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LE PATRIMOINE ET SITES D’ENGHIEN-LES-BAINS


L’armorial

La description héraldique des armes de la commune d’Enghien est la suivante : « d’azur aux trois fleurs de lys et au bâton péri en bande de gueules, brisé en chef d’un lambel d’argent », avec en-dessous la devise : « fontes dant robur virtutemque » (les sources donnent force et vertu).

Les armes sont celles de la famille de Bourbon-Condé, brisées d’un lambel. Le duc d’Enghien (ville située en Belgique dans le Hainaut) porte ces armes lors de son exécution en 1804, son père « Monsieur le Prince » étant encore en vie1.


Les jardins d’Enghien

Les jardins d’Enghien, ouverts au public, poursuivent, au cours du XIXe siècle, l’histoire des Tivoli et autres « jardins d’été » parisiens à la vogue fluctuante. C’est l’installation de l’établissement thermal qui, à partir de 1820, fait du bord de « l’étang de Montmorency » un lieu de promenades et de fêtes, fréquenté par les proches de la cour en particulier. Une gravure de 1848 montre le parc d’Enghien, ou parc Winsdor, installé au sud du premier établissement thermal.

« On y voit une foule d’élégantes et de dandies rassemblés autour d’un kiosque à musique… à l’arrière, une salle de bal où le célèbre violoniste Th. Haumann donnait des soirées dansantes deux fois par semaine… café, tir au pistolet ».2


La Restauration introduit une nouvelle mentalité qui s’épanouit en une société « bourgeoise » dont la morale réprouve un bal masqué organisé dans le parc, lequel est fermé en 1852, subissant ainsi le sort du Vauxhall londonien, modèle des jardins de plaisirs populaires, à la vocation galante incontestable.

Avant même cet évènement, le relais est assuré par le jardin de l’embarcadère, nommé ensuite Jardin des Roses, dépendant du luxueux hôtel des Quatre-Pavillons. Il offre des activités correspondant davantage aux valeurs admissibles : billard, toupie, quilles, musique sous le kiosque-chalet. C’est un jardin ouvert au public mais de statut privé, puisque créé pour l’agrément des familles de « baigneurs », clientes de l’hôtel. Un droit d’entrée est perçu près des non-curistes qui, vers 1879, ne peuvent accéder qu’à une partie du jardin.

En 1900, l’entrée est libre à la belle saison et le nombre des concessions commerçantes en fait un lieu de rapport : il faut encore verser son écot pour atteindre le Jardin des Roses proprement dit. Cette partie réservée est un exemple valdoisien de la fonction didactique et botanique du parc public au XIXe siècle, car on y trouve alors réunies de nombreuses variétés de roses.

Au cours de cette période, la commune nouvellement créée tire ainsi parti de son paysage naturel et de ses jardins pour s’assurer une notoriété « de bon ton » : la ville aménage l’environnement et ces deux entités fonctionnent déjà dans une relation de faire-valoir mutuel3.


Les ruines du château d’Ormesson

Olivier Lefèvre d’Ormesson, conseiller du roi Charles IX et président de la Chambre des Comptes sous Henri III, acquiert le domaine d’Ormesson en 1554. Il y fait bâtir une vaste demeure où séjourna à plusieurs reprises le roi Henri III entouré de toute sa cour. La famille d’Ormesson conserve cette propriété jusqu’à la Révolution. Par la suite, Mme de Staël y séjourne. Il ne subsiste presque rien de cette luxueuse demeure4. On en trouve de rares vestiges dans une propriété désormais privée.


Le lac d’Enghien

À l’origine, le fond de la vallée de Montmorency constitue, comme nous l’avons vu, un vaste marécage fangeux, s’étendant sur Soisy-sous-Montmorency, Deuil, Ermont, Eaubonne, Saint-Gratien, et Épinay, etc.5

Des tourbes prélevées à la base d’un forage à Enghien-les-Bains ont donné une datation radiocarbone de : 11 240 +/- 330 ans B.P. soit à l’ère Quaternaire, à l’époque de l’Holocène, et au postglaciaire, légèrement postérieur aux sédiments continentaux du Würmien (dernière glaciation).

Le plan d’eau et ses abords constituent un site classé depuis novembre 19426.


L’établissement thermal

Créé en 1772, reconstruit au début du XIXe siècle, il a reçu en 1935, après transformation, l’aspect sous lequel il se présentait avant sa démolition en juillet 2004, grand bâtiment allongé avec avant-corps central encadré de colonnes et grand auvent d’entrée en porte à faux7.

Le lac abrite les eaux les plus sulfureuses de France, jusqu’à 0,077 g/l. On connaît aujourd’hui les origines de cette particularité. Les eaux de ruissellement transitent dans le sol pendant deux à neuf ans et alimentent deux nappes d’eau sulfureuse situées à 15 et 22 m sous la surface du lac. L’eau de pluie traverse les couches gypseuses puis de calcaire lutétien constituant la butte-témoin de Montmorency et se charge de sulfate de calcium. Arrivant dans les épaisseurs de tourbes au fond du lac, situées sous l’épaisseur de vase, le sulfate est activé par les bactéries présentes et se transforme en sulfure.

Le père Cotte (1740-1815), oratorien de la collégiale de Montmorency, découvre en 1766, les vertus thérapeutiques des eaux sulfureuses du « ruisseau puant qui a sa source au nord de l’étang de Montmorency ». L’eau est alors commercialisée et mise en bouteilles sous le nom « d’eau d’Enghien ». Le premier établissement thermal est mis en service en 1820. Par la suite, d’autres sources sulfureuses sont découvertes. L’exploitation de ces eaux minérales engendre le développement du « hameau des eaux » et la naissance en 1850 de la commune d’Enghien-les-Bains. Les eaux thermales fournies par 13 sources, dont 9 principales, sont limpides et leur température est de 13°C.

Aujourd’hui, les eaux d’Enghien sont recommandées dans les affections respiratoires, bucco-dentaires, rhumatismales, et dermatologiques.

En 1999, le groupe Lucien Barrère obtient pour la SEETE (Société d’Exploitation des Eaux et Thermes d’Enghien, créée le 1er mars 1897), la nouvelle concession pour 18 ans. Philippe Sueur, maire d’Enghien, lance le plan de sauvegarde de la ressource thermale. En 2001/2002, un nouveau captage de la nappe profonde de l’Yprésien8 est réalisé, il produit 45 m3/h. En 2002, également, a lieu la fermeture de l’ancien « Thermal » de 1935, en vue de son remplacement : il sera démoli en juillet 2004. Le 6 janvier 2005 est posée la première pierre du nouveau complexe thermal. Le 16 octobre 2006, « Les Rives d’Enghien », nouveau complexe multi-activités, ouvre ses portes. Il accueille désormais les curistes, les clients du Casino et les participants à de multiples congrès et conférences9.


Le Casino

En 1867, à la clôture de l’exposition universelle de Paris, M. de Montry acquiert et fait transférer à l’angle du Jardin des Roses et de la Chaussée, un pavillon chinois, immortalisé plus tard par de nombreuses cartes postales. Dans ce kiosque, ou « Pavillon Chinois », s’ouvre un café qui, à son ouverture, compte, parmi ses plus fidèles clients, le célèbre journaliste, Auguste de Launay de Villemesant, fondateur, entre autres organes de Presse, du Figaro (biographie ci-après). Il vient de s’installer dans une superbe villa qui fait face à l’entrée du casino et qui deviendra un Kursaal en 190210.

Un premier projet de Kursaal11, installé au bord du lac, le long de la Chaussée, a déjà été conçu en 1866, mais il n’a pas vu le jour. À sa place, ont été construits à moindre frais deux chalets de bois, qui encadrent le Pavillon Chinois. L’un est un café, l’autre est tenu par M. Danjou. Pompeusement appelé « casino », il permet de jouer « à la toupie, aux quilles et au billard »12. Ces constructions légères sont détruites par les Prussiens en 1870.

En 1868, M. Allègre, nouveau propriétaire des thermes décide de mettre en œuvre un autre projet de Kursaal, un immense bâtiment, sur un terrain jouxtant les thermes, il s’agit d’un hôtel de 200 chambres sur quatre étages, bâti en briques sur pilotis. Trois étages seulement sont montés quand arrive l’occupation prussienne et le bâtiment n’a toujours pas de toit. Le projet est repris après 1871, mais les affaires sont mauvaises et en novembre 1877 le Kursaal, qui n’a plus que deux étages, est vendu sur saisie au Palais de Justice de Paris. En 1895, le bâtiment a complètement disparu et le terrain est divisé en cinq lots constructibles13.

Construit en 1898, il est modifié dans le sens d’une simplification : les deux tours du bâtiment de gauche ont disparu, ainsi que les décors sculptés du bâtiment de droite. Ce dernier a gardé des frontons courbes aux avant-corps latéraux et le bâtiment de gauche présente, avant sa récente restauration, un avant-corps circulaire percé de baies en arcades14.

En 2001, est célébré le centenaire du casino municipal. C’est aussi l’année de la mise en exploitation de la roulette française. Le ministre de l’Intérieur autorise les machines à sous à Enghien. En 2002, sont introduits des jetons et des plaques en euros. De 2002 à 2005, 350 machines à sous sont mises en exploitation au casino, actuellement, il y en a 450. Depuis la saison 2002/2003, Enghien est au zénith des casinos français15.


Les châteaux Léon, d’Enghien et Écossais

Dans le courant du XIXe siècle, l’aristocratie parisienne fait construire, sur les berges encore vierges du lac, des résidences secondaires de fantaisie.

Ami très proche de la princesse Mathilde qu’il côtoie dans les salons parisiens, Émile de Girardin (biographie ci-après) devient son voisin en 1860, lorsqu’il achète à Jules Robin ses trois châteaux et la totalité de son terrain des rives nord du lac.

Le château Écossais, édifié dans la première moitié du siècle pour la comtesse de Xaintrailles, est passé à Robin en 1845 avant d’être racheté par Girardin. Celui-ci ne l’occupera jamais, préférant le louer aussitôt après en avoir fait l’acquisition. Il fera par contre du château d’Enghien sa résidence, tandis qu’il réserve le château Léon pour les fêtes et les réceptions qu’il donne en l’honneur de ses hôtes de marque16. Les deux premières villas, dont les propriétaires ont figuré parmi les plus illustres de l’histoire enghiennoise, représentent de parfaits archétypes des constructions néo-gothiques du XIXe siècle, par leurs ornementations et leurs matériaux. Elles ont été construites par l’architecte Pasquier en en appareillage de pierres et briques, avec une richesse ornementale peu commune.

Orné d’une façade principale côté lac très chargée de décors, le château Léon est doté de gâbles en accolades, de garde-corps à mouchettes gothiques, de gargouilles et culots de lampe à évocation animale, qui, comme les croisées à meneaux et les croisillons en pierre, caractérisent cette tendance à une ornementation jusque-là réservée aux monuments religieux. Le château Écossais, autre propriété de Jules Robin, a été longtemps séparé de ses voisins par le bras du lac dit « de la Queue de Poêle ». Ces étonnants châteaux constituent des lieux de réceptions pour leurs illustres propriétaires.

Parmi ce trio de majestueuses propriétés, le château Écossais, qu’Émile de Labédolière17 décrit comme « exporté de l’humide Écosse ou de la brumeuse Angleterre », apparaît très représentatif du style néo-féodal.

Bardé de tourelles à meurtrières, de créneaux, et de croisées à structure en pierre, il comprend quelques détails architecturaux tels que les garde-corps à mouchettes ou les gâbles en accolades déjà présents dans le château d’Enghien et le château Léon, illustrant ainsi la volonté d’évocation d’un ou plusieurs styles architecturaux plutôt que la reproduction fidèle d’un type de construction18.


L’église Saint-Joseph

À l’origine, se trouve une petite chapelle, placée sous le vocable de Sainte-Apolline, construite vers 1840, puis donnée à la ville par la marquise Liborel de Malleville, en mars 1852, avec le terrain qui l’entoure pour la remplacer par une église permettant d’accueillir le nombre des fidèles toujours grandissant, devant l’accroissement de la population. Le terrain s’avère trop exigu. La marquise loue, dans le même temps à la commune, une maison proche pour servir de presbytère. Ce qui permet au maire d’obtenir de l’évêque de Versailles la nomination d’un premier curé d’Enghien, l’abbé Mercier, alors vicaire à Montmorency. En 1856, la chapelle menace ruine. Le préfet la fait fermer au culte.

Il est décidé de construire une église sur l’emplacement actuel. Les plans sont confiés aux architectes Delaporte et Guérinot. Le coût du vaisseau est estimé à près de 75 000 francs, celui des cloches à 23 000 francs. Il faut rassembler les fonds.

Le 19 juin 1857, la veuve de Joseph Moreno de Mora, commissaire ordinateur dans les armées de Sa Majesté catholique, ses enfants, Pasquale, Joséphine et Jean-Emmanuel Moreno de Mora, attaché à l’ambassade d’Espagne à Paris consentent un legs de 50 000 francs, « à l’effet de subvenir à la dépense de la construction du vaisseau, dans un délai aussi bref que possible…manifestant le vœu que l’église soit placée sous le vocable de Saint-Joseph, patron de feu Moreno de Mora ». Cette opulente famille s’est installée dans l’un des châteaux de Montmorency (construit par Nicolas Goix en 1789, avec un parc de 13 ha) qui deviendra, en 1905, l’Hôtel de Ville19. Les Moreno de Mora se fâchent avec le curé de leur paroisse, le dynamique abbé Thuillier, qui laissera le souvenir d’un caractère difficile. Ils changent donc de paroisse.

Pour compléter l’apport des Mora, un généreux anonyme apporte 30 000 francs, suivis d’une souscription publique de 11 875 francs. Pour le reste la commune sollicite une subvention de l’Etat et vote une imposition exceptionnelle.

Le vaisseau de l’église n’est pas achevé avant 1860. Le premier bas-côté ne vient qu’au début du mandat de Frédéric Reiset. Le second, sous celui de son successeur, Dehaynin (1865-1870). Ce dernier pense d’abord à le financer grâce à une loterie. Finalement, il devient possible de faire appel au conseil de fabrique, mais la fin du paiement ne sera constaté qu’en 187120.


Le temple protestant

Sur la route de Saint-Leu, proche de la limite des trois communes d’Enghien, de Soisy et de Montmorency, est inauguré le 20 mai 1855, le temple protestant21, construit grâce à une souscription des fidèles de ces trois communes, ouverte à l’initiative de Léonie Davillier22. Celle-ci appartient à une vieille famille de Soisy, dont Théodore Davillier a été le maire. Les plans ont été dressés par Calvet, architecte à Paris.

Le culte n’y est d’abord célébré chaque dimanche que du 20 mai au 11 novembre. Paul de Félice en est nommé le pasteur titulaire en 1890. Il se fixe à Enghien le 1er juillet 1892. La vie autonome de la paroisse commence. En décembre 1932, le pasteur Arnoux peut ouvrir, en annexe, la salle Sarrazin grâce à un don de mademoiselle Sarrazin aidée par d’autres souscripteurs. Le temple rénové sera inauguré en décembre 193623.


La synagogue

La réalisation de la synagogue, au 47 de la rue de Malleville, est plus tardive. Ce n’est qu’en 1889 que se réunissent sept personnes pour souscrire aux 47 000 francs nécessaires à cette édification. Citons en particulier, M. J. Lajeunesse, président du groupe, M. Perquel, de Montmorency, M. M. Lambert, Léon et Hayem, ancien maire de Saint-Gratien. L’inauguration est présidée par le Grand Rabbin de France, Zadoc Kahn. Avant cette construction, M. Waishoff, ministre du culte, a officié à l’hôtel de la Paix (ancienne maison de Péligot) au 50 Grande Rue. En 1905 lui succédera monsieur Tchernaiakowski24.


L’hippodrome d’Enghien / Soisy

L’hippodrome du champ de courses d’Enghien, en réalité implanté aux 9/10èmes sur Soisy-sous-Montmorency, et au 1/10ème sur Eaubonne, est inauguré en 1879. Cet hippodrome est situé à l’orée des anciens bois de Soisy et d’Eaubonne, dits du Bois-Jacques, dans une zone marécageuse à l’origine. Mais l’arrivée du chemin de fer en 1846 et l’ouverture de la station « Champ de courses » en font vite un terrain hippique très fréquenté, aux portes de Paris. Il appartient à la Société sportive d’encouragement en 1886 et fait maintenant partie du groupe Le Cheval Français.

Les installations sont très étudiées : comme hippodrome d’obstacles, ses parcours très coulants sont bien moins sévères que ceux d’Auteuil et favorisent la vitesse. Comme hippodrome de trot, il peut, depuis 1957, s’enorgueillir d’avoir une piste ultramoderne ovale de 1 300 m de développement, 22 m de large, et aux virages relevés à 10 %. La structure de cette piste, drainée par un dispositif en nervures, la maintient, quel que soit le temps, en parfait état. La surface au contact des sabots des chevaux est en gravillons de pouzzolane recouverts de sable de quartz et favorise la vitesse des trotteurs25.


LES ACTIVITES INDUSTRIELLES


L’usine à gaz de la Compagnie du gaz Seguin

Une demande d’installation d’une usine à gaz de la Compagnie du gaz Seguin au lieu-dit « la ruelle Verte, près de la Croix-Blanche » (rue d’Enghien n° 5 : Chemin Vert – il est également dénommé chemin de la Croix-Blanche à Ormesson26) pour l’éclairage du parc d’Enghien, lieu-dit « les Petites-Îles ou jardin de Windsor » est adressée au préfet par Mr Seguin, le 19 mai 1846, elle comprend les plans de l’installation projetée, en couleurs, avec générateur de gaz et gazomètre, et un plan de situation réalisé par l’architecte montmorencéen Alphonse Ponsin, père de Julien Ponsin27 (à l’échelle de 5 mm / m), visé le 9 juin 184628.


La distillerie Garnier

Paul Garnier, né à Noyon (Oise) en 1832, apprend la fabrication des liqueurs chez un distillateur parisien. En 1859, il crée une fabrique de liqueur à Noyon axée tout de suite sur l’exportation, particulièrement en Russie et en Grande-Bretagne. En 1872, il dépose la marque Abricotine et achète la marque Liqueur d’Or. Il transfère son établissement à Enghien-les-Bains, où s’arrêtaient déjà à l’époque de nombreux acheteurs étrangers. Paul Garnier décède en 1886, à l’âge de cinquante-quatre ans. Son dernier acte commercial est la signature, en décembre 1885, d’un contrat confiant à Julius Wile Sons and Co à New York l’exclusivité de vente aux États-Unis des produits Garnier. André Garnier, son fils né en 1863, n’a que vingt-trois ans. Actif et entreprenant, il continue dans la même voie et développe ses ventes aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en Amérique du Sud et dans de nombreux pays étrangers, ainsi qu’en France où il organise la vente dans les départements du nord de la Loire. Il décède en 1908, à quarante-cinq ans.

Madame André Garnier, sa veuve, n’a alors que trente-six ans et doit élever quatre jeunes enfants. Néanmoins, elle prend seule la direction de la maison. La guerre de 1914-1918 est un rude choc pour l’entreprise qui perd, avec la Révolution russe, son plus important client et toutes ses créances sur ce pays. La prohibition décrétée aux États-Unis en 1918 ferme momentanément son second marché. En 1919, le mariage d’une de ses trois filles lui procure, en la personne de son gendre, un collaborateur précieux, monsieur Armand Belhomme. L’équilibre de la maison, ébranlé par la Première Guerre mondiale, se rétablit.

Paul Garnier, né en 1904, fils unique d’André Garnier, ingénieur de l’École nationale des industries agricoles, entre dans la maison en octobre 1925. En 1929, la S.A.R.L. Distillerie P. Garnier est créée. En août 1939, Armand Belhomme et Paul Garnier étant mobilisés, Madame André Garnier reprend seule la direction des affaires. Son fils retrouve son poste en septembre 1940 et son gendre à sa libération de captivité en 1941. En 1945, Paul Garnier signe un contrat de longue durée avec la société Julius Wile Sons and Co de New York, pour la fabrication sur place de la gamme des liqueurs Garnier. Voyageur infatigable, il développe la vente des liqueurs Garnier sur les cinq continents tout en organisant le réseau de distribution en France. En plus de la gamme traditionnelle de liqueurs, il commercialise ses produits dans des flaconnages très originaux.

En octobre 1956, la S.A.R.L. est transformée en Société Anonyme. Paul Garnier est nommé président et Armand Belhomme directeur général. Trois neveux, Jean Belhomme, Bernard Van Vlamertynghe, Michel Garnier, assurent la direction technique et commerciale.

En 1969, Michel Garnier est nommé directeur général, en remplacement d’Armand Belhomme qui prend sa retraite. Il s’occupe particulièrement des marchés étrangers. Cette même année il signe un contrat pour l’élaboration des liqueurs Garnier au Mexique. Il dépose la marque Flamborange, nouveau produit pour flamber et aromatiser les mets.

En janvier 1974, la Société Bénédictine, dont Paul Garnier est administrateur depuis 1970, prend une participation majoritaire dans le capital de Garnier Liqueurs S.A. En avril 1974, Paul Garnier décède à la suite d’un accident. Il est remplacé à la présidence de la société par monsieur Michel Le Grand, administrateur, directeur général des sociétés Bénédictine et Get. Michel Garnier est confirmé dans ses fonctions de directeur général. Bernard Van Vlamertynghe assure la direction commerciale et Jean Belhomme la direction technique.

Début 1975, les services techniques, commerciaux et administratifs sont transférés d’Enghien à Fécamp. La gamme Garnier comprenait des marques et des parfums : Abricotine, Flamborange, Liqueur d’Or, Anisette, Banane, Cacao, Cherry Brandy, Génépi, Marasquin, Noisette, Prunelle, Triple Sec29.


La distillerie Mair Uziel

Un projet d’installation d’une distillerie au 60 bis rue du Départ à Enghien (S.et O.) est adressé au préfet par Mr Joseph Mair Uziel, demeurant 49 rue Félix Faure à Enghien-les-Bains, le 8 octobre 1930, il concerne alcools et eaux-de-vie, production journalière n’exédant pas 500 litres d’alcool absolu (3e classe)30.


Les Établissements Alphonse Boquet

Au 4 rue de la Barre, dans un vaste atelier construit au début du siècle précédent, pour la création de décors destinés au théâtre du Casino, monsieur Alphonse Boquet, bien connu à l’époque à Enghien, a créé en 1932, une imprimerie qui s’est rapidement spécialisée dans la fabrication des nappes et serviettes en papier. Après la disparition prématurée de monsieur Alphonse Boquet en 1950, l’affaire a été gérée par ses filles et elle a activement fonctionné jusqu’en 198631.


Les Établissements Gachot

Depuis 1945, les Établissements Gachot installés à Enghien jusqu’en 1973 sont spécialisés dans la fabrication de robinetterie inoxydable et produits dérivés, transformation et vente de produits en polytétrafluoréthylène (gaflon). Voici quelques étapes marquantes des activités de cette société fondée en 1945 par Jean Gachot :

1945 : fabrication artisanale d’appareils chaudronnés en acier inoxydable.

1947 (avril) : création de la S.A.R.L. Appareils Gachot.

1948-1950 : robinetterie industrielle en acier inoxydable (vannes à passage direct et gamme dérivée). Négoce de tube, tôle, boulonnerie en acier inoxydable. Transformation et vente de produits en polytétrafluoréthylène (gaflon).

1962 : mise en place du premier ordinateur (IBM 1401).

1963 : transformation de matières plastiques (résines synthétiques). Création d’une robinetterie à haute résistance à la corrosion.

1964 : changement de la raison sociale en Gachot S.A. Travail à façon en informatique.

1966 : médaille d’or de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale. 1er grand prix de l’Oscar de l’exportation (biens d’équipement). Cession des activités de négoce (tube et boulonnerie) dont l’exploitation à petite échelle cesse d’être rentable.

1969-1970 : étude d’une nouvelle gamme d’articles de robinetterie (les vannes papillon). Étude d’automatismes pneumatiques et création du département Logique pneumatique. Lancement sur le marché américain de produits de robinetterie français.

1972 : construction du nouveau siège social à Soisy-sous-Montmorency. Début de la commercialisation du langage Ulysse en France et aux États-Unis.

Actuellement c’est la société américaine Tyco qui occupe les locaux à Soisy-sous-Montmorency 26 bis avenue de Paris32.


ILS ONT HABITÉ ENGHIEN


Émile de Girardin, pionnier de la presse moderne et parlementaire

Émile de Girardin, publiciste et homme politique (Paris 1806 – id. 1881). Après avoir occupé divers emplois, il lance de 1829 à 1835, une série de publications à succès, comme la Mode, le Journal des connaissances utiles et le Panthéon littéraire. En 1836, il crée la Presse, premier journal politique accessible au grand public par la modicité de son prix. Cette innovation est permise par l’utilisation des annonces et de la publicité, qui rend l’opération rentable. Cette initiative lui vaut de vives attaques et cause indirectement le duel célèbre au cours duquel il tue Armand Carel (1836). Député de Bourges à partir de 1834, il est envoyé par le Bas-Rhin à l’Assemblée législative (1849). Expulsé après le 2 décembre 1851, il rentre en France quelques mois après et reprend la direction de la Presse, puis achète la Liberté (1866), journal avec lequel il soutient l’Empire libéral. Après le 4 septembre 1870, ayant transporté son journal en province, il y lance de vives attaques contre le gouvernement de la Défense nationale. En 1872, dans le Moniteur universel et le Petit Journal, il soutient énergiquement la politique de Thiers, avec lequel il est lié depuis longtemps. En 1877, en revanche, il combat ouvertement la politique de Mac-Mahon et de Broglie dans la France. Élu député de Paris cette même année, il le restera jusqu’à sa mort. Il a épousé, en 1831, Delphine Gay (cf. ci-après). De son œuvre littéraire fort abondante, où le théâtre voisine avec la politique, on ne cite plus guère qu’une autobiographie habile, Émile (1827), mais il reste que Girardin a été le précurseur des grands maîtres de la presse contemporaine.

Émile de Girardin, déjà lié à Paris avec la princesse Mathilde, devient donc son proche voisin à Saint-Gratien : il a brutalement quitté son élégant hôtel des Champs-Élysées sous le coup de la mort de son épouse, la talentueuse Delphine Gay.

Il habite à Enghien-les-Bains, au château d’Enghien, sa résidence de campagne, ainsi qu’au château Léon où il donne des fêtes et des réceptions. Il possède également, nous l’avons vu, le château Écossais qu’il n’occupe jamais et qu’il loue dès son achat en 1860. Il est conseiller municipal, de 1865 à 1870, mais ne trouve jamais le temps d’y venir siéger…33.

Observons en passant qu’Émile de Girardin est le fils du marquis de Girardin, auprès duquel Jean-Jacques Rousseau a trouvé son dernier refuge à Ermenonville34.




Delphine Gay

Delphine Gay, femme de lettres (Aix-la-Chapelle 1804 – Paris 1855), épouse d’Émile de Girardin, est la fille de Sophie Gay. Son inspiration poétique s’éveille très tôt, et elle traduit en vers très purs des sentiments nobles et chevaleresques : les Sœurs de sainte Camille, Madeleine, Ourika35, le Bonheur d’être belle, la Vision de Jeanne d’Arc. À l’Abbaye-au-Bois36, son talent s’épanouit dans l’entourage de Mme Récamier. Elle collabore à la Revue française, et ses nouveaux poèmes élégiaques, le Retour, Palerme, le Dernier Jour de Pompéi, Napoline (1833), achèvent de lui acquérir l’admiration de tous les jeunes poètes. Après son mariage avec Émile de Girardin (1831), un nouvel aspect de son talent va se révéler, et son esprit d’observation fera merveille dans ses Lettres parisiennes, chroniques brillantes du Paris de Louis-Philippe, qu’elle publiera dans la Presse, de 1836 à 1848, sous le pseudonyme de Vicomte de Launay. En outre elle écrit plusieurs romans : le Lorgnon (1831), le Marquis de Pontanges (1835), ainsi qu’une ravissante fantaisie : la Canne de M. de Balzac (1836). On lui doit également quelques œuvres dramatiques : l’École des journalistes (1840), Judith (1843), Cléopâtre (1847), et surtout La joie fait peur (1854).



Jean Cartier de Villemessant, journaliste

Jean Hippolyte Cartier de Villemessant, (Rouen, 1812 - Monte-Carlo, 1879), après quelques journaux éphémères, fonde en 1854 le Figaro hebdomadaire, qui obtient tout de suite un succès retentissant et qui devient quotidien en 1866. Il en reste le directeur jusqu’en 1875, et groupe autour de lui les plus brillants chroniqueurs de l’époque. Il s’installe à Enghien-les-Bains, dont il sera longtemps conseiller municipal37.


Louis François Nicolaïe, dit Clairville, auteur dramatique

Louis François Nicolaïe, dit Clairville, (Lyon, 1811 - Paris, 1879) débute, dès 1821, comme acteur au Luxembourg, dont son père est directeur. À partir de 1837, il devient exclusivement auteur dramatique. Doué d’une extraordinaire fécondité, plein de verve, il écrit, soit seul, soit avec de nombreux collaborateurs, plus de six cents pièces (vaudevilles, comédies, féeries), dont la Fille de Mme Angot (2873) et les Cloches de Corneville (1877). Clairville, qui est membre et président du Caveau, a laissé un volume de Chansons et Poésies (1853). Il s’installe à Enghien-les-Bains, dont il sera lui aussi longtemps conseiller municipal38.


Jean-Jacques Pradier, dit James, sculpteur

Jean-Jacques Pradier, dit James, (Genève, 1792 - Bougival, 1852). Prix de Rome (1813), professeur à l’École nationale supérieur des beaux arts (1827), il garde la faveur des Bourbons et de Louis-Philippe, reçoit de nombreuses commandes, notamment douze Victoires pour le tombeau de Napoléon Ier. Parmi ses autres monuments, on retient : les statues de Lille et de Strasbourg, place de la Concorde ; les deux statues de la fontaine Molière, le tombeau du comte de Beaujolais, les Renommées de l’Arc de triomphe de l’Étoile. Son originalité s’affirme surtout dans l’expression de la beauté féminine : la Toilette d’Atalante (1850, au Louvre), Phryné, les Trois Grâces, pour lesquelles pose Juliette Drouet, statuettes familières, attachantes par leur charme romantique ; Louise Colet, allongée dans sa robe à crinoline, la Repasseuse, la Chemise enlevée. Il est nommé à l’Académie des beaux arts, en 1827, à l’âge de trente-cinq ans.

Il vient, à maintes reprises se retremper dans le calme du site d’Enghien. Il a habité plusieurs maisons, jamais les mêmes, au bord de l’étang. On lui doit en outre le Connétable de Montmorency à Versailles, et le Jean-Jacques Rousseau dans l’île de Genève39.

Théodore Chassériau

Théodore Chassériau, peintre, (Sainte-Barbe-de-Samana, Saint-Domingue, 1819 – Paris 1856). Sa famille est originaire de l’Aunis. À douze ans, il est élève d’Ingres, à Paris.Àquatorze, il se lie d’amitié avec Gérard de Nerval et Théophile Gautier. Il débute au salon de 1836. En 1839, il est à Rome et voyage en Algérie en 1846. La première partie de son œuvre, jusqu’en 1845, porte la marque des enseignements de son maître. La seconde allie la grandeur à la grâce, le classicisme du dessin et de la composition à la richesse du coloris romantique. Théophile Gautier y voit ou verra la « sauvagerie indienne » s’y mêler « au plus pur goût grec ». Dès ses premiers tableaux, Théodore Chassériau crée un type féminin tout ensemble idéal et sensuel, qui lui appartient en propre. Ses œuvres conservées au musée du Louvre offrent une vue d’ensemble sur les origines et l’évolution de son style. C’est le portrait d’Adèle Chassériau, sa sœur (1836), que Degas considère ou considérera comme le plus beau du XIXe siècle ; Vénus marine (1838), Suzanne au bain (1839) ; le Christ au jardin des Oliviers, esquisse de son tableau pour l’église de Saint-Jean-d’Angély (1839), le Portrait de Lacordaire (Rome, 1840), les Deux Sœurs (1843) ; la Paix, Le commerce rapproche les peuples, Océanide, les Vendangeurs, le Silence (fragments des vastes peintures qu’il exécuta, de 1844 à 1848, pour la décoration du palais de la Cour des comptes, détruit par l’incendie en 1871) ; Caïd visitant un douar (1849), le Tepidarium (1853), Macbeth (1855).

Le cabinet des Dessins du Louvre conserve plusieurs centaines de ses dessins. Il est également représenté aux musées de Budapest, d’Alger, à Carnavalet, au Petit Palais, à Malmaison, aux musées d’Orléans, Bagnères, La Rochelle, Nantes, Poitiers, Quimper, Versailles, au musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris et au musée Gustave-Moreau ; sa Baigneuse endormie (1850), conservée au musée Calvet, d’Avignon, a été peinte d’après Alice Ozy (à Enghien, voir ci-dessous). Il a peint également des eaux fortes pour l’illustration d’Othello (1844). Ses peintures décoratives pour la Cour des comptes, les églises parisiennes de Saint-Roch et de Saint-Merri ont influencé fortement Gustave Moreau et surtout Puvis de Chavannes. Théodore Chassériau est considéré comme un des initiateurs de l’art moderne40.


Alice Ozy, actrice

Sur la rive opposée à celle de Saint-Gratien où demeure la princesse Mathilde41, parmi les riverains du lac des années 1860, voici Alice Ozy, actrice du théâtre des Variétés, plus célèbre pour sa beauté et son esprit que pour son talent. Elle s’installe chaque été, de 1855 jusqu’à sa mort en 1893, dans un vaste chalet normand, 43 avenue de Ceinture. Il abrita longtemps une pension de famille « Le Castel fleuri ». Cette villa tout entourée de lierre et de plantes grimpantes, disent les chroniqueurs, était séparée du lac par une vaste pièce d’eau. Alice Ozy se retire de la scène à trente-cinq ans en pleine vogue. Ses liaisons de jeunesse sont nombreuses avec diverses célébrités de son époque : d’abord celle du théâtre naturellement. Puis vint le duc d’Aumale à son retour d’Algérie, qui commandait alors un régiment à Courbevoie, puis un banquier, puis le poète Théophile Gauthier et le peintre Théodore Chassériau (voir ci-dessus) à qui nous devons son portrait42. Le tableau du peintre, la Baigneuse endormie d’après Alice Ozy, de son vrai nom Julie-Justine Pilloy, appelle l’anectode suivante : la liaison du peintre et de son modèle s’acheva au bout de deux ans par une brouille à propos d’un tableau, une admirable copie d’un portrait du Greco43.


Louis-Gabriel-Eugène Isabey, peintre et lithographe

Eugène Isabey (Paris 1804 – Lagny, Seine-et-Marne, 1886), fils de Jean-Baptiste Isabey, miniaturiste (Nancy 1767 – Paris 1855), est l’auteur de nombreux paysages, et principalement de marines (Normandie, Picardie), dans un style voisin de celui de Bonington, ainsi que de tableaux de genre. Ses lithographies annoncent l’impressionnisme. Il est représenté au Louvre, ainsi que dans de nombreuses collections publiques de France et de l’étranger.

À partir de 1825, voici le jeune Eugène Isabey, vingt-sept ans, fils du célèbre peintre miniaturiste Jean-Baptiste, familier de la vallée. Il peint une face de la célèbre enseigne de l’auberge du Cheval Blanc à Montmorency. L’autre face est due à Gérard.

Pressé d’avoir sa maison au bord du lac, Isabey se fait construire au 26 boulevard du Lac, un pavillon rustique bâti sur quatre gros peupliers coupés à hauteur d’homme pour servir de piliers. Il donnera lieu ultérieurement à une construction plus classique.

Isabey, connu pour ses marines, se fait remarquer en naviguant sur le lac pendant douze ans, sur une barque à quatre voiles, ce qui vaut à ce gros homme de courte taille le surnom d’ « amiral du lac »44.

Émile-Jean-Horace, dit Horace Vernet, peintre

Horace Vernet (Paris 1789 – id. 1863) est fils de Carle, peintre (Bordeaux 1758 – Paris 1836) et petit-fils de Joseph, peintre (Avignon 1714 – Paris 1789). De 1807 à 1814, il peint des marines, des chevaux, des scènes militaires. Bonapartiste, il se voit refuser, au Salon de 1822, la Mort de Poniatowski, les Batailles de Jemmapes, de Valmy et de Montmirail, le Grenadier de Waterloo, le Cheval du trompette, le Soldat laboureur, qu’il exposa dans son atelier avec succès. En 1825, il reçoit cependant la commande d’un portrait de Charles X et d’un plafond pour le Louvre (Jules II ordonnant les travaux du Vatican). Directeur de l’Académie de France à Rome (1829), il peint des scènes pittoresques (Brigands et Carabiniers, Chasse dans les marais Pontins). Après 1830, il revient à ses batailles de Napoléon Ier (Iéna, Wagram, Friedland [Versailles]). Un voyage en Algérie (1835) lui vaut la commande, pour la galerie des Batailles, d’immenses peintures sur le siège de Constantine. Horace Vernet se rend alors en Russie, où il exécute des portraits de l’Empereur, la Prise de Varsovie, la Prise de Wola, etc. De retour en France, il peint la Prise de la Smala (1845), la Bataille de Lisly (1846), Prise de Rome par les Français (1851), Portrait équestre de Napoléon III, Épisode de la guerre de Crimée, vastes peintures conservées, pour la plupart, au musée de Versailles. Le Louvre conserve de lui : Barrière de Clichy, souvenir de la défense de Paris en 1814, Raphaël et Michel-Ange, Judith et Holopherne. Il est nommé à l’Académie des beaux arts, en 182645.

Parmi les visiteurs aux eaux d’Enghien, se remarque Horace Vernet, venu chercher, avec sa fille, la tranquillité pour peindre dans l’orangerie du thermal, sa célèbre toile, Mazeppa aux loups inspirée d’un poème de Lord Byron. À Enghien, sa fille, plutôt laide, va rencontrer son mari, le peintre Delaroche, auteur de L’Assassinat du duc de Guise. Elle embellira46.


Mistinguett, actrice aux talents multiples

Jeanne-Florentine Bourgeois, (Enghien-les-Bains 1875 - Bougival 1956), dont le pseudonyme est Mistinguett, vedette de music-hall, de théâtre et de cinéma, est auréolée d’une célébrité qui perdure plus d’un demi-siècle après sa disparition. Elle naît à Enghien-les-Bains, le 3 avril 1875, au 5 rue du Chemin-de-Fer (actuelle rue Gaston Israël). Ses parents, un tapissier d’origine belge et une blanchisseuse lilloise déménagent à Soisy-sous-Montmorency, au 2 rue de la Pointe-Raquet, où elle passe son enfance47. La célèbre actrice de music-hall débute sa carrière de chanteuse professionnelle en 1885, après avoir pris des cours de chant dès son plus jeune âge. Elle se produit dans divers cabarets, au Trianon-Concert, au Moulin-Rouge et au Casino de Paris, au théâtre et au cinéma puis, à partir de 1911 aux Folies-Bergère avec pour partenaire Maurice Chevalier. Débute alors une longue histoire d’amour qui les unira pendant dix ans et dont témoigne la chanson Mon homme, énorme succès populaire qui fait d’elle une gloire nationale. Abandonnant pour un temps la revue, elle crée au Gymnase le rôle de Vivette dans l’Âne de Buridan (1909), au Palais Royal Tais-toi mon cœur (1910), aux Variétés les Midinettes, et reprend le rôle de Pauline dans la Vie parisienne (1911). En 1921, elle joue Madame Sans-Gêne au théâtre de la Porte-Saint-Martin. Au cinéma, elle tourne un certain nombre de films : Fleur de pavé (1910), les Misérables (1913), Mistinguett détective (1917), la Glu (1926), Rigolboche (1936), etc. Parmi d’innombrables chansons à succès qu’elle a marquées de sa personnalité, il faut citer Mon homme (1920), J’en ai marre (1921), En douce (1922), la Java (1922)48. À partir des années 1920, elle est une inoubliable meneuse de revues, une référence aujourd’hui encore pour tous les artistes de cabaret. Mistinguett décède à Bougival, en 1956, mais elle est inhumée dans la sépulture familiale au cimetière d’Enghien-les-Bains.



Personnages divers

Outre les personnalités citées ci-dessus, il faut encore noter la présence à Enghien-les-Bains des personnalités suivantes : Jean Benjamin de Laborde (1734-1794), compositeur, receveur général des finances et chambellan de Louis XV ; François Joseph Talma (1763-1826), tragédien49 ; Mathieu de Montmorency (1766-1826), homme politique ; Germaine de Staël (1766-1817), femme de lettres ; Benjamin Constant (1767-1830), homme de lettres ; Jean Baptiste Péligot (1777-1837), administrateur des hôpitaux de Paris, rénovateur de la station thermale50 ; Anne Françoise Boutet, dite « Mlle Mars » (1779-1847), comédienne de renom ; Jean Auguste Dominique Ingres (1780-1867), artiste peintre ; Alexandre Dumas père (1802-1870), écrivain ; Aurore Dupin, dite « George Sand » (1804-1876), femme de lettres ; Louis Blanc (1811-1882), historien et homme politique ; Guiseppe Verdi (1813-1901), compositeur ; Frédéric de Reiset (1815-1891), conservateur des musées nationaux et célèbre collectionneur ; Karl Marx (1818-1883), homme politique, philosophe et économiste allemand, qui, habitant Argenteuil, séjourna ici ; Tristan Bernard (1866-1947), homme de lettres ; Louis Blériot (1872-1936), aviateur51 ; Moulay Abd Al Hafid (1873-1937), ex-sultan du Maroc52 ; Maurice Utrillo (1883-1955), artiste peintre53, etc.

Cette liste, non exhaustive, de personnalités, de renommée nationale ou internationale, disparues ont résidé à Enghien-les-Bains (ou sur le territoire de la future commune d’Enghien avant 1850) est encore à compléter. Hormis le tragédien François Joseph Talma, tous les autres ont été propriétaires, locataires ou hébergés chez des tiers pendant une période suffisante, de sorte qu’on puisse dire d’eux qu’ils ont bien « résidé » à Enghien.


ANNEXE


ENGHIEN, LE BERCEAU DU HAINAUT

Le berceau du nom, Enghien, en flamand Edingen, est une ville de Belgique, située dans le Hainaut, arrondissement de Soignies. Elle est localisée à la frontière linguistique, au sud-ouest de Bruxelles.

Sur le plan historique, ce fief de la famille d’Enghien, passé par mariage dans la maison de Bourbon-Vendôme, le comté d’Enghien est transféré à Nogent-le-Rotrou, Issoudun et Montmorency, que le roi érige successivement en duchés sous le nom d’Enghien.

Jusqu’au règne de Louis XIV, le fils aîné du prince de Condé porte le titre de duc d’Enghien. Après cette époque, le fils aîné du prince s’intitule duc de Bourbon et le fils aîné de celui-ci duc d’Enghien.


Les seigneurs successifs d’Enghien en Hainaut

Laissons Daniel Soumillon54, qui a réalisé, en 1993, un mémoire à l’Université Libre de Bruxelles, sur Louis de Luxembourg (1418-1475), nous conter l’histoire de ce berceau belge et des possesseurs successifs de ce fief puis comté du Hainaut, les d’Enghien, les Luxembourg, les Bourbons et les d’Arenberg, qui fut ensuite transféré à Montmorency55. De l’étude historique locale d’un fief et d’une famille du Hainaut, on accède ainsi à toute l’histoire européenne.


La famille d’Enghien

« La plus certaine cognoissance que l’on at des seigneurs d’Enghien n’est si tres anticq au regard de la ville qui monstre en apparence estre tres ancienne ioinct que le premier seigneur qu’ils nomment fondateur du chasteau, vivant passez environ cinq cens ans […] ».

Ce beau manuscrit illustré, du XVIIe siècle, est rédigé à l’intention de Marie d’Enghien de Kestergat († 1658) qui avait épousé Philippe-René d’Yve, seigneur de Warelles et gouverneur d’Ath.

On trouve les premières traces d’Enghien en Hainaut au [bas] Moyen Âge, autour de l’an mil. Ce sont celles d’une grande famille, alors seigneurs du lieu, les d’Enghien qui, d’Englebert à Marguerite, de la fin du XIe siècle à la fin du XIVe siècle ont régné sur la seigneurie d’Enghien et nombre d’autres lieux (1090-1390). Qui étaient ces grands personnages ?

Il ne s’agit pas de simples « milites », appartenant à la classe des guerriers ou chevaliers. Les d’Enghien ne sont pas non plus qualifiés de « ministeriales », indiquant par là qu’ils auraient atteint les couches du pouvoir en exerçant divers offices près des cours ou administrations princières. Non, les seigneurs d’Enghien apparaissent dans les actes diplomatiques, les chartes et autres sources du [bas] Moyen Âge, comme « nobiles », c’est-à-dire descendants ou liés à la noblesse de sang, comtale ou princière.

Nous ne pouvons accréditer la thèse des historiens du siècle passé qui, avec beaucoup de complaisance, voyaient les ancêtres des d’Enghien à la cour de Charlemagne.

Jusqu’à preuve du contraire, les premiers seigneurs d’Enghien ne remontent pas à l’époque carolingienne. Certes, à la fin du XIe siècle, ils résident en ces lieux. Ils guerroient, construisent un donjon puis un château. Mais d’où vient cet Englebert d’Enghien qui en 1092, à Soignies, appose sa signature sur un important contrat de l’évêque de Cambrai ?

L’état des recherches historiques ne permet pas aujourd’hui de répondre à cette question ni de déterminer l’origine du blason gironné56. Laissons aux héraldistes le soin de décider (ou de proposer) si ce dernier est hennuyer57 ou au contraire lié à celui des comtes de Flandres.

Le premier d’Enghien réside en terre d’Empire. C’est l’époque où sur l’échiquier européen seules deux grandes puissances, le Vatican et le Saint-Empire romain germanique, se disputent l’imperium mundi, c'est-à-dire le pouvoir sur le monde58. Une nation va changer les données de ce problème. Un certain Hugues Capet est élu par ses pairs à la tête d’un ensemble de principautés que l’on appellera France.

Autour de l’an mil, l’échiquier géopolitique européen ne comporte pas de Belgique, fort peu de France, mais les d’Enghien sont présents, soumis au pouvoir temporel d’un empereur d’Allemagne et au pouvoir spirituel du pape de Rome. Ils relèvent, plus localement de l’autorité du comte de Hainaut, du duc de Brabant et de celle de l’évêque de Cambrai, dont les limites diocésaines, au XIe siècle, n’ont pas changé de puis l’antiquité. C’est dans le cadre de cette soumission à l’église de Rome et à son évêque que l’on voit les seigneurs d’Enghien participer à la croisade contre l’infidèle, ou à celle contre le catharisme59.

Le 21 mars 1364, Siger II d’Enghien est décapité sur l’ordre du duc Aubert de Bavière, régent du comté de Hainaut60. Siger est lieutenant ducal, à savoir mandataire habilité à décider dans la principauté de Hainaut par instructions à toute la noblesse du comté. On voit encore Siger d’Enghien assurer des échanges avec un personnage considérable de l’époque, ancêtre des seigneurs d’Arenberg, Engelbert de la Marck, prince-évêque de Liège61.

Comment expliquer alors, que Siger d’Enghien, homme de confiance du pouvoir, tête de file de la noblesse hennuyère soit attiré dans un minable guet-apens, jugé sommairement et conduit à l’échafaud sur ordre de celui qui lui reconnaissait tant de mérite ?

Il n’est pas suffisant de dire que Siger vit avec beaucoup de magnificence et, de ce fait, heurte la susceptibilité du prince. En fait, le seigneur d’Enghien joue un rôle clé dans le litige qui oppose à l’époque les comtés de Flandre et de Hainaut à propos des territoires frontaliers autour de Lessines-Flobecq qui, depuis ce temps, portent le nom de « terres de débat ». Durant près de dix ans, des arbitres et commissions divers n’ont pu venir à bout du problème et Siger, puissant seigneur frontalier, choisit de porter les troupes d’Enghien aux côtés de l’armée flamande. Si l’on ajoute l’absence de diplomatie d’Aubert de Bavière, c’en est assez pour décider de l’élimination du seigneur d’Enghien.

Décision grave s’il en est, puisque la guerre qui s’ensuit met aux prises trois principautés : d’une part les comtés de Flandre et duché de Brabant, alliés au frère du supplicié et à plusieurs seigneurs hennuyers, et d’autre part le comté de Hainaut où le duc Aubert de Bavière est appuyé de ses seuls vassaux et des milices des villes. La paix n’est pas chose simple puisque, après l’échec de la médiation de l’évêque de Cambrai et du pape, il faut non seulement l’arbitrage du roi de France, Charles V, mais encore quatre années de négociation et de guerre pour mettre fin à la guerre d’Enghien.

Le rappel de ces évènements du XIVe siècle attire l’attention sur le fait que, depuis leur apparition, les d’Enghien connaissent un entourage qui dépasse très largement les limites de la cour féodale du même nom.

Les d’Enghien seront de grands bienfaiteurs des abbayes et autres institutions religieuses. De nombreux actes diplomatiques témoignent de leur soutien aux abbayes de Grimbergen, Ninove, Saint-Denis-en-Broqueroie, Cantimpré, au chapitre de Saint-Waudru (Mons), etc. Cette famille est aussi liée, entre autres, à la création de l’hôtel-Dieu de Saint-Antoine, devenu l’hôpital Saint-Nicolas.

Par contre, leur puissance féodale, tant par leur patrimoine que par leurs liens familiaux avec les plus grandes lignées de l’époque, les amènent à de multiples tentatives d’étendre encore leur pouvoir, en particulier par le biais de l’avouerie62, aux dépens du chapitre noble de Sainte-Gertrude de Nivelles.

Leurs seigneuries, situées dans les actuelles provinces de Hainaut, Flandre et Brabant, sont innombrables et de leurs relations diplomatiques et militaires sont diversifiées avec les principautés voisines, les évêques et le roi de France. De plus, un mariage de 1321 apporte aux d’Enghien le comté de Brienne-le-Château, aujourd’hui dans le département de l’Aube, le comté de Conversan situé aux confins de l’Europe, dans la province de Bari, le titre de duc d’Athènes63.





La famille des Luxembourg

Après quelque trois cents ans de règne, la branche aînée des d’Enghien s’éteint et une autre grande famille vient présider aux destinées des Enghiennois : il s’agit des Luxembourg64. Quatre empereurs d’Allemagne et plusieurs familles royales ont porté ce nom.

Fils de Pierre Ier († 1433), Louis de Luxembourg, comte de Saint-Pol, hérite non seulement du patrimoine des d’Enghien, mais encore des comtés de Ligny et de Roussy, ainsi que de la seigneurie de Beaurevoir. Son premier mariage avec Jeanne de Bar lui apporte les comtés de Marle, de Soissons, les terres de Gravelines, de Warneton…

Lorsqu’il reçoit l’épée de connétable (1465), Saint-Pol devient gouverneur de Champagne et de Brie, ses gages sont de 24 000 livres, ses revenus atteignent 45 000 livres tournois.

Le 5 octobre 1465, le seigneur d’Enghien est nommé capitaine du Louvre. Couronnement de cette ascension vertigineuse, il épouse en secondes noces Marie de Savoie, sœur de la reine de France, dont l’auguste mari gratifie Saint-Pol du comté de Guise et le nomme gouverneur de Normandie.

Sa sœur Jacqueline (ou Jacquette) († 1472) a épousé (1433) en premières noces, John, prince d’Angleterre, duc de Bedford et régent de France (1435). La même Jacqueline se remarie, l’année suivante avec Richard Woodville († 1469), comte de Rivers. Est issue de ce deuxième mariage, Élisabeth, qui deviendra reine d’Angleterre en épousant Édouard IV65.

Nous pourrions compléter le patrimoine de Louis de Luxembourg en détaillant les testaments et les listes de biens confisqués. Contentons nous de signaler que son patrimoine barrait tout l’espace entre la France et la Bourgogne à une époque où les relations politiques entre ces deux États, arbitrées par le roi d’Angleterre, étaient loin d’être pacifiques. C’est dire l’importance stratégique de Louis de Saint-Pol.

Son parcours se termine néanmoins comme celui de Siger d’Enghien. Le 19 décembre 1475, « à l’heure où l’on chante vêpres », dit le chroniqueur, Louis de Luxembourg monte sur l’échafaud. Près de cent mille personnes assistent au supplice, organisé avec faste par le roi de France, devant l’hôtel de ville de … Paris. Louis XI a fait instruire, à la Bastille, contre le seigneur d’Enghien, un procès à ce point dévoué à la cause du roi, que l’acte d’accusation prononcé au début des interrogatoires et l’arrêt de la cour sanctionnant le procès sont identiques !66


La famille des Bourbons

Deux familles - l’une de sang royal appartenant à la dernière génération des Bourbons rois de France, l’autre issue des princes allemands, les d’Arenberg - vont ensuite présider aux destinées d’Enghien.

Au XVIe siècle, les Pays-Bas méridionaux connaissent le destin mouvementé de la Réforme. De plus, Enghien, le comté de Hainaut et les principautés qui l’entourent, après avoir appartenu à la très brillante cour de Bourgogne, deviennent habsbourgeois. Plus tard ils passent sous les dominations successives de l’Espagne, l’Autriche, la France, la Hollande, et ne deviennent belges que 170 ans avant notre époque.

Le 25 octobre 1482 décède, à Enghien, Pierre II de Luxembourg, dernier représentant mâle des seigneurs d’Enghien de cette lignée. Ses deux filles, Marie, l’aînée, et Françoise, vont épouser respectivement François de Bourbon, duc de Vendôme († 1495), et Philippe de Clèves-Ravenstein († 1528). Toutefois, ce n’est qu’après un long passage dans la famille de Clèves (1485-1523) que la seigneurie d’Enghien échoit à Marie de Luxembourg, devenue duchesse douairière de Vendôme. À peine a-t-elle récupéré son patrimoine, au décès de sa sœur, que la seigneurie est mise en engagère67 (1529) pour assurer l’énorme rançon exigée par Charles Quint pour la libération du roi de France, retenu prisonnier à Madrid après sa défaite de Pavie.

Bien avant son décès († 1546), en 1540, Marie de Luxembourg, petite-fille du connétable Louis de Luxembourg, comte de Saint-Pol, décapité à Paris, acquitte les droits seigneuriaux dus pour le transfert de la seigneurie d’Enghien à son petit-fils Antoine de Bourbon. Celui-ci « règne » à Enghien pendant vingt-deux années.

C’est l’époque où la ville vit abandonnée de ses seigneurs, trop préoccupés par leur lointaine Navarre et les guerres de religion qui déchirent la France.

Au décès d’Antoine, au siège de Rouen le 17 novembre 1562, son fils, Henri III de Navarre, hérite de la seigneurie d’Enghien. Henri IV de France, ne viendra jamais à Enghien et se contentera de déplorer le peu de cas que ses baillis et gouverneurs font de sa lointaine seigneurie. Trois ans seulement avant que Ravaillac ne vienne interrompre le parcours d’un des grands rois de France, Henri IV, seigneur d’Enghien, vend son domaine au prince Charles d’Arenberg68.


La famille d’Arenberg

Charles, prince-comte d’Arenberg († 1616), acquiert une terre quasi abandonnée, mais dont il sent déjà la future grandeur. Son épouse, Anne de Croy, est la descendante directe de Louis de Luxembourg que nous venons d’évoquer.

Après de longues négociations pour apurer l’énorme somme demandée par le Français, l’Allemand prend aussitôt les premières mesures de restauration et d’aménagement. Elles s’arrêtent sous le règne de son fils Philippe, retenu injustement prisonnier par le roi d’Espagne. Mais les successeurs reprendront de plus belle la construction du pavillon des Sept Étoiles, les cinq jardins clos devant l’escalier d’honneur du château et la porte des Esclaves. Sous le duc Léopold, les grandes écuries ainsi que les trois pavillons de la cour d’honneur, constituent le magnifique ensemble classique de style Louis XIV qui accueille aujourd’hui le visiteur au parc d’Enghien.

L’histoire d’Enghien est relativement bien connue pour le règne de sa dernière famille seigneuriale. Les d’Arenberg ont connu le régime féodo-vassalique jusqu’à la fin de l’Ancien Régime et c’est le duc aveugle qui, après avoir affronté les grandes réformes de l’empereur Joseph II, subit la période transitoire de la Révolution française et tout ce que cette dernière, au nom de la liberté, apporte de bouleversements dans une société dont les fondements remonte au haut Moyen Âge.

Le rôle des d’Arenberg reste encore important à l’époque impériale française et sous le régime hollandais. Cette grande lignée sera prise en considération quand qu’il faudra choisir en 1831 une famille régnante pour occuper le trône de Belgique69.


Les historiens locaux oublient souvent que « l’histoire d’une famille doit s’écrire avec la grande histoire »70. Nous avons donc tenté de replacer l’histoire seigneuriale d’Enghien au sein de l’histoire médiévale et moderne des Pays-Bas, de la France et de l’Empire. Tant les d’Enghien que les Luxembourg, les Bourbons et finalement les d’Arenberg ont largement participé à leurs époques respectives à l’histoire non seulement des principautés qui les ont vu naître, mais encore à celle des États, alors en voie de formation.

Gérard Ducoeur,

avec les contributions de Jean-Pierre Bousquet et d’Hervé Collet,

janvier 2010.

BIBLIOGRAPHIE


Ouvrages de base

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Gavelle (L.-L.), Monographie de l’instituteur 1900, Enghien-les-Bains, 1899, 22 p., 22 photos, 2 plans.

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Autres références

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1 Gassowski (J.-P.), L’armorial des communes du Val d’Oise, éd. Gaso, Mériel, 1996, s. p.

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3 Collectif, Jardins en Val d’Oise, CGVO, 1993, p. 225.

Cf. notre article : « Parcs et jardins en vallée de Montmorency, Parcs et jardins publics en milieu urbain, Les jardins d’Enghien ».

4 Le Boulch (A.-C.), Enghien-les-Bains, Vestiges du château d’Ormesson, in Poisson (G.), (sous la dir.), Dictionnaire des monuments d’Île-de-France, éd. Hervas, 2001, p. 307.

5 Représentant encore, en 1845, une surface de 150 ha, sur les 7038 ha du bassin-versant du lac d’Enghien (IAURIF).

6 Aubert (J.), Enghien-les-Bains, in La grande histoire du Val d’Oise, éd. Édijac, Pontoise, 1987, p. 231-234.

7 Caron (P.), op.cit., 136 p.

Poisson (G.), (sous la dir.), Dictionnaire des monuments d’Île-de-France, éd. Hervas, 2001, p. 307.

8 L’Yprésien (A. Dumont, 1839, d’Ypres en Belgique) est un étage de l’ère tertiaire. Il s’agit de la nappe des Sables du Soissonnais (du Cuisien-Yprésien), très puissante, localisée sur la rive droite de la Seine. Les eaux souterraines ascendantes sont nombreuses, en raison de l’alternance répétée des assises perméables et imperméables. On les exploite par puits et par forages (R. Soyer, Carte géologique de Paris, BRGM, 1973).

9 Lasserre (A.), Chronologie, in Enghien-les-Bains, La Saga des thermes et des casinos (1766-2005), éd. Valhermeil, 2005, p. 122-124.

10 Neu (J.-P.), Bousquet (J.-P.), Enghien-les-Bains, Coll. « Nos villes en 1900 », vol. 1, Cofimag, Paris, 1983, 145 p.

11 « Un Kursaal, c’est un centre de réunion, c’est un cercle, c’est un théâtre, des salles de jeux, des salles de bal, de concert, c’est une bibliothèque, où, à la mode anglaise et américaine, chacun puisse faire sa correspondance, lire les journaux et causer. La construction d’un Kursaal à Enghien intéresse donc le pays tout entier ». Extrait du projet de M. Batailler de 1866, cité par Geninet (J.), La vie mouvementée du casino d’Enghien-les-Bains, in Sueur (P.), (sous la dir.), op. cit., p. 117-134.

12 Lefeuve (C.), Le tour de la Vallée, Paris, 1856.

13 Geninet (J.), La vie mouvementée du casino d’Enghien-les-Bains, in Sueur (P.), (sous la dir.), op. cit., p. 117-119.

14 Poisson (G.), (sous la dir.), Idem, p. 307.

15 Lasserre (A.), op. cit., p. 122-124.

16 Chairon (F.), Émile de Girardin. Pionnier de la presse moderne, catalogue d’exposition, CCFV, Enghien-les-Bains, 2004, p. 35-36.

17 Labédollière (E. de), Histoire des environs du nouveau Paris, 1861, illustrations de Gustave Doré, carte topographique par Éhrard (1861).

18 Marqueze (G.), Enghien devient une ville, in Sueur (P.), (sous la dir.), op. cit., p. 144-145.

19 Cf. notre article : « Histoire générale de Montmorency. L’Hôtel de Ville ».

20 Neu (J.-P.), op. cit., p 56.

21 Cf. notre article : « Histoire de l'Église protestante d'Enghien-les-Bains »

22 Cf. notre article : « Histoire générale de Soisy-sous-Monmorency ».

23 Neu (J.-P.), op. cit., p 56-57.

24 Neu (J.-P.), op. cit., p. 57.

25 Collectif, Grand Larousse encyclopédique, édition Prestige, t. 8, Larousse, Paris, 1970.

26 Arch. Com. E.L.B., 1D1, p. 21, « Nomenclature des rues d’Enghien arrêté dans la séance du 13 novembre 1851 », citée par Sueur (P.), L’enfance d’une commune : Enghien-les-Bains sous le Second Empire, in Sueur (P.), (sous la dir.), op. cit., p. 63.

27 Lefebvre (J.-C.), Les Ponsin, trois [générations d’] architectes de Montmorency, in Revue de la Société d’Histoire de Montmorency et de sa Région, n° 26, 2008, p. 56-77.

Cf. notre article : « Histoire générale de Montmorency - Julien Ponsin, architecte et historien ».

28 Archives départementales du Val d’Oise, Enghien-les-Bains, 7 M 173/1.

29 Cottin (B.), Cent-cinquante ans d’activités commerciales à Enghien-les-Bains, in Sueur (P.), (sous la dir.), op. cit., p. 196-198.

30 Archives départementales du Val d’Oise, Enghien-les-Bains, 7 M 173/1.

31 Cottin (B.), op. cit., p. 198.

32 Cottin (B.), Idem, p. 198.

33 Chairon (F.), Émile de Girardin. Op. cit., p. 35-36.

34 Neu (J.-P.), op. cit., p. 65.

35 Titre déjà illustré par le roman publié en 1824 par la duchesse Claire de Durfort de Duras, qui a habité Andilly. Cf. « Histoire générale de Soisy-sous-Montmorency ».

36 Les cisterciennes de Notre-Dame-des-Bois, au diocèse de Soissons, que les guerres contraignirent à chercher un refuge dans Paris, s’installèrent dans le couvent des Annonciades des Dix Vertus (translation en août 1667) devenu l’Abbaye-au-Bois (Libera Abbatia in Bosco).

37 Sueur (P.), Enghien-les-Bains sous le Second Empire, in Sueur (P.), (sous la dir.) op. cit., p. 45-75.

M. Tx., J. H. C. de Villemessant, in La grande encyclopédie, t. 31, Paris, Larousse, c. 1885-1902, p. 1003.

Mémoire d’un journalisteVillemessant, par un témoin de sa vie, 1879, in-18.

38 Sueur (P.), op. cit., p. 45-75.

39 Neu (J.-P.), op. cit., p. 43.

Bricon (Et.), J. J. Pradier, in La grande encyclopédie, t. 27, Paris, Larousse, c. 1885-1902, p. 532.

40 Blumer (M.-L.), Théodore Chassériau, in Prévost (M.) et Roman d’Amat, (Sous la dir.), Dictionnaire de biographie française, t. 8, Paris, lib. Letouzey et Ané, 1959, p. 718-720.

41 Cf.notre article : « Histoire générale de Saint-Gratien ».

42 Neu (J.-P.), op. cit., p. 65.

43 Neu (J.-P.), Enghien-les-Bains : cent-vingt-cinq ans d’histoire, éd. Actica, 1974, p. 35.

44 Neu (J.-P.), op. cit., p. 43.

Reinbold (A.), Louis-Gabriel-Eugène Isabey, in Prévost (M.) et Roman d’Amat, (Sous la dir.), Dictionnaire de biographie française, t. 18, Paris, lib. Letouzey et Ané, 1994, p. 199-201.

45 Collectif, La grande encyclopédie, t. 31, Paris, Larousse, c. 1885-1902, p. 857.

Rutz Rees, Horace Vernet, 1880.

46 Neu (J.-P.), op. cit., p. 42.

47 Chairon (F.), Bourlet (M.), op.cit., p. 259.

48 Collectif, Grand Larousse encyclopédique, édition Prestige, t. 13, Larousse, Paris, 1970.

49 Talma n’a pas résidé pas à Enghien. Nous le citons cependant à cause du retentissement qu’a eu sa présence à Enghien. Une voie d’Enghien porte son nom.

50 Voir supra le chapitre des thermes d’Enghien.

51 Blériot, associé à Voisin, fait monter un hangar, 26 boulevard du Lac, et tente en mai et juin 1906 de prendre son envol, depuis le Lac, sur le Blériot III. Signalons aussi les essais sur le Lac du maître-pilote Chevillard sur un hydro-aéroplane Farman, lors de la « Semaine de l’Aviation » du 30 juin au 11 juillet 1912. Cf. Neu (J.-P.), Bousquet (J.-P.), op. cit., p. 142-143.

52 Voir supra le chapitre des thermes d’Enghien.

53 Cf. nos articles : « Histoire générale de Montmagny », et « Histoire générale de Sannois ».

54 Soumillion (D.), (dir. A. Dierkens), Louis de Luxembourg, connétable de France et seigneur d’Enghien (1418-1475), Mémoire U.L.B., 1993.

55 Soumillion (D.), Enghien, le berceau belge, in Sueur (P.), (sous la dir.), op. cit., p. 7-20.

56 Gironné : se dit de l’écu divisé en huit parties triangulaires égales entre elles, ayant toutes un sommet au centre du blason.

57 Hennuyer : originaire du comté du Hainaut, en Belgique.

58 Rappelons que les pouvoirs temporel et spirituel restent aux mains des empereurs ottoniens jusqu’en 1050. Le conflit se développe alors entre Henri III († 1056) et Léon IX qui initie la réforme grégorienne. Les successeurs de ce dernier, Nicolas II et surtout Grégoire VII, imposent définitivement le pouvoir spirituel romain.

59 On rencontre en effet Engelbert d’Enghien en Languedoc en 1218 parmi les nobiles de Alemania ou Lotharingia.

60 Guillaume III de Bavière, comte de Hainaut († 1389) est écarté du pouvoir dès 1358 pour cause de folie (Guillaume l’insensé). La régence est assurée par son frère cadet Aubert († 1414).

61 Le 18 mars 1360, Sohier d’Enghien, mandataire du duc Aubert de Bavière, reconnaît avoir reçu de l’évêque Engelbert de la Marck des lettres relatives à la vassalité du Hainaut.

62 Une avouerie est une charge d’avoué en droit féodal. L’avoué étant le nom donné jadis aux gardiens

protecteurs et aux vidames des abbayes, monastères et communautés, les fonctions d’avoué étant exercée

par de puissants seigneurs pourvus d’attributions judiciaires et militaires.

63 Soumillion (D.), op.cit., p. 8-10.

64 Mariage, en troisièmes noces, de Marguerite, dame d’Enghien, comtesse de Brienne et de Conversan, fille de Louis et de Jeanne de San Severino, avec Jean II de Luxembourg, seigneur de Beaurevoir et de Richebourg († 1397). Collectif, Europäische Stammtaffeln, Stammtaffeln zur geschichte der europäische staaten, neue folge, Marburg, 1980-1989, VII/79 et VI/28. Leur deuxième fils, Jean III de Luxembourg- Beaurevoir († 1440- VI/28) captura Jeanne d’Arc à Compiègne.

65 E. Stammtaffeln, op. cit., VI/28. Soumillion (D.), (dir. A. Dierkens), op. cit., p.74.

66 Soumillion (D.), Ibidem, p. 10.

67 Seigneurie mise en engagère : mettre en gage, terme ancien définissant une sorte « d’hypothèque » d’un domaine seigneurial.

68 Soumillion (D.), idem, p. 11.

69 Idem, p. 11-12.

70 Citation du baron Pierre Nothomb, reprise par le docteur Peter Neu, Die Arenberger und das Arenberger Land, Band 1, Von den Anfängen bis 1616, Coblence, 1989.