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ANNEXE


LA SEIGNEURIE DE CERNAY À ERMONT


Étymologie

L’origine de Cernay, « faubourg » médiéval d’Ermont, puisqu’il semble évident qu’il faille parler d’une bipolarité pour le village d’Ermont à cette période et jusqu’à la fin de l’Ancien régime, est un mot du vocabulaire géographique de la France qui offre un sens analogue à celui d’enclos.

Les autres formes similaires sont : Cerneux, Cernex, Cernil, Cernoy, Cerny (Serniacum, en 1161 ; du nom Cernius, nom de personne gaulois et suffixe –acum)1.

Cette étymologie n’a pourtant qu’une application restreinte car plusieurs lieux, appelés aujourd’hui Cernay-la-Ville (Sarnetum, en 768) ou Cerny, étaient appelés originairement, aux XIe et XIIe siècles : « Sernaium » ou « Sarnacum ».

Michel Roblin, pense à un collectif en –etum tiré du latin : circinum, cerne, employé en sylviculture ; il s’agirait de défrichements réalisés en faisant mourir les arbres au moyen d’un cerne pratiqué sur le tronc, synonyme d’essartage.


Dans le contrat conclu entre Mathieu II de Montmorency et Guy de Villiers, en 1196, nous trouvons comme témoin : « Petrus de Sarnay »2 (Pierre de Cernay).

Dans la concession de Raoul de Cernay, de mars 1233 (n. st.), il est cité :

« Ego Radulphus de Sarneio, miles », « terram … apud Valles juxta Ruppam », pour la terre près des Roches de Vaux, à Méry.

Lors du don d’Aveline, dame de Cernay, veuve de Pierre de Mauléon, et Robert son fils aîné, aux frères du Temple, dans l’acte de 1283 (n. st.), il est écrit :

« Nous, Aveline, dame de Sarnoy …asis au terrouer de Sarnoi3 … ».

Sur le sceau d’Aveline de Mauléon on lit : « +. AVELINE…ME. DE CERNAI ».

Pierre de Cernay, dans l’acte de 1284, y est dit : « …custos domus milites Templi Sarneie ».


La racine du nom de Cernay semble bien être à l’origine Sarnacum et le sens d’enclos semble se justifier pour ces possessions médiévales de la seigneurie et de la future commanderie de Cernay4, assises en la paroisse d’Ermont.


Le comte de Corbeil, seigneur de Saint-Prix, Ermont et Taverny, au XIe siècle

La question de l’origine des possessions seigneuriales dans la région montmorencéenne avait intriguée Joseph Depoin, lorsqu’il étudiait et publiait les cartulaires des abbayes de Saint-Martin de Pontoise et de Saint-Martin-des-Champs de Paris. C’est Guy Estournet qui devait établir, le premier, l’origine des possessions de Saint-Prix, Ermont, et Taverny, venait du comte Bouchard II de Corbeil (1070-1077), tué par Étienne, comte de Blois, dans une guerre contre le roi Philippe Ier, époque à laquelle il refonda la collégiale castrale de Saint-Spire, en 1071, et père d’Eudes de Corbeil.

En effet, dans une bulle de 1119, le pape Calixte II confirme les possessions du prieuré de Saint-Martin-des-Champs et entre autres choses « quelques hôtes, des vignes, des cens et une forêt de châtaigniers, le tout sis sur les territoires de Taverny, Moncelles et Tour, et provenant de la libéralité d’Eudes, comte de Corbeil ». Comment Eudes, qui était fils de Bouchard II, put-il avoir des possessions enclavées au milieu des terres des seigneurs de Montmorency, et cela dans trois de leurs villages ? Pourquoi partageait-il avec eux la perception du cens qui était un droit seigneurial ? Les coutumes féodales nous en fournissent l’explication : à la suite d’un partage, ces biens avaient été démembrés du patrimoine des Montmorency, soit pour établir quelque cadet, soit pour doter une fille. Des deux hypothèses, la seconde nous paraît seule plausible. Il faut remonter plus haut, et tout s’explique si l’on admet que Bouchard II soit le fils d’un comte de Corbeil qui aurait épousé une fille de la maison de Montmorency : son prénom même serait conforme aux traditions de la famille. Or, dans le privilège de Saint-Spire, le comte de Corbeil est assisté par Thibaut de Montmorency qui devint connétable de France en 1081, et par son frère, Hervé, qui fut bouteiller en 1074. Cette coïncidence n’est pas une preuve absolue, mais elle mérite d’être signalée. Dans le cartulaire de Saint-Martin-des-Champs, connu sous le nom de Liber testamentorum5, un acte qu’il convient de placer entre 1061 et 1082, mérite encore de fixer notre attention : une noble dame, sœur d’Hervé de Montmorency, qui s’était retirée d’abord au cloître de Saint-Paul de Beauvais, l’avait quitté, en accord avec l’abbesse, pour aller habiter Ézanville. Se trouvant alors trop souffrante pour suivre les offices à l’église paroissiale d’Écouen, elle voulut édifier un oratoire privé. Le curé Robert, après s’y être opposé, finit par consentir, sous réserve qu’aucune messe ne serait dite dans cet oratoire aux principales solennités, ni à la fête de Saint-Acheul, patron d’Écouen, et que les fiançailles et les relevailles se célèbreraient à la paroisse. Cette pieuse dame, sœur d’Hervé de Montmorency, ne serait-elle pas la femme du comte de Corbeil, peut-être de Guillaume, qu’une tradition nous dit s’être fait moine à Saint-Maur-des-Fossés en 1067 ?

D’autre part, vers 1085, Geoffroy Le Riche, qui avait épousé Richilde de Montmorency, donna à l’abbaye de Saint-Martin de Pontoise l’église Saint-Germain de Tour (futur Saint-Prix) avec la dîme du vin et du blé sur le village et la moitié d’une aulnaie6. On ne sait si Richilde de Montmorency, appartenait à la branche aînée, ou à celle des Montmorency-Banthelu. Retenons pour l’instant qu’il devint seigneur de Tour par son mariage.

Vers 1121, Richard Ier de Montmorency-Banthelu, dont la tante est supposée être Richilde de Montmorency, donna à l’abbaye de Saint-Martin de Pontoise l’église Notre-Dame du Moncelles, tandis que son frère, Fouchard II, lui accordait l’église Saint-Leu de Taverny.

Un siècle plus tard, les descendants de Richard possédaient encore le droit de cens sur la paroisse de Taverny ; ils y jouissaient également d’autres droits féodaux7. Voilà donc d’autres « copropriétaires » des seigneuries de Tour, Moncelles et Taverny, issus des Montmorency ou de leurs alliés ; par analogie on peut déduire, sur la foi de la bulle de 1119, que Bouchard II, comte de Corbeil, était apparenté par les femmes, et très probablement par sa mère, à la famille de Montmorency8.


Les seigneurs de Cernay du XIIe au XIVe siècle

Les biens de Geoffroy Le Riche comprenaient à Tour et à Ermont :

« …l’église, l’aître, les hôtes de l’aître et la dîme tenue par un chevalier en fief lai ».

Ceux-ci passent ensuite dans la famille de Gisors et sont attestés par Jean de Gisors, qui en fait l’aveu à Philippe Auguste (1180-1223) et dans lequel on retrouve :

« … Ermenon juxta Aquabonam (à Ermont près d’Eaubonne), l’église, l’aître, les hôtes de l’aître et la dîme tenue par un chevalier en fief lai » (Pouillé de 1205).

Au XIIe siècle, Étienne de Bailleul a quatre enfants, dont Hugues, l’aîné, appelé indifféremment de Tour ou de Bailleul (Baillet-en-France). Il procéda à diverses donations du consentement de ses frères et sœurs : « … quelques cens, des hôtes, des terres à Ermont et à Tour, la suzeraineté d’un bois sis en l’actuelle forêt de Montmorency », ce qui amène à penser que la famille de Tour ou de Bailleul ait pu être alliée ou vassale de celle de Gisors.

Cette donation d’Hugues de Tour, en 1186, se fait au profit de l’abbaye de Saint-Victor de Paris, pour le prieuré du Bois Saint-Père, qui possède des terres à Ermont.

Selon Brigitte Bedos, deux familles sont possessionnées à Ermont, au terroir de Cernay : l’une, titulaire du titre de chevalier, les Mauléon, l’autre, ne conservant que celui d’écuyer, les Cernay.

S’agit-il d’une branche cadette de la première ? Rien ne permet de le supposer, d’autant qu’elle est, d’après ses donations, bien plus riche que son éventuelle aînée. En revanche, elle est vassale du seigneur de Montmorency9.


Les recherches d’Edmond Barbier ont permis d’identifier la famille de Mauléon10, seigneur du fief de Saint-Lor à Sannois11, et ce n’est que lorsqu’Aveline dame de Cernay se marie avec Pierre de Mauléon que se met en place une alliance entre les deux familles. Cet événement a créé une certaine confusion dans l’esprit des historiens comme André Vaquier12 et Brigitte Bedos, qui ont esquissé la généalogie de ces deux familles. Deux éléments vont favoriser l’alliance des deux lignées vers le milieu du XIIIe siècle : la proximité géographique de leurs possessions, et le fait que, dans chacune d’entre elles, un des cadets désire entrer dans l’ordre du Temple de Paris.

Les Mauléon sont tous cités dans les textes avec le titre de chevaliers alors que les Cernay, seigneurs de Cernay, sont toujours cités comme écuyers et vassaux du seigneur de Montmorency.


D’après les recherches récentes, la première mention de la famille de Cernay se situe dans le troisième quart du XIIe siècle, dans un acte de donation au prieuré de Conflans-Sainte-Honorine, fondé par Yves de Beaumont en 1080 : « Guarnerius de Sarnaio » (Garnier de Cernay) donne une vigne au prieuré qu’il tient à Franconville de dame Mabile. Celle-ci le concéde, à son lit de mort, ainsi que ses filles, ses gendres et ses petits-enfants. Elle est enterrée à Conflans, en présence des prévôts Aimard et Yves, de Robert d’Ermont et autres. Parmi les témoins figurent aussi Ingerrannus de Sarnai (Enguerran de Cernay) et Heldainus de Sarnaio (Hilduin de Cernay).

Enguerran de Cernay se fait moine au prieuré de Sainte-Honorine et donne quatre sols de cens à Bessancourt, dans le fief de Raoul de Conflans, au temps du prieur Gauthier. Robert, Mabile et Marie de Cernay, ses enfants, approuvent ces libéralités. Bérenger, gendre d’Enguerran, devient l’hôte du monastère.

Dès 1189, parmi les témoins d’un acte d’Hugues, abbé de Saint-Denis, est cité Guillaume de Mauléon. Est-il un parent du lignage qui nous intéresse ?

En 1196, Pierre de Cernay apparaît comme témoin dans un contrat conclu entre Mathieu II de Montmorency et Guy de Villiers par lequel ils s’associent pour installer de nouveaux hôtes dans le village de Villiers-le-Bel.

Dans le courant du XIIIe siècle, les documents concernant la famille de Cernay sont plus abondants, mais il reste malgré tout difficile d’établir leur lignage.

En 1213, Eudes de Cernay céda une marnière aux Templiers, située sur Franconville-la-Garenne.

Un acte de 1215, de Mathieu II de Montmorency, confirme que Robert, clerc d’Ermont, du consentement de sa mère Marie, de Thomas son beau-frère et de tous ses frères, a donné au prieuré de Conflans-Sainte-Honorine deux arpents de vigne à Saint-Lor, ce qu’a approuvé Raoul de Mauléon.

Pierre II de Mauléon nous est connu par sa pierre tombale, de 2,50 m de long sur 1,15 m de large, dont la partie supérieure gauche est brisée13. Elle présente, un peu au-dessus de son centre, un grand écu armorié dont le champ pointillé porte deux fasces unies. L’application des règles de l’héraldique a mené l’abbé Lebeuf à y reconnaître des fasces d’argent14 et André Vaquier un fond d’or15. François de Guilhermy a très bien lu cette épitaphe, ainsi conçue :

« CI. GIST. MON. SEIGNEUR

PIERRE. DE. MALLION. CHEVALIER. QUI. TREPASSA.

LAN. DE. LINCARNA.

TION. DE. NOSTRE. SEIGNEUR. M. CC. LX. XI. LE. JEUDI.

DEVANT LA SAINT JEHAN16. PRIEZ. POUR. LAME. DE. LI. »17.


L’étude réalisée sur le fief de Saint-Lor18, à Sannois, montre une querelle sur la propriété de la censive, dans laquelle un Milon de Cernay entra en conflit avec l’abbaye de Saint-Denis19.

Par un acte de concession de mars 1233, Radulphus de Sarneio (Raoul de Cernay), chevalier, donne à l’hôtel-Dieu de Pontoise un terrain situé aux Roches de Vaux, près d’un pré qu’il possède depuis longtemps sur la paroisse de Méry-sur-Oise.

Dans un acte daté de février 1270 (n. st.), Jean de Cernay, armiger (écuyer), fait donation aux chevaliers du Temple, pour les besoins de leur maison de Paris, de neuf fiefs qui relèventt de lui et dont il garde l’usufruit et qu’il énumère ainsi : le fief d’Adam de Esenvilla (Ezanville), chevalier ; le fief d’Eudes de Sarcellis (Sarcelles) ; le fief de Guiardus de Calceya (Guyard de la Chaussée) sans doute au Plessis-bouchard ou à Saint-Leu (Guiardus dictus de Sancto Lupo, dans un acte de 1283) ; le fief tenu par le fils de feu Gauthier de Dampont ; le fief de Matheus de Soisiaco, armiger (Mathieu de Soisy, écuyer) ; le fief de Jean de Sartrovilla (Sartrouville), écuyer ; le fief de Sedile, sœur du donateur ; le fief de Philippus, dictus Major, canonicus de Montmorenciaco, nepos suus (Philippe dit le Maire, chanoine de Montmorency, son neveu) ; le fief de Thomas dit Minier.

Cette donation comprend, entre autres, des cens et des rentes seigneuriales en divers endroits : trois sous de menu cens à Sarcelles, neuf sous à Béthemont, et cinq deniers ainsi que le champart et douze arpents de terre arable et de prés, quelques masures à Chauvry ; quelques cens à Sartrouville ; enfin, à Cernay même, la maison ou manoir du donateur avec le four, les censives, toutes les dépendances et quatre arpents de vignes au finage de Cernay et à Mégafin (Margency).

Dans un amortissement de Mathieu III de Montmorency, daté d’avril 1271, il est fait mention de la consistance des biens de Jean de Cernay à Cernay et à Ermont, d’une manière plus détaillée : « C’est le manoir de Jean de Cernay et une masure en dépendant, 25 arpents de terre arable, 30 sous de cens assis sur des masures, terres, vignes et autres possessions à Cernay et à Ermont, si comme elles se comportent à champ et à vile, et enfin toute la voirie, « qu’icil Jean tient et tenait de nous à Sarnay et à Ermon tant à champ quant à vile, tant en masures quant en terres ».

Dans cet acte encore, Mathieu III de Montmorency ne manque pas d’affirmer sa mainmise sur les biens dont il accorde l’amortissement, en déclarant qu’il est seigneur dudit bien et en retenant pour lui certains droits de justice.

Aucun acte n’émane de Pierre de Mallion (ou Mauléon) qui meurt en 1271. Il épouse Aveline, dame de Cernay, de qui il a trois fils, Robert, Guillaume et Pierre. Dans un acte daté du 19 mars 1281, Guillaume, écuyer, en prenant l’habit des chevaliers du Temple leur fait donation, en entrant dans leur ordre, de tous ses biens. Dans un acte commun daté du mois de février 1283 (n. st.), sa mère Aveline et son frère aîné Robert, confirment cette donation en cédant aux Templiers quatorze arpents de terre au terroir de Cernay, qui revenaient à Guillaume, de la succession de son père. La transcription de cet acte est la suivante :

« Nous, Aveline, dame de Sarnoy, fame jadis monseigneur Pierre de Maulion, chevalier, et Robert, son amé fil, escuier, fesons à savoir à touz que cumme Guillaume, fil de moi, Aveline et frère de moi, Robert, eust devocion de Dieu servir en l’ordre de la chevalerie du Temple et il soit recceu par la volenté de Dieu et des frères, nous avons doné et assené au Temple tex biens comme le dit Guillaume poest avoir en partie de l’eritage de par son père quatorze arpens de terre, des queus sis arpenz en sunt asis ou terrouer de Sarnoi ou lieu qui est apelé Glategni tenant au terres du Temple, d’une part. Derechief trois arpens et demi sunt assis ou terrouer de Braz. Tenant d’une part à la terre qui fu Monseigneur Mahuy le Mere, chevalier. Derechief, quatre arpens de terre assis ou terrouer de Glategni desus dit, tenans d’une part à la terre Jehan Revel. Derechief, un arpent assis ou mesme terrouer de Glategni tenant à la terre du prestre de d’Ermont d’une part. Les quiex héritages nous prometons guarantir et deffendre au Temple à tout jours contre touz, sauf la reson au seigneurs de qui ces héritages meuvent. En tesmoing de laquele chose, nous, Aveline et Robert desus diz avons nos seaus mis en ces présentes lettres. Données en l’an de grâce mil deus cens quatre vinz et deus ou mois de fevrier ».


Robert de Mauléon, fils d’Aveline de Cernay, est encore seigneur de Cernay en 1293, mais déjà sa seigneurie se trouve dans la mouvance des seigneurs de Montmorency dont la suzeraineté s’étend sur toutes les terres de Cernay et d’Ermont quand elles ne sont pas sous la suzeraineté du prieur du Temple.

Par leurs donations successives au prieuré bénédictin du Bec-Hellouin à Conflans-Sainte-Honorine et à l’hôtel-Dieu de Pontoise parfois, aux frères du Temple de Paris surtout, les seigneurs de Cernay s’appauvrissent eux-mêmes : don d’une marnière, d’un pré, de nombreux fiefs, de terres, de vignes, etc., si bien que progressivement, par ces actes « pieux », les seigneurs de Cernay font de leurs terres le domaine puissant des Templiers qui installent une « maison » (commanderie) à Cernay dès 1270. Elle rayonne par la suite dans toute la région avec des « membres » à Rubelles (Saint-Prix), à Sarcelles, à Taverny, au château du Mail, sur l’ancien fief de Saint-Lor, possédé par les Mauléon, et que les Hospitaliers reprennent par la suite, mais sans le même succès, lorsque l’Ordre du Temple est supprimé en 1307.

Pour la famille de Mauléon, le processus a sans doute été le même : à la suite d’échanges et de donations aux Templiers, la famille s’appauvrit au point de pratiquement disparaître de leur domaine de Sannois, en vendant, en 1284, la seigneurie du fief de Saint-Lor à l’abbaye de Saint-Denis.

En 1347, Jean et Robert de Mauléon tiennent un arrière fief à Sarcelles de Jean Ier de Montmorency. Sont-ce les enfants ou petits-enfants de Robert ? Nous ne le savons pas.

Plus tard, le donateur d’un vitrail dans l’église Saint-Martin de Groslay, vers le milieu du XVIe siècle, porte toujours le nom des Mauléon (Montléon). C’est aussi le nom d’un fief de Saint-Brice. Mais nous ne savons pas non plus, pour le moment, s’il s’agit de la même famille des Mauléon, seigneurs du fief de Saint-Lor à Sannois et de la seigneurie de Cernay, au XIIIe siècle.

En 1364, le 12 octobre, un Jean de Cernay, écuyer, « demeurant au Boys en la chastellenie de Meleun »20, se prétend seigneur de Cernay, « si comme il disoit », lors d’une vente d’un arpent et demi de terre qu’il fait à Jean de la Guerre et à Marguerite, sa femme. À sa mort, en 1368, son fief passe à Pierre Bateste. Cette transmission signe la fin d’une importante seigneurie à Cernay, mais non pas celle de la commanderie, qui sera prospère jusqu’au milieu du XVIIe siècle.


Les seigneurs de Cernay, du Moyen Âge à la fin de l’Ancien Régime

En 1374, un bourgeois de Paris, du nom de Jean de Bidors, tient la seigneurie de Cernay et en rend aveu et dénombrement à Charles, seigneur de Montmorency, le 7 avril 137421.

Cet aveu donne, pour la première fois, la consistance de la seigneurie :


« Une maison ou manoir ou a plusieurs édifices de maisons, granche, court, coulombier, estables et autres appartenances ; - item, un jardin et bois deriers ladicte maison contenant deux arpens un quartier six perches ; - item, derrier la granche environ quatre arpens et demi de vigne et environ deux arpens de terre, tout en un clos… ». Puis, en dehors de ce clos, plus d’une centaine d’arpents de terre en divers lieux-dits, cinq à six arpents de prés et seize arpents de bois dans la forêt de Montmorency dont dix arpents à la Fosse de Lus (Les Fossés d’Alleu, sur Montlignon, près de l’entrée actuelle du château de la Chasse) et six arpents « ou lieu que l’en dit Plume » (lieux-dits : Grand et Petit Plumet, situés près de la tour du Plumet actuelle).

A cela s’ajoutent des rentes perpétuelles appelées taxement22 consistant en près de cinquante setiers d’avoine, « dont douze sextiers furent baillez au curé d’Ermon pour chanter messes pour le seigneur de Cernay ».

Enfin, dépendent de la seigneurie cinq arrière-fiefs respectivement tenus à Groslay et Soisy par Jean Taillefer, bourgeois de Paris ; - à Deuil par Guiot de Mitry, escuier ; - à Sannois (en la ville de Centnois) par Nicolas de Mauregart, sergent d’armes ; - à Vaux « emprès l’aumosne de Pontoise » (Vaux à Méry-sur-Oise) par maître Hugues le Renvoisié23 ; - enfin, à Cernay, ce dernier que tient maître Guillaume de Savigny, « c’est assavoir une maison en laquelle souloit avoir un pressoir ; item, environ vingt et un arpens de terres ; item, au bout de la ville, une saussoie24 ; item, soixante solz parisis de menu cens par an ; item, la disme dud[it] lieu de Cernay ».


L’aveu que rend treize ans plus tard Jean de Verdelay est sensiblement le même que celui de Jean de Bidors, mais il nous donne sur la justice seigneuriale des détails que ne contenait pas le précédent aveu.

« Item, seignorie foncière appartenant aud[it] hostel de Cernay pour jugier et tauxer et faire paier amendes à ses hommes en sa court telles amendes comme se appartient audit fief seulement ; item, s’il est trouvé un malfaiteur en la juridiction dud[it] lieu, l’on le peut detenir une nuit et un jour non plus et le rendre après au sire de Montmorency comme à son souverain seigneur. »


Déjà la seigneurie est divisée. Jean de Verdelay, orfèvre et bourgeois de Paris, rend son aveu le 27 avril 138725 « de son bon gré et à cause de Jehanne, sa femme, de la moitié d’un fief assis en la ville de Cernay comme appartenant à lad[ite] Jehanne par indivis par la succession de feu Guillaume de Bidors, avecques Jean de Bidors à qui est l’autre moitié. »

Les cinq arrière-fiefs sont alors tenus :

- celui de Groslay et de Soisy par Millet Baillet et Simon Barbo, escuier ;

- celui de Deuil par Philippot Ridel ;

- celui de Sannois par les hoirs Nicolas de Soissons ;

- celui de Vaux par Maître Hugues Lenvoisié ;

- et celui de Cernay par Michel de Savigny.


En 1406 quand le 28 décembre Giraut Castellain, « demourant à Cernay », rend son aveu à Jacques de Montmorency, Jean de Verdelay est encore possesseur de la moitié du fief de Cernay et Denise la Picarde26 en tient le tiers, si bien que Giraut Castellain ne tient que « la sixième partie d’un fief qui jadis fu à feu Jean de Bidors », pour laquelle il rend son aveu « dont la déclaration de la sixième partie est telle27 :


« Premièrement, une partie de l’ostel et manoir dud. fief dont division et partage ont été faiz entre led. Giraut et lesdiz Jehan de Verdelay et Denisette la Picarde, c’est assavoir un hostel, court, foulerie et estables, un maseriz (petite maison) entre le pressoir dudit Verdelay et le coulombier avecques trois quartz tant bois que jardin assis devant led. Hostel ; item, la 6e partie pour indivis de la granche, du colombier, du puis et court dud. hostel de fief et son droit des entrées et issues dud. hostel de fief tant devant comme derrière. »


Après cet aveu de 1406 et la division assez curieuse du fief en sixièmes, il est assez difficile d’en suivre les détenteurs à travers tout le XVe siècle. Citons cependant quelques copropriétaires : Regnault Hebert et Sanceline, sa femme rend foi et hommage à Jean de Montmorency en 1436 ; Pierre Hebert et Jeanne sa sœur, leurs enfants rendent foi et hommage à Jean de Montmorency en 1439 pour la moitié de la seigneurie, puis Pierre Hebert rend aveu et dénombrement à Jean de Montmorency en 1448 pour l’ensemble de la seigneurie qui paraît alors, dès ce moment, remembrée.


À partir de 1487, une dynastie de Daniel va posséder la seigneurie de Cernay pendant trois quarts de siècle, jusqu’en 1564. Un Jean Daniel en 1487 ; Jacques Daniel, son fils, mort en 1522 avait eu dix ou douze enfants, la plus part entrés en religion ; Daniel de Cernay, avocat en parlement, son fils. Daniel de Cernay, écuyer, mourut le 2 juin 1564, comme le prouve la mention de son décès dans le premier registre paroissial d’Ermont28 ; sans avoir d’enfant mâle ni femelle du nouveau mariage qu’il avait contracté avec Perrette de Saint-Martin.

Il fut enterré dans l’église d’Ermont. Sa pierre tombale, malheureusement très usée, est toujours conservée29. L’abbé Jean Lebeuf et François de Guilhermy n’ont pu transcrire complètement l’inscription très effacée sur son pourtour en lettres gothiques

« CY GIST NOBLE HOMME DANIEL DE CERNAY EN SON VIVANT ECUYER…DECEDA LE IIe JOr DE JUING MIL Vc LXIIII PRIEZ… »,

Mais ils ont pu la décrire : ce seigneur y était représenté revêtu de son armure, avait les mains jointes et son blason portait un chevron accompagné en pointe d’un croissant30.


Après la mort de Daniel de Cernay, une grande confusion règne dans la seigneurie. André Vaquier lors de ses recherches sur celle-ci a retrouvé les mentions de nouveaux propriétaires : Eustache Puilloys prête foi et hommage au connétable de Montmorency dès le 29 juin 1564, trois semaines après le décès du donateur. Louise de Cernay, fille de Daniel de Cernay, mariée avec Jean de Hallot, revendique la seigneurie pour leur fils François de Hallot, alors âgé de huit ans, après un acte d’émancipation daté du 6 juillet 1564. Le 15 novembre Jean de Hallot rend aveu et dénombrement au connétable Anne. François de Poupincourt après avoir reçu de ses cousins Guillaume et Mathieu de Coutances une donation faite à ceux-ci par feu Charles Daniel de Cernay, rend foi et hommage au connétable de Montmorency le 19 décembre 1564. Il semble qu’enfin après la mort d’Eustache Puilloys, la seigneurie fut partagée entre Jean de Hallot et François de Poupincourt, ce dernier étant seigneur de Cernay pour les trois quarts de la terre qui, à sa mort, passèrent à sa fille Marguerite de Poupincourt.


Marguerite de Poupincourt est mariée à Nicolas Texier, conseiller au Parlement, qui, le 3 septembre 1581, fait foi et hommage « à très haute et très puissante dame Madame Madeleine de Savoye, duchesse de Montmorency, veuve de feu Anne, duc de Montmorency, lui vivant pair et connestable de France »31. Après l’achat par Nicolas Texier de la quatrième partie de la seigneurie, celle-ci se trouva réunie en entier dans ses mains. Marguerite de Poupincourt, sa femme, est déjà veuve en 1617. De leur mariage est né François Texier, qui, le 6 octobre 1618, fait foi et hommage et, le 2 juillet 1619, baille aveu et dénombrement à Henri, duc de Montmorency.

François Texier est marié à Louise Lemercier, fille de Joseph Lemercier, trésorier des fortifications de Champagne, de Brie et du pays messin. C’est grâce à lui que l’église d’Ermont est augmentée, en 1629, d’un bas-côté sud dont il a posé lui-même la première pierre, comme l’indique la plaque votive, malheureusement disparue. Le texte indiquait :

«  A l’honneur de Dieu et de la Ste Vierge et de St Flaive et St Estienne les patrons. Cette pre pierre a este posée le 9 iour de may 1629 par François Texier escvier, sr de Cernay. »


Sur le revers de cette plaque étaient les armoiries de ce seigneur : une levrette passant avec un croissant en chef, l’écu surmonté d’un heaume fermé32.

Il ne laissait pas d’héritier direct. Sa succession fut dévolue à ses deux cousines, Charlotte et Eléonore de Poupincourt. Une double vente, avec tirage au sort, entraîna de nouveau un partage de la seigneurie, dont le premier lot échut au président de Machault33 et le second à Eléonore de Poupincourt ou son acquéreur. Le procureur d’Eléonore de Poupincourt dans ce partage avait été Jacques Laisné, qui convoitait la seigneurie de Cernay. L’occasion de l’obtenir survint lors de la mort de Louis de Machault, en 1667. Il devint en effet momentanément seigneur de Cernay le 18 septembre 1669.

Mais, suite à une demande de retrait féodal faite par le prince de Condé, une sentence rendue au Châtelet de Paris le 12 mars 1670, lui retira la terre et seigneurie de Cernay. Celles-ci provenant de la succession de Louis de Machault furent ensuite vendues, deux jours plus tard, à Louis, duc de Bourbon, prince de Condé, moyennant le prix de vingt-six-mille livres.

Le même jour, 14 mars 1670, le prince de Condé revendait la seigneurie de Cernay à « noble homme Jean de Rouvières », pour le même prix de son acquisition.

Le nouvel acquéreur de la seigneurie de Cernay en 1670 est donc Jean de Rouvières, ou Jean Rouvière. Il est écuyer, conseiller et secrétaire du roi maison et couronne de France. Il n’est pas marié et il restera célibataire jusqu’au jour de sa mort. Il rend aveu et dénombrement de sa seigneurie, le 20 juin 1681, après dix ans de procès avec Jacques Laisné. Il fait son testament le 17 février 1687.


C’est son neveu et filleul, Jean II Rouvières, fils aîné de son frère Pierre, dont il a fait son légataire universel, qui lui succède à la seigneurie de Cernay. Comme son oncle, il est écuyer, conseiller et secrétaire du roi, maison couronne de France et de ses finances.

Le 21 avril 1696, il vend sa seigneurie, les fiefs et arrière-fiefs, cens et rentes en dépendant à Melchior de Blair, écuyer, dans la famille duquel elle va rester pendant presque tout le XVIIIe siècle.


Le nouvel acquéreur de la seigneurie de Cernay, Melchior de Blair, appartient à une famille d’origine écossaise transplantée à Pau, en Béarn, vers l’an 1590. Il est âgé de 29 ans quand il épouse à Paris, par contrat du 27 juin 1686, Henriette de Brinon, alors supérieure du pensionnat des demoiselles de Saint-Cyr. C’est madame de Maintenon qui a arrangé ce mariage34.

Le contrat d’acquisition est passé le 21 avril 1696. Il achète avec la terre et seigneurie de Cernay, les fiefs et arrière-fiefs, les cens et rentes des villages de Franconville-la-Garenne, Sannois, Eaubonne, Saint-Gratien et Ermont. C’est à la suite du mariage, dans l’église d’Ermont, de son neveu Jean-Alexandre de Blair, le 19 mars 1698, que naît dans son esprit l’idée d’abattre ce vieux manoir et de construire à sa place un véritable château, digne d’un fermier général.

En 1713, Melchior de Blair marie son fils Louis-François de Blair et, en faveur du mariage, il lui donne sa seigneurie de Cernay, en s’en réservant l’usufruit35.

En réalité, c’est son fils qui a assumé la plus grande part des dépenses de la reconstruction du château, Melchior de Blair n’y ayant participé que par le versement d’une somme totale de vingt mille livres payées en deux fois. Pour la jouissance de cet appartement et de la terre, que Melchior de Blair s’est réservé, lors du contrat de mariage, le père doit payer à son fils une somme de deux mille cinq cents livres par an, aussi longtemps qu’il désire demeurer en jouissance de la terre de Cernay. Ce temps est révolu en 1735. Par acte du 13 janvier, de Blair père et Henriette de Brinon se désistent de la jouissance de la portion de la terre de Cernay et se trouvent déchargés du paiement annuel des 2 500 livres qu’ils se sont obligés de donner à leur fils, aux termes du contrat de mariage.

Un plan de 174036 nous livre, pour cette époque, la physionomie du château et du parc qui l’entoure. L’ensemble, tout clos de murs, a une forme trapézoïdale dont la base est dirigée vers le nord et dont l’un des côtés, celui de l’ouest, présente une légère avancée en forme de demi-lune (actuelle rue de la Demi-Lune). C’est l’entrée de l’avant-cour du château, au-devant de laquelle s’aligne une longue allée plantée d’arbres.

Le pavillon central du château, de forme rectangulaire, a sa façade principale orientée à l’est sur le parc. En face et au milieu, une allée bordée d’arbres assure la séparation du potager et du jardin d’agrément.

Deux ailes, l’une au sud, l’autre au nord de ce corps de logis (celle-ci étant un peu oblique par rapport à l’autre), enserrent entre elles une cour intérieure se prolongeant jusqu’à l’entrée de la demi-lune. La forme un peu disparate de ces deux ailes nous donne à croire qu’elles sont composées d’une partie des anciens bâtiments, qui ont été conservés, où se trouvent les communs, les écuries, les remises.

Le parc du château de Cernay à Ermont comprend deux parties, un jardin d’agrément, et un jardin potager. Le jardin d’agrément, tracé à la française, occupe toute la partie sud du château. Sa ressemblance avec celui de la Commanderie nous fait supposer qu’il a pu être tracé par le même paysagiste. Le jardin potager, séparé du jardin d’agrément par l’allée plantée d’arbres, occupe toute la partie nord du château37.

En même temps qu’il entreprend la restauration de son château, Melchior de Blair fait l’acquisition du domaine de Boissy, à Taverny, en 1711.

Ses armes sont « De sable à une fasce d’or accompagnée de trois besants du même et chargée d’un écu d’argent à un chevron ondé de sable accompagné de trois tourteaux du même ».

Il meurt à Cernay le 18 mars 1744 et est inhumé, selon son désir, dans le chœur de l’église d’Ermont, le 20 mars, à côté de sa femme Henriette de Brinon, décédée le 7 septembre 1737.


À la mort de son père Louis-François de Blair est déjà seigneur de Cernay depuis plus de trente ans. Il a assumé presque seul la reconstruction de la maison seigneuriale. Il aménage aussi les jardins, mais, sans doute, leur ordonnance première ne lui plaît pas, car il va changer, quelques années plus tard, la physionomie générale de la seigneurie. En 1749, il procède à un échange de terre avec la commanderie de Cernay, pour le bénéfice des deux parties, et réaménage son parc, et fait aussi construire de nouveaux communs en dehors de la façade principale, à la mode de l’époque. Il décède, le 16 février 1764, à son domicile parisien, âgé de soixante-dix-sept ans, et est inhumé dans le chœur de l’église d’Ermont, à côté de ses père et mère, M. et Madame de Blair.


À la mort de son père, Louis-Guillaume de Blair, qui lui succède, est déjà marié depuis neuf ans. Il contracte un riche mariage. Il épouse, par contrat des 13 et 16 avril 1755, Jacqueline de Flesselles38, fille de Jacques de Flesselles, écuyer. Elle apporte en avancement d’hoirie 350 000 livres payables 180 000 livres la veille des épousailles et 170 000 livres constituées en un contrat de 8 500 livres de rente annuelle et perpétuelle, payables de six mois en six mois.

De son côté, Louis-Guillaume de Blair apporte en propre la terre et seigneurie de Boisemont dans le bailliage de Meulan, celle de Courdimanche dans la prévôté et élection de Pontoise, un droit de quarante sous sur chaque bateau de sel passant sous le pont de Mantes, 680 livres de rente sur des particuliers ou loyers de maisons à Mantes, l’Office de maître des Requêtes et son mobilier d’une valeur de 60 000 livres.

Louis-Guillaume de Blair doit sa fortune au marquis d’Argenson qui lui a fait donner la ferme des aides du duc d’Orléans, puis l’a fait nommer à la tête de la Compagnie des vivres. Il est bon administrateur, ce qui lui vaut d’être nommé en 1764 intendant d’Alsace, poste qu’il occupera jusqu’à sa mort, en 1778. Sa Majesté a donné l’ordre de désigner M. le Blair comme prévôt des marchands de Paris. Mais M. de Blair ne remplira jamais cette charge. Il meurt prématurément, avant même que la lettre du roi ne soit enregistrée au Bureau de la Ville.

Il décède, le 7 mai 1778, dans sa maison de la rue de Gaillon, âgé de 62 ans et est inhumé le 8 mai dans l’église Saint-Roch, sa paroisse.


Louis-Guillaume de Blair étant décédé sans enfants, la seigneurie de Cernay, passe aux mains de ses deux sœurs, Anne-Agnès et Catherine-Thérèse de Blair, toutes deux veuves. N’ayant que faire de cette seigneurie et de ses dépendances, elles les vendent, le 19 avril 1782, avec le domaine de Boissy, à Martin-Simon Duplâa, président du Parlement de Navarre et à Marie-Louise Charité, son épouse.

L’année même de son acquisition, le président Duplâa fait établir, conjointement avec le bailli de Champignelle, commandeur de Cernay, un plan de la terre et seigneurie de Cernay39. Le président Duplâa fait aussi dresser un plan parcellaire du territoire d’Ermont et de Cernay40.

Comme le précédent, ce plan nous montre bien la physionomie du château tel qu’il est décrit dans l’acte de vente :

« Un corps de bâtiment rectangulaire formant le château proprement dit ayant deux façades, l’une sur l’avant-cour, l’autre sur les parterres. Au nord de ce bâtiment une aile aussi rectangulaire le long de laquelle s’appuient une grande et une petite basse-cour. Dans le bâtiment central, au rez-de-chaussée, sont le vestibule, la salle à manger, les salons d’été et d’automne, un appartement et le cabinet du seigneur de Cernay ; au premier sont plusieurs appartements. Dans l’aile, au rez-de-chaussée, sont les offices et les cuisines et divers services et au premier étage les chambres des domestiques avec quelques chambres de maîtres ».


La chapelle se trouve à l’angle formé par l’aile et le château. Elle comprend la chapelle proprement dite, au rez-de-chaussée, et une tribune au premier étage.

Après la mort de sa femme, décédée à Pau le 13 septembre 1784, de grands changements sont opérés par le président Duplâa. Tout un mobilier nouveau et plus riche décore les pièces principales, la salle à manger et les salons. C’est qu’il destine désormais sa seigneurie à son unique fille, Marie-Caroline-Victoire, mariée à Pierre Duplâa, chevalier, conseiller au parlement de Navarre. Mais il est contrarié dans son dessein par la mort prématurée de son gendre, qu’il affectionne. Très affecté par cette mort soudaine, survenue après celle de sa femme et pendant ses démêlés avec le prince de Condé au sujet des droits honorifiques dans l’église d’Ermont, n’ayant plus de raison valable pour conserver sa seigneurie, il décide de la vendre.


Pierre-Michel Broutin en fait l’acquisition le 20 novembre 1788. Il devient ainsi le dernier seigneur de Cernay avant la Révolution française. Il est alors âgé de 56 ans environ, est marié à Marie Rémy et demeure à Paris, paroisse Saint-Eustache. Il se dit chevalier et commissaire du roi pour la liquidation de la Compagnie des Indes aux îles de France et de Bourbon.

Cette liquidation a été assez fructueuse pour lui permettre d’acquérir la seigneurie et ses dépendances pour le prix de 365 000 livres, c’est-à-dire 35 000 livres de plus que le président Duplâa ne les avait payées. Mais il faut compter dans ce total 100 000 livres de reprise pour la vente des meubles datant de la rénovation du mobilier du président Duplâa.

Le sieur Broutin, seigneur foncier, n’est pas oublié sur le rôle des ci-devant privilégiés établi pour 1789, où il est imposé à 967 livres 7 sous et en 1790 « pour un grand et superbe château, un beau parc de 40 arpents clos de murs, partie en terre et agréments ; 12 arpents 72 perches de jardin séparé ; propriétaire du château, du parc, des terres hors clos 55 arpents louées à plusieurs », il paie 1 001 livres d’imposition principale, capitation et accessoires, plus 60 livres 14 sous pour la prestation des travaux des routes ».

Pendant la Révolution, il jouera un rôle secondaire à Ermont, en tant que commandant de la Garde nationale. Son épouse, Madame Broutin, tiend cependant un salon fort renommé au château de Cernay, et son parc à l’anglaise est fort prisé. Elle décide de s’enfuir en Normandie, le 10 août 1792, après la terrible Journée des Tuileries. Elle revient quelques semaines plus tard et divorce de son mari, qui mettra le domaine en vente après la mort de cette dernière.

Le nouvel acquéreur, en 1810, est un entrepreneur de maçonnerie, L. Cheronnet, qui revend la propriété en 1832. Celle-ci est alors divisée en deux lots. Le plan établi pour cette mise en vente montre le château prolongé d’une chapelle et d’une orangerie avec, autour de la basse-cour, les bâtiments agricoles et le pigeonnier. Le nouveau et dernier acquéreur, Albert Lacheurié, ne le trouvant pas à son goût, fait abattre l’édifice, afin de faire reconstruire une résidence de moindre importance, qui ne comporte plus que neuf fenêtres en façade à chaque étage au lieu de quinze. Une aquarelle d’André Mugnier, peinte en 1932, témoigne de l’apparence de ce dernier bâtiment du château, qui sera détruit entre 1953 et 1954, pour laisser place au lycée Van Gogh41.



Gérard Ducoeur,

juillet 2009.



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Publié sur le site de Valmorency (Association pour la promotion de l’histoire et du patrimoine de la Vallée de Montmorency) : www.valmorency.fr

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Roblin (M.), Le terroir de Paris aux époques gallo-romaine et franque, Picard, Paris, 1971, p. 69, note 1 et p. 244.

2 Arch. Musée Condé de Chantilly, série BC, carton 1.

3 Arch. nat. S 5135 n° 28 de la 11e liasse.

4 Cf. notre article : « La présence des Templiers en vallée de Montmorency - La maison de Cernay à Ermont ».

5 Depoin (J.), Liber testamentorum Sancti Martini de Campis, Publications CSHD S et O, A. Picard, Paris, 1905, p. 86.

6 Depoin (J.), Cartulaire de Saint-Martin de Pontoise, SHAP VOV, Pontoise, 1895, p. 13, et fasc. 3, 1901, Appendice V, Branche de Geofroi Le Riche, p. 293.

7 Depoin (J.), op. cit. p. 56, 57, 59, 83, 134, 135, etc., et fasc. 5, 1909, Appendice XI, Les seigneurs de Bantelu, p. 462.

8 Estournet (G.), Bouchard II, comte de Corbeil (1070-1077), in Bull. SHACEH, Fontainebleau, 1911, in-8°, p. 218-254.

9 Bedos (B.), La Châtellenie de Montmorency des origines à 1368, Aspects féodaux, sociaux et économiques, SHAPVOV, 1980, p. 159-162.

10 Cf. notre article : « L’église Saint-Martin de Groslay » et « Les Mauléon, seigneurs du fief de Saint-Lor à Sannois et de Cernay, présents à Groslay ».

11 Barbier (E.), Delaplace (J.), Riboulleau (C.), Sacchi (C.), Turgis (G.), Un village nommé Sannois, Valhermeil, 1992, p. 65-68.

12 Vaquier (A.), Ermont des origines à la Révolution française, SHAAP VOV, Pontoise, 1965, p. 105-106.

13 Autrefois dans l’église Saint-Flaive d’Ermont, puis après avoir été présentée au musée municipal d’Ermont, dès 1986, elle a été transférée, par décision de la DMF, en 2003, au MADVO à Guiry-en Vexin.

14 Lebeuf (abbé J.), op. cit. t. 3, p. 418.

15 Vaquier (A.), op. cit. p. 45-47, reproduction.

16 Le jeudi 18 juin 1271.

17 Guilhermy (F. de), Inscriptions et épitaphes de la France du Ve au XVIIIe siècle. Ancien diocèse de Paris, Paris, t. 2, 1875, in 4°, Ermont, p. 262.

18 Les Mauléon étaient vassaux de Mathieu IV de Montmorency qui confirme la donation qu’ils font de ce lieu à l’abbaye de Saint-Denis (AN L850, n° 35).

19 Arch.nat. S 2250, n° 60. Cité par Barbier (E.), cf. note 96.

20 Arch. nat. S 5135, 12e liasse.

21 Arch. Musée Condé de Chantilly, BA 36.

22 Droit seigneurial au titre de la protection qu’accorde le seigneur.

23 Alias Huguet Lenvoisié, grand doyen de Notre-Dame de Rouen.

24 Lieu planté de saules.

25 Arch. Musée Condé de Chantilly, BA 36, aveu du 27 avril 1387. « A noble dame Madame Pernelle de Villers, dame de Montmorency et de Villers-le-Sec, comme aiant le gouvernement de ses enfants ».

26 Aveu, 28 déc.1406. « Denizette la Picarde, fame de feu Jéhan le Picart, en son vivant changeur, demourant à Paris ».

27 AMC de Chantilly, BA 36, aveu, 28 décembre 1406.

28 Vaquier (A.), Le premier registre paroissial de l’état-civil d’Ermont, (1558-1577), SHAP VOV, 1962, 48 p. t. 30, p. 24.

29 Autrefois dans l’église Saint-Flaive d’Ermont, puis après avoir été présentée au musée municipal d’Ermont, dès 1986, elle a été transférée, par décision de la DMF, en 2003, au MADVO à Guiry-en Vexin.

30 Guilhermy (F. de), op. cit., Ermont p. 263.

31 Arch. Musée Condé de Chantilly, BA 36

32 Commission des antiquités et des arts de Seine et Oise, 1882, p. 54-55.

33 Louis de Machault avait acquis la terre et seigneurie de Soisy, le 26 mars 1641, que lui avait vendue Henri de Bourbon, prince de Condé et Charlotte Marguerite de Montmorency, comme leur appartenant, du don du roi des biens de feu Henry, duc de Montmorency, décédé au mois de mars 1633. Cette vente comprenait 160 arpents 59 perches (plus de 53 ha), les cens et rentes des villages avoisinants, notamment ceux de Deuil, Eaubonne, Ermont, Saint-Gratien, Sannois, Franconville et autres, avait été faite moyennant le prix de 64 000 livres tournois.

34 Françoise d’Aubigné, marquise de Maintenon, n’était alors que « dame d’atour de Madame la Dauphine ».

35 À partir de ce moment, il y eut donc deux seigneurs de Cernay, le père et le fils, parfois mentionnés tous les deux sous cette qualification dans un même acte.

36 Arch. nat. F 14, 8848. Plan des routes de France, généralité de Paris. Plan du château et de la Commanderie de Cernay.

37 Vaquier (A.), op. cit. p. 124-125.

38 C’est son frère, Jacques de Flesselles, qui fut le dernier prévôt des marchands de Paris, assassiné le 14 juillet 1789 sur les marches de l’Hôtel de Ville.

39 Arch. nat. NII, Seine et Oise n° 75. Plan de la terre et seigneurie d’Ermont, par François Vaillant, 1782.

40 Arch. nat. NIII, Seine et Oise n° 305, pl. 1 à 9. Plan parcellaire en neuf planches du territoire d’Ermont et de Cernay (fin XVIIIe siècle).

41 Ducoeur (D. et G.), Ermont, in Le Patrimoine des Communes du Val d’Oise, Flohic, Paris, t. 1, 1999, p. 274.