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ILS ONT HABITÉ SAINT-GRATIEN


Jacques Mallet du Pan naît le 5 novembre 1749 à Céligny, près de Genève. Il est fils d'Etienne, pasteur, et de Michée du Pan, tous deux citoyens protestants de Genève. Il épouse en 1774 Françoise Vallier, fille de François-Gédéon Vallier, originaire d'Aubonne (sic). Après des études au collège et à l’académie de Genève, il suit des cours de droit à Grenoble en 1769. Il devient collaborateur, puis éditeur pour la Suisse des Annales, dirigées par Simon Nicolas Henri Linguet, et les continue après l’emprisonnement de ce dernier à la Bastille en 1779 sous le titre de Mémoires historiques, politiques et littéraires sur l’état présent de l’Europe. Il quitte Genève après la Révolution de 1782 et s’installe à Paris où il rédige le Mercure historique et politique de Genève, réuni ensuite au Mercure de France. Proche de Voltaire, Mallet du Pan est admirateur des Lumières et de la Constitution anglaise. Il se livre dès 1789 à une critique systématique de la Déclaration des Droits. Il juge sévèrement la radicalisation de la Révolution Française et devient l'un des principaux théoriciens de la contre-révolution. Apôtre de la liberté, il pense qu'elle sera mieux assurée par la monarchie, à condition que celle-ci proscrive les abus de l'Ancien Régime. Il quitte la France le 21 mai 1792 pour Coblence, investi par Louis XVI d’une mission de confiance, à savoir la rédaction, avec Geoffroy de Limon et Jean Joachim Pellenc, ancien secrétaire de Mirabeau, d’un manifeste au nom des émigrés et des cours royales, qui est publié le 3 août 1792 sous le nom de manifeste de Brunswick (du nom du duc de Brunswick). Dans ce texte, les forces contre-révolutionnaires menacent Paris d’une « exécution militaire et une subversion totale » s’il est fait « la moindre violence, le moindre outrage à LL. MM. le roi et la reine ». Ce manifeste servira de justification aux auteurs des massacres de septembre. Revenu à Genève après la journée du 10 août 1792, Mallet du Pan en est chassé par l'invasion française. Il s’installe à Berne, dont il est banni sous la pression de Bonaparte, mécontent d’un article publié sur lui. Après un passage à Zürich, puis à Fribourg, il se réfugie en Angleterre en 1799. Sa santé est très altérée et il meurt le 10 mai 1800 à Richmond, près de Londres.


La famille de Vergennes

Charles Gravier, marquis de Vergennes (1751-1794), naît à Dijon. Son père, Jean, ne descend pas du grand ministre des affaires étrangères de Louis XVI (mort en 1787), mais de la branche aînée de sa famille. Son grand père, le premier marquis de Vergennes, a été ministre en Suisse en 1777 et ambassadeur de France auprès des cantons Helvétiques, de 1775 à 1789. Dans les premiers temps de la Révolution, il reste à Paris, où il occupe diverses fonctions administratives1 : il est membre du tribunal de police de Paris de 1789 à février 1791, capitaine à la 2ème compagnie du bataillon Saint-Magloire le 14 juillet 1789, membre du conseil général de la commune de Paris en 1790, administrateur du département de Paris le 31 janvier et le 20 octobre 1791. Mais les excès de la Révolution commencent à se faire sentir. La famille de Vergennes pense probablement, en venant de réfugier à Saint-Gratien, se mettre à l’abri de la tourmente révolutionnaire, mais celle-ci la rattrape. Son nom, très connu, attire l’attention du comité de salut public. Charles est arrêté avec son père, à son domicile parisien de la rue Saint-Eustache, le 28 ventôse an II (18 mars 1794) et emprisonné à Saint-Lazare2. Ils sont condamnés le 23 floréal an II (12 mai 1794) et exécutés le 24 juillet 1794, trois jours avant la chute de Robespierre. La femme et les filles de Charles obtiennent la levée du séquestre sur le château le 29 floréal an II (18 mai 1794). Les terres ont été louées entre temps à divers citoyens de Saint-Gratien.

Mme de Vergennes, née (vers 1761) Elisabeth Adélaïde Françoise de Bastard est une femme de caractère, qui doit prendre en main les affaires de la famille pendant cette période troublée de la Révolution :

« (Mme de Vergennes), qui exerça une grande influence sur l'éducation de ses filles, était une femme de mérite, d'un esprit original, gai, piquant et très sensé. Fortement marquée de l'expérience de son siècle, elle paraît avoir été douée de cette supériorité de caractère et de vue qui, saisissant la vie telle qu'elle est, la domine et sait la refaire aux autres telle qu'elle devrait être. Mme de Vergennes éleva gravement et même sévèrement ses deux filles, en idée des conditions nouvelles qu'elle prévoyait dans la société. La ruine soudaine de crédit qui s'était fait sentir au sein de la famille à la mort de l'oncle ministre (1787) avait été pour elle une première leçon, et qui ne l'étonna point : elle savait de bonne heure son La Bruyère. La révolution la trouva très en méfiance, elle eût été d'avis de quitter la France avant les extrémités funestes; mais, son mari n'y ayant pas consenti, elle ne s'occupa plus que d'y tenir bon, de faire face aux malheurs, et, au lendemain des désastres, de sauver l'avenir de sa jeune famille »3.

Elle a épousé Charles de Vergennes en juillet 1778. Ils ont deux filles :

- Claire Elisabeth Jeanne, dite Clary, qui épousera le 20 pluviose an IV (8 février 1796), à Saint-Gratien, Augustin Laurent, comte de Rémusat. Elle est connue dans l’histoire littéraire sous le nom de Mme de Rémusat. Ils auront notamment un fils, Charles de Rémusat, qui passe une partie de sa petite enfance à Saint-Gratien. (cf. ci-après).

- Jeanne Françoise Adélaïde, dite Alix Gravier de Vergennes, qui se mariera le 18 septembre en 1802 à Étienne Jean Charles Champion, comte de Nansouty. Ce dernier deviendra général de division, premier chambellan de l’impératrice, premier écuyer de l’Empereur, colonel-général des Dragons, commandant de la cavalerie de la garde impériale.

Augustin Laurent, comte de Rémusat (1763-1823), suit la famille de Vergennes dans ses tribulations. Signalé comme « ex noble » il demande, le 7 floréal an II (26 avril 1794), à résider à Saint-Gratien. Il doit être contrôlé chaque jour et reçoit à cet effet un ordre de passe4 (sauf-conduit), qui sera retiré et brûlé sur injonction du district quelques semaines plus tard, le 8 prairial an II/27 mai 1794).

Il faut bien vivre : Augustin-Laurent de Rémusat va de plus en plus souvent à Paris en quête d’un emploi. Amitiés et démarches portent leurs fruits, il décroche un poste : ayant été avocat général à la cour des aides de Provence, il est nommé au contentieux du ministère des Relations extérieures, chez Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord5. Parmi les relations du couple de Vergennes, figure une certaine Joséphine, veuve du général de Beauharnais, qui a épousé la même année que les Rémusat, le général Bonaparte. Mme de Vergennes demande tout naturellement à sa puissante amie d’aider son gendre à améliorer sa situation. Elle rêve d’un haut poste dans l’administration. Mais le futur empereur cherche à réconcilier l’ancienne et la nouvelle France. Mme de Vergennes est à ses yeux, le type même de cette ancienne noblesse. C’est pourquoi, à la surprise générale, M. de Rémusat est nommé préfet du palais en 1802. Il deviendra ensuite premier chambellan de l’Empereur (1804), surintendant des théâtres impériaux (1807), préfet de Haute-Garonne (1815), puis du Nord (1817-1821).

Claire Elisabeth Jeanne, Gravier de Vergennes (1780-1821), dite Clary, comtesse de Rémusat

Peu après, Mme de Rémusat devient « Dame pour accompagner Madame Bonaparte », ce qui devient rapidement Dame du palais. Le comte et la comtesse de Rémusat feront à cette occasion la connaissance du comte et de la comtesse de Luçay, qui sont nommés aux mêmes fonctions auprès de la famille impériale, et que nous retrouverons plus loin.

Au cours de son séjour à Saint-Gratien, Mme de Rémusat fait la connaissance de Mme d’Houdetot, ce qui la décidera, plus tard, à s’installer à Sannois. Le couple Rémusat a un premier enfant, Charles, né le 14 mars 1797 et qui passe les premières années de son enfance à Saint-Gratien (cf. ci-après).

Charles de Rémusat (parfois orthographié Rémuzat) (1763-1823), passe donc les premières années de son enfance à Saint-Gratien au château de Catinat. Il collabore aux Tablettes, au Courrier français, à la Revue des Deux-Mondes, au Globe, et signe la protestation contre la loi sur la presse. Il écrit des traductions de Gœthe et de Cicéron et un roman dramatique, Abélard. En philosophie, Charles de Rémusat est un spiritualiste de l'école de Victor Cousin. En politique, il est un doctrinaire, ami de Royer-Collard, Thiers et Guizot. Sous Louis-Philippe, il est député en 1830 et ministre de l'Intérieur en 1840. Il appartient ensuite aux Assemblées Constituante et Législative. Proscrit lors du Coup d’État de 1851, il rentre en août 1852. Il se rallie à l'Empire libéral, devient ministre des Affaires étrangères sous le gouvernement de Thiers en 1872 et refuse les ambassades de Londres et de Vienne. Son échec à la députation à Paris en 1873 entraîne la chute de Thiers. Il est élu député de la Haute-Garonne. Élu à l'Académie le 8 janvier 1846 en remplacement de Pierre-Paul Royer-Collard, il est reçu par Emmanuel Dupaty le 7 janvier 1847. Son discours de réception est un triomphe pour lui : « Ça été là un de ces beaux jours où le talent, au moment où il la reçoit, justifie magnifiquement sa couronne » (Sainte-Beuve). Il reçoit Jules Favre et vote contre Théophile Gautier. Il fait partie, en outre, de l'Académie des Sciences morales et politiques. Il meurt le 6 juin 1875.


La famille de Luçay

Jean Baptiste Charles Le Gendre, comte de Luçay. « Il naquit en 1754 d'une famille noble originaire du Lyonnais, mais établie dans la capitale depuis la fin du 17ème siècle. Son grand-père était gentilhomme de la chambre de Louis XV. Son père, d'abord conseiller au parlement de Paris, puis administrateur général des postes et fermier général. Sa mère était la fille de M. d'Auteroche, fermier général, ancien président-trésorier de France de la généralité de Champagne. La mort de son père (avril 1789) mit de Luçay en possession d'une grande fortune territoriale, au moment même où se réunissaient les états généraux. Il prévit dès lors qu'il faudrait bientôt ne chercher de ressource qu'en soi-même; il se tourna vers les entreprises industrielles, accrut en peu de temps l'importance des usines qui existaient déjà sur ses terres et en créa de nouvelles, notamment une fonderie de canons et des filatures qui manquaient aux laines du Berri. Cinq cents ouvriers y trouvèrent du travail, leurs produits obtinrent d'honorables distinctions aux expositions de l'an 6 et de l'an 9. Incarcéré pendant la terreur, de Luçay, grâce aux communes de Valançay, Luçay, etc., qui se déclarèrent prêtes à défendre leur ancien seigneur jusque devant les comités conventionnels, échappa à l'échafaud. (…) L'ordre se rétablissant en France, de Lucay fut successivement nommé président de son canton, administrateur de son département et, à l'avènement au pouvoir de Bonaparte, préfet du Cher. Puis (il devint) l'un des quatre préfets du palais à la création de ces charges, et lorsqu'elles comprenaient tous les services d'honneur organisés plus tard (brumaire an 10). Puis membre de la Légion d'honneur dès l'établissement de cet ordre. Ensuite premier préfet du palais impérial. Appelé à la surintendance de l'Académie impériale de musique, qu'il sut réorganiser. Puis enfin comte de l'Empire et, pendant cinq ans, membre du conseil général de son département »6. Il meurt le 1er novembre 1836.

Mme de Luçay, dame d’atours de l’impératrice. La comtesse Jeanne Charlotte, née Papillon d'Auteroche (1769-1845) épouse le 24 avril 1786 le comte de Luçay. Lors des événements révolutionnaires, l’activité qu’elle déploie pour arracher son mari à la prison et sans doute à l’échafaud est exemplaire et décisive :

« Le dévouement de madame de Luçay contribua à l'arracher au danger qui le menaçait. Elle surmonta tous les obstacles et brava tous les refus pour parvenir à faire arriver sous les yeux des comités de la convention les pétitions en faveur de son mari, et plus heureuse pour son époux que pour son père, elle obtint la grâce de l'un sans pouvoir sauver la tête de l'autre. Arrêté une troisième fois et détenu dans la prison de Châtillon, de Luçay parvint à s'évader, grâce encore au dévouement de sa jeune et courageuse femme. (…) Le comité de salut public céda à ces démonstrations de l'opinion, de Luçay fut relâché. Ses biens finirent par lui être rendus, sur les témoignages les plus honorables des administrateurs de son département »7.

Elle suit son mari à Paris quand ce dernier prend son poste auprès de Bonaparte.

« C'était surtout pour ne point se séparer de son mari que Mme de Luçay, malgré la fortune et la situation dont elle jouissait, s'était déterminée à accepter une place près de Mme Bonaparte qu'elle ne connaissait nullement et de qui elle n’avait rien sollicité »8.

Cette place est celle dame d'atours de l'Impératrice Joséphine. Un peu plus d'un an après la nomination de son mari comme préfet du Palais, Mme de Luçay reçoit en effet, en frimaire an XI (début décembre 1802), une lettre signée Duroc :

« Madame, le Premier consul vous a nommée pour faire auprès de Mme Bonaparte les honneurs du Palais. La connaissance personnelle qu'il a de votre caractère et de vos principes lui donne l'assurance que vous vous en acquitterez avec la politesse qui distingue les dames françaises et la dignité qui convient au Gouvernement. Je suis heureux d'être chargé de vous annoncer ce témoignage de son estime et de sa confiance. Agréez, Madame, l'honneur de mon respect »9.

Ainsi, en tant que dame du palais, elle assiste, elle aussi, au sacre de Napoléon et au couronnement de Joséphine, le 2 décembre 1804. Pendant la cérémonie, elle porte une offrande, « le pain d'argent », avec, à côté d'elle, le général Lemarois, aide de camp de Sa Majesté. En 1807, elle est nommée dame d'honneur pour recevoir la princesse Catherine de Wurtemberg, lors de son mariage avec Jérôme Bonaparte, roi de Westphalie (22-23 août 1807), futurs parents de la princesse Mathilde. Elle meurt en avril 1845.

Le comte Philippe de Ségur, général d’Empire, académicien et oncle par alliance de la Comtesse de Ségur10

Né à Paris, le 4 novembre 1780, il est fils de Louis Philippe, comte de Ségur (1753-1830, et petit-fils de Philippe Henri, marquis de Ségur, maréchal de France et secrétaire d’État à la guerre de Louis XVI (1724-1801, époux de Louise Anne de Vernon, créole de Saint-Domingue). Les troubles de la révolution décident ses parents à l'envoyer en Angleterre, où il reste jusqu'en 1795. Puis, sous la Convention et sous le Directoire, Philippe passe les premières années de son adolescence à Chatenay, près de Sceaux. En février 1800, il s’engage comme simple hussard dans le corps des volontaires de Bonaparte : « J'avais dix-neuf ans. Et il se trouvait que je n'étais propre à rien, pas même à être commis dans un bureau, en raison de ma mauvaise écriture11. C'était là pourtant ma seule ressource »12. Le vieux maréchal, son grand-père, lui dit à cette occasion : « Tu vas servir un parti qui n'est pas le mien ; mais sers ton pays, et une fois sous son drapeau, ne l'abandonne jamais ». Grâce à son nom aristocratique, il bénéficie d’un avancement rapide. Il est attaché à l’état-major du premier consul dès 1802. Le 25 septembre 1806, il épouse à Paris Antoinette Charlotte Lucie, fille du comte de Luçay (1787-1813), également dame du palais, et l’après midi, toute la noce part pour Saint-Gratien.

« Mademoiselle de Luçay s’est mariée ce matin. Après la cérémonie, on est parti pour Saint-Gratien. M. de Luçay m’a dit qu’il espérait que ce lieu porterait bonheur à sa fille, étant accoutumé à voir consacrer d’heureux mariages »13.

Philippe de Ségur repart presque aussitôt pour l’armée. Il est chef d’escadron major en 1807, colonel en 1809, général de brigade et aide de camp de l’Empereur en 1812, qu’il accompagne en Russie. À la fin des Cent-Jours, en 1815, il est chef d'état-major du corps d'armée chargé de la défense de la rive gauche de la Seine, dont le quartier général est à Montrouge. Après la chute de Napoléon, il se retire à Saint-Gratien avec son beau-père et ses enfants. Sa femme est décédée en 1813, il est inconsolable, mais il reprend goût à la vie en se consacrant à l’écriture.

« Dès que les environs de Paris redevinrent libres, je me retirai avec vous, mes enfants, à Saint-Gratien, dans la vallée de Montmorency, chez le Cte de Luçay, mon beau-père. C’est là que, hiver comme été, pendant sept ans, rendu aux lettres et vivant surtout dans le passé, j’écrivis l’Histoire de Napoléon et de la Grande Armée en 1812 »14.

Cet ouvrage est publié en 1824 et connaît une grande audience. Encouragé par ce succès, Philippe de Ségur fait paraître, quatre ans après, en 1829, L'Histoire de Russie et de Pierre le Grand. Il est élu 25 mars 1830 à l’Académie Française en remplacement du duc de Lévis après un premier essai contre Alphonse de Lamartine. Il y siège en compagnie de son père quelques mois avant la mort de ce dernier (premier cas, dans l’histoire de cette institution, où le père et le fils siègent ensemble). Il est appelé à la Chambre des pairs le 19 novembre 1831 et se prononce contre l’hérédité de cette fonction. Rappelé à l'activité par le gouvernement de Louis-Philippe, Ségur est promu, le 27 février 1831, au grade de lieutenant général. Il meurt le 25 février 1873.


Etienne Eustache Bruix (1759, Saint-Domingue - 1805, Paris) mène une carrière militaire dans la marine. Il se marie à Marie Josèphe Richard du Plessis, fille du négociant et industriel brestois Joseph Richard du Plessis. Il devient ministre de la Marine et des colonies du 28 avril 1798 au 11 juillet 1799. Il acquiert le château Catinat le 17 frimaire an VIII (8 décembre 1799) et s’installe à Saint-Gratien le 29 messidor an VIII (17 juillet 1800)15. En 1801, Bonaparte le nomme amiral et conseiller d’Etat en 1802. En 1803, quand le premier Consul envisage de conquérir l’Angleterre, il confie à Bruix le commandement de la flottille du camp de Boulogne, chargée de transporter les troupes. Mais, atteint de tuberculose, l’amiral est obligé de retourner à Paris où il meurt le 18 mars 1805. Un décret impérial du 28 mars accorde à sa veuve une pension annuelle. Il a quatre enfants.

« Il venait ordinairement passer à Saint-Gratien tout le temps qu'il pouvait dérober à ses importantes fonctions. Ce séjour délicieux, destiné sans doute à devenir l'habitation des hommes distingués par leur rang et leur caractère affable, avait tant de charmes pour l'amiral qu'il ne s'en absentait qu'à regret. Il habitait la chambre de Catinat, dont les croisées sont en face du bel arbre planté par ce dernier. Il couchait dans le lit gothique où reposa si longtemps le maréchal : il se servait avec un plaisir religieux de tous les meubles dont ce grand homme faisait usage. Et, pour le rappeler entièrement au souvenir des habitants de Saint-Gratien, il ne cessait de répandre des bienfaits, et d'attirer au château tous les infortunés, qu'il s'empressait de secourir, à l'exemple du héros dont il se montrait le digne successeur »16.


Astolphe Louis Léonor de Custine, né à Niderviller (Moselle) le 18 mars 1790, est issu d’une riche famille aristocratique. Son père, Adam Philippe de Custine, seigneur de Guermanches et autres lieux, meurt victime de la Révolution, le 28 août 1793. François de Custine, son frère subit le même sort, le 15 nivôse an II. Sa mère, Louise Eléonore Mélanie de Sabran (1770-1826) - que l’on appelle Delphine, pour une raison inconnue - est, elle aussi, incarcérée à la prison des Carmes pendant 9 mois où elle partage la cellule de Joséphine de Beauharnais et vit une liaison avec le mari de celle-ci, le général Alexandre de Beauharnais (qui est exécuté). Elle réussit à échapper miraculeusement à l’échafaud et retourne en Lorraine avec son fils Astolphe. Connue pour son intelligence et sa grande beauté, elle fréquente les salons littéraires, se lie d'amitié avec Madame de Stael, qui lui dédie son roman Delphine. Elle noue une relation amoureuse avec François René de Chateaubriand. Elle est par ailleurs à la recherche d’un parti pour son fils. Un projet de mariage avec Claire de Duras (qu’on retrouvera à Andilly) échoue en 1818, la rupture arrivant la veille de la signature du contrat. C’est que le jeune marquis de Custine voue une passion, non partagée, pour la nièce de Talleyrand, duc de Bénévent, la duchesse de Dino (qu’on retrouvera également à Andilly). Il finit par épouser, en 1821, Léontine de Saint-Simon de Courtomer. Mais son cœur est ailleurs. Quelques semaines après la naissance de son fils, Louis Philippe Enguerrand (en juin 182217), Astolphe s’enfuit en Angleterre avec Édouard de Sainte-Barbe, de quatre ans son cadet, qu’il a rencontré quelques années auparavant. Léontine meurt de tuberculose le 7 juillet 1823. Astolphe est désormais libre de vivre pleinement sa passion avec Édouard.

Il reçoit avec magnificence dans son salon de très nombreuses célébrités de l’époque : Honoré de Balzac, Victor Hugo, Théophile Gautier, Stendhal, George Sand, Alphonse de Lamartine, Frédéric Chopin, Eugène Delacroix, François-René de Chateaubriand, Alfred de Musset, Mme de Récamier, Jules Janin, Henri Heine, la Duchesse d’Abrantès et Barbey d’Aurevilly. Ce dernier le décrit comme « un esprit dont le talent se distingue par un piquant infini qui ne l’abandonne jamais ».

À partir de 1853, Custine commence à avoir des ennuis d’argent et cherche à se défaire de ses propriétés. Il participe cependant à la vie communale : il est conseiller municipal de mai 1848 à juillet 1855. Il meurt à Saint Gratien le 25 septembre 1857, d'une crise cardiaque ou d'une apoplexie. Son acte de décès signé par Pierre Hemonnot et Antoine Botti est conservé à la mairie. Il est inhumé à Saint-Aubin d'Auquainville (Normandie).

Félix Georg Faber Bamberg, écrivain, publiciste et consul général d'Allemagne, naît à Unruhstadt (Prusse), le 17 mai 1820. Il étudie la philosophie et l’histoire à Berlin et à Paris. Il est nommé consul de la Prusse et du Brunswick en 1751, puis de la Fédération nord-allemande en 1867. Il devient correspondant à Paris du Neuen Berliner Muzikzeitung. Il s’installe avec son épouse à Saint-Gratien entre 1856 et 1866, dans une maison aménagée dans l’ancien parc du château. Lefeuve en fait la description suivante :

« L’architecte Pichelin y a érigé, entre autres, deux bâtiments en forme de petits forts, pour M. Bamberg, consul de Prusse, et tout le monde peut remarquer, en passant devant ces castels du moyen-âge en miniature, une petite porte rapportée, en vieux chêne, avec ce chiffre en relief : 1639. Nous l’aurions crue ou plus vieille ou plus jeune. Un vrai bijou de kiosque, tapi sous la verdure, ornée de jolies fresques et donnant sur un petit lac d’Enghien, le lac Mathilde, sert de boudoir à Mme Bamberg, après avoir été un cabinet de travail pour M. de Custine »18.

Après la victoire des troupes prussiennes à Sedan, en 1870, il est placé au quartier général de l’armée allemande à Versailles, à la tête du département de presse, puis en 1871, il est nommé conseiller politique de Manteuffel, commandant en chef des troupes occupant la France. En 1874, il est consul à Messine et de 1881 à 1889, consul général à Gênes. On lui doit l’Histoire de la Révolution de février et la première année de la République française de 1848 (en allemand, Brunswick, 1849) et l’Histoire diplomatique de la crise orientale de 1853-56 (en allemand et en français, 1858). Ami de jeunesse du poète et dramaturge allemand Friedrich Hebbel, il publie le journal 1884-87 de ce dernier, en 2 volumes, ainsi que sa correspondance en 2 volumes, 1890-1892. Il meurt à Saint-Gratien, où il est revenu résider dans sa propriété, le 12 février 1893.


La princesse Mathilde

« La princesse Mathilde - Laetitia - Wilhelmine Bonaparte, fille de Jérôme Bonaparte et de Catherine de Wurtemberg, est née à Trieste, le 27 mai 1820. Elle n'avait que trois ans lorsque ses parents l'emmenèrent à Rome, où ils allaient se fixer. Les leçons de sa gouvernante, la baronne de Reding, et les soins affectueux de sa tante, l'excellente princesse de Survilliers (Mme Joseph Bonaparte), développèrent rapidement les qualités de son coeur et de son intelligence. C'est vers les arts du dessin et de la couleur qu'elle se sentit naturellement attirée, et, à l'âge de neuf ans, elle commençait à peindre. En 1831, elle suivit ses parents à Florence, où elle resta jusqu'à la mort de sa mère (1835), après laquelle on l'envoya à la cour de Wurtemberg. La jeune princesse de Montfort (tel était le titre qu'elle portait, du nom porté par son père depuis la fin de l'Empire), fut parfaitement accueillie, à Stuttgart, et se lia particulièrement avec sa cousine germaine, la princesse Sophie, qui s'est rendue si célèbre par sa science et qui est devenue reine des Pays-Bas. Après quelques années passées dans la famille de sa mère, Mathilde retourna à Florence, et s'y occupa surtout à étudier et à copier les chefs-d'œuvre de la peinture qu'on y admire en si grand nombre.

Cependant son mariage se préparait avec Louis-Napoléon, devenu l'empereur Napoléon III, son cousin germain. La célébration allait en être fixée à une date prochaine lorsque les événements politiques séparèrent les deux fiancés. Mais, bien que l'emprisonnement du prince au fort de Ham eût fatalement empêché leur union, ils n'en conservèrent pas moins l'un pour l'autre une affection inaltérable. La princesse Mathilde fut mariée, le 1er novembre 1840, au comte russe Anatole Demidoff, qui vivait habituellement en Italie. L'empereur Nicolas, charmé par les bonnes grâces de la jeune princesse, qui était fille de sa cousine germaine, l'entoura d'une protection toute particulière. Aux voyages qu'elle fit à Saint-Pétersbourg, il l'accueillit avec une bienveillance marquée, et, lorsqu'en 1845 les deux époux consentirent mutuellement à terminer, par une séparation de corps et de biens, leur union qui était restée stérile, le czar exigea de Demidoff qu'il fit à sa femme une pension de 200.000 francs. Les relations affectueuses de la princesse Mathilde avec l'empereur Nicolas ne cessèrent qu'en 1854. Elle lui écrivit encore cette année, selon sa coutume, à l'occasion du premier jour de l'an. Sa lettre portait l'empreinte des préoccupations que faisait naître alors la perspective de la guerre entre la France et la Russie. Le czar, dans sa réponse datée du 3 février, touchait discrètement par quelques mots à la situation politique, et terminait ainsi : « Ce que je puis vous assurer, ma chère nièce, c'est que dans toutes les conjonctures possibles, je ne cesserai d'avoir pour vous les sentiments affectueux que je vous ai voués ». Mais c'était à Paris que se trouvaient 1es amitiés, les idées et le monde, au milieu desquels la princesse Mathilde préférait vivre. Il lui avait été permis d'y venir dès son mariage, et elle n'avait pas tardé à occuper un rang élevé dans la société. Lorsque Louis-Napoléon a été nommé président de la République, en 1848, elle fit, avec une grâce parfaite, les honneurs du palais de la présidence. Depuis l'Empire, elle est au nombre des membres de la Famille impériale de France. La princesse Mathilde passe l'hiver à Paris, la belle saison à Saint-Gratien, auprès du lac d'Enghien, et les dernières semaines de l'automne en Italie, dans une terre qu'elle a achetée en 1861, sur les bords du lac Majeur. Elle donne à la peinture la plus grande partie des loisirs qu'elle peut dérober à l'étiquette et à la représentation. Son atelier, qu'un tableau de Charles Giraud a fait connaître au public, est d'une délicieuse élégance. Les toiles sorties de sa main, qu'elle a exposées aux jugements de la critique, montrent un faire large et indiquent un goût pur. On vante la netteté de son intelligence, la simplicité et la droiture de son caractère, auquel s'allie parfois, dans le premier moment, un peu d'impétuosité, comme il convient à une artiste. On ne fait pas moins l'éloge de sa charité. Mais elle sait répandre les bienfaits sans ostentation et sans montrer la main qui donne. On sait seulement qu'elle a fondé un établissement qui porte son nom, et qui est destiné aux jeunes filles incurables. Il ne faut pas oublier, à la louange de son patriotisme, qu'elle a fait élever un monument à Catinat dans l'église du village de Saint-Gratien. M. Sainte-Beuve a tracé de main de maître le portrait de la princesse Mathilde. Nous en reproduisons ici les traits principaux :

« Elle a le front haut et fier... Ses cheveux d'un blond cendré, relevés en arrière, découvrent de côté des tempes larges et pures, et se rassemblent, se renouent en masse ondoyante sur un cou plein et élégant. Les traits du visage, nettement et hardiment dessinés, ne laissent rien d'indécis. Un ou deux grains jetés comme au hasard montrent que la nature n'a pas voulu pourtant que cette pureté classique de lignes se pût confondre avec aucune autre. L'oeil bien encadré, plus fin que grand, d'un brun clair, brille de l'affection ou de la pensée du moment, et n'est pas de ceux qui sauraient la feindre ni la voiler... La physionomie entière exprime noblesse, dignité, et, dès qu'elle s'anime, la grâce unie à la force, la joie qui naît d'une nature saine, la franchise et la bonté, parfois aussi le feu et l'ardeur... Cette tête si bien assise, si dignement portée, se détache d'un buste éblouissant et magnifique, se rattache à des épaules d'un blanc mat, dignes du marbre. Les mains, les plus belles du monde, sont tout simplement celles de la famille : c'est un des signes remarquables chez les Bonaparte que cette finesse de la main. La taille moyenne paraît grande, parce qu'elle est souple et proportionnée... » (Sainte-Beuve, le Constitutionnel du 14 juillet 1862).

On a de la princesse Mathilde un grand portrait en pied par E. Dubuffe, un beau profil au pastel par E. Giraud, et un buste en marbre par Carpeaux »19.

La princesse Mathilde s'attache à maintenir des liens étroits avec la cour de Russie20. Après la mort de son premier mari et la chute de l'Empire en 1870, elle s'exile quelque temps en Belgique, puis revient en France. Elle se remarie en décembre 1873, à l'âge de 53 ans, avec le poète Claudius Popelin (1825-1892).

La princesse Mathilde meurt à Paris le 4 janvier 1904 et est inhumée selon ses souhaits dans l’église de Saint Gratien.

La princesse Mathilde, artiste et protectrice des arts et lettres

Sous le Second Empire et la Troisième République, elle tient un salon littéraire important. Elle reçoit chez elle à Paris et à Saint-Gratien des écrivains et des artistes de toute couleur politique. Ennemie de l'étiquette, « elle accueillait tous ses visiteurs, avec un sans façon qui était l'extrême raffinement de la condescendance et de la politesse »21.

« Elle donne à la peinture la plus grande partie des loisirs qu'elle peut dérober à l'étiquette et à la représentation. Son atelier, qu'un tableau de Charles Giraud a fait connaître au public, est d'une délicieuse élégance. Les toiles sorties de sa main, qu'elle a exposées aux jugements de la critique, montrent un faire large et indiquent un goût pur. On vante la netteté de son intelligence, la simplicité et la droiture de son caractère, auquel s'allie parfois, dans le premier moment, un peu d'impétuosité, comme il convient à une artiste ».

Le comte Émilien de Nieuwerkerke (1811-1892), rencontré en 1845 à San Donato, entretient avec la Princesse une liaison qui durera jusqu’en août 1869.

Le graveur Eugène Giraud (1806-1881) et son frère et élève, le peintre Charles Giraud (1819-1892), sont les artistes attitrés de la princesse et ses « maîtres » en peinture. La princesse expose au Salon de 1859 à 1867, comme élève d'Eugène Giraud, et en 1865, elle reçoit une médaille de troisième classe.

Edmond de Goncourt (1822-1896), fondateur de la célèbre Académie, et son frère Jules de Goncourt (1830-1870), fondateur du prix éponyme, découvrent Saint-Gratien le 16 août 1862 (cf. le Journal des frères Goncourt) et feront de longs séjours chez la princesse, jusqu’à la triste fin de Jules, mort de longue maladie en 1870 et que l’eau d’Enghien ne parviendra pas à guérir.

Ernest Hébert (1817-1908), peintre officiel du second Empire, entretient avec la princesse une amitié de 40 ans, qui se traduit par une correspondance de plus de 600 lettres.

En 1868, Théophile Gautier (1811-1872), avec qui elle entretient des liens amicaux, devient son bibliothécaire et de ce fait, loge souvent à Saint-Gratien.

Les gens de lettres et les artistes que la Princesse Mathilde fréquente et reçoit à Saint-Gratien sont légion. Citons, entre autres : les écrivains Flaubert, Mérimée, Sainte-Beuve, Coppée, George Sand ; l’artiste Carpeaux ; le grand couturier Worth, etc.


Hervé Collet,

avec des contributions de Gérard Ducoeur,

et de Roland Magnoux (Saint-Gratien d’hier et d’aujourd’hui),

Janvier 2010.


BIBLIOGRAPHIE


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Publié sur le site de Valmorency (Association pour la promotion de l’histoire et du patrimoine de la Vallée de Montmorency) : www.valmorency.fr

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1 Sylvie Nicolas, Les derniers maîtres des requêtes de l'Ancien Régime (1771-1789) : dictionnaire prosopographique, Volume 51 de Mémoires et documents de l’Ecole des chartes, Librairie Droz, 1998, p. 191.

2 Cf.Charles de Rémusat, Charles Hippolyte Pouthas Charles de Rémusat/Charles Hippolyte Pouthas, Mémoires de ma vie, présentés et annotés, vol. 1, Plon, 1967, p. 20.

3 Sainte Beuve, Mme de Rémusat in Revue des Deux-Mondes, Ecrivains moralistes de la France, T. 30, 1842.

4 Idem ( ?) p. 87.

5 Cf. La biographie de Talleyrand dans « Brève histoire d’Andilly ».

6 Joseph Fr. Michaud, Louis Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne, 1865, p. 415.

7 Ibidem.

8 Frédéric Masson, Joséphine impératrice et reine, 1911, 464 pages, p. 139.

9 Revue des deux mondes, 1879, p. 45.

10 La comtesse de Ségur, née Sophie Rostopchine (1797-1874), est l’épouse du neveu de Philippe, le comte Eugène de Ségur. Son père, le général Rostopchine est celui qui met le feu au Kremlin en 1812 et qui pousse Napoléon à battre en retraite, avec un de ses généraux… Philippe de Ségur !

11 Ce qui est un paradoxe, quand on sait que Philippe de Ségur finira académicien.

12 Philippe Paul Ségur (comte de), Mémoires d’un aide de camp de Napoléon : De 1800 à 1812, Firmin-Didot, 1894, p. 1.

13 Claire Elisabeth Jeanne Gravier de Vergennes, Madame de Rémusat, Lettres de Madame de Rémusat, 1804-1814, Volume 2, Calmann Lévy, 1881, p. 15.

14 Philippe Paul Ségur, Louis Philippe Antoine Charles Ségur, Mémoires d’un aide de camp de Napoléon. 1813-1814-1815 : du Rhin à Fontainebleau, Firmin-Didot, 1895, p. 565.

15 P. 87.

16 Jean-Nicolas Bouilly, Conseils à ma fille, Paris, Mme Vve L. Janet, 1812, p. 551.

17 Il meurt le 2 janvier 1826. Il est enterré dans la chapelle du château de Fervaques, aux côtés de sa mère et de sa grand-mère.

18 Charles Lefeuve, op.cit., éd. 1866, p. 225.

19 Vapereau, Dictionnaire des Contemporains, repris par la Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, de Jean Chrétien Ferdinand Hoefer, 1863.

20 En octobre 1919, au plus fort de la guerre civile, un hôpital russe situé à Saint-Gratien dans les locaux du château de la princesse Mathilde est transféré à Novorossisk, près du général Denikine. Cf. Marina Gorboff, Russie fantôme : l'émigration russe de 1920 à 1950, Paris, L’Âge d’homme, 1995, p. 103.

21 Abel Hermant, D’une guerre à l’autre, vol 2, Lemerre, 1920, p. 62.