VIGNES ET VIGNERONS EN VALLÉE DE MONTMORENCY



Le vin est la principale boisson, même dans les régions non viticoles, où il est concurrencé par la cervoise, le cidre et le poiré. Il semble que la consommation quotidienne du bourgeois ou du paysan aisé s’établisse entre un et deux litres par jour. Cette diffusion, qui encourage la production de quantité, conduit au XIVe siècle à une dégradation de certains vignobles, à laquelle répond en Bourgogne une véritable politique de restauration de la qualité : Philippe le Hardi interdit en 1395 le cépage gamay, plus favorable, dans les conditions du temps, à une production de masse qu’à la qualité, et ordonne la plantation des seuls cépages de pinot.

À partir du XIVe siècle, la possession de vignes permettant de boire son propre vin devient pour le bourgeois un élément de prestige. Mais la bourgeoisie multiplie aussi, dans la seconde moitié du XVe siècle, les investissements en vignobles que permet la reconstruction agraire consécutive au retour de la paix. Il en résulte une attention plus grande portée aux marchés lointains et au goût du public, qui préfère maintenant les vins forts.

Jusqu’au sensible refroidissement du XIVe siècle, on se risque à cultiver la vigne très au nord de la limite actuelle, jusqu’en Picardie et en Cotentin. Au milieu du XIVe siècle encore, les vignobles normands jouissent d’une certaine réputation. Mais les vignobles les plus renommés restent ceux de Bourgogne et du Rhône, de Champagne et de Lorraine, de Provence, de Gascogne, de la Loire et du Bourbonnais, ainsi que ceux de « France ». Les vins de Gascogne et d’Aunis s’exportent jusqu’à Bruges et Londres. Il est encore d’excellents crus (Suresnes, Chaillot, Argenteuil) parmi les vins de France, dont la dégradation ne s’amorcera qu’au XVIe siècle. En Bourgogne, les meilleurs crus sont ceux de Beaune (en fait, toute la côte de Beaune) et de l’Auxerrois (auj. Chablis) : ils se vendent aussi bien à Avignon qu’à Bruxelles ou à Paris.

Le temps de croissance de la vigne, qui interdit d’espérer une récolte avant sept ans, justifie des types de baux particuliers, notamment après la guerre de Cent Ans, lorsque la reconstruction agraire fait appel aux capitaux des maîtres du sol : c’est en particulier le cas du contrat de complant, caractéristique des pays viticoles de Guyenne.

Le travail de la vigne fait partie des façons spécialisées de la vie agricole, et il est de ceux qui font progresser le salariat par rapport à la corvée. Cette spécialisation place la viticulture parmi les thèmes iconographiques favoris des miniaturistes (exemplaires enluminés du Livre des Profits champêtres de Pierre de Crescens, du Miroir historial de Vincent de Beauvais, de livres d’heures comme les Très riches Heures du duc de Berry), des verriers (rose occidentale de Notre-Dame de Paris) et des sculpteurs (calendrier des portails de Vézelay, Chartres, Rouen, Amiens, nombreuses miséricordes de stalles). Les imagiers s’attachent surtout au bouturage et à la taille, précisément caractéristiques de la viticulture, mais parfois à l’indispensable labour à la bêche ou à la houe. Ils laissent entrevoir une taille longue, préférée à la taille courte qui garantit de meilleurs résultats mais en moindre quantité. Ces opérations signifient souvent le mois de mars. Pour l’été, on représente parfois le cerclage et la préparation des fûts, et pour l’automne - généralement octobre - la vendange, le transport des hottes et le foulage aux pieds et parfois au pressoir à vis.

Le vin est normalement consommé dans l’année, et il s’abîme assez vite. Le vin vieux est pour le moins suspect, et encombrant dans les celliers. On note cependant quelques cas de vins de deux ou trois ans qui paraissent estimés en Bourgogne et Champagne vers 1400.

Toutes sortes de locutions désignent, selon les régions, la qualité du vin. Le vin « bâtard» est celui que l’on suspecte d’avoir été coupé d’eau. Le « vin de buffet » est celui que l’on boit debout devant l’étal : par extension, on appelle ainsi un vin détestable. Les taverniers adoucissent à la craie les vins trop acides.

La France consomme aussi des vins importés, comme les vins forts des pays méditerranéens : vin de grenache, malvoisie, etc.

Le commerce du vin est l’un des principaux trafics de pondéreux, mais c’est un pondéreux de valeur. Il donne donc lieu, à partir du XIVe siècle, à une fiscalité particulière. De nombreux intermédiaires interviennent entre le vigneron et le consommateur : marchand de vin (en gros), vendeur de vin (intermédiaire juré), courtier, avaleur (déchargeur), jaugeur, goûteur, tavernier (vendant au pot, c’est-à-dire à emporter, aussi bien qu’à table), buffetier (vendant au gobelet à l’étal). Tout bourgeois propriétaire de vignes peut vendre « à taverne » l’excédent de sa production en la présentant sur un banc devant sa maison. Cela n’en fait pas pour autant un tavernier1.


Le vin est connu depuis la plus haute Antiquité. Les Égyptiens et les Hébreux cultivèrent la vigne ; les Grecs et les Romains surent faire des vins dont la réputation est parvenue jusqu’à nous.

En Gaule, le vin était connu avant la conquête romaine ; de nouveaux cépages avaient été introduits par les Grecs en Provence ; l’occupation romaine allait permettre à la vigne de s’étendre sur toute la côte méditerranéenne, puis dans l’arrière pays, avec cependant quelques vicissitudes : Domitien proscrit la culture de la vigne en 92, et Probus la relève et l’encourage en 282.

L’essor du vin est alors lié à la propagation du christianisme : en effet, chaque monastère s’entoure d’un enclos où il récolte son vin de messe, et les évêques encouragent la vigne. Nombre de crus fameux en France sont encore groupés autour d’anciens monastères.

La consommation du vin se généralise en France et dans les régions septentrionales, son commerce devient florissant ; aussi, sous l’influence des négociants, les vignes tendent à se développer soit vers les ports d’exportation, soit vers les lieux de consommation. La vigne se déplace alors vers l’ouest, Narbonne, Gaillac, Bordeaux, d’où les vins sont expédiés vers l’Angleterre et vers le nord. Puis se constituent les vignobles des Charentes, de l’Anjou, de l’Ile-de-France, de la Champagne, de l’Alsace.

A mesure que les moyens de communication se développent, les vignes de faible rendement périclitent. Les vins de l’Orléanais, de l’Ile-de-France cèdent le pas aux vins de Bourgogne et de Champagne. Cette dernière région trouve, au XVIIIe siècle, un surplus de richesse dans la préparation des vins mousseux ; les Charentes, naguère concurrentes de Bordeaux sur le marché anglais, transforment leurs vins en eau-de-vie (cognac).

En 1867, le phylloxéra, venu d’Amérique, arrête la prospérité du vignoble français en en détruisant la majeure partie et force la viticulture à s’imposer de cruels sacrifices pour réparer le désastre.

Les qualités particulières de chaque cru se sont développées et les méthodes de vinification se sont améliorées progressivement2.


Les données de l’histoire : le legs du Moyen Âge


Le vignoble d’Ile-de-France s’est développé là où les données naturelles (qualité des sols), les plus favorables (variété des expositions) existaient. En multipliant ses méandres, en s’enfonçant à travers des terrains de nature géologique très variée, la Seine multipliait les terroirs propices à cette culture délicate ; aussi, n’est-il pas étonnant de trouver, dès l’époque carolingienne, la vigne sur les pentes des buttes de Montmorency, de Cormeilles-en-Parisis, du Mont-Valérien, pour ne citer que les reliefs les plus aptes.

Tous les historiens médiévaux s’accordent aussi pour reconnaître qu’il s’agissait d’une viticulture de qualité grâce à la domination du cépage noble qu’était le Pinot de Bourgogne pour la production des vins rouges et le Fromental pour la production des blancs, car le vin blanc était beaucoup plus prisé au Moyen Âge qu’il ne le fût à l’époque moderne et contemporaine ; mais déjà des cépages donnant du vin de moindre qualité existaient, le Meslier pour le blanc, le Gamay pour le rouge, mais ils ne l’emportaient pas. Chaque bourgeois, chaque abbaye possédait ses vignes blanches et ses vignes noires aux dates de vendange échelonnées.

Il n’est pas possible de mesurer la place exacte que le vignoble du Moyen Âge tenait dans le paysage rural ; seules des superficies partielles nous sont connues, celles des grandes abbayes de Saint-Denis et de Saint-Germain-des-Prés par exemple3.

Mais il faut souligner que le renom des vins « français » était grand et qu’il alimentait depuis les XIe-XIIe siècles, pour ne pas parler de l’époque carolingienne, un commerce beaucoup plus important que celui qu’il alimentera à la veille de la Révolution, un commerce qui ne se faisait pas tout au long de l’année car le vin est une marchandise délicate qui peut souffrir d’un long voyage. Le commerce par eau l’emportait largement et il se gonflait dans les semaines qui suivaient la vendange ; les marchands savaient que le vin nouveau était attendu et qu’il devait arriver sur la table des consommateurs avant les gelées ; car le vin d’alors ne se conservait pas et le vin vieux (de l’année précédente) devenait vite imbuvable.

Ce commerce se faisait dans deux directions : vers Rouen et vers l’Angleterre, par la Seine ; vers la Picardie, les Flandres et les Pays-Bas, par l’Oise.

Dans la Bataille des vins4, poème écrit vers 1240, qui met en scène le roi Philippe-Auguste convoquant les vins du royaume à un grand tournois ; répondent à la convocation les vins de Meulan et d’Argenteuil, comme aussi les vins de Sancerre, de Beaune et de Saint-Émilion, chacun se jugeant digne. Un prêtre anglais prend soin d’excommunier les mauvais vins de Beauvais et d’Étampes qui « donnent la rogne ». Le vin d’Argenteuil, qui prétend valoir mieux que tous, est attaqué par le vin de Pierrefitte qui prend à témoins les vins de Marly, de Deuil et de Montmorency, et c’est le vin de Meulan qui joue le rôle du moraliste.


Les données de la nature


A l’ouest de Paris, la vigne couvre les coteaux et ne s’étend pas sur le limon des plateaux ; cela veut dire qu’elle est exclue des terres à blé et qu’elle prospère sur les sols où la culture des céréales n’est pas rentable à cause de la faiblesse des rendements attendus et de la difficulté à travailler des terres trop en pente.

Sur le flanc des coteaux, dans le canton de Montmorency, à Montmagny et Groslay, de Montmorency à Bessancourt (Andilly, Margency, Soisy, Montlignon, Saint-Prix, Saint-Leu, Taverny, Frépillon) la vigne trouve des sols variés, formés surtout d’éboulis calcaires qui s’égouttent bien et qui sont abrités des gelées car la vigne ne s’étend pas sur le flanc nord des buttes ; on ne la trouve en plaine que de Deuil au Plessis-Bouchard (Saint-Gratien, Eaubonne, Ermont, Franconville), dans ce large couloir de la vallée de Montmorency qui la met à l’abri de la plupart des gelées de printemps5.

Les conditions naturelles étant pratiquement immuables à l’échelle historique, il faut maintenant voir quelles étaient les méthodes traditionnelles de culture de la vigne et de fabrication du vin pour comprendre dans quel sens les besoins économiques les ont fait évoluer jusqu’à les perdre6.


La plantation de la vigne


Avant de planter la vigne, il faut préparer la terre, la remuer, l’épierrer, s’assurer qu’elle n’a pas porté de ceps depuis trois ans au moins et qu’elle a été labourée au moins deux fois par an. La vigne est plantée en ligne après que le vigneron ait creusé un sillon de 50 cm de profondeur d’où la terre est extraite et rejetée sur le côté ; cette terre en réserve, qui forme alors une butte bombée entre deux creux successifs, est ensuite utilisée pour rechausser les ceps au fur et à mesure qu’ils se développent. En général, on plante les ceps tous les 70 à 75 cm (2 pieds 3 pouces) ; une orne (terre rejetée) et une pouée (sillon) forment un ensemble de 1,45 à 1,60 m de large (4 pieds et demi à 5 pieds), soit deux rangs de vigne tous les 1,50 m environ ; en respectant ces écartements, cela donne environ 16 000 à 17 000 pieds de vigne à l’hectare.

On plante la vigne de début novembre au 15 avril ; plusieurs solutions s’offrent au vigneron. Il peut planter des boutures, qu’on appelle « crossettes » aux environs de Paris. On peut aussi planter des marcottes, ou « sautelles », obtenues à partir de sarments qu’on a couchés en terre pendant deux ou trois ans, qui s’y sont enracinés et qu’on sépare ensuite du pied mère pour les planter ailleurs.

Le vigneron, peu d’années après la plantation, provigne sa vigne pour multiplier les souches, estimant que le provignage redonne une vigueur nouvelle aux ceps ; c’est sans doute aussi parce qu’il achète le plant relativement cher et que le provignage permet une multiplication des ceps sans dépense, du moins sans dépense d’argent.

Une chose est sûre, les vignes nouvelles sont plantées de plants enracinés, jamais de boutures, celles-ci étant mises en pépinière ; ce plant est souvent acheté en grande quantité par les établissements religieux, et sans doute aussi par les vignerons, preuve de l’établissement constant de nouvelles plantations, soit pour étendre le vignoble, soit pour remplacer de vieilles vignes arrachées.


Le vigneron dans sa vigne : façons et outils


Le calendrier agricole du vigneron est très chargé, beaucoup plus rempli que celui du laboureur ou du manouvrier.

Dès le mois de mars, le vigneron donne un premier labour ; cette opération, qui dure environ trois semaines (en gros, du 20 mars au 10 avril), s’appelle houer ou sombrer ; comme son nom l’indique, elle est faite à la houe.

Un second labour est donné juste avant ou après la floraison ; on dit alors qu’on bine la vigne ; avant ce second labour, aux environs du mois de mai donc, on attache aux échalas les jeunes jets que la vigne a poussés ; c’est ce que l’on appelle lier ; on lie ces brins avec de la paille, alors que le cep a été attaché à l’échalas avec des brins d’osier, osier rouge de préférence, plus souple que l’osier blanc.

Un troisième labour est donné quand le verjus est déjà gros ; c’est ce qu’on appelle tiercer aux environs de Paris ; après quoi on ébourgeonne, ou encore on rogne ; le troisième labour, qui se donne donc vers le 15 juillet, doit être terminé avant la moisson.

Le vigneron est le seul à savoir tailler sa vigne. Sous le climat de Paris, la taille s’effectue en février-mars.

Le fichage des échalas est un travail harassant qui demande une main-d’œuvre considérable. Les échalas préférés sont ceux en cœur de chêne ou de châtaigner ; les échalas de quartier plutôt que des échalas ronds sont également préférés, parce qu’ils durent plus longtemps, 20 à 25 ans chez un vigneron soigneux. Mais il existe des échalas de saule, ou de bouleau (abbaye de Maubuisson), beaucoup moins solides, qui ne durent que quelques années et qui coûtent évidemment beaucoup moins cher. Les échalas neufs doivent avoir 1,45 m (4 pieds et demi) de long. Ils sont vendus en bottes ou javelles de 50 brins et la douzaine comprend 25 bottes (soit 1250 échalas).

Les outils de base du vigneron sont simples et peu nombreux, on les retrouve dans les inventaires après décès, la houe et la binette, mais aussi la besoche ou bezoche7 qui ressemble davantage à une pioche (à lame triangulaire) et qui est utilisée pour faire les trous et travailler les terres pierreuses. Les textes ne précisent pas houe plate ou fourchue mais il est assuré que les deux types existaient ; par contre, on distingue houe et hoyau ; la bêche existe mais on ne la trouve pas fréquemment. La binette, très répandue, est rarement accompagnée de la serfouette et on ignore si elle avait une ou deux dents. Le fessou est ignoré ou presque (une seule mention à Argenteuil) mais cela ne signifie pas que la houe au fer triangulaire ait été inconnue en Ile-de-France.

Autant le matériel vinaire est très important et coûte cher, autant les outils du vigneron ne représentent qu’un faible investissement. Dans le courant du XIXe siècle, les prix augmentent légèrement mais, avec fourches et croc à fumier, pelle et main de fer, l’outillage de base du vigneron ne dépasse pas une dizaine de francs.

Certains vignerons peuvent aussi posséder ou exploiter des terres labourables de quelque étendue ; on voit alors apparaître, comme chez les laboureurs, un matériel plus important avec herse, charrue, charrette8.


Les préparatifs de la vendange


En Ile-de-France, la vendange commence ordinairement vers la fin du mois de septembre. Depuis le mois de juillet, toutes les façons données, les vignes liées, rognées, épamprées, le vigneron regarde grossir les raisins, craint l’orage et la grêle, demande un peu de pluie mais surtout beaucoup de soleil ; au besoin, si le temps est humide, il sarcle une dernière fois sa vigne car l’herbe trop haute empêche le raisin de mûrir.

Mais son activité principale ne se situe plus au milieu de ses ceps ; c’est dans sa cave et dans son cellier qu’il s’affaire. En effet, si le vigneron soigne sa vigne avec un nombre restreint d’outils, il lui faut un matériel assez important pour fabriquer et pour conserver le vin ; son investissement est là et, chaque année, le matériel vinaire doit être soigneusement revu avant la vendange.

En général, sous l’Ancien Régime, le vigneron n’a pas à se préoccuper de l’entretien du pressoir, cet énorme instrument appartenant le plus souvent au seigneur ; mais il existe quand même des localités, Argenteuil par exemple, où la banalité de pressoir n’existe pas et où quelques gros vignerons pressent leurs raisins et ceux de leurs voisins.

Par contre, le vigneron doit s’assurer que cuves et tonneaux sont en bon état, ou au besoin faire des réparations. Le volume de la vendange, extrêmement variable d’une année à l’autre, demande de disposer de capacités de production et de stockage plus importantes que la moyenne de la récolte ne le requiert. Le vigneron doit aussi s’assurer que la cuve où il va laisser fermenter le moût est en bon état. Une cuve contient en moyenne huit à douze muids ; elle est en bois de chêne et reliée par des cercles de bois de frêne.

Le vigneron doit s’assurer que les accessoires nécessaires à l’utilisation de la cuve sont en place : le chantier d’abord, sur lequel elle repose ; l’échelle pour monter y verser le raisin si elle est trop haute, la cannelle de bois, de fonte, de cuivre ou de potin, les bondes, les seaux, les pompes à soutirer, les entonnoirs.

Chacun doit avoir pour la vendange sa serpette, en général dans la poche. Les bachoues et les hottes doivent également être vérifiées. La bachoue est un récipient tronconique, d’une hauteur de 70 cm environ et d’une contenance de 35 litres, elle est faite d’osier ou de bois, mais les bachoues se portaient par paire à dos de cheval ou d’âne. La hotte apparaît au contraire comme un récipient utilisé à l’unité ; elle se porte à dos d’homme et elle est pratiquement toujours en osier.


Les vendanges


Son matériel prêt, le vigneron doit attendre que le seigneur proclame le ban des vendanges après avoir pris l’avis des messiers et des principaux habitants du village. Pas question de vendanger avant la date officielle, sinon le seigneur confisque vendanges et instruments et condamne à l’amende. D’ailleurs les vignes sont bien gardées à partir du moment où le raisin commence à mûrir ; des messiers, en nombre variable suivant l’importance du vignoble, et la richesse des habitants, parcourent les vignes armés de leur hallebarde.

Enfin, avant de commencer la vendange, il faut résoudre un énorme problème de main-d’œuvre. Dans les vignobles peu étendus, où la culture l’emporte encore sur la vigne, la vendange est faite par la famille du vigneron, avec l’aide d’autres habitants du village. Mais quand la vigne devient une monoculture, comme à Argenteuil, il faut recruter des centaines, voire des milliers de vendangeurs. Fort heureusement, Paris est proche, mais on préfère recruter la main-d’œuvre à la campagne car elle est plus docile et plus appliquée ; d’autre part, la complémentarité des pays de culture et du pays vignoble favorise les échanges économiques et humains.

En 1872, un article de journal évalue à 8000 le nombre des individus présents au moment de l’embauche à Argenteuil et seulement à 3000 le nombre de personnes retenues car la récolte s’annonce très médiocre (13 500 pièces de 228 litres) ; si l’on ajoute à ces 3000 personnes au moins 2000 personnes du cru, cela représente une main-d’œuvre énorme pour une production de 30 000 hectolitres. C’est que le vignoble est étendu, que toutes les opérations sont faites à la main et que les coupeurs ne sont pas les plus nombreux ; il faut compter aussi avec les hotteurs, les conducteurs, les déchargeurs, les fouleurs et les pressureurs, tout un monde qui s’agite dans la bonne humeur. En plus, il faut loger et nourrir tout ce monde car le vendangeur est nourri, et bien nourri.

Toutes les paroisses de la région étaient soumises au ban des vendanges ; le choix de la date était délicat car tous les cantons d’un même finage ne mûrissaient pas en même temps ; c’était fonction de l’exposition, de la pente, de l’altitude même, c’était fonction aussi des variétés de cépages cultivés. Le jour de la vendange arrivé, chacun s’affaire dans ses vignes et surveille son voisin, les rangées de ceps sont si enchevêtrées !

Il est évident enfin que raisins blancs et raisins noirs ne sont ni récoltés au même moment, ni mélangés, si on veut faire des vins blancs distincts des vins rouges.9 


La fabrication du vin


Les raisins blancs, ou les raisins noirs destinés à la fabrication du vin blanc, sont portés directement au pressoir et le moût extrait est aussitôt entonné dans les tonneaux fraîchement rincés à l’eau claire ; tant que le moût n’a pas bouilli les tonneaux ne sont pas bondonnés mais le bondon du tonneau est couvert d’une feuille de vigne ; les fûts sont placés dans le cellier, pièce moins fraîche que la cave, afin de ne pas retarder la fermentation du moût ; si le niveau de vin diminue dans le tonneau on pratique l’ouillage de façon que l’air ne pénètre pas. Si l’on veut obtenir du vin rosé, le raisin foulé, reste quelques heures dans la cuve pour que le moût se colore un peu, puis il est porté au pressoir et traité comme le vin blanc.

Ordinairement, le vigneron emplit sa cuve avec la vendange fraîche qui est aussitôt foulée ; pour cela, un ou deux hommes nus entrent dans la cuve et pratiquent le foulage au fur et à mesure que le raisin est déversé. La cuve, pleine le soir, et foulée, est abandonnée, au besoin couverte par des planches mobiles ; la fermentation tumultueuse commence quelques jours après le foulage, au bout de quelques heures seulement si le raisin a été récolté bien mûr, bien sec et par temps chaud, et si la température du cellier se maintient assez haut, aux alentours de 20°C, ce qui est possible quand le mois de septembre est beau ; car c’est toujours dans le cellier ou dans un coin de grange qu’a lieu cette opération. Le marc monte alors dans la cuve et les matières en suspension forment le chapeau ; quand la fermentation est terminée, ce chapeau redescend et c’est le moment que le vigneron choisit pour décuver.

Le vin est réparti dans des tonneaux que l’on remplit aux trois quarts environ ; il constitue ce que l’on appelle le vin de goutte ou de mère-goutte, vin qui se conserverait mal si on ne lui adjoignait le vin de presse. En effet, le vin de goutte, au contraire du vin de presse, ne renferme que fort peu des matières contenues dans la rafle et qui, si elles contribuent à donner au vin sa verdeur et sa dureté, en assurent aussi la conservation. Ces tonneaux, en l’attente du remplissage définitif, restent dans le cellier.

Les marcs, tout dégouttant, sont alors portés au pressoir dont la banalité, sous l’Ancien régime, est quasi-universelle, même si elle n’existe pas à Argenteuil. Ils sont déposés sur la maie, pressés plusieurs fois par ces instruments puissants que seuls les seigneurs et les grands établissements religieux peuvent entretenir ; on obtient les vins de première, de seconde et de troisième presse, chaque fois un peu plus verts et un peu moins abondants. C’est en général au pressoir que se perçoit la dîme, après quoi le vigneron peut remporter son vin dans son cellier et terminer le remplissage de ses tonneaux. Bien bondonnés, les fûts sont descendus dans la cave où une seconde fermentation se produit, non tumultueuse cette fois.

Le vin nouveau est fait, ce vin nouveau si attendu, preuve que le vieux, c’est-à-dire le vin de l’année précédente, a déjà beaucoup perdu de sa qualité, à moins que tout n’ait déjà été bu. C’est ce vin nouveau qu’achètent les marchands, c’est lui qu’on charge dès octobre sur les bateaux qui descendent la Seine jusqu’à Rouen, c’est lui qu’on transporte en Picardie par charrois avant que n’arrivent les grands froids. Un temps fort de l’année agricole s’achève, marqué par un travail exténuant, mais qui fait communier une dernière fois les villageois autour de la cuve10.


La fête des vendanges


Ainsi qu’après toute récolte, moissons ici, vendanges là, il était une coutume toujours observée à Argenteuil : celle de la fête de fin des travaux. C’était vers elle que tous les efforts s’étaient tendus, que toutes les attentions s’étaient situées, toutes les inquiétudes orientées et tous les esprits polarisés.

La dernière voiture de raisin rentrée, toute pimpante, ornée de pampres et garnie d’un « mai » majestueux, un repas copieux est servi aux vendangeurs, arrosé, bien entendu, de vin nouveau auquel s’ajoutent quelques vieilles bouteilles.

Mais comme un plaisir se doit d’être partagé, il était une tradition argenteuillaise longtemps maintenue : celle de la fête des vendanges qui se déroula, des années durant, soit le dernier dimanche de septembre, soit le premier d’octobre.

Défilé de fanfares locales ou des villes voisines au travers des rues dont la plupart des maisons s’ornaient de guirlandes et de lanternes multicolores, grande affluence de badauds sur les promenades et bravos nourris au passage du cortège. On y vit figurer lors des fêtes du Millénaire du vin d’Argenteuil, en 1923, les chars de Bacchus, des Bacchantes, de la reine d’Argenteuil et de l’Amérique sèche. Le plus attendu et le plus applaudi fut celui des vignerons. Confectionné avec amour, recouvert de sarments feuillus, garni de grappes choisies, orné de fleurs, rempli de jeunes vendangeurs et de jolies vendangeuses en costume, il soulevait à son passage, si l’on en croit les gazettes locales, l’enthousiasme de la foule. Celle-ci l’escortait jusqu’aux jardins de la mairie.

C’est en effet là qu’un pressoir, que disons-nous, le « pressoir » était installé. Dûment alimenté de beaux fruits et fonctionnant sans arrêt, il débitait à un chacun, moyennant vingt sous, son verre de vin nouveau. On y faisait queue déjà, et le service d’ordre devait canaliser Argenteuillais et Parisiens quêtant leur breuvage à l’anche.

Grande liesse l’après-midi, concert et pour terminer, grand bal et grande fête de nuit avec illuminations à giorno11.

La fête des vendanges se poursuivait pendant quinze jours, avec la présence de nombreuses baraques foraines, confiseries, tir au fusil, attractions de tous genres, balançoires, manèges, chenilles et « tapeculs » qui occupaient toute la promenade de « l’Ile » (boulevard Héloïse).

A ce propos, Jacques Defresne, le dernier vigneron argenteuillais, nous rappelle la « vente du vin à l’heure », instaurée au XIXe siècle dans les guinguettes, près des barrières de Paris. Des paysans madrés installaient, à côté du pressoir, sous une tente, des tables et des bancs où tout un chacun pouvait bénéficier du vin « à gogo », vente astucieuse à la limite de l’honnêteté : pour un prix forfaitaire de dix à douze sous, on pouvait consommer « ad libitum » durant une heure. Beaucoup de buveurs s’endormaient à leur table et se voyaient réclamer, à leur réveil, le prix du temps de leur libation auquel s’ajoutait, naturellement, celui de leur sommeil12 !


La Saint-Vincent


Indépendamment de la messe célébrée après la publication des bans de vendange, l’usage consiste à déposer aux pieds d’une « image » de saint Vincent quelques grappes fraîchement cueillies, comme offrande des prémices de la récolte.

Mais la principale cérémonie a lieu au milieu de l’hiver, soit le dimanche 22 janvier, jour de la fête du Saint, soit le dimanche suivant si cette fête tombe en semaine, donnant lieu à une grande fête que ne manquerait aucun Argenteuillais.

La Saint-Vincent se déroule en réalité sur trois jours. Les festivités commencent tranquillement le samedi avant la procession et la messe dominicales. La journée se poursuit autour d’un banquet réunissant l’ensemble des participants chez l’une des grandes familles de vignerons, désignée responsable pour cette année là. Les véritables excès sont toutefois pour le lundi, avec sa mascarade obligatoire, les déguisements et les travestis remplaçant alors les belles toilettes de la veille.

En 1842, les cultivateurs se réunissent en association ou compagnie dites de Saint-Vincent, afin de faire ériger un autel en l’honneur du saint, de pourvoir à son ornementation et à son entretien et d’organiser chaque année les festivités de janvier. Les fonds provenant des dons et participations des sociétaires, sont récoltés par trois marguilliers en charge.

Le jour de la fête, le pain béni est ainsi offert aux personnes présentes (et même porté par les marguilliers aux personnes âgées ou malades) et des images du saint patron sont distribuées.

Faisant la fierté et la joie des Argenteuillais, la confrérie conserve aujourd’hui encore une existence légale et œuvre pour la survivance de cette authentique tradition festive13.


Le culte à saint Vincent


Vincent (Huesca : fin IIIe s.- Valence : 304) doit sa notoriété, dans la chrétienté occidentale, au poète Prudence (348-v.415) et à saint Augustin, à travers les éloges qu’ils lui firent. En outre, tous les martyrologes, y compris les plus anciens, lui réservent une place de choix.

Son histoire nous ramène en fait au IIIe siècle de notre ère : alors qu’il est diacre de Saragosse, sous l’autorité de l’évêque Valère ; Dacien, gouverneur de l’empereur Dioclétien en Espagne, le fait arrêter. Transféré à Valence, emprisonné sans la moindre nourriture, torturé mais refusant de renier sa religion, il est finalement « grillé » et jeté à la mer.

La légende dit que son corps, pourtant lesté à plusieurs reprises, fut rejeté au rivage et récupéré par des paysans qui l’enterrèrent dignement. Deux siècles plus tard, Childebert, fils de Clovis, rapporte de Saragosse entre autres trophées les reliques du saint martyr et les déposent dans une abbaye qu’il fait construire, vers 550, et dédicacer entre le 23 décembre 557 et 559, aux portes de Paris. Or, cette abbaye, Sainte-Croix et Saint-Vincent (future Saint-Germain-des-Prés) est justement dotée de nombreux vignobles autour de la capitale, que des moines-vignerons exploitent en se mettant logiquement sous la protection de leur saint, bâtissant un peu partout des lieux de culte en son honneur. Voilà sommairement dans quelles conditions saint Vincent inaugure sa prestigieuse carrière patronale en Ile-de-France14.

Les exégètes ont depuis souligné que ses liens avec le vin ne s’arrêtent pas là : le diacre qu’il fut n’est-il pas celui qui verse le vin - symbolisant le sang du Christ – dans le calice ? Phonétiquement, d’ailleurs, son nom ne se décompose-t-il pas en vin et sang ?

Enfin et, peut-être, surtout s’ajoute en faveur de ce culte l’opportunité de la date de sa fête liturgique : la saint Vincent est en effet célébrée le 22 janvier, qui correspond à une étape importante des travaux de la vigne, les vignerons partant alors tailler les ceps, munis de leur serpette.

Remplaçant le gril de son supplice autrefois privilégié, c’est d’ailleurs cette serpette qui devient rapidement, à côté des grappes de raisin, le principal attribut du saint dans les représentations iconographiques que nous connaissons.

Le calendrier viticole et le calendrier liturgique déterminent de la sorte les deux grands moments de la dévotion rendue à saint Vincent : à l’ouverture des vendanges d’abord, puis naturellement autour du 22 janvier15.


Dans la vallée de Montmorency, nous retrouvons également quelques témoins de ce culte à saint Vincent, à Montmorency : une statue en bois du XVIIe siècle provenant de l’ancien Hôtel-Dieu ; à Taverny : une statue du diacre du XVIIIe siècle, d’autre part il existait une confrérie, jusqu’à la Révolution, d’après l’abbé Rousseau16 ; dans la vallée de la Seine, à Herblay : une statue, dans une collection particulière ; à Argenteuil : une statue en bois polychromé du XVIIe siècle, conservée au musée et une confrérie toujours existante, comme nous venons de le voir ; dans la vallée de l’Oise à Pontoise : une statue, de même à Jouy-le-Moutier et à Ennery ; démontrant, s’il était besoin, l’importance de la viticulture dans notre région.

Cette viticulture est toujours présente dans nos lieux-dits : à Ermont, les « Vignolles » ; à Taverny, les « Bonnes Vignes » ; dans l’armorial de certaines communes : à Ermont, et à Groslay, un cep de vigne ; à Cormeilles et à La Frette, une grappe de raisin; à Herblay, trois serpettes de vigneron 17; dans l’architecture : à Bessancourt, le portail de l’église Notre-Dame, porte de ceps de vigne et des vignerons (il fut refait en 1860). Il reste même parfois le nom de certains clos : à Ermont, « Le Clos des Barbiers » et « Les Laisnés »18 ; à Saint-Prix, « Le Grand Clos ». C’est pour maintenir cette tradition que certaines villes de la vallée ont souhaité renouer avec celle-ci en replantant de petites vignes, comme à Ermont (1986), Sannois (2003), Saint-Leu, Saint-Prix (2007), Taverny, pour n’en citer que quelques-unes ; refaire un peu de vin de pays, comme avec « Le clos-Jouan » à Ermont et même se réapproprier une fête de vendanges comme c’est aussi le cas à Ermont depuis 1987.

Gérard Ducoeur

mai 2009

Bibliographie


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Andilly (1)

334

130

41

34

270

129

15

15

17

Manque

256

97

6

4

Bessancourt

644

201

92

130

639

295

57

57

57


636

413

1

2

Bethemont

390

180



379

192





370

172



Chauvry

461

130



500

198





475

207



Deuil

444

178

155

86

429

253

134

134

134


373

189

70

50

Eaubonne

444

211

68

48

439

300

48

48

49


439

307

22

8

Enghien-les-B.

(2)




(2)










Ermont

416

232

107

132

416

293

82

82

84


416

218

10

14

Franconville

632

259

143

102

619

404

50

51

26


619

320

15

14

Frépillon

312

204

47

30

335

234

11

11

8


325

177

2

1

Groslay

375

109

203

104

295

159

94

94

94


308

99

32

32

Margency (1)

(1)



30

72

38

9

9

5


69

21

3

3

Montlignon

273

86

4

47

283

124

3

3

2


283

95

1

1

Montmagny

273

83

136

84

291

194

58

58

65


300

182

32

60

Montmorency

554

199

92

53

537

183

86

87

86


489

50

25

6

Napoléon-St-Leu

553

144

108

103

524

235

74

74

55


524

226

20

14

Plessis-Bouchard

267

114

28

87

262

148

27

27

15


261

227

4

4

Saint-Gratien

338

99

85

33

310

131

66

66

69


271

124

7

5

Saint-Prix

768

172

52

51

789

211

36

36

30


789

189

6

6

Soisy

401

181

54

51

459

207

48

48

17


395

224

8

10

Taverny

830

353

133

103

1268

565

100

100

100


1245

475

5

5

TOTAL

8709

3265

1548

1308

9117

4493

998

1000

913


8989

4052

274

242

Tableau 1: Superficies en vignes et en terres labourables de 1780 à 190019

Canton de Montmorency

  1. Margency, commune créée en 1792 à partir d’Andilly.

  2. Commune créée en 1850 à partir de Soisy, Saint-Gratien, Deuil, Epinay.

  3. Vers 1780 : Total - T/L -Vignes : les 3 premières colonnes. (T/L : terres labourables en hectares).

  4. En 1807 : Vignes : la 4e colonne.

  5. Au 1er cadastre (vers 1834) : Total - T/L - Vignes : la 5e à la 7e colonne.

  6. En 1835 : Vignes : la 8e colonne.

  7. En 1837 : Vignes : la 9e colonne.

  8. En 1852 : Vignes : la 10e colonne (manque).

  9. En 1892 : Total - T/L Vignes : la 11e à la 13e colonne.

(10)En 1901 : Vignes : la 14e colonne.





1 Favier (J.), (sous la dir.), Dictionnaire de la France médiévale, Fayard, Paris, 1993, p. 973-974.

2 Collectif, Grand Larousse encyclopédique, éd. Prestige, t. 20, Larousse, Paris, 1970.

3 Cf. l’article séparé : « Le rôle social et économique des institutions religieuses dans la châtellenie de Montmorency ».

4 Bibl. nat. Fr., ms fr. 7218.

5 Cf. tableau joint (p. 10) pour toutes les communes viticoles du canton de Montmorency, donnant les superficies respectives (en hectares) en vignes et en terres labourables de 1780 à 1900. Extrait de l’ouvrage : Lachiver (M.), Vin, vigne et vignerons en région parisienne du XVIIe au XIXe siècle, SHAPVOV, 1982, p. 831.

6 Lachiver (M.), op. cit., p. 21-32.

7 Lachiver (M.), Dictionnaire du monde rural. Les mots du passé, Fayard, 1997, p. 208.

Péru (J.-J.), L’évolution de l’outillage aratoire dans trois communes au nord-est de Paris (1600-1850), in Jardinages en région parisienne, XVIIe-XXe siècle, Créaphis, 2003, p. 106.

8 Lachiver (M.), op. cit., p. 36-50.

9 Lachiver (M.), op. cit., p. 93-105.

10 Lachiver (M.), op.cit., p. 105-110.

11 Réthoré (E.), La vigne et le vin à Argenteuil. Bull. SHAAP, Vieil Argenteuil n° 16, années 1947-1948, p. 191.

12 Cavellier (E.), Heude (H.), Mirbelle (J.-P.), Argenteuil en 1900, Cofimag, Argenteuil, 1988, p. 172.

13 Marseille (J.), (sous la dir.), Saint Vincent, patron des vignerons in Mémoire d’Argenteuil, Larousse, Paris, 2001, p. 73.

Réthoré (E.), op. cit., p. 192.

14 Les fondations et dédicaces à saint Vincent sont nombreuses : Augustins de St-Vincent de Senlis (60) en 1059 - Augustins de St-Vincent-aux-Bois (28) 2e moitié du IXe s.- abbaye St-Vincent de Laon (02) en 580 - abbaye St-Vincent du Mans (72) en 572 et en Bourgogne, les cathédrales de Chalon-sur Saône (71) fin XIe s. et de Mâcon (71) au XIIe s.

15 Marseille (J.), (sous la dir.), op. cit., p. 72-73.

16 Rousseau (abbé A.), Taverny, ville de Taverny, 1982, p. 24-104.

17 Gassowski (J.-P. de), L’armorial des communes du Val d’Oise, Gaso, Mériel, 1996.

18 Vaquier (A.), Le terroir, la vigne in Ermont à l’époque révolutionnaire, SHAPV, 1967, p. 165-168.

19 Lachiver (M.), op. cit., p. 831.