donc de la pente du lit. Il fallait un cours d’eau assez important pour que l’énergie développée soit suffisante.

Observant une cascade, notre ancêtre constata qu’un mince filet d’eau tombant verticalement possédait une force d’autant plus importante qu’il tombait de plus haut. La solution était trouvée : il fallait modifier le profil en long du cours d’eau de manière à ménager une chute. L’eau venait alors frapper puissamment les pales d’une roue, verticale cette fois, pivotant autour d’un axe horizontal.

Quel que soit le plan dans lequel s’effectuait la rotation, il ne restait plus qu’à imaginer les engrenages permettant de transmettre le mouvement à un outil. Rien d’étonnant dans ces conditions que les vallées de nos rivières aient rassemblé les premières industries.


LE MOULIN À EAU


Dans les temps anciens aucune autre force motrice naturelle n’a été domptée. Le moulin à vent n’est apparu que très tardivement dans les zones dépourvues de cours d’eau. Quelque variées qu’aient pu être les utilisations possibles du moteur hydraulique, il est certain qu’à l’origine ce genre d’installation a visé exclusivement la mouture des grains.

Venue d’Italie, l’idée s’est timidement propagée dans le midi de la France, dès les IVe et Ve siècles de notre ère3. Lorsqu’au VIe siècle, un abbé fait construire un moulin sur l’Indre, son initiative excite surtout la curiosité.

À une époque où les retombés de la prospérité gallo-romaine cessent progressivement de se faire sentir, notre ancêtre est physiquement sur la défensive : sa survie est son seul souci, dans un milieu souvent hostile4. Anomalies climatiques, épidémies, attaques d’animaux contre ses récoltes ou contre lui-même, semblent lui avoir ôté tout esprit de progrès, sauf pour chercher à s’éviter des efforts physiques. À cet égard la propagation de la machine hydraulique et de la mouture mécanique est une remarquable exception.


LES DOCUMENTS


Passées les périodes préhistorique et protohistorique, pour lesquelles nous avons un grand mal à faire « parler » le mobilier des sites archéologiques, l’histoire économique, à laquelle est intimement liée celle des moulins, se réfère presque exclusivement aux sources royales et religieuses.

L’exploitation de la terre par les petits seigneurs locaux a laissé peu de souvenirs, dans les archives systématiquement détruites après le 4 août 1789.

Mieux gérés et ayant bénéficié davantage des progrès techniques, les grands domaines dépendant de la couronne ont fait l’objet de recensements, de comptabilités dont les documents en partie conservés ont pu être exploités. C’est plus vrai encore pour les terroirs mis en valeur par les communautés ecclésiastiques, dont la gestion a été méthodiquement mise « noir-sur-blanc » en des écrits mieux sauvegardés au moment de la Révolution. Cette gestion a surtout été organisée à l’époque carolingienne5. L’état de conservation de ces archives, leur présentation, écriture et langue, interdisent pratiquement leur exploitation directe par l’historien amateur qui doit se référer aux transcriptions et analyses de spécialistes incontestés.


Les premiers moulins connus en Île-de-France


Que ces spécialistes se nomment Depoin, Guérard, Longnon, de Lasteyrie ou autres, leur travail permet de constater que, très tôt, l’équipement en moulins à eau existe et progresse.

Par acte du 6 décembre 528 ou 5586 le roi Childebert Ier fonde l’abbaye de Saint-Vincent et Sainte-Croix (devenue Saint-Germain-des-Prés, prieuré clunisien) : « …cum molendinis inter portam civitatis et turrium ». La donation comporte donc un moulin à Paris, dont la localisation est précisée. Il est admis que, si la date est sans doute vrai bien qu’imprécise, le document lui-même serait une reproduction tardive – probablement entre 1000 et 1010 – de la pièce originale disparue. En effet, aux VIe et VIIe siècles le moulin était non pas un « molendinum » mais un « farinarius ».

Le fait est que le testament de Sainte-Fare de l’an 6327, fait état de deux moulins, l’un probablement sur l’Aubetin, et l’autre en la ville de Meaux sur le « Pont Raide » (Pont du Marché) : « …farinarium vero qui est super fluvium Maternam ad pontem rapidum ».

Les stipulations du testament de dame Erminetrude établi vers l’an 7608 parlent de moulins en Parisis et en Multien9. Le 24 février 775, Charlemagne donne à l’abbaye de Saint-Denis le fief de Luzarches, avec les moulins qui en dépendent, implantés sans doute sur la rivière Ysieux10.

L’an 811, le comte Étienne et sa femme Amaltrude donnent à Inchad, évêque de Paris, entre autres11, des « farinii mobile et inmobile » à Sulcianus (Sucy-en-Brie, Val-de-Marne), Nocetus (Noiseau, Val-de-Marne) et Buxidus (Boissy-Saint-Léger, Val-de-Marne).

Le 2 mai 894, parmi les donations du roi Eudes au monastère de Saint-Denis, on trouve un « molendinum » sur le Petit-Rosne à Sarcelles (peut-être celui du « Haut-du-Roy ») et un autre sur le Crould au pont de Trécines12.

Le 16 septembre 909, Charles-le-Simple confirme la donation faîte par Charles-le-Chauve à l’Église de Paris du « Grand Pont » et des places et moulins qui en dépendent13 : « …pontem jamdicte urbis cum areis et molendinis… ».

Le 9 octobre 918, il confirme également la restitution de quinze manses faîtes par Théodulf, évêque de Paris, à l’église collégiale de Saint-Marcel14 : « …terris cultis et incultis, vineis, pratis, pascuis, aquis aquarumne decursibus, molendinis exitibus et regressibus… ».

En 992, une charte de Gautier, comte de Valois15, restitue solennellement à l’église Saint-Crépin-le-Grand de Soissons les terres d’Orrouy (Oise) et le Lupi saltus (Éluarts, selon Mabillon, et plus probablement Champlieu [Oise] d’après Louis Carolus-Barré), et notamment un moulin sur la rivière d’Automne : « …farinarium unum, super fluvium Altumnum… ».

Confirmant vers 997-999 les biens et privilèges de l’église Saint-Magloire, Robert II le Pieux précise16 : « …molendinum quoque Parisus in fluvio Sequane … ».

Dans l’acte de partage de l’église de Meaux entre l’évêque et les chanoines, du 12 mars 1005, on trouve : « … molendinum Hoccheim … » (Ocquerre ?) et encore : « …terram quoe pertinet ad eos in suburbio Meldensi cum prato uno et arca una ad molinum… » (probablement sur le « Pont Raide »).

L’énumération pourrait ainsi continuer : de très nombreux actes concernent au XIe siècle des moulins sis à Charenton (1033), Orry-la-Ville (1097) par exemple. Au XIIe siècle nous trouvons de même, Arcueil (1119), Clichy (1134), Dugny (1108-1119), Étampes (1113), Juilly (1177), Luzarches (1150), Paris (1119-1135-1146-1179), Senlis (1137-1170), Villepinte (1140), entre autres…

Il semble inopportun d’entrer dans le détail de ces nombreux écrits qui sont la preuve de l’importance du moulin dans le patrimoine. Observons pourtant que ces actes font état de moulins préexistants, ce qui ne permet pas de préciser la date de leur construction.

Ces archives font apparaître plusieurs catégories de moulins. Outre les moulins de campagne nous trouvons les moulins des villes groupés sur des ponts (Grand Pont à Paris, Pont Raide à Meaux), où au bord du fleuve, comme les moulins de Mibray à Paris, dont l’emplacement a été absorbé par la partie de la rue de Saint-Martin comprise entre l’avenue Victoria et la Seine, au bout du pont Notre-Dame. Nous trouvons enfin des « farinii mobile » en 81117 et « unum iterm molendinum » en 103318. Que faut-il entendre par là ? Cette mobilité n’indiquerait-elle pas l’ancêtre du moulin sur bateau…19.


Les constructions de moulins

L’emplacement propice à la construction d’un moulin est toujours convoitée : entre 1079 et 1096, Eudes Hérisson20, donne au prieuré clunisien de Saint-Martin-des-Champs l’emplacement pour construire deux moulins sur la Marne à Neuilly-sur-Marne : « …duas areas in aqua quae vocatur Materna, ad construendos duos molendinos… ».

En 1195, Hugues Foucaud, abbé de Saint-Denis21, enregistre en une charte la donation par Jean Brustin, aumônier, d’une maison qui fût transformée en moulin.

Plus généralement, et antérieurement à ces cas, rappelons que vers 820-829, selon le Polyptique22 étudié par Benjamin Guérard : « Le nombre des moulins de l’abbaye de Saint-Germain [-des-Prés] dans le Polyptique qui nous a été conservé, s’élève à 84 environ. Mais dans ce nombre sont compris 10 moulins neufs non acensés, et trois aires de moulins qui n’étaient pas mise en valeur, ou dont le produit n’est pas marqué… ».


Une construction délicate

Ce n’est pas une petite affaire que d’édifier un moulin. L’emplacement propice étant choisi, il faut en aménager l’environnement, assurer l’apport d’eau qui conditionne la puissance motrice, aménager le bief d’amont qui amène l’eau à la roue, et celui d’aval qui restitue au cours d’eau le flux temporairement détourné. Il faut construire les bâtiments nécessaires, confectionner et installer la roue à aubes, les mécanismes de transmission du mouvement, et en assurer le réglage pour un rendement optimal. Il faut rechercher et extraire la pierre meulière, tailler les meules dormantes et tournantes, tracer et graver les nervures. Il faut amener ces meules, les mettre en place, aménager l’intérieur fonctionnel du moulin et aussi organiser intelligemment ses abords.

C’est au total une œuvre importante et délicate qui demande à être sérieusement réfléchie en fonction du site. Plus la technique s’améliorera, plus on sera difficile sur la qualité des matériaux mis en œuvre. Rares sont les strates géologiques susceptibles de fournir une pierre meulière de qualité. C’est ainsi que, au cours des ans, les « meuleries » de la Ferte-sous-Jouarre ont acquis une réputation mondiale qui cessera seulement avec la mouture par cylindres métalliques, venus d’Europe centrale.

Une entreprise onéreuse

Au coût global de la construction s’ajoutent les frais d’un entretien constant. Même si rien ne vient entraver le fonctionnement normal du moulin, ce mécanisme compliqué ne peut être maintenu que par des débours réguliers et lourds. C’est encore plus vrai lorsque des évènements extérieurs interviennent, intempéries ou faits de guerre, provoquant la destruction partielle ou totale de l’installation. Installation, entretien, réparation voire réfection, constituent au total une charge financière difficilement supportable. Seul le seigneur peut y faire face s’il est suffisamment cossu, et à condition qu’il ait su, en temps utiles, « faire ses comptes » et prévoir.

Et pourtant, dès le IXe siècle, la construction des moulins à eau se développe rapidement dans notre région.


La meunerie, activité intéressante pour tous

On sait qu’au Moyen Âge la réserve ou domaine est la portion de la seigneurie non afiéffée dont le produit est exclusivement réservé au seigneur. Le moulin, au même titre que le pressoir en pays de vignobles, ou la brasserie dans le Nord ou l’Est de la France, fait partie de ce domaine réservé.

Bien avant que le système de la banalité se généralise, la gestion de ces annexes du domaine seigneurial utilisables moyennant redevances par la population avoisinante, n’est pas forcément assurée directement : très tôt on trouve des moulins baillés à ferme à un agent du seigneur ou même concédé à un tenancier plus ou moins indépendant. Le bail original est rarement conservé, on ne connaît donc pas sa date. Vers 1146, le roi Louis VII, confirme le bail d’un moulin à Mibray (voir ci-dessus) par le chapitre de Notre-Dame de Paris à un certain Frédericus, moyennant quatre muids de froment payables moitié à la Nativité et moitié à l’Ascension23.

Quelles que soient les conditions de la convention le liant au seigneur, on peut d’ores et déjà considérer ce tenancier comme étant d’un niveau social supérieur à celui du « rustre ». À une époque où le moulin à vent n’est pas encore apparu chez nous, le moulin à eau est pour le seigneur une source substantielle de revenus. Il ne semble pas que les habitants des manses doivent obligatoirement venir moudre au moulin seigneurial ; mais, sans nul doute, ils y apportent le plus souvent leur grain24. Ils doivent alors acquitter des redevances en céréales de qualité. Il n’est pas impossible que cette exigence de pur froment ait pour but essentiel de fournir du pain blanc à l’aristocratie locale…25.


Le moulin, facteur de progrès social

Dans notre région, l’épeautre, ce blé vulgaire, dont le petit grain était difficile à décortiquer, tendait déjà à disparaître au profit du seigle et même de l’orge. Mais, obligés de semer du froment, nos paysans ne tardèrent pas, pour leur propre satisfaction, à en incorporer discrètement au seigle, pour que leur pain noir quotidien soit un peu moins noir…

Comme le transport des grains et des farines oblige une partie de la population à élargir son horizon, à sortir du régime autarcique de la paroisse d’antan, l’activité autour du moulin fut l’occasion de contacts humains, d’échanges de vues, d’informations26.

La mécanisation de la mouture libéra pour d’autres tâches la main d’œuvre initialement affectée au broyage à bras des céréales.

Tous ces éléments firent du moulin hydraulique un facteur non négligeable de progrès social.


Le moulin, source de profit seigneurial

Ce profit a parfois surpris agréablement les intéressés. En 1195, nous l’avons vu, Jean Brustin donne à l’abbaye bénédictine de Saint-Denis une maison qui est transformée en moulin. Le revenu en devient si important qu’Hugues Foucaud, abbé de Saint-Denis, fonda un anniversaire à la mémoire de Pierre Brustin, religieux, et de son frère Guy, le lendemain de la Saint Jean-Baptiste27.

Cette exceptionnelle reconnaissance de la part de religieux, trouve rarement son équivalent dans les seigneuries laïques. À partir du Xe siècle, bon nombre de seigneurs, conscients du rendement net du moulin, en profitent pour user davantage de leur droit de contrainte et obliger à l’usage de leur moulin, moyennant rémunération, à l’usage de leur moulin toute la population soumise à leur justice, soit directement, soit même par le jeu des institutions vassaliques28.

La banalité étant érigée en système, le seigneur va même jusqu’à faire la chasse aux moulins à bras clandestins. Dès lors, l’exploitation du moulin banal est, avec le prélèvement des dîmes, la meilleure source de profit.

Cette aubaine devient encore plus forte aux XIe et XIIe siècles, avec d’une part l’amélioration des rendements céréaliers (on est sorti de la période de stagnation mérovingienne), et d’autre part l’accroissement non négligeable de la population. C’est la période où le régime « bannier » est systématiquement étendu aux fours, pressoirs, brasseries, bois, pâtis…taureaux et verrats même...29.

Mais sans doute ne peut-on aujourd’hui se faire qu’une médiocre idée de l’importance de ce pouvoir d’astreinte : nos meilleures sources émanent des d’archives ecclésiastiques, et l’on peut penser que le clergé, malgré une gestion exemplaire de ses domaines, pouvait être moins âpre au gain que le seigneur laïque30.

Pour en revenir au « ban du moulin », il est incontestablement le plus répandu et le plus rémunérateur des monopoles seigneuriaux.

Tout l’environnement du moulin est réglementé : le seigneur organise, codifie, la rotation des sols, la date des récoltes, les droits d’usage, le montant des redevances, la collecte des grains, le transport des farines et des issues31.

Qui dit règlements suppose infractions et désobéissances, assorties d’une lourde amende, source supplémentaire de profits...

Moins âpres au gain que les seigneurs laïques, présumons-nous, certaines communautés religieuses sont pourtant très conscientes de leurs intérêts relatifs. Ainsi en 1119, le chapitre de Notre-Dame de Senlis, aux termes d’un accord passé avec l’abbaye Saint-Vincent de Senlis32, oblige ses hôtes ou vassaux à faire moudre leurs grains aux moulins de Saint-Vincent à Gouvieux33.

Ayant ainsi fait la preuve de sa rentabilité, l’investissement en création de moulin s’amplifie. Le progrès technique aidant, au début du XIIe siècle on aménage le cours de petites rivières34, voire de ruisseaux, pour multiplier les dénivelées et permettre la construction de nouveaux moulins : moulin neuf sur le ru de Fréval, affluent de l’Ysieux, à Viarmes ; moulins Vinel et Boursier, sur la Gondoire, au sud de Lagny ; moulin des Marais, sur le ru des Cerceaux, à Mory ; moulins sur le ru Mesnil, le ru de Binel, le ru de Rognon, le ru des Avenelles, dans le bassin versant du Grand Morin ; moulin sur le Rosne, affluent du Clignon ; moulin de Taillepied sur le ru d’Allant, moulin d’Autheuil et moulin de Pont-de-Vaux sur le ru d’Autheuil, moulins de Troësne et de Neuvivier sur la Savières, moulin de Monte-en-Peine sur le ru du Gril, tous du bassin versant de l’Ourcq ; moulins du Chamois, du Hameau et de la Ville sur le ru de Sainte-Marie, affluent de l’Automne, etc. installations modestes, sans doute, mais rentables.



Le moulin, pièce maîtresse du milieu rural

Le rôle du moulin pour assurer la subsistance d’une population vulnérable est évident. Encore faut-il que l’eau ne manque pas aux pales de la roue motrice. Prévoyant les périodes sèches et les basses-eaux en résultant, les cisterciens de Preuilly35 avaient fait installer à Montigny-Lencoup un moulin à chevaux36.

Hors ces cas extrêmes, l’arrivée de l’eau à la roue est tributaire de l’utilisation qui en est faite en amont : antagonismes, rivalités…les contentieux en la matière ne manquent pas, nous le verrons.

Mais l’excès d’eau est non moins préjudiciable. L’accroissement brutal du flux en quantité et en vitesse provoquait parfois aux moulins et à leurs appareils des dégâts importants voire irréparables. En 120737, la rupture des écluses du moulin de Dugny, sur le Crould, excite les plaintes de l’abbé de Saint-Denis. Les écluses du moulin Hoe à Douy-la-Ramée sont l’objet d’une transaction entre le seigneur de Forfry et le chapitre-cathédral de Meaux, entérinée par un acte de l’évêque Pierre III, en mars 1231, et revue en mars 123938.

Basses-eaux ou crues, c’est la vie de toute une population qui est mise en péril. L’assaillant le sait bien, qui considère à juste titre le moulin comme un objectif militaire de tout premier ordre. Affamer le seigneur et les siens en éliminant le moulin, constitue une stratégie comparable à un siège : avant 109439, Gasce et Guillaume Tranchebise donnent aux moines du prieuré clunisien de Saint-Martin-des-Champs leur moulin de Dugny (molendinum de Duniaco), sous réserve d’une rente en blé payable à la Mi-carême, sauf le cas de pillage du moulin en temps de guerre féodale.

Le moulin irréparable, ruiné ou détruit par fait de guerre, reste un emplacement privilégié : le site préexistant peut, à moindre frais, recevoir de nouvelles installations, dont l’utilisation pourrait éventuellement être autre qu’un moulin à farine. En 909, la donation confirmée par Charles-le-Chauve à Notre-Dame de Paris porte non seulement sur les moulins (molendinis), mais aussi sur des emplacements (areis)40. Le 12 novembre 1097, Eudes de Gonesse et le chapitre de Notre-Dame de Paris cèdent, au prieuré clunisien de Saint-Martin-des-Champs, leurs droits sur le tiers d’un emplacement mal localisé dit « aream molendini apud villulam que Mesnilis vocatur, subtus Oiri… », mais qu’une mention marginale précise comme étant : « Orry près Survilliers »41.


Le seigneur et son meunier

L’incontestable importance économique du moulin assure au meunier une situation sociale particulière. C’est un professionnel dont le seigneur à besoin. Sans aller, comme en Picardie jusqu’à prévoir l’attribution au meunier d’une tenure42, sorte de fief aux charges réduites, les seigneurs de chez-nous ont vite compris que le meunier était un homme à ménager.

Outre les investissements ci-devant évoqués, les frais annexes sont lourds : nombreux personnel pour assurer la sécurité à l’entour du moulin, pour percevoir les taxes aux péages et sur les marchés, surveiller le meunier et son personnel, contrôler les mesures, le transport des grains et des farines, constater les infractions et encaisser les amendes…

Ajoutons à cela que, trop souvent les « ministériaux », gens du seigneur, profitent de la situation pour « autofinancer » leur zèle au détriment du seigneur et du meunier.

Référons-nous à nouveau à l’incomparable témoignage du IXe siècle qu’est le Polyptique de Saint-Germain-des-Prés43. La terminologie est assez vague. Elle explicite rarement le titre de « mulinarius » : « Grimbaldus colonus, mulinarius, homo Sancti Germani » établi dans le fisc

d’Esmans, se place dans la hiérarchie locale, sitôt après le maire, le cellérier (économe), et le doyen. Il n’est que ministériel de l’abbaye et est rémunéré par l’attribution gratuite d’un demi-manse ingenuile44 (« …tenet dimidium mansum ingenuilem ») comprenant terres, vignes et prés. De même dans le manse de Villemeux, « Winedramnus tenet jornales VI. Praevidet in de farinarium ».

Au contraire, certains meuniers, bien que tenanciers de manses ingenuiles, étaient fermiers du moulin pour lequel ils payaient une redevance annuelle fixe à l’abbaye, soit en argent, soit en nature. Ainsi, à la Celles-Saint-Cloud, Bobo, tenancier de la moitié du moulin, paie « de argent solidos II », et les quatre colons Gunxbertus, Cristofolus, Montgilus et Ermengudis, co-tenancier d’un manse ingenuile, tiennent en outre un moulin, contre seize muids de vin. De même, à Secqueval, Adalricus et ses quatre enfants, Adricus sa femme et ses enfants tiennent conjointement, outre un manse, la moitié d’un moulin, contre cinq muids de froment.

Dans ces conditions, le rendement des moulins est intéressant. « Parmi les moulins de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, il y en avait deux à Combs-la-Ville qui rendaient ensemble 120 muids d’annona, 40 de frumentum et 80 de mixtura. Un autre, dont il est question au fisc de Béconcelle, devait rendre 10 muids de froment et cinq muids de blé, alterius annonae, peut-être cinq muids de seigle ».

Plus généralement, intéresser le meunier à la bonne marche de l’exploitation est pour le seigneur doublement rentable, en diminuant les salaires tout en accroissant le rendement. Encore faut-il que le contrat proposé assure au meunier, outre une relative indépendance, une partie substantielle du profit. On parle d’un quart, d’un tiers et même parfois de la moitié des droits perçus45. Bien que les exemples précis manquent dans notre région, ces conditions originales font des meuniers une classe à part, au sein de laquelle se nouent amitiés et alliances et, dans la mesure du possible, nous le verrons, se concluent les cessions de baux.


Le moulin, élément primordial du patrimoine, aux XIe et XIIe siècles


La valeur intrinsèque du moulin dans un ensemble patrimonial est difficile à apprécier. À cause d’une rentabilité exceptionnelle, il est très tôt considéré comme un élément majeur de ce patrimoine. À l’époque où le salut de l’âme autorisait toutes les largesses, léguer un moulin à une communauté religieuse qui pourvoira à ce salut par des prières, est un don exceptionnel et apprécié.

Nous avons déjà vu que parmi les libéralités royales, le moulin tient un rang honorable. Les dons privés sont également nombreux. Après 1049, Adam de Garlande donne à Saint Hugues, abbé du prieuré de Cluny à Paris, un moulin à Noisiel46. Après 1079, Pierre Sanglier donne au prieuré clunisienne de Saint-Martin-des-Champs un autre moulin à Noisiel, pour son salut et celui de sa femme : « …pro redemptione animae suae, conjugisque suae Adeline… » et comme symbole de la cession, il dépose sur l’autel un morceau de bois sur lequel il place son anneau d’or : « …et donum posuit super sanctum altere per lignum in quo posureat anulum aureum47 ». La symbolique de ce cérémonial vaut d’être soulignée.

Très tôt, lors de partages familiaux en nature, meubles, immeubles et droits sont divisés en lots d’égale valeur. Le moulin reste en indivision, chacun des ayants-droit étant attributaire de sa quote-part dont il peut disposer. Vers 110048, Agnès Sanglier cède au prieuré clunisien de Saint-Martin-des-Champs la moitié du moulin de Dugny. Le 3 février 112549, le pape Honorius II confirme que l’abbaye Saint-Victor de Paris50 est propriétaire de la moitié d’un moulin à Paris sur la Seine à la pointe de l’île [de la Cité ?]. Le 28 mars 117151, le partage entre Gautier, maréchal de l’abbaye bénédictine de Saint-Denis, et son frère Pierre, curé de la paroisse de Saint-Denis-du-Pas, près de Notre-Dame de Paris, porte sur la moitié du quart d’un moulin sis à « Mibrai » (voir ci-dessus). En mars 1217, le chapitre de Meaux, acquiert « d’un particulier » le 1/8e du moulin de Changy52.

Souvent aussi, les libéralités portent non pas sur tout ou partie du moulin lui-même, mais sur une rente en nature à prendre sur les revenus. Ainsi en 110753, Pierre, comte de Dammartin, lègue au prieuré de Saint-Leu-d’Esserent54 une rente de quatre mesures de froment à percevoir sur son moulin d’Ermenonville. Après le 3 août 112455, le roi Louis VI confirme la donation faite par son sénéchal, Guillaume de Garlande, aux lépreux de Paris, d’une rente d’un muid de froment par an, sur son moulin de Mibrai (voir ci-dessus). En 115456, Olivier de Crouy [-sur-Ourcq], et Henri son frère, donnent à l’abbaye Notre-Dame de Collinances57 deux muids de blé à prendre « in molendino de Croi ». Entre 1157 et 116058, Réri de Dammartin, donne au prieuré clunisien de Saint-Leu-d’Esserent un muid de froment à prendre sur son moulin de l’étang de Luzarches. En 116359, le pape Alexandre III confirme à l’abbé de Notre-Dame d’Hérivaux60, trois setiers de froment et trois de méteil, sur le moulin de Coye [-la-Forêt]. En 117061, Henri, comte palatin de Troyes, donne aux religieuses de Notre-Dame de Fontaine-les-Nonnes62, 20 setiers de blé sur son moulin situé sur le « Pont Raide », à Meaux. Sur un moulin voisin de celui-ci, Simon, évêque de Meaux, donne en 117763, aux religieuses de Saint-Nicolas de Noëfort64 trois setiers de grain. L’année suivante, Dreux V de Mello, donne pour l’âme de son neveu, Guillaume fils de Foucaud, à l’église de Notre-Dame-de-Chaage65, en faveur de ceux de ses chanoines augustins qui desservent l’église Notre-Dame de Juilly66, cent sous de rente sur sa roga67 à Mitry, ou, en cas d’insuffisance, sur ses autres revenus du même lieu ; en outre Guillaume de Garlande assigna à la même abbaye et pour la même intention, trois muids de froment, mesure de Senlis, sur son moulin de Pontarmé68.

Nous l’avons dit déjà, la rentabilité du moulin était forcément tributaire du flux d’eau garant de sa puissance, donc des ouvrages hydrauliques situés en amont. Tout prélèvement d’eau pouvait constituer une grave entrave au fonctionnement de la roue : entre 1148 et 1154 des contestations ont mené à un accord signé entre les abbés de Sainte-Geneviève de Paris et ceux de l’abbaye de Saint-Victor de Paris, au sujet d’une prise d’eau sur la Bièvre, à proximité des moulins69.

Parfois même, les éléments du problème sont posés à titre préventif : vers 1150, « les moines de Saint-Pierre, de l’ordre bénédictin de Jumièges, habitant Montataire », veulent construire un moulin sur le Thérain ; les religieux de Saint-Leu-d’Esserent et les chanoines de Saint-Evremond de Creil, craignent que cela soit préjudiciable aux leurs ; un accord « rédigé en forme de chirographe » est signé70. Il arrive aussi que la gêne soit réciproque entre meuniers et autres utilisateurs du cours d’eau : en 1235, survient un différend entre Thibault IV, comte de Champagne et de Brie, et les chanoines du chapitre de Saint-Étienne de Meaux au sujet de l’utilisation des eaux de la Marne. Il est convenu qu’une porte sera faite à l’entrée des fossés, qui sera ouverte ou fermée selon les besoins des meuniers ou le passage des bateaux71.


L’utilisation de la force hydraulique se généralise

Aux XIe et XIIe siècles, les constructeurs de moulins à eau se sont ingéniés à y apporter toutes les améliorations techniques possibles pour en accroître la rentabilité. Ces multiples progrès de détail furent tels que moteur et engrenages du moulin du XIIIe siècle sont pratiquement ceux que présente, cinq siècles plus tard, la Grande Encyclopédie de Diderot72.

La force du vent a bien été utilisée dès le milieu du XIIe siècle dans le midi de la France, mais presque deux siècles passeront avant qu’Éole anime couramment les ailes de moulins sur les sommets de chez-nous. On trouve pourtant quelques exceptions : en février 1290, l’évêque de Beauvais est propriétaire du moulin à eau de Neufmoulin, paroisse de Plailly, auquel les habitants de Montmélian et de Plailly sont « banniers ». Il apprend que l’abbé de Saint-Denis vient de faire construire sur la butte de Montmélian un moulin à vent. Craignant que cela lui soit préjudiciable, il demande la démolition de celui-ci73.

Mais dans l’ensemble, les moulins à eau continuent leur progression. Ponctuellement déjà, d’ingénieux méridionaux utilisent la force hydraulique au martelage du fer ou au foulage des trames textiles.

Indépendamment de la production de force motrice, l’eau courante de nos ruisseaux est nécessaire à de multiples industries. La production de fibres textiles à partir du lin et du chanvre passe par l’opération du rouissage, dans les « routoirs » installés au bord du cours d’eau. Après tissage, la finition des draps nécessite l’intervention de la dégraisseuse, du foulon, de la laineuse, de la tondeuse, de la lustreuse.

L’extraction des huiles végétales à partir des graines de lin, de colza ou d’œillette, se fait mécaniquement par concassage, chauffage, pressage, filtrage…

Le traitement des peaux, variable selon la nature du produit fini, comporte de multiples opérations : immersion, épilage, foulage, tannage, chauffage, étirage, refente, blanchissage, apprêtage, vernissage, maroquinage.

Quant aux industries métallurgiques de transformation, plus rares chez-nous, elles semblent se limiter au forgeage-martelage, au moyen du martinet mécanique.

À l’aube du XIIIe siècle, on voit apparaître une nouvelle terminologie. « Moulin à eau » est encore un pléonasme, mais l’on dit aussi « moulin à drap ou moulin à foulon », « moulin à huile », « moulin à tan », « moulin à fer »…C’est l’époque où certains paysans à la recherche de ressources d’appoint se lancent timidement dans l’artisanat, et trouvent dans la force de l’eau la faible puissance dont ils ont besoin.

Il n’est donc pas exagéré de dire qu’autour de la roue à aubes se crée en milieu rural une économie locale préindustrielle, facteur d’un progrès social certain.

Dès 1170, le roi Louis VII concède à Guy le Bouteiller son moulin à tan de Senlis74. L’abbé Lebeuf75 rapporte que selon « les miracles de Saint-Louis écrits en français vers 1280 », grâce à l’existence à Saint-Denis de la rivière du Crould et d’un autre petit cours d’eau, on « y appareillait des draps », qui étaient connus jusqu’à Lyon sous le nom de « blancs de Saint-Denis ». En 1282, le bail d’un pré à Gonesse, indique le voisinage de « poulies » et de « foulons »76. En décembre 1284, l’abbaye de chanoines augustins de Saint-Vincent de Senlis vend à l’abbaye bénédictine de Saint-Denis son domaine de Gouvieux, comprenant le moulin de la Ville et le moulin à huile situé au-dessus77. Le cartulaire de Chantilly contient une charte de 1318 qui indique que : « c’est la charte des tanneurs et du moulin à tan qui est à Avilly78 ».

En fonction des circonstances, du contexte politique et économique, ou tout simplement au du bon gré du propriétaire, nous verrons de plus en plus varier l’utilisation de l’installation initiale. Cas exceptionnel pourtant, dès 1300 les moulins à draps de Gonesse se reconvertissent en moulins à grains, devant l’essor pris par « l’industrie boulangère » locale, pour l’approvisionnement en pain de Paris79.


L’âge d’or du moulin

Au début du XIVe siècle la production céréalière progresse régulièrement. Malgré cela les grains restent chers, tandis que les salaires du personnel se maintiennent à un niveau anormalement bas80. C’est donc une période faste pour l’agriculture des plaines fertiles. Les effets bénéfiques se répercutent sur la meunerie. En général, l’implantation des moulins à vent ne concurrence pas les moulins hydrauliques. Tout au plus cette implantation dans les zones où l’eau fait défaut contribue-t-elle à diminuer la distance séparant l’utilisateur, de l’endroit où il est de moins en moins obligé d’aller moudre. Une liberté relative s’instaure.

Le trait caractéristique de cette période est le fait que le propriétaire du moulin, seigneur ou communauté religieuse, prend davantage conscience de sa rentabilité.

De moins en moins « gentleman-farmer » le seigneur recherche dans sa réserve une rente exempte d’aléas. Il la concède encore parfois en métayage, mais plus volontiers en bail à ferme. Outre les stipulations d’usage, cette convention comporte une désignation des biens, charges ou droits, objets de la location.

Dans la plupart des cas, les édifices banaux en sont exclus81. Ils sont donnés à bail séparément, à un professionnel. Recherchant la fixité de sa rente, le seigneur renonce à une rémunération en nature, pour demander au preneur une redevance périodique en argent.

Il sait que les périodes fastes sont toujours éphémères et, dans un but apparent d’équité, il ne consent au meunier que des baux de courte durée82. En vérité il sait bien que chaque renouvellement de la convention sera pour lui l’occasion, même si la conjoncture n’a pas varié, d’imposer au preneur un relèvement du prix de la location.

On trouve malheureusement peu d’éléments illustrant notre propos dans les archives de notre région. Notons toutefois que, en juin 130583, le moulin de Marcilly est donné à bail par le chapitre de Meaux pour trois ans seulement84.


LES MOULINS DU PARISIS AVANT LA GUERRE DE CENT ANS

Les documents d’archives nous permettant de couvrir notre région sont essentiellement ceux concernant l’abbaye de Saint-Denis et ses dépendances, comme le prieuré Notre-Dame d’Argenteuil85, et ceux de la châtellenie de Montmorency.

Les bénédictines de Sainte-Marie d’Argenteuil, d’après la charte du roi Robert II le Pieux86 possèdent, dès l’an 1003 un moulin à Saint-Léonne, ou Saint-Liesne, (Saint-Méry, près de Melun, Seine-et-Marne), un autre à Merlent-lez-Bondis87, (Merlan, près de Bondy, Seine-Saint-Denis) et trois autres sur l’Eure à Cherisy (comté de Dreux, Eure-et-Loir)88. Tous ces moulins sont à eau. Malheureusement les archives sont muettes sur leur début à Argenteuil89. Il faut attendre 1385 pour avoir la mention du « moulin Pouscherel », connu sous les noms de « Bucheret » ou « Bicheret » par la suite90. Celui-ci est alimenté par un ruisseau venant de la colline de Sannois par le « Val Lambert » (Volembert), heureusement grossi par des sources appelées « les Grandes Fontaines », situées en dehors des murs de la ville (datant du XVIe siècle). Un acte, non daté, vers 1450, indique également un moulin à eau dépendant du prieuré d’Argenteuil sur Houilles (Yvelines) ou Bezons (Val d’Oise) [seigneuries réunies dans les textes]. Il n’a pas été trouvé d’autres mentions91.

La vallée de Montmorency bénéficie d’un réseau de ruisseaux, ou rus, assez bien alimentés. Le plus important est celui de La Chasse, portant plusieurs noms malgré sa faible longueur. Il prend sa source en amont du château de La Chasse, grossi par le ru de Corbon, né en pleine forêt de Montmorency (près de l’étang Godard, à Taverny), descend par Eaubonne, formant ensuite un immense marais dont une partie, grâce à une chaussée artificielle (construite dès le XIIe siècle par les Montmorency), donnera le Grand Étang, l’« Étang Neuf sous Montmorency », connu aujourd’hui sous le nom de Lac d’Enghien, puis se déverse par Ormesson et La Briche dans la Seine à la limite d’Épinay et de Saint-Denis92. Ce ruisseau - on n’ose pas l’appeler rivière - permettra l’installation d’au moins six moulins tout au long de son cours.

Ces moulins sont connus dès avant la guerre de Cent Ans. Le moulin Mestiger à Moulignon (Montlignon) est cité dès 1190 et trois fois au cours du XIIIe siècle, ceux de Coquenard et de La Briche, situés à Épinay, dès 1218 et 1231. En 1294 est cité celui d’Ormesson, si le lieu-dit d’Ormesson est connu, l’identification du lieu exact où le moulin était édifié n’est pas encore localisé. Celui appelé moulin Martinot (Grand-Bury), situé à la limite d’Eaubonne et de Margency est connu dès 1207, il est appelé alors moulin d’Armentru. Celui du Grand Étang (Enghien-les-Bains) n’apparaît qu’en 1247, appelé moulin de Saint-Gratien, mais il est déjà ancien.

Néanmoins ces installations étaient insuffisantes pour la population locale. Pour y remédier, la construction de moulins à vent se révélait indispensable. À Argenteuil, un moulin à vent existe en 1314 ; ce moulin, à la fin de la guerre de Cent Ans, vers 1450, est en ruine et non valeur93. Les Hospitaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, successeurs des Templiers, possédaient au château du Mail, à Sannois, dépendant de leur commanderie de Cernay, à Ermont94, un moulin à vent cité en 1388.

Y eut-il d’autres moulins à vent ? C’est fort probable. En 1164, il est fait mention d’un moulin à « Saint-Leu », mais, l’étude des textes du Temple nous a permis de le localiser non pas à Saint-Leu-la-Forêt, près de Taverny, où le Temple n’avait d’ailleurs pas de possession, mais près de la commanderie de Choisy-le-Temple à Charny (Seine-et-Marne), où se trouve un lieu-dit de Saint-Leu près de Savigny-le-Temple95. On observe également, en 1263, un moulin à Socourt, village disparu à la guerre de Cent Ans, récemment localisé près de Villiers-Adam96, mais on a affaire, en fait, à un moulin hydraulique, puisque situé dans la vallée du ru de Montubois. Il pourrait s’agir du moulin Albert ou Aubert de Socourt97, mais les textes ne mentionnent, pour ces moulins, aucun type, ni aucune situation permettant de les localiser.

Malgré l’importance du capital engagé à la période médiévale dans ceux-ci, par les seigneurs locaux, les archives sont souvent muettes à leur sujet.

De même, le moulin de Tour (ancien nom de Saint-Prix), signalé en 1368, pose un problème d’identification, car nous ne trouvons dans les cartes ultérieures qu’un moulin, le moulin Neuf, situé sur Montlignon, à l’emplacement du cimetière. Il s’agit, en fait, d’une erreur due à l’imprécision des limites de territoire paroissial : le moulin est bien situé sur Saint-Prix.

Le moulin du Luat est cité en 1382, situé à Eaubonne sur le domaine de La Tour, proche du précédent98 ; c’est un moulin à tour de pierre dont le nom n’est mentionné à nouveau qu’en 1582.

Quel est le mode de construction de ces moulins ? Nous ne le savons pas, sauf pour ceux de la Petite Tour, cité en 1335, à Argenteuil99, du Mail à Sannois et du Luat à Eaubonne qui sont à tour de pierre, ce type de construction paraît être le plus anciennement utilisé dans notre région.


LES MOULINS À EAU

En vallée de Montmorency, les plus anciens ont été des moulins à eau, tous établis sur le ru venant du château de La Chasse, grossi par le ru de Corbon, puis appelé ru d’Eaubonne. D’amont en aval nous trouvons : le moulin de Mestiger ou Métiger, le moulin Martinot ou de Bury, le moulin du Grand Étang, le moulin d’Ormesson, le moulin de Coquenard et celui de La Briche. Sur ces six moulins, cinq d’entre eux sont connus avant le XVe siècle. Le fait de trouver une mention datée ne signifie pas qu’ils n’existaient pas avant au paravent. Au contraire, ils ont, en général, une longue existence. Il est peu probable que la date d’édification des plus anciens soit connue un jour, sauf découverte de nouveaux manuscrits.


Le plus ancien cité est le moulin de Métiger à Montlignon, connu par une donation d’Hugues de Tour, en 1190. En 1294, il est chargé d’une rente envers le prieuré du Bois Saint-Père, sur Bouffémont, en amont du château de La Chasse, origine d’une des sources du ru de La Chasse, à la fontaine Sainte-Radegonde. Mathieu IV, seigneur de Montmorency (1270-1304), y a des droits, sinon la propriété. Le transfert de propriété au roi Charles V (1364-1380) puis à la Sainte-Chapelle de Vincennes le maintint dans cette suzeraineté. En 1536, en effet, un acte nous apprend que les chanoines grandmontains de Vincennes en sont les possesseurs, et ce, jusqu’à la Révolution. Ce nom évoque un village disparu avant 1388 : Mestiger. Les retenues forment des bassins (l’étang de Montlignon, ou étang du Milieu et l’étang « Marcille », fin XVIIIe siècle)100 lui permettant de limiter les périodes de sècheresse. Les baux font état de prés assez importants et de saules, augmentant la valeur de ceux-ci. Comme tous les premiers moulins établis dans la région, il est banal, c’est-à-dire, mis à la disposition de tous les habitants. Il en est encore fait mention dans le bail de 1613. Dénommé souvent le moulin d’En-Haut, c'est-à-dire au-dessus de Montlignon, il fut vendu comme bien national en 1791, moyennant 12 500 francs, à un nommé Ange de la Chabossière (ou de la Chabeaussière)101, qui le cèdera en 1793 à Henry Grimoard, habitant Maugarny102. Dès Brumaire an III, il sera revendu à Jacques Patrix, cultivateur à Montlignon. Revendu plusieurs fois au cours du XIXe siècle, son dernier propriétaire semble être le comte de Bouteiller. Si les possesseurs du moulin et de ses terres changent fréquemment, les meuniers seront beaucoup plus stables, en 1780, Nicolas Bimont le prend à loyer, puis Eugène Masson en 1809 jusqu’en 1840. Il cessera son activité et sera démoli en 1868. Jean Mauduit-Larive, homme de théâtre et maire de Montlignon103, a acquis des terres autour de ce moulin pendant la période révolutionnaire. C’est ainsi que l’on peut retrouver cette propriété sous le nom de « moulin Larive »104.


D’autres moulins ont été édifiés sur le ru. Le 30 juillet 1595, nous trouvons un moulin nouvellement construit. Jehan Dupuy a obtenu d’Anne Dubarle l’autorisation de bâtir un moulin à huile. Mais le 2 mars 1596, tous les deux sont condamnés à le démolir sous huitaine. Les années suivantes, la procédure continue, et en 1599, un jugement casse la sentence précédente. À partir de ce moment, nous n’entendons plus parler de ce moulin dont nous ignorons quelles graines oléagineuses il a pu écraser : seules les faînes de hêtre sont en quantité suffisante105.


En aval de Montlignon, se trouve le moulin Martinot ou Martineau, connu dès 1207 par la donation de Mathieu II de Montmorency (1189-1230) 106 à l’hôtel-Dieu de cette ville ; fut-il donné par Galtier ? Ou bien celui-ci était-il l’exploitant ? L’acte en latin le nomme Hermentrus107. En 1272, il est appelé moulin Armentru. Cet acte est le bail donné par les Trinitaires de l’hôtel-Dieu de Montmorency à Philippe, fils de défunt Albert, meunier, moyennant 25 setiers de blé moins une mine. Il est encore cité en 1368. À la fin de la guerre de Cent Ans, il est ruiné. Les religieux de l’hôtel-Dieu de Montmorency baillent à rente, en 1461108, son emplacement à Martin Pichot, meunier, à charge de le remettre en valeur dans les deux ans pour la modique somme de 26 sols parisis dont la première échéance est fixée à 1467. Est-ce à cause de lui qu’il est dénommé moulin Martinot ? En 1486, c’est son gendre, Jean Fortin, qui paie la rente. En 1539, une sentence au Châtelet de Paris confirme qu’une rente due au connétable Anne de Montmorency (1493-1567) n’est pas rachetable. Il portera quelquefois le nom de « moulin d’En-Bas », en opposition à celui de Métiger « moulin d’En-Haut ». Au cours du XVIIe siècle, les propriétaires se succéderont rapidement, en 1613 Jean Le Bossu, puis Olivier Fayet. En 1646 sa veuve le cède à Syonnière qui le revend en 1654 à Marguerite Lepère109. Le siècle suivant voit se succéder le sieur Marotin, trésorier de Monseigneur de Vendôme, puis le sieur Jean Levesque110, premier valet de chambre de M. de Catinat qui habite la propriété de Bury située juste au-dessus. Celle-ci conserve dans son parc l’étang qui alimente le moulin. Ce Levesque semble avoir donné le nom de Bury à l’ensemble de la propriété. Antoine Aubry, Jean Poitevin, Sébastien Louis Rendu leur succéderont. Ces deux siècles voient se développer une nouvelle propriété, une de ces maisons de campagne comme il en existe tant dans la vallée. Même si le moulin rapporte, ce n’est qu’un élément secondaire de l’acquisition. En l’an IV, il appartient à Pierre Rodier, boulanger à Clairefontaine (Saint-Leu-la-Forêt). Le dernier bail connu date de l’an X. Une visite d’experts, en 1807, nous décrit le moulin comme étant délabré111. Situé en limite de territoire, il dépendait de la paroisse de Margency, mais il se trouve en fait sur celle d’Eaubonne (il est en effet dit parfois d’Eaubonne).


Un autre moulin à eau, sis à Bury, sur le territoire d’Eaubonne, sur un terrain concédé en 1793 par Lenormand de Mézières, a été construit par Pierre Thierry en l’an II. Celui-ci le revend en l’an VI à Larotie112, charpentier à Cormeilles-en-Parisis, moyennant 3 000 francs. Son exploitation fut de courte durée.


Le ruisseau qui porte ces moulins va se jeter dans le Grand Étang, la chaussée est établie très tôt (dès le XIIe siècle), remaniée plusieurs fois. Celle-ci poursuit deux buts ; le premier de permettre l’installation du moulin, le second d’empoissonner l’étang ainsi créé (servant de vivier).

Connu sous le nom de moulin de l’Étang Neuf ou du Grand Étang, il apparaît dans les textes dès 1368, c’est une possession directe de la baronnie, qui deviendra duché de Montmorency. Mais un accord d’arbitrage entre la châtellenie de Montmorency et l’abbaye bénédictine de Saint-Denis en 1247 vise, entre autres, le cours d’eau sortant du moulin de Saint-Gratien113. Il s’agit probablement du même: comme pour Saint-Prix et Montlignon, la limite de territoire entre les paroisses de Deuil et de Saint-Gratien étant très proches114. La date de construction du moulin n’est pas connue (courant le XIIe siècle). En 1247, il est nommé Moulin de Saint-Gratien et en 1368, dans le cartulaire des fiefs de Montmorency, il prend le nom de Moulin de l’Estant. Propriété du seigneur de Montmorency, il est érigé sur le territoire de la paroisse de Deuil. En 1446, les bénédictins du prieuré de Deuil, dépendants de Saint-Florent-de-Saumur, paraissent avoir acquis des droits sur ce moulin qu’ils baillent à ferme pour seize ans, conjointement avec le baron Jean II de Montmorency (1401-1477). Nous ignorons de même ce qu’il est devenu pendant la guerre de Cent Ans. Mais, cinq ans après la prise de Pontoise sur les Anglais, Jean II de Montmorency le baille de nouveau. En 1582, l’hommage du duché au roi (Henri III [1551-1589]) le décrit ainsi : « sur la chaussée y ont un grand corps d’hostel contenant plusieurs édifices dans lequel il y a un moulin à eau lequel se baille à ferme avec un arpent et demi de jardin et friche de quoy se sert le meunier ».

Ce moulin, on le voit, est un des droits seigneuriaux du duché. Il entre de ce fait, dans les baux à ferme de ceux-ci. Celui qui les a souscrits va donc l’affermer à son tour, le sous-louer, tantôt seul, tantôt avec l’étang. Il comporte des prés à l’entour, la fauche des roseaux, ceux-ci servent essentiellement à la couverture des maisons, la tonte des saules pour l’osier et le droit de pêche qui s’effectue périodiquement, tous les trois ans, moyennant l’obligation de rempoissonner. Le montant de ces baux est donc variable suivant les éléments qui lui sont annexés. Le preneur exploite le moulin lui-même ou à l’aide d’employés et fréquemment sous-loue les récoltes de l’étang. Ces baux de fermage comprennent souvent la ferme des moulins à vent de Clairvaux, Jaigny et de la Croix Blanche115. Le meunier du moulin du Grand Étang exploite quelquefois aussi l’un de ces moulins à vent.

Un des baux les mieux détaillés, celui du 31 décembre 1660, passé à Andilly pour sept années, nous décrit les obligations et les périodes de chômage. Il comprend : « la maison et moullin de l’Estang Neuf dudit Montmorency, les saulx et prez en dépendant et arbres fruitiers estant es environs dudit moullin ». Parmi les obligations on trouve : « à la charge de planter par chacun tondeur des dits saulx autour de la queue dudit estang à la décharge la quantité de cinquante plantons, les entourer d’espines affin que les bestes ne le puis endommager, le dit preneur ne pourra prétendre aulcuns diminution pour le temps de chaumage dudit moullin pour telle cause et accident que ce soit sinon pour le temps de la pesche qui sera fait trois fois pendant le temps dudit bail, que le dit preneur ne sera tenu du payement des loyers après deux mois pendant lesquels la dite pesche pourra être faite et l’estang remply en telle sorte que le dit moullin puisse travailler, et en cas qu’il soit plus de deux mois sans travailler, à cause de la dite pesche seulement le dit sieur bailleur fera diminution ». Les relations entre le meunier et ses clients sont aussi détaillées : « servir bien et doubement et dilligamment les sujets de Monseigneur et aultres qui yront mouldre sans y rien exiger deux que les droits paillé à raison ». Le montant du bail est très élevé : mil sept cents livres tournois auxquels il faut ajouter soixante livres tournois au Prieur de Deuil, en plus livrer au bailleur de trois mois en trois mois six setiers de farine et un porc gras valant trente livres chaque année. Ce moulin est donc celui qui a le bail le plus élevé puisque les loyers des moulins à vent ne s’élèvent qu’à 200 ou 300 livres par an pendant la même période. Les prés, saules et roseaux doivent certainement rapporter plus que la mouture.

Néanmoins les meuniers se succèdent très rapidement. La Révolution n’apportera pas de modifications dans ce rythme de changements. Saisi comme bien national, il est vendu et revendu jusqu’à l’Empire où Jean Baptiste Legendre de Luçay l’acquiert avec les terres et prés alentour. Péligot qui exploite les Eaux d’Enghien en devient propriétaire en 1825116. Lors de la saisie de 1830, la description indique dans le même bâtiment deux paires de meules. Lors de l’assèchement du lac, en 1856, de nouvelles obligations sont imposées au meunier, elles limitent ses possibilités et le met pratiquement au chômage pendant les trois mois d’été. Il fonctionnera encore en 1862 avec Garreau. Cette Société le démolit en 1865117.


Deux autres moulins hydrauliques sont également attestés, le moulin des Îles et le moulin d’Ormesson, ainsi qu’un moulin à vent, le moulin de la Croix-Blanche.

En 1791, apparaît le moulin des Îles118 ou Petit Moulin d’Ormesson, situé à l’emplacement des serres municipales (à l’extrémité de la rue de l’Abreuvoir). Son utilisation comme moulin à grains est éphémère puisque vers 1802 il est racheté par la Société de MM. Buscar, Delorme et Flachat qui l’aménage pour y effectuer la transformation du tabac. L’entreprise est de courte durée. En 1806, le moulin, fort dégradé, est à l’abandon. Néanmoins, réparé en 1809 il est à nouveau en état de marche et, en 1817, une décision de justice en reconnaît la propriété à M. Sommariva119, propriétaire du domaine d’Épinay. Finalement ce moulin est démoli en 1840. Près de son emplacement sont construits le lavoir et l’abreuvoir municipal120.


En aval, sur le cours d’eau sortant du moulin de Saint-Gratien se trouve le moulin d’Ormesson qui appartient en 1247 à l’abbaye de Saint-Denis. Les actes le mentionnant sont rares, il n’apparaît plus lors de la guerre de Cent Ans. Il semble probable que l’avancée des Montmorency dans la vallée n’a pas encouragé les moines à le maintenir.

Le ruisseau qui sort du lac d’Enghien traverse une zone de marais assez importante. À l’aval de celui-ci, près du premier établissement du village d’Épinay, se trouve le moulin Coquenard, situé au carrefour nord de la rue de l’Yser, près de la ligne de chemin de fer. Alimenté par une retenue artificielle, l’étang Coquenard (visible sur les cartes du XVIIIe siècle121), cet établissement fait partie d’un domaine comprenant une exploitation agricole assez vaste. De ce fait il a toujours été compris dans le fermage de celle-ci.

C’est un des plus anciens de notre région puisque, en 1218, Mathieu II de Montmorency l’acquiert de Pierre d’Épinay. Il ne restera pas longtemps en possession de cette famille car, en 1231, Bouchard VI (1230-1243) le restitue à l’abbaye de Saint-Denis. Malheureusement les documents écrits sont très rares. Aussi ne le retrouvons-nous qu’au XVIe siècle. Comme la plupart des moulins à eau, il connaît des périodes de chômage. En 1702 il est plus particulièrement atteint, le meunier fait constater que son moulin n’a pu moudre que 3 setiers de grain au lieu de 15 qu’il pouvait habituellement fournir en une journée de 24 heures. À cette époque, il appartient à la Dame de Villetaneuse. Lors du recensement de l’an X, les difficultés de fonctionnement sont confirmées, puisqu’en été, il ne produit que 1 ou 2 setiers, et lors des sècheresses il ne tourne pas122. Louis Denis de la Live de Bellegarde l’a acquis en 1742. Il reste dans le domaine d’Épinay jusqu’au décès de M. Sommariva en 1839123.

Près de ce confluent avec la Seine se trouvait le moulin de La Briche124. Son histoire se confond avec celui de Coquenard. Est-il le dernier à avoir fonctionné ? Ses bâtiments sont parvenus jusqu’à nous en partie. Sa roue existait encore il y a peu d’années (1994). « Ils sont situés au début de la rue de l’Yser à Épinay côté Seine »125. Lors du recensement, il est noté qu’il est, une grande partie de l’année, sans travailler: l’hiver, en raison de l’engorgement provoqué par le niveau élevé de la Seine, l’été par suite des sècheresses126.

Tous ces moulins ont travaillé près de huit siècles pour les plus anciens et plus de quatre pour le plus récent. Mais il en a existé d’autres dont la durée a été plus brève. À la veille de la Révolution un autre moulin a été construit sur Eaubonne, en aval du moulin Martinot, avait été construit, nous en avons parlé plus haut. Nous avons aussi évoqué un moulin d’Ormesson au XIIIe siècle. Nous ne connaissons pas sa situation, si ce n’est que son nom est conservé par un quartier éponyme d’Enghien-les-Bains.


Le moulin Rochery a connu une existence fugitive à Montlignon127. Le 10 mars 1817, Antoine Rochery signe un marché pour la construction d’un moulin à eau. L’année suivante, le sous-préfet de Pontoise en interdit la construction. En fait, il est déjà édifié et comme pour le moulin à huile, les chicanes judiciaires le maintiennent en vie. La situation financière d’Antoine Rochery est désastreuse, ses biens sont adjugés à M. Louis : il s’agît des moulins à vent de La Tour, le moulin à eau (dit Rochery) qu’il vient de construire, et une maison à Montlignon. L’ordonnance préfectorale de démolition, publiée le 6 décembre 1820, est exécutée en 1821. Le rôle des ouvriers ayant participé à la démolition est conservé dans les archives de la Justice de Paix de Montmorency128.


Y a-t-il eu un autre moulin près du château de La Chasse ? Deux éléments du terroir peuvent nous le faire penser : premièrement un lieu-dit appelé « le Petit moulin », près de l’étang amont du château de La Chasse, deuxièmement le « ruisseau du Moulin », en amont du même château, au sud de l’emplacement du prieuré du Bois Saint-Père. Avons-nous d’autres éléments ? Uniquement des conjectures grâce aux textes d’archives concernant les victorins du Bois Saint-Père. En 1209129, une donation par Mathieu II de Montmorency à Hugues de Bailleul pour le prieuré du Bois Saint-Père de deux setiers de blé à prendre sur les moulins, près de Mestiger ; en 1229, dans une autre donation il est fait mention d’un bois près le moulin du prieur du Bois Saint-Père ; mais aussi antérieurement, en 1174, lors du don de dix arpents aux « fossés d’Alleu », avec le droit des eaux des deux ruisseaux les entourant130.


Un autre moulin hydraulique se trouvait à Frépillon, sur le ru de Montubois. Au nord-est, le ru de Montubois, grossi par le ruisseau de la Cailleuse, traverse le terroir de Frépillon et sert en partie de limite avec Villiers-Adam. Il vient de la forêt de Montmorency entre Taverny (Montubois) et Béthemont-la-Forêt (ferme de Montaugland). Il fait tourner le moulin du Gaillonnet, où il forme une mare dite Mare du moulin, d’où le surnom de Bois du Gué donné à cet endroit. Il entre sur le territoire de Méry-sur-Oise et va se jeter dans l’Oise en aval de Mériel131.

Le moulin du Gaillonnet, sur le ru du Montubois, est attesté au moins depuis le XVIIIe siècle. En 1847, la population du lieu-dit est de deux habitants, correspondant à un moulin sur Frépillon, village qui, à cette date, compte 481 habitants132. C’est ce moulin dit « à Bertin » que l’on peut voir, avec sa grande roue à aubes, particulièrement étroite (le ru de Montubois est un ruisseau à faible débit, surtout en été, mais capricieux au printemps). Quatre personnages posant visiblement, ainsi qu’une ancienne meule à grains usagée placée sur l’ancienne bluterie, figurent sur une carte postale ancienne, publiée dans l’ouvrage Éléments d’histoire de Frépillon133. En 1907, il broit du plâtre à modeler, pour les carrières de gypse saccharoïde de Frépillon situées sur la butte des Fortes-Terres dominant le village, également attestées depuis le XVIIIe siècle134.

De nos jours, le bois et le moulin de Gaillonet forment des lieux-dits de Frépillon, ancienne scierie devenue centre équestre (altitude 70 m NGF)135.


LES MOULINS À VENT

Si les moulins à vent sont connus depuis longtemps, les traces de leur présence dans la région avant le XVe siècle sont rares. Nous l’avons évoqué, on connaît l’existence d’un moulin à vent à Argenteuil, de la Petite Tour, en 1335, appartenant au prieuré bénédictin. Dans la vallée, l’aveu de la baronnie de Montmorency au roi Charles V (1364-1380), en 1368, mentionne le moulin du Luat, il s’agit du moulin à vent d’Eaubonne, mais il est dit « sous Margency ». Ce sont peut-être les seuls, avec celui du Mail à Sannois, dont nous ayons connaissance avant la guerre de Cent Ans.


Il faut attendre 1582 pour retrouver sa présence lors de l’hommage du duché de Montmorency au roi Henri III (1574-1589). C’est un moulin à vent à tour de pierre situé au bois du Luat à Eaubonne avec 5 quartiers de terre. Le nom du lieu-dit est encore connu et sa présence attestée par le chemin de Montlignon qui y mène. Il porte toujours le nom de rue de la Tour. Il est appelé indifféremment le moulin du Luat ou de la Tour. Ses propriétaires furent, pour la plupart, les possesseurs des maisons bourgeoises de Margency, sauf pendant la période révolutionnaire où il appartint à des boulangers. La dernière vente, en 1821, nous en donne une bonne description136. Mais nous ne savons pas quand ce moulin arrête de moudre. La rivalité entre M. Morisset propriétaire du « moulin d’Amour », une guinguette, et M. Tétard dernier acquéreur connu du moulin est peut-être la cause de son abandon.


Sur le col séparant la butte témoin de Sannois de celle de Cormeilles-en-Parisis, les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem possèdent un moulin à tour de pierre, appelé le moulin du Mail, du nom de leur domaine137. Il est cité pour la première fois en 1388. Son meunier est autorisé à chasser sur Ermont en 1404. Les évènements de la guerre de Cent Ans amènent sa ruine autour de 1416.

La visite de 1471138, nous le décrit ainsi : « une place ou soulait avoir moulin à vent ou il y a encore de présent une partie de la tour dudit moulin ». Il ne sera reconstruit qu’en 1477, mais en 1536, il est à nouveau en ruine. À la suite de cet abandon, un moulin à pivot est construit au XVIe siècle sur le site de prédominance du Mont Trouillet. Ce moulin Trouillet est situé allée de Cormeilles.

Le XVIe siècle est vraisemblablement celui où ont été construits le plus grand nombre de moulins, même si pour beaucoup nous ignorons la date de leur établissement. En 1518, Guillaume, baron de Montmorency (1477-1531), autorise Guillaume du Ru à construire un moulin. Celui-ci est seigneur de Franconville. Son nom restera assez longtemps attaché à ce moulin : le moulin du Ru. Du type à tour de pierre, il est situé sur la rue de la Station, près de l’ancien passage à niveau, côté Franconville139 La famille Lepère, devenue propriétaire de la seigneurie, revendra ce moulin à Jean Rouvière, seigneur de Cernay, en 1673. À partir de ce moment, il est appelé plus fréquemment le moulin de Cernay et les habitants d’Ermont appelleront l’actuelle rue Anatole France le chemin du moulin. Il portera aussi un troisième nom : « le moulin à Tour de Franconville ». Le bâtiment subit les outrages du temps, en 1689140, de gros travaux de maçonnerie, menuiserie et serrurerie sont entrepris. À partir de 1717, la famille Liebert s’installe comme meunier. Le bail passera ensuite au gendre nommé Magnan. Ses descendants en deviennent propriétaires lors de la Révolution. Ils le revendent à Louis Xavier Hébert, notaire à Taverny, en 1823141. Situé sur la rue de la Station, près de l’ancien passage à niveau, rue de la Station, côté Franconville.


Le premier moulin à vent de Montmorency est celui de Jaigny (ou Jagny ou Génuit). En 1519, le baron Guillaume de Montmorency concède un arpent de terre au champ de Jagny à Guillaume Thibaut, marchand à Mouy en Beauvaisis (Oise), à charge pour celui-ci d’y construire un moulin à vent. En 1530, au décès du marchand, le moulin est acheté par Pierre de Garges, le capitaine de Chantilly ; mais l’année suivante, Anne de Montmorency, le nouveau baron, en opère le « retrait féodal » : moyennant une indemnité de 400 livres tournois, il reprend le moulin. Ce moulin banal est en effet une affaire rentable pour le connétable et ses successeurs : il est en 1593, donné à bail pour 6 ans pour 380 livres. Ce bail prévoit que le meunier doit moudre les grains des vassaux sans exiger de rémunération. Moulin-tour, couvert de bardeaux, le moulin reste propriété seigneuriale jusqu’en 1787. Il est alors cédé par le prince de Condé à Nicolas Louis Goix142 et fait partie du fief de Jaigny, constitué au profit de ce dernier, en mai 1789.

Après le décès de Nicolas Goix et celui de son neveu et héritier, leurs biens sont acquis par José Moreno de Mora qui, outre l’actuel Hôtel de Ville, devient propriétaire du moulin, de la maison du meunier et des terres avoisinantes ; il les vend peu après à Rey de Foresta et c’est ce dernier qui en 1865, après avoir loti les terrains, cède le moulin qui a cessé ses activités et la maison du meunier à Eugène Chardin. En 1891, Me Georges Bablot s’en rend acquéreur, puis le moulin passe entre les mains de son fils, qui le transmet à Me Gayout. De nos jours, la maison du meunier a disparu. Le moulin en ruines, situé sur la rue des Moulins, a été restauré par ses actuels propriétaires M. et Mme Cleophax143.


Autre moulin montmorencéen celui de Clervaux ou Clairvaux. Le connétable, Anne de Montmorency (1531-1567), voulant sans doute garder sous son contrôle les moulins de son fief, achète en 1552 à Jean Le Laboureur, pour 250 livres tournois, deux arpents de terre sur lesquels se trouve un moulin-pivot en bois.

Constructions fragiles que ces constructions en bois ! De nombreux travaux seront au cours des siècles effectués au moulin de Clairvaux. Que l’on en juge : travaux de remise en état en 1575, reconstruction partielle en 1638 car il a été frappé par la foudre ; reconstruction totale en 1694 ; d’autres travaux ont lieu en 1719 puis en 1732. Finalement le prince de Condé le vend, en même temps que celui de Jaigny, en 1787. C’est un meunier Pierre Duhamel qui l’achète et trois générations s’y succèdent : Pierre, son fils et une petite-fille mariée à un meunier Charles Hervy. C’est le dernier meunier de Clairvaux car les progrès techniques et la vétusté du moulin rendent impossible la poursuite de l’activité. Il est alors acheté par M. Felix, le père de la tragédienne Rachel, qui le fait démolir en 1854. Du moulin de Clairvaux, il ne reste rien. Seuls des textes, des plans et des gravures témoignent de son existence144.


Un troisième moulin montmorencéen a été construit vers 1815, dans la rue de Pontoise à l’emplacement du n° 34. Le Moulin Neuf est la propriété de Jean François Langlois145 qui après avoir été locataire du moulin de Jaigny s’est mis à son compte. Mais son existence sera brève. Encore mentionné sur le cadastre dressé en 1832, il disparaît peu après, vers 1840.


Un dernier moulin est cité à Montmorency, sur le territoire actuel d’Enghien-les-Bains, celui de la Croix Blanche. Il est cité dans un bail conjoint avec celui du Grand Étang en 1572. Il est déclaré dans l’hommage au roi Henri III de 1582, puis dans le bail du Grand Étang de 1601. Le dernier bail connu date de 1641, passant de Nicolas à Barnabé Delaplace146. Après cette date nous n’en entendons plus parler. Il était situé près du chemin de Soisy à Saint-Denis, près du carrefour de « la Croix Blanche ». Aujourd’hui, il serait situé sur le territoire d’Enghien-les-Bains, le long de l’avenue de la Division Leclerc et de la rue du Général de Gaulle. Le nom de ce lieu-dit se retrouve dans la villa de la Croix Blanche et peut-être dans celui de la rue Blanche.


Quittant le bourg de Montmorency qui avait la population la plus importante du duché avant la Révolution, nous revenons sur Montlignon, appelé autrefois Moulignon, ce nom signifie « petit moulin », bien désigné par la présence du moulin Métiger, dont nous avons parlé plus haut. Ce village possédait aussi un moulin à vent. Il apparaît en 1541, lors de la donation par Jehan Boullard147, meunier, à son fils Vincent, étudiant, d’un moulin à vent tout de bois sur pivot dit le Moulin Neuf près « la justice de Moulignon »148. Celui-ci appartient à la famille Fayet. La dame de Barillon, qui en est propriétaire, le baille en 1674 avec celui du Luat. En 1705, le bail fait à Jean Batique est le dernier pour cette époque. Nous ne savons pas quand, mais il a dû brûler, car en 1719, une vente de bois taillis est située au lieu-dit « les Aulnais », proche « le moulin Brûlé ». Il sera reconstruit par un charpentier de Saint-Leu [-la-Forêt], Blaise Broussin, qui le revend le 19 brumaire an VII. Son dernier bail connu date de 1840. Situé derrière le cimetière de Montlignon149.


Saint-Leu [-la-Forêt] possède aussi son moulin, celui de La Chaumette (situé sente du moulin, dans la rue d’Ermont). Il appartient au duc de Montmorency. Il est connu par une prisée, lors du changement de locataire, en 1553. En 1662, Toussaint Granier, le meunier, l’abandonne, il est tout en ruine. Il demande la permission de le faire démolir. Néanmoins, le prince de Condé le vend deux ans après à Jean Delisle, un autre meunier, qui le remet en état. Ce dernier, ayant besoin d’argent le revend à Nicolas de Catinat, seigneur de Saint-Gratien. En 1772, la famille de Catinat le baille à rente à Jean Lévesque, possesseur de Bury. Mais il sera dit que ce moulin est trop fragile. L’adjudication de sa démolition a lieu en 1765150, Jean Garreau, tabellion de Saint-Gratien, s’en rend acquéreur. Ce moulin a vécu, il ne sera plus jamais reconstruit. Il est attesté par les cartes anciennes de la 2e moitié du XVIIIe siècle151 dont le plan Trudaine (entre 1740 et 1780)152 et porte le nom de « moulin de Saint-Leu ».


Taverny, de son côté, possède deux moulins. Le premier est situé à Montubois, à la limite de Bessancourt. Le lieu-dit existe toujours sur la route menant à Béthemont. Avec celui de Bessancourt, il était à l’usage des deux paroisses. Ce moulin n’apparaît qu’en l’an IX et semble s’arrêter vers 1825. Le second est celui de Beauchamp. Connu dès 1583153, son meunier, Loys de Russan est aussi charpentier. Le dernier acte trouvé le concernant est une prisée de 1671.


Bessancourt possède aussi deux moulins. L’ancien moulin à vent dit de Saint-Jacques qui, nous allons le voir, est, suivant le bornage du XVIe siècle, la propriété laïque des Montmorency-Taverny et celui ayant appartenu aux Abbesses de Notre-Dame-la-Royale (abbaye cistercienne de Maubuisson), qui possédaient : le « Château-Madame » au sein de la seigneurie de Bessancourt, et un nouveau moulin dit « des Balicots », implanté près de La Croix sans Bras sur la « côte du Moulin ». Ce lieu-dit tient son nom du moulin que les abbesses avaient fait installer au point haut des Balicots, à la cote 171 m NGF. Ce moulin vit le jour, peut-être dès 1524, ou après que le grand bornage de 1551 eut établi définitivement la séparation entre Taverny et Bessancourt et retenu le Moulin Saint-Jacques (c’était son nom, qu’il tenait d’une croix Saint-Jacques, elle-même à l’endroit où se tenait jadis une chapelle de la même titulature, mais précédemment dédiée à Saint-Christophe154) dans le giron des Montmorency, plus précisément dans leur seigneurie de Taverny. Il était situé sur le Plateau de la Grande Fontaine, ou Plateau Saint-Jacques, au sud du chemin de Frépillon à Montubois, manifestement en enclave sur le territoire de Bessancourt et servait aux habitants des deux paroisses.

Les abbesses recoururent très tôt à l’affermage de leur moulin à vent de Bessancourt. C’est ainsi qu’il fut affermé le 19 mars 1704, pour 9 ans, à Laurent de Lisle, pour 200 livres. Pendant la Révolution, il fût vendu comme bien national, Magnan, le meunier, s’en rendit acquéreur pour 7 375 livres. Après avoir pris feu, sa démolition s’accomplit en 1825, mais déjà les bessancourtois avaient pris le chemin de Valmondois où ils avaient trouvé un moulin à eau qui présentait l’avantage de tourner régulièrement, avec ou sans vent155. À la fin du XIXe siècle il existe à cet endroit une « guinguette » du Moulin Saint-Jacques, appartenant à la Mère Mouton.


Si l’on excepte Montlignon, dépendant des Grandmontains ou Bonhommes de Vincennes, la plupart des moulins, qu’ils soient à eau ou à vent, dépendent de la baronnie, plus tard duché, de Montmorency. Dans les villages situés au sud de la vallée, qui eux, dépendent en partie, de l’abbaye bénédictine de Saint-Denis, soit directement, soit par l’intermédiaire du prieuré d’Argenteuil, celle-ci tient en censive les moulins construits sur ces paroisses. Leur installation se fera sur le versant nord des buttes témoins de Cormeilles et d’Orgemont, en effet la prédominance des vents du sud-ouest préconisait le choix de leurs emplacements sur le sommet des collines. Franconville [-la-Garenne] a son moulin dans la plaine, ne possédant pas le sommet de la butte, ceux de « la Montagne » de Cormeilles-en-Parisis dépendent de cette dernière paroisse.

La paroisse de Sannois avait aussi son ou ses moulins suivant l’époque. Nous avons parlé plus haut de celui du Mail possession des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Plus tard, le site du moulin se porta sur le sommet de « la Montagne », il sera dénommé moulin du Mont Trouillet ou moulin Trouillet. Nous ignorons le nom des propriétaires, mais nous connaissons le nom de ses meuniers depuis 1561. Dans les dernières années du XVIe siècle, un accident entraîne la ruine du moulin. L’emplacement fut baillé en 1601 par Regnault Penelle, seigneur du fief du Grand Hôtel de Sannois, à Nicolas Mignot, bourgeois d’Argenteuil. Reconstruit aussitôt, il a traversé les siècles et, quoique arrêté depuis les années 1820, il ne fut démoli qu’en 1927156. C’est donc lui que l’on peut voir sur les cartes postales du début du XXe siècle (vers 1910 – la date de 1625 souvent indiquée est celle d’une réparation). D’autres furent construits autour, l’un en 1760 qui a subsisté jusqu’à nos jours (après deux restaurations successives), seul témoin des moulins à pivot de notre région. Un troisième fut édifié en 1790, il brûla vers 1880. Ces deux moulins travaillèrent jusqu’en 1855/1860 qui semble être la date extrême de l’exploitation des moulins à vent de notre vallée. Les deux premiers appartinrent par succession aux familles Aubry, Duchesne et Zelger aux XVIIe et XVIIIe siècles puis, au cours de la Révolution et jusqu’à leur fin, à la famille Vieubled157.


Dernier moulin de la vallée celui d’Ermont. Il a laissé peu de souvenirs, pourtant c’est le plus récent, édifié en 1810, au carrefour de la chaussée Jules César et du chemin allant d’Argenteuil à Montlignon (rue du Général Leclerc), son dernier meunier est cité en 1822158. Par la suite il n’apparaît plus dans les actes.

Compte tenu de son installation en plaine, nous savons que le moulin du Gros-Noyer, sur Ermont, dans le bas de Saint-Prix, a été postérieurement équipé d’une machine à vapeur. On le nommait ainsi « le moulin à vapeur ». Il était situé à l’angle de la rue d’Ermont et de l’avenue du Général Leclerc (RN 328), face à l’ancienne auberge du Gros-Noyer159.



Gérard Ducoeur,

juin 2010.



ANNEXES



Quelques documents d’archives sur les moulins du Val d’Oise



Nous présentons ici un échantillon représentatif de cinq actes, transcrits, provenant des Archives nationales et des Archives départementales du Val d’Oise, émanant d’un don à une communauté ecclésiastique, ou d’une décision royale, d’un comte de Beaumont, d’un seigneur de Gisors, d’un maire de Pontoise, allant du IXe au XIIIe siècle. Ils concernent certains moulins hydrauliques de la région : Sarcelles, de la Fontaine Béhu à Maffliers, du moulin Tannerez à Pontoise, du déplacement du moulin Crèvecoeur sur le pont de Pontoise, du moulin de Barre à Pontoise.



ARCHIVES NATIONALES ET DÉPARTEMENTALES DU VAL D’OISE


Le roi Eudes donne à l’abbaye de Saint-Denis un manse du domaine royal de Sarcelles, avec un moulin et son bief sur le Rosne pour fournir l’oblation quotidienne de l’hostie à l’autel. 2 mai 894160.

« Au nom du seigneur Dieu éternel et de notre Sauveur Jésus Christ. Eudes roi par la clémence divine…Tous les fidèles de la Sainte Église de Dieu et les nôtres sauront que notre cher Herimannus, trésorier du monastère consacré à saint-Denis, notre protecteur particulier, s’est présenté devant nous et pour la guérison de notre âme, en vue de fournir au luminaire de ladite église, où repose le précieux martyr avec ses compagnons, il nous a prié de concéder sur notre fisc (domaine royal) de Sarcelles (Cersilla) un manse (unité d’exploitation paysanne) avec ses habitants dont voici les noms : Hainardus, Rothait, Haino, Sigramnus, Herilandus, Gisleberga, Hagenildis, avec un moulin et le cours d’eau des deux côtés, en amont et en aval sur le Rosne (fluvio Rocono), comme il existe de toute antiquité, c’est le manse qu’à tenu en bénéfice (domaine concédé par le souverain ou le seigneur) Ermenoldus, autrefois vassal de cette même abbaye de Saint-Denis.

Nous faisons ce don bien volontiers, pour que demeure en oblation sur l’autel l’Eucharistie du corps du Seigneur, et qu’elle soit confectionnée chaque jour pour l’usage quotidien »161.

Mathieu II, comte de Beaumont et Eudes de Deuil, abbé de Saint-Denis décident de construire des moulins à Fontaine Béhu. Vers 1153 (non datée). Traduction162.

« Au nom de la Sainte et indivisible Trinité, salut, Eudes, par la Grâce de Dieu abbé de l’église de Saint-Denis. Comme c’est notre soin continuel et notre étude particulière, non seulement d’augmenter et d’améliorer les biens qui nous ont été confiés, mais aussi de veiller à ce qu’ils ne puissent être aliénés dans les temps futurs, nous avons décidé de conclure un accord avec l’illustre Mathieu, comte de Beaumont ; nous avons jugé bon de le confirmer par ces présentes lettres et de couper à toute querelle future, ou contradiction en consignant le nom des témoins. Sachent tous présents et à venir que le susdit comte de Beaumont, s’étant rendu en notre présence avec des hommes de sa maison, nous a demandé la concession d’une terre, restée entièrement inculte et improductive, de mémoire de nos contemporains, dans le lieu dit Fontaine Behu (Fons Bohodii), à côté du village appelé Maffliers (Maflers), pour y creuser des étangs et y édifier des moulins ou y élever des poissons, aux conditions suivantes : l’église de Saint-Denis, sans faire aucune dépense, aura le tiers de ce qui sera perçu tant sur les moulins que sur les meuniers et sur tous les droits de justice.

Nous pourrons aussi faire pêcher dans les étangs, à chaque fois que nous passerons par ce lieu, et nous pourrons y faire pêcher à suffisance, à chaque fois que le Pontife romain séjournera à Saint-Denis, si le comte fonde un village à côté des étangs, l’église de Saint-Denis aura la moitié de tous les profits… » (suit l’accord sur la fondation de Saint-Martin-du-Tertre, et sur différents litiges…Ont juré de faire respecter l’accord par le comte Hugues, frère du comte : Arnoul de la Haussaye, Raoul de Bellefontaine, Garnier de Chambly, Pierre de Boran, Pierre de Ronquerolles, Adam de Nointel, Pierre de Vaux. Ont été témoins : Lambert chambrier, et Ermenfroi cuisinier (ou maître des cuisines) du comte de Beaumont.

Pour l’église les témoins sont : Roger frère de l’abbé, Guillaume Bateste, Gui le Breton d’Étampes, Guillaume Brustin, Adam des Loges, Pierre le Changeur, Henri l’Hospitalier, Sugger son frère, Baudouin son frère, Thierry de Mours, Richard de Morency, Pierre de Maffliers, Raoul de Pierrefitte.


Donation par Thibaut de Gisors163 à l’abbaye Saint-Martin de Pontoise du Bourg neuf de Pontoise et du moulin Tannerez au bourg dit des Moulins. Avant 1183.Traduction164.

« Au nom de la Sainte et indivisible Trinité amen. Sachant tous présents et à venir que moi Thibaut de Gisors je donne et concède en aumône perpétuelle pour le salut de mon âme et pour les âmes de tous mes parents ancêtres et successeurs, à Dieu et à l’église Saint-Martin de Pontoise le vicum (bourg) qui m’appartient, en dehors de la porte de Pontoise, que l’on appelle le Bourg neuf. Ce bourg je le possédais depuis trente ans ou plus par libre donation, et j’avais tous les droits de justice, le ban, la justice du sang, la viguerie. Pour faire cette aumône en toute justice, j’ai acquis légitimement la terre avec la vigne qui appartenait dans ce bourg à un homme qui la tenait de moi, et je l’ai concédée à des hôtes pour qu’ils y habitent. Cette aumône, telle que je la possède librement, je la concède à l’église du saint abbé Martin et aux moines de ce lieu avec tous les droits de justice que j’ai dits ci-dessus, pour qu’ils la possèdent librement.

Pour que ce soit ratifié, j’ai déposé sur l’autel de la susdite église le don de cette aumône, et j’en ai investi l’abbé Geoffroi par le bâton [de commandement] en présence des moines assemblés desquels j’ai obtenu par des prières dévotes qu’ils fassent pour moi tant que je vivrai annuellement un [office] et un autre après ma mort.

Plusieurs personnes ont confirmé ce don de ma concession et cette investiture, et il y a des témoins : de mon côté, Rémi le Moine, Becconfus, Hervé chevalier de Bréançon, Robert fils de Guillaume le Chambellan, Guiard Aiguillon, Jean de Chambly. Du côté des moines : Hubert prêtre, Jean d’Épiais, Hugues neveu de l’abbé, Jean serviteur de l’abbé, Aubert l’Anglais. Je leur donne et confirme un moulin Tanerez qui se trouve dans le bourg des moulins, de mon domaine et sous ma garantie.

Et pour que tout ceci soit bien établi, j’ai fait faire la présente charte, et l’ai munie de mon sceau ; témoins dont voici les noms : Bertin, prêtre de Cergy, Évrard, prêtre de Saint-André, Guillaume le Chambellan, Robert son fils, Hervé de Bréançon, Geoffroi de Saint-André, Jean de Chambly, Hugues Wadeaux ».


Philippe Auguste fait déplacer sur le pont de Pontoise le moulin Crèvecœur. 1188. Traduction165.

« Au nom de la Sainte et indivisible Trinité amen. Philippe, par la grâce de Dieu, roi de France. Sachent tous, présents et aussi à venir, que Henri (fils) de Thibault, du consentement de sa femme et de ses héritiers, à donné et concédé, en notre présence, à titre d’aumône perpétuelle, à l’Hôtel-Dieu de Pontoise, un moulin qu’il avait à Pontoise, au lieu appelé Crèvecœur. Mais parce que ce moulin ne pouvait subsister en cet endroit, à cause de la fortification de Pontoise, nous avons concédé à l’Hôtel-Dieu que ce même moulin soit établi sur une arche du pont de Pontoise, à la condition que l’Hôtel-Dieu nous paiera de ce chef, chaque année, le jour de la Saint-Rémy, douze deniers de cens. En outre, Baudoin de Lieux166, dont le susdit Henri était tenancier pour ce même moulin, a, en notre présence, renoncé à tout droit sur l’objet cédé. De plus, ledit Hôtel-Dieu a donné, par pure charité, audit Henri la somme de quatre-vingt livres.

Et afin que la présente charte demeure ferme et stable à jamais, nous avons ordonné, sur la demande de l’une et de l’autre partie, de la confirmer et de la revêtir de l’autorité de notre sceau et du seing du nom royal, apposé plus bas (le tout) sous la réserve des droits d’autrui.

Fait à Paris, l’an du Seigneur mil cent quatre-vingt-dix-huit, de notre règne le vingtième, dans notre palais, en présence de ceux dont les noms et les seings sont placés plus bas. L’office de sénéchal vacant.

Seing de Guy, bouteiller.- Seing de Mathieu, chambellan.- Seing de Dreux, connétable.

Donné pendant la vacance de la Chancellerie ».


La commune de Pontoise abandonne à l’abbaye de Maubuisson tous ses droits sur le moulin de Barre à l’exception du droit de justice. Septembre 1257. Traduction167.

« À tous les fidèles du Christ qui liront la présente lettre, le maire et les pairs de Pontoise, et toute la commune de ce même lieu, salut. Vous saurez que, comme nous étions tenu de remettre aux religieuses, abbesse et couvent de Notre-Dame-la-Royale près de Pontoise, de l’ordre de Cîteaux, huit muids de froment à percevoir sur le minage de Pontoise, selon le don du très excellent seigneur Louis, roi de France : pour quatorze setiers de froment sur ces huit muids, dont les dites religieuses abbesse et couvent nous tiennent quittes, et qu’elles nous remettent à perpétuité, à nous et à la commune de Pontoise, nous avons concédé auxdites religieuses tous les droits que nous avons ou pouvons avoir a quelque titre que ce soit sur le moulin de Baart, situé près de Pontoise, promettant de bonne foi que nous ne reviendrons pas dans l’avenir sur cette concession, par notre propre action ou celle d’autrui et que nous ne réclamerons ni ne ferons réclamer rien audit moulin excepté la justice de ce moulin que nous et la commune de Pontoise retenons pleinement. En témoignage et confirmation de quoi nous avons remis auxdites religieuses les présentes lettres, renforcées du sceau de la commune de Pontoise. Fait en l’an du Seigneur mille deux cent cinquante sept, au mois de septembre ».


CABINET DES TITRES - ARCHIVES DU MUSÉE CONDÉ À CHANTILLY


Nous présentons ci-après trois ensembles d’actes concernant les moulins hydrauliques et à vent représentatifs du duché de Montmorency. Ils contiennent les extraits de trois registres sélectionnés provenant du Cabinet des Titres aux Archives du Musée Condé à Chantilly. Ils concernent respectivement ceux des moulins de Montmorency, celui dit de « Saint-Gratien » (Enghien), de Saint-Leu [-la-Forêt] et du moulin Espaillart de Garges [-lès-Gonesse], souvent cités dans les actes de dons aux communautés religieuses ou de concessions des seigneurs de Montmorency du XIVe au XVIIIe siècle. Ces actes fort nombreux montrent l’importance accordée aux moulins dans la seigneurie médiévale et cela jusqu’à la fin de l’Ancien Régime.


1-BA-012 LES MOULINS DE MONTMORENCY


Moulin de Jaigny à Montmorency.


• Guillaume de Montmorency concède à Guillaume Thibault, marchand demeurant à Mouy en Beauvaisis, un arpent de terre au champ de Jaigny près le marché de Montmorency, à la charge d'y construire un moulin à vent ; 10 novembre 1519. Vente par les héritiers de Thibault à Jean Le Grand, seigneur de Puiseux-le-Hautberger, bailli de Beaumont ; 19 janvier 1529 [1530]. Jean Le Grand déclare avoir acquis pour Pierre de Garges, capitaine de Chantilly, même jour. Acquisition par "Anne de Montmorency, 2 octobre 1531. Bail du moulin de Jaigny et de la ferme de Boissy ; prisée, réparations ; décembre 1553. Baux du moulin, 1564, 1593 ; prisées, états de réparations. Autres baux et états de travaux, de 1694 à 1779. Vente du moulin à Nicolas-Louis Goix, ancien premier commis de la Marine, 29 janvier 1787. Inféodation de la maison de M. Goix à Montmorency et de ses autres biens, sous le nom de fief de Jaigny, 17 mai 1789, avec trois plans. [291]



Moulin de Clairvaux.


• Jean Le Laboureur vend au connétable Anne une pièce de terre de deux arpents et demi au lieu dit Clairvaux, sur laquelle est situé le moulin à vent naguère fait de neuf ; 31 juillet 1552. Baux du moulin, 1558, 1563, 1566, 1569, 1573; réparations, 1603-1604; baux en 1714, 1732, 1742, 1762, 1769, 1774, 1779. Vente du moulin à Pierre Duhamel et Marie-Nicole Labourot, sa femme, 6 juin

1787.


Étangs et moulin de Montmorency.


• Jean de Montmorency et les religieux du prieuré de Deuil baillent à ferme pour seize ans le moulin de l'étang neuf, moyennant une redevance annuelle de six muids de grain, dont quatre appartiennent aux religieux ; 20 octobre 1446. Les religieux donnent quittance à Jean de Montmorency de tout ce qui leur était dû à raison de leurs droits sur le moulin et l'étang neuf, 20 octobre 1446.


• Baux du moulin, 1552-1781.


• Baux des étangs et de la pêche, 1512-1743.


• Travaux de réparation et entretien faits au moulin et aux étangs, 1524- 1790.


• Réclamation faite par les habitants de Saint-Gratien sur une partie de friche à la queue de l'étang, 1768-1782.


• Police des ruisseaux qui alimentent l'étang ; contestation avec M. de Mézières, seigneur d'Eaubonne, qui détourne l'eau d'un ru pour la faire entrer dans son parc, 1783.


• Aliénation révolutionnaire du moulin et des étangs, 17 janvier 1797.


1-BA-047 SAINT-LEU.


MOULIN DE SAINT-LEU.


• Prisée des ustensiles du moulin à vent et prise en charge par le fermier entrant, 17 août 1553. Autres prisées, 9 novembre 1557, 29 février 1563, 10 juillet 1565. Réception d'ouvrages de charpenterie faits au moulin, 10 juillet 1565. Baux à ferme du moulin, 1565, 1571. Prisée des ustensiles, 10 janvier .1571. Sentence de Jean Le Laboureur, bailli de Montmorency, dans un procès entre le meunier et les habitants de Saint-Leu, 16 mars 1637. Le prince de Condé vend le moulin à titre de bail à rente à Jean Delisle, meunier à Saint-Leu, 25 juin 1663. Sentence des Requêtes du Palais prononçant la mise en adjudication du moulin, à la charge de la rente fixée par le bail de 1663, 5 mars 1670. Quittances de la rente foncière de cinq setiers de blanc méteil, 1669-1674. M. de Lesseville réclame à M. Catinat, propriétaire du moulin, vingt années d'arrérages de la rente, sous prétexte que cette rente fait partie des droits que lui a vendus le prince de Condé en 1675 ; délibérations du Conseil du prince à ce sujet, 7 août, 4 et 18 septembre 1697. Jean Lorieul de La Noue, successeur de M. de Lesseville, se désiste des procès intentés contre le prince de Condé au sujet du rétablissement du [415] pavé de Saint-Leu et de la rente due par le moulin que, possède le maréchal de Catinat, 16 février 1698. Titre nouvel de la rente demandé à M. de Catinat, 15 mars 1742, puis au sr Lévesque, à qui M. de Catinat a vendu le moulin, dès le 8 mai 1722, à titre de bail à rente, et enfin au sr Liébert, qui, par contrat du 2 octobre 1740, a acquis le moulin au profit de son petit-fils Antoine Magnan, fils mineur de Guillaume Magnan et de Françoise Liébert ; 27 février 1744. Titre nouvel fourni par Françoise Guy, veuve de Jean-Louis Liébert, 10 janvier 1745.


1-BA-054 FIEF DE L'HÔTEL-DIEU DE GONESSE À DEUIL. [p. 444]


FIEF D'ESPAILLART OU MOULIN DE GARGES. [p. 445-446]


• Sentence du Châtelet de Paris qui maintient Guillaume de Harcourt, chevalier, et sa femme, dans la possession et jouissance du moulin d'Espaillart et des droits en dépendant, 15 juillet 1398.


• Mémoire des travaux de menuiserie et de serrurerie faits au moulin de Garges par ordre d'Anne de Montmorency ; toisé et relevé fait le 14 juillet 1534 par Jean Tenart l'aîné, voyer juré de la baronnie de Montmorency ; reçu donné par Henry Duboz, menuisier, et Antoine Coulon, serrurier.


• Lettres de Philbert de Longuejoe, seigneur du Breuil-en-Brie et de Montagny-lez-Champagne-sur-Oise, avocat en Parlement et bailli de Montmorency, notifiant le bail à ferme du moulin d'Espaillart à Garges, consenti par Guillaume Lebel, receveur du connétable, à Oudin Tierce, marchand meunier demeurant à Bonneuil-en-France ; 13 septembre 1564.


• Quittance donnée par Madeleine de Savoie à Nicolas Ledoux, meunier à Garges, de la somme de 616 1. 5 s. t., prix de sept muids et un setier de froment qu'elle lui a vendus ; 15 août 1575.


• Jean Tabouret, maître d'hôtel ordinaire du Roi, vend au prince de Condé, représenté par Antoine Caillet, intendant de ses maison, affaires et finances, un demi-arpent de terre près du moulin de Garges, entouré de la rivière passant audit moulin ; 8 mai 1665.


• Mémoire au prince contre Claude Gouffé, laboureur à Gonesse et fermier des deux moulins de M. de Harlay à Bonneuil, qui a fait détériorer le chemin de Bonneuil à Garges pour empêcher les boulangers et les fariniers de Bonneuil de venir moudre à Garges ; janvier (1665 ?).


• Arrêt du Parlement du 20 février 1668 confirmant l'arrêt du 19 mai 1665 qui défend au maréchal-duc d'Estrées, seigneur engagiste de Gonesse, et à ses fermiers d'empêcher les boulangers de Gonesse d'aller moudre au moulin de Garges le blé destiné à l'approvisionnement de Paris.


• Délibérations du Conseil du prince de Condé : 5 décembre 1682, appel d'une sentence rendue aux assises de Gonesse qui donne par provision aux officiers de Gonesse la justice sur le moulin de Garges à l'exclusion de ceux de Montmorency ; 3 février 1683, autorisation donnée à Jean-Baptiste Guichard, greffier de l'audience du Grand Conseil, de prendre de l'eau dans la rivière de [p. 446] Garges pour remplir et nettoyer les canaux et les viviers qui sont dans le jardin de sa maison audit Garges ; 12 avril 1687, au sujet du procès pendant entre le prince de Condé et la dame de Garges pour la justice du moulin ; 7 décembre 1694, la ferme du moulin de Garges a baissé de prix parce que M. de Machault, qui a un moulin voisin, a fait dépaver de son autorité un chemin qui conduit au moulin de Garges.


• Prétention de Mme de Précourt, dame de Garges, sur la mouvance du grand moulin ; lettre du 30 octobre 1738.


• Actes, délibérations et mémoires relatifs à un changement de chemin accordé à M. Blondel de Gagny, intendant des Menus Plaisirs et trésorier de la Caisse des Amortissements, 1755.


• Documents relatifs à une rente d'un muid de blé sur le moulin « des Paillarts », assignée à la commanderie du Temple à Paris à l'occasion du mariage du comte d'Auvergne, grand-prieur de France, avec une fille du connétable Henri de Montmorency (depuis duchesse d'Angoulême); 1599-1745. Jean-Nicolas Pidansat. contrôleur général de la maison de la duchesse d'Orléans, au nom et comme fondé de procuration de Jean-Philippe d'Orléans, grand-prieur de France, donne quittance au trésorier du prince de Condé, Joseph Lamoureux de La Genetière, d'une somme de 70 livres, montant de sept mois d'arrérages de la rente d'un muid de blé sur le moulin « des Paillarts » et de deux setiers de châtaignes sur les bois du duché ; 9 juin 1745.


• Bail du moulin à Nicolas Tiécot, meunier à Arnouville, 12 janvier 1762.


• Notes sur un échange de prés consenti en 1763 à M. Blondel de Gagny, 1765-1766.


• Le prince de Condé vend le moulin à Augustin Blondel de Gagny, trésorier de la Caisse des Arrérages, qui le tiendra en fief du duché d'Anguien, moyennant 18.000 livres et une rente foncière de 158 setiers de blé (laquelle fut ensuite donnée à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés en échange de la seigneurie d'Amblainvilliers [par Verrières-le-Buisson, ex Seine&Oise, actuellement Essonne]) ; 9 septembre 1768.



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1 François Gentili, Philippe Lenglet, « L’agriculture », in Dix ans de recherches en Pays de France (1970-1980), Archéologie, Histoire, Ethnographie, catalogue d’exposition, JPGF, Ermont, 1981, 164 p., en part. p. 58-71.

2 Jean et Michel Golinelli, « Claude Gauchet », in Bull. SHA de la Goële, Mairie de Dammartin-en- Goële, n° 4, 1971.

3 F. A. Denis (abbé), Lectures sur l’histoire de l’agriculture en Seine-et-Marne, ré-éd. Presses du Village à Étrépilly, 1982, p. 37.

4 Guy Fourquin, Histoire de la France rurale, t. 1, éd. du Seuil, Paris, 1975, p. 306.

5 Georges Duby, L’économie rurale et la vie des campagnes dans l’Occident médiéval, t. 1, éd. Flammarion, Paris, 1977, p. 78-80.

6 Robert de Lasteyrie, Cartulaire général de Paris (528-1180), t. 1, Histoire générale de Paris, Impr. nationale, Paris, 1887, in-4°, p. 1.

7 Dom Toussaint-Duplessis, Histoire de l’église de Meaux, Bibliothèque municipale de Meaux.

8 Archives nationales, K 4 n° 1, cité in Catalogue, Un village au temps de Charlemagne, éd. Réunion des musées nationaux, Paris, 1988, cat. 29, p. 103-104 et in François Gentili, op. cit. infra note 9, p. 223.

9 Le Multien, région d’Île-de-France, située au N.-E. de Paris : c’est la plaine de l’Ourcq, limoneuse, fermée au N. par les massifs forestiers de Betz et de Villers-Cotterêts. La plaine est consacrée aux céréales et à la betterave à sucre. En bordure de la région se trouve la ville principale, Meaux.

10 Archives nationales, K 6 n° 4, cité in François Gentili, Un village au temps de Charlemagne, éd. Réunion des musées nat., Paris, 1988, p. 223, cf. cat. n° 28, p. 93. L’Ysieux est la rivière qui traverse le terroir de Luzarches et passe à proximité du bourg.

11 Robert de Lasteyrie, op. cit., p. 37, cité in François Gentili, op. cit., p. 223-224, avec bibliographie.

12 Robert de Lasteyrie, op. cit., p. 79. La localisation de ce moulin est plus évidente puisque le pont de Trécines était situé à l’endroit où le Crould est franchi par la voie romaine de Paris à Amiens.

13 Robert de Lasteyrie, op. cit., p. 83.

14 Ibidem, p. 83.

15 Cité par Louis Carolus-Barré, Le comté de Valois jusqu’à l’avènement de Philippe de Valois au trône de France (Xe siècle-1328), thèse publiée par la SHA de Senlis, 1998, 147 p., en part. p. 34, note 149, cite le texte de cette charte ex Authentices, in Dom Mabillon, Annales O. S. B., t. IV, 1707, p. 690, et l’analyse, ibid., p. 95-96, sous la date de 995.

16 Robert de Lasteyrie, op. cit., p. 98.

17 Robert de Lasteyrie, op. cit., p. 37.

18 Robert de Lasteyrie, op. cit., p. 115.

19 Jean Golinelli, « Les moulins à eau », in Bull. SHA de la Goële, Mairie de Dammartin-en- Goële, n° 23, 1991-1992, p. 27-28.

20 Coüard, Depoin, Dutilleux, Dufour, Lorin, Liber testamentorum Sancti Martini de Campis, Publication de la Conférence des Sociétés historiques du département de Seine-et-Oise, Paris, éd. A. Picard, 1905, 124 p., en part. acte XLVII, p. 62.

21 Guy Estournet, Les Montmorency-Saint-Denis, Lignage des Foucaud, Seigneurs de Saint-Leu et de Juilly, publ. SHAPV, Pontoise, 1925, 127 p., en part. p. 72, note 1.

22 Auguste Longnon, Polyptique de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, t. 1, éd. H. Champion, Paris, 1895, p. 108-109.

23 Robert de Lasteyrie, op. cit., p. 304.

24 Marc Bloch, Les caractères originaux de l’histoire rurale française, éd. Armand Colin, Paris, 1952, p. 8.

25 Guy Fourquin, op. cit., p. 306.

26 Guy Fourquin, op. cit., p. 349.

27 Arch. nat. L 837 n° 65 et 63 ; LL 1158 f° 286. Fonds du prieuré de N.-D. d’Argenteuil, aux Arch. de Seine-et-Oise, carton n° 2, cité par Guy Estournet, op. cit., p. 72, note 1.

28 Marc Bloch, op. cit., p. 8.

29 Georges Duby, op. cit., t. 2, p. 68-69.

30 Guy Fourquin, op. cit., p. 390.

31 Ibidem, op. cit., p. 390.

32 Saint-Vincent de Senlis (Oise). Abbaye de chanoines réguliers augustins, fondée en 1059 par la reine Anne de Kiev, seconde épouse d’Henri Ier (1031-1060).

33 Archives du Musée Condé à Chantilly, série B, carton 103.

34 F. A. Denis (abbé), op. cit., p. 143-144.

35 Preuilly (Seine-et-Marne). Abbaye de cisterciens, fondée, en 1118, comme fille de Cîteaux, par Thibaut II comte de Champagne.

36 F. A. Denis (abbé), op. cit., p. 143-144.

37 Jean Lebeuf (abbé), Histoire de la Ville et de tout le diocèse de Paris, t. 2, éd. Féchon et Letouzey, Paris, ré-éd. 1883, p. 623.

38 Archives de la bibliothèque municipale de Meaux, n° 63, reg. 1049-1089.

39 Coüard, Depoin, Dutilleux, Dufour, Lorin, Liber testamentorum Sancti Martini de Campis, op. cit., p. 24.

40 Robert de Lasteyrie, op. cit., p. 79.

41 Coüard, Depoin, Dutilleux, Dufour, Lorin, Ibidem, p. 91.

42 Guy Fourquin, op. cit., p. 362.

43 Auguste Longnon, Polyptique de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, t. 1, op. cit., p. 65-66.

44 À l’époque carolingienne, on distinguait les manses serviles, confiés à des serfs, les manses lidiles, attribués à des affranchis, et les manses ingenuiles, exploités par des paysans libres.

45 Guy Fourquin, op. cit., p. 393.

46 Coüard, Joseph Depoin, Dutilleux, Dufour, Lorin, op. cit., p. 57.

47 Ibidem, p. 80.

48 Ibidem, p. 23.

49 Robert de Lasteyrie, op. cit., p. 228.

50 Saint-Victor de Paris, abbaye de chanoines réguliers augustins, fondée en 1110, par Guillaume de Champeaux. Elle possédait les prieurés du Bois Saint-Père à Bouffémont, suite à un don de Mathieu Ier, en 1135, puis à Saint-Prix au XVIe siècle, à Hérivaux et à Fosses, les chanoines desservaient en outre la collégiale Saint-Martin de Montmorency.

51 Robert de Lasteyrie, Ibidem, p. 412.

52 Dom Toussaint-Duplessis, Histoire de l’église de Meaux, Bibliothèque municipale de Meaux.

53 Eugène Muller (abbé), Le prieuré de Saint-Leu-d’Esserent, Cartulaire, 1ère partie, de 1080 à 1150, publ. SHAPV, Pontoise, 1900, 62 p., en part. acte XI, p. 16-17.

54 Saint-Leu-d’Esserent, prieuré clunisien, fondé en 1081, par Hugues, comte de Dammartin, qui rend dans la main de Guy, évêque de Beauvais, l’église d’Esserent à la condition qu’il en fera don à l’ordre de Cluny, cité par Eugène Muller (abbé),op. cit.., acte I, p.1.

55 Robert de Lasteyrie, Ibidem, p. 226.

56 Boivin (abbé), Crouy-sur-Ourcq, mon village, chez l’auteur, Crouy-sur-Ourcq, 1983.

57 Notre-Dame de Collinances, monastère féminin, de l’ordre de Fontevrault, fondé en 1135 pour décharger la communauté de Fontaines-les-Nones. Com. de Thury-en-Valois, cant. de Betz, arr. de Senlis, cité par Dom Beaunier, La France monastique, t.1, Province ecclésiastique de Paris, Paris, 1905, p. 325-326.

58 Eugène Muller (abbé), op. cit., 2e partie, p. 73.

59 Jean Lebeuf (abbé), op. cit., t. 2, p. 335.

60 Notre-Dame d’Hérivaux, Abbaye de chanoines réguliers de Saint-Victor de Paris, fondée en 1160, avec le concours de Maurice de Sully, par l’ermite Ascelin et ses compagnons. Com. et cant. de Luzarches, arr. de Pontoise, arr. de Meaux, cité par Dom Beaunier, op. cit., p. 61-62.

61 Dom Toussaint-Duplessis, Histoire de l’église de Meaux, Bibliothèque municipale de Meaux.

62 Fontaine-les-Nonnes, monastère féminin, de l’ordre de Fontevrault, fondé en 1124 par Burchard, évêque de Meaux. Com. de Douy-la-Ramée, cant. de Lizy-sur-Ourcq, arr. de Meaux, cité par Dom Beaunier, op. cit., p. 324-325.

63 Georges Gassies, Le pont et les moulins de Meaux, ré-éd. aux Presses du Village à Étrépilly, 1985, p. 10.

64 Saint-Nicolas de Noëfort, monastère de bénédictines, fondé en 1127, sur la paroisse de Saint-Pathus, cant. de Dammartin-en-Goële, arr. de Meaux, cité par Dom Beaunier, op. cit., p. 324.

65 Notre-Dame-de-Chaage, abbaye de l’ordre de Saint-Augustin, fondée en 1135 par le chapitre cathédral, dans un faubourg de Meaux, cité par Dom Beaunier, op. cit., p. 308-309.

66 Foulcaud IV de Saint-Denis fonda le monastère de Juilly, en 1184, pour des chanoines réguliers. Com. de Dammartin-en-Goële, arr. de Meaux, cité par Dom Beaunier, op. cit., p. 309.

67 La roga (rogai au pluriel) correspond au salaire annuel, viager, versé par le pouvoir byzantin aux fonctionnaires et dignitaires lors des fêtes de Pâques, et plus précisément lors de la semaine des Rameaux. Elle est perçue sous forme d’étoffes, de pièces d’or et de vêtements de grande valeur.

68 Arch. nat. K 192 n° 256, A. Luchaire, Louis VII, n° 750, p. 459, cité par Guy Estournet, op. cit., p. 53.

69 Robert de Lasteyrie, op. cit., p. 317.

70 Eugène Muller (abbé), op. cit., acte LVIII, p. 58-59.

71 Archives de la bibliothèque municipale de Meaux, liasse G 428.

72 Guy Fourquin, op. cit., p. 404.

73 Archives du Musée Condé à Chantilly, série B, carton 80.

74 Archives du Musée Condé à Chantilly, série B, reg. 107, B 28, F 44.

75 Jean Lebeuf (abbé), op. cit., t. 1, p. 534.

76 Arch. nat. J 151 n° 21, cité par Jean-Pierre Blazy, Gonesse la terre et les hommes, des origines à la Révolution, chez l’auteur, Gonesse, 1982, 373 p., en part. p. 86, note 64.

77 Archives du Musée Condé à Chantilly, série B, carton 103.

78 Archives du Musée Condé à Chantilly, série B, reg. 107, B 28, F 44.

79 Jean-Pierre Blazy, op. cit.

80 Guy Bois, Crise du féodalisme, Presses de la Fondation nationale des Sciences politiques, Paris, 1981.

81 Ibidem.

82 Ibidem.

83 Dom Toussaint-Duplessis, Histoire de l’église de Meaux, Bibl. mun. de Meaux.

84 Jean Golinelli, « Les moulins à eau », in Bull. SHA de la Goële, Mairie de Dammartin-en- Goële, n° 23, 1991-1992, p. 26-36, n° 24, 1993, p. 31-37, et n° 25, 1995, p. 35-42.

85 Notre-Dame d’Argenteuil, à l’origine abbaye indépendante de femmes, de fondation carolingienne, ce n’est qu’au concile de Saint-Germain-des-Prés de 1129, sous la pression de Suger, abbé de Saint-Denis (1122-1151), qu’elle devient prieuré d’hommes dépendant de l’abbaye bénédictine de Saint-Denis, par un stratagème que les historiens se sont appliqués à démontrer pour laisser place à la vérité.

86 Jean Dufour, « Les plus anciens actes pour Argenteuil, V, Diplôme de Robert II le Pieux (28 mars 1003) », in Bull. SHAAP- Vieil Argenteuil, n° 36, années 2000-2001 [2002], p. 5-12.

87 Contrairement à ce qu’indique Jacques Delaplace, dans l’acte de 1003, il n’y a pas de donation de moulin à Montereau [-sur-le-Jard] (Seine-et-Marne) mais d’un domaine, de même, pour Merlent (Seine-Saint-Denis), il s’agit uniquement de la donation d’un domaine, et non d’un moulin. Par contre, il y a bien la donation d’un moulin à St-Léonne (Seine-et-Marne) et de trois sur l’Eure à Cherisy (Eure-et-Loire).

88 Arch. nat. T 164/12, chap. 2, liasse 3, cité par Edmond Réthoré, Argenteuil et son passé, t. II, SHAAP-Vieil Argenteuil, impr. Theillet Sannois, s.d. [c. 1967-1974], 355 p., en part. p. 40-41.

89 J. Delaplace, « Les moulins d’Argenteuil », in Bull. SHAAP, Vieil Argenteuil, n° 32, années 1992-1993 [1994], p. 45-56.

90 Cette toponymie se retrouve également à Luzarches : moulin Bescherel et à Pontoise : « Bécherel », lieu au pied du château, entre le débouché de la Viosne et le pont (quai Bucherel), les deux endroits où il pouvait y avoir des moulins, selon J. Depoin, Cartulaire de l’abbaye St-Martin de Pontoise, fasc. 1, 1895, p. 46, acte L (vers 1105). E. Lambert, Toponymie du département de l’Oise, Amiens, 1963, pense que Becqueret (et autres) serait une onomatopée du bruit fait par les moulins.

91 Arch. nat., T 164/12.

92 Cf. notre article « Les points d’eau de la vallée de Montmorency à travers l’histoire ».

93 Arch. nat., T 164/12.

94 Cf. notre article « La présence des Templiers en vallée de Montmorency ».

95. Gérard Ducoeur, François Chairon, « Les Templiers en Val d’Oise », in Vivre en Val d’Oise, n° 34, nov. 1995, p. 16-25.

96 Gérard Ducoeur, « Les lieux-dits de Méry-sur-Oise et environs », in Méry-sur-Oise, Un château dans l’Histoire, Val d’Oise Editions, 2006, p. 49-50, note 44.

97 B. Guérard, Cartulaire de Notre-Dame de Paris, Paris, 1850, t. II, p. 161.

Arch. Musée Condé à Chantilly, BA 39, Socourt. Condé registre 25 (107 Ba), f° 81 r°. Cités par Brigitte Bedos, La Châtellenie de Montmorency des origines à 1368, Aspects féodaux, sociaux et économiques, SHAP-VOV, 1980, 405 p.

98 Armand de Visme, Essai historique sur Eaubonne (Seine-et-Oise), Paris, éd. H. Champion, 1914. Le bois du Luat, chapitre XII, p. 53-57.

99 Arch. nat. T 164/12, chap. 2, liasse 3, moulin à vent sur la rivière de Seine, appartenant au prieuré d’Argenteuil, vers 1450, cité par Edmond Réthoré, op.cit., p. 40.

100 Arch. dep. du Val d’Oise, Plan d’Intendance de 1784.

101 Ange, Etienne, Xavier Poisson de la Chabeaussière (Paris 1752-id.1820), fils d’avocat, sert d’abord dans les gardes du comte d’Artois. Bouillant révolutionnaire, il prend soin d’abandonner la particule et devient simplement la Chabeaussière en 1790. Ami du compositeur Dalayrac, il lui écrit les paroles de quelques virulents opéras-comiques républicains. Arrêté le 21 nivôse an II sur dénonciation du comte de Grimoard, mari divorcé de sa belle-fille, il compose dans sa prison un Catéchisme républicain destiné à l’éducation de la jeunesse, qu’il adresse à la Convention (1795). Il épouse en deuxièmes noces Claire Sylva, elle-même veuve du comte de Maleissie, châtelaine de Maugarny à Margency. Le couple fait jouer la comédie au château, où selon Charles Lefeuve (« Le Tour de la Vallée », chapitre Margency), le premier consul, sa femme et sa belle-fille Hortense de Beauharnais assistent à une représentation de l’Avocat Patelin.

Cf. notre article «Histoire générale de Margency ».

102 Arch. nat., M.C., LIV 1088.

103 Cf. notre article « Jean Mauduit-Larive, homme de théâtre et maire de Montlignon ».

104 Nous ne sommes pas sûrs de cette assertion de Jacques Delaplace, du fait que le moulin Larive était situé au lieu-dit La Picarde, sur le ru de La Chasse, distant de l’ancien village et du moulin de Mestiger, lui-même situé sur le ru de Corbon, affluent du ru de La Chasse.

105 Bastard (J.), Delaplace (J.), Montlignon d’hier et d’aujourd’hui, Valhermeil, 2009, p. 45-46.

106 Michel Rival, Les Montmorency, Seigneurs de Montmorency, éd. Jean d’Orcival, 1995, p. 172-173.

107 Arch. nat., L 425 et Arch. dép. VO, 53 H 3.

108 Arch. dép. VO, 53 H 3.

109 Ibidem.

110 Arch. dép. VO, B 95 1359.

111 Arch. dép. VO, U 95/ 5546.

112 Arch. dép. VO, 2 E 19090.

113 Arch. nat., LL 1190.

114 Ibidem.

115 Ces trois moulins à vent sont situés à Montmorency, dans le duché. Cf. Jacqueline Rabasse, « Moulins et meuniers à Montmorency », in Bull. SHMR, n° 15, 1997, p. 22-27.

116 Arch. dép. VO, U 95/ 5571. Après M. de Luçay, il fut acquis en 1825 par M. Péligot. Celui-ci ne pouvant régler les annuités à la Caisse hypothécaire fut saisi, la visite nous décrit le moulin qui avait trois étages sur rez-de-chaussée.

117 Cf. Gérard Ducoeur, « 160 ans d’activités économiques à Enghien-les-Bains », in Ph. Sueur, (sous la dir.), Enghien-les-Bains du hameau à la ville, 1850-2010, éd. Valhermeil, à paraître en 2010. La description détaillée de ce moulin de l’Étang dit ici moulin d’Enghien, est donnée dans le dernier bail, rédigé au notariat de Deuil le 16 mars 1863.

118 Arch. mun. ELB, plan cadastral, section C, feuille unique, 1852, échelle de 1/1250ème.

119 Arch. nat. MC, CXVII 1174.

120 François Chairon, « Le terroir d’Enghien-les-Bains des origines à 1850 », in Sueur (P.), (sous la dir.), 1850-2000, du hameau à la ville, 150 ans d’histoire d’Enghien-les-Bains, éd. Valhermeil, Enghien-les-Bains, 2000, p. 39. Cf. aussi Gérard Ducoeur, ibidem 1850-2010, à paraître en 2010.

121 Plan des Environs de Paris, par l’abbé Delagrive (1740) et Plan des Chasses (1764).

122 Arch. nat. F 20 294.

123 Arch. nat. MC, CXVII 1174.

124 Cf. Anne Lombard-Jourdan, « Le château de La Briche, une résidence anéantie, entre Épinay et St-Denis », in Paris et Île-de-France, Mémoires FSHAP IDF, t. 47, 1996, p. 287-316, en part. plan p. 304.

125 J. Delaplace, « Les moulins à eau et à vent dans la vallée de Montmorency et près d’Argenteuil », in catalogue d’exposition, Association Sannois d’hier à aujourd’hui, s.l.n.d. [1994], p. 5-13.

126 Arch. nat. F 20 294.

127 Arch. dép. VO, U 95/ 5560 et 5561.

128 Bastard (J.), Delaplace (J.), op. cit., p. 46-47.

129 Arch. nat. S 2085.

130 Ibidem.

131 Cf. notre article « Histoire générale de Frépillon ».

132 Arbellot (G.), Dictionnaire des lieux habités du Val d’Oise, mission écomusée, CGVO, 1997, p. 78.

133 Collet (H.), Calleron (F.), « Éléments d’histoire de Frépillon », Publications du CHAEVM, n° 5, Eaubonne, 1978, p. 32, fig. 12.

134 Idem, p. 30, fig. 11.

135 Ducoeur (G.), « Les lieux-dits de Méry-sur-Oise et des environs », in Collectif, Méry-sur-Oise. Un château dans l’Histoire, Val d’Oise Éd., 2006, p. 46-47.

136 Arch. dép. VO, 2 E 7 243.

137 Voir supra note 95.

138 Arch. nat. S 5089 et S 5140.

139 J. Delaplace, « Les moulins à eau et à vent dans la vallée de Montmorency et près d’Argenteuil », in catalogue d’exposition, Association Sannois d’hier à aujourd’hui, s.l.n.d. [1994], p. 8-9.

140 Arch. dép. VO, 2 E 7 367.

141 Arch. dép. VO, Tabellion Rivière.

142 Nicolas Louis Goix, seigneur du fief de Jaigny, pendant la Constituante (9 juillet 1789 au 30 septembre 1791), il termine la construction du bâtiment qui sert de mairie, depuis 1905. Cité par Rabasse (J.), Lefebvre (J.-C.), Duchesne (A.), « Les maires de Montmorency 1790 à 1940 », in Bull. SHMR, n° 24, 2006, p. 17.

143 Jacqueline Rabasse, « Moulins et meuniers à Montmorency », in Bull. SHMR, n° 15, 1997, p. 22-27.

144 Arch. Musée Condé à Chantilly, BAJ carton 12.

145 Arch. dép. VO, 53 H 3.

146 Ms 1641 / 88.

147 Arch. dép. VO, Tabellion d’Andilly 1594.

148 C’est cette toponymie qui a créé la confusion avec le moulin à vent dit de Saint-Prix, qui n’a jamais existé, car c’est aussi la limite de la justice de Saint-Prix où se tenaient les fourches patibulaires du dit lieu.

149 Bastard (J.), Delaplace (J.), Montlignon d’hier et d’aujourd’hui, Éd. du Valhermeil, 2009, 176 p., en part. p. 44-47.

Delbée (Mme Jean), Histoire de Montlignon, Paris, 1914, S.F. Imp., ré-éd. Le Livre d’histoire, 2004, 158 p., en part. p. 14-18.

150 Arch. dép. VO, B 95 1261.

151 Le plan Troussu, arpenteur géomètre et ingénieur géographe du roi, de 1744 et le plan d’Intendance de Saint-Leu de 1784, 12e section, comprend le moulin de Saint-Leu, les Fontenelles et Épinesse (l’Épine), limitée par la sente (chemin) des Andressis, chemin (rue) d’Ermont, chemin du Plessis (chemin de Franconville) et les limites du Plessis-Bouchard. Cité par André Maillard, Saint-Leu-la-Forêt à travers les siècles, Paris, éd. Jouve & Cie, 1936, p. 27-28 et 69-70.

152 Arch. nat. F 14* 8448, planche 40, dit plan Trudaine.

153 Arch. nat. MC, LXXXVI 119.

154 Cf. nos articles « Brève histoire de Bessancourt », « Histoire générale de Taverny » et « Histoire générale de Beauchamp ».

155 Robert Bornet, Bessancourt, des origines à la Belle-Epoque, Éd. Municipale, 1989, 302 p., en part p. 44-45.

156 Cf. nos articles « Le moulin de Sannois » et « Histoire générale de Sannois ».

157 Cf. « Les Vieubled ou 7 générations de meuniers », in Nicole Le Roy, Didier Collet, op. cit., p. 34-35.

158 J. Delaplace, « Les moulins à eau et à vent dans la vallée de Montmorency et près d’Argenteuil », catalogue d’exposition, Association Sannois d’hier à aujourd’hui, s.l.n.d. [1994], p. 5-13.

159 Julien Ponsin, Dr Louis Hélary, P. Fabien, « Histoire d’Enghien-les-Bains », in Enghien-les-Bains, Réveil de Seine-et-Oise, 1910, 319 p., en part. p. 34 et 244.

160 Arch. nat. K 15 n° 2 (original). Édité par R.-H. Bautier, Recueil des actes d’Eudes, roi de France, Paris, 1967.Cité par Nicole Le Roy, Didier Collet, Mémoire de l’eau…La roue et la meule, Moulins du Val d’Oise, catalogue d’exposition, CGVO, 1991, 75 p., en part. p. 53.

161 Le roi ajoute la donation d’un autre moulin au pont de Trécines, près de l’abbaye et deux terrains dans Paris. L’acte est daté de la septième année de règne du roi.

162 Arch. nat. J 168 pièces 31 (original). Édité par Douët d’Arcq, Recherches…sur les anciens comtes de Beaumont-sur-Oise, n° VII, p. 10. Cité par Nicole Le Roy, Didier Collet, op. cit., p. 53.

163 Thibaut II de Gisors. En 1183, il demeurait à Chars. La famille de Gisors possédait des propriétés personnelles à Tor (Tour puis Saint-Prix) et Ermenon juxta Aquabonam (Ermont : l’église, l’aître, les hôtes de l’aître et la dîme tenue par son chevalier en fief lai), biens provenant de Geofroi Le Riche. Cité par Joseph Depoin, Cartulaire de l’abbaye de St-Martin de Pontoise, fasc. 4, SHPV, Pontoise, 1904, p. 407-411.

164 Arch. dép. Val d’Oise 9 H 66. Cité par Nicole Le Roy, Didier Collet, op. cit., p. 54.

165 Arch. Hôtel-Dieu de Pontoise (original). Disparu au cours de la Guerre de 1939-1945. Édité par Léon Thomas, « Un diplôme inédit de Ph. Auguste (1198) », in Mémoires de la Société historique de Pontoise, t. II, p. 1-5. Cité par Nicole Le Roy, Didier Collet, op. cit., p. 54.

166 Lieux, (lat. locus) nom médiéval, auj. Vauréal, qui apparaît au XVIIe siècle (cant. de l’Hautil, Val d’Oise).

167 Arch. dép. Val d’Oise 72 H. Cité par Nicole Le Roy, Didier Collet, op. cit., p. 54.