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LE PATRIMOINE ANCIEN ET LES SITES D’ANDILLY


L’église Saint-Médard

De l’ancienne église d’Andilly, on ignore tout, si ce n’est qu’elle est de celles dont les autels furent dédiés lors de la grande tournée des évêques coadjuteurs de Paris en 1547. Lorsque l’abbé Lebeuf la visita, dans les années 1730, il la trouva en plein chantier. Le chœur avait déjà été reconstruit, puisqu’on y travaillait depuis 1719, et la nef ancienne avait déjà été abattue. Seul demeurait le clocher qui semble avoir été d’une extrême rusticité. Jean-Henry de Lier, seigneur d’Andilly, avait financé les travaux, et fut inhumé dans le nouveau chœur. Le reste de l’édifice semble avoir été construit peu après. La décoration date cependant en grande partie du XIXe siècle.

Le plan se compose d’une nef de quatre travées, sur laquelle s’ouvrent deux chapelles ébauchant un plan cruciforme, et achevée par une abside. L’ensemble est voûté en plein-cintre. L’édifice mesure en tout 20 mètres de long. À l’extérieur, très sobre, la façade concentre toute l’ornementation. Son corps central est scandé de deux pilastres toscans amortis par un fronton triangulaire placé sous le toit à croupe coupée. Le clocher en saillie, sur la droite, est percé de quatre baies cintrées, il reste d’une élévation modeste.

Même si la plupart ont été apportés au XIXe siècle, les œuvres d’art qu’abrite l’édifice le distingue des autres églises rurales de la Vallée de Montmorency. Le décor architectural se compose de grandes arcatures dans lesquelles s’inscrivent des baies cintrées. Des pilastres toscans séparent ces modules et portent un entablement avec sa frise. L’ensemble donne à l’intérieur un caractère chaleureux et solennel à la fois.

Le cul de four de l’abside contient le dernier élément datant du XVIIIe siècle. Il s’agit d’anges sur les cintres et la corniche. Dans l’arcade centrale, au-dessus du maître-autel, on peut voir une gloire avec le nom de Jéhovah apparaissant dans les nuées. Peu à peu l’église s’est enrichie à mesure qu’elle bénéficiait des dons. Sur le retable, la copie ancienne des Pèlerins d’Emmaüs de Véronèse a été offerte par le roi Charles X en 1825. En 1847, le maître-autel est renouvelé, avec un bas-relief représentant la Passion. Napoléon III offrit à son tour en 1864 une copie de la Nativité de la Vierge de Pierre de Cortone. Deux autres copies, du XIXe siècle cette fois, ont été placées dans la chapelle de la Vierge. Il s’agit de la Vierge à la chaise d’après Raphaël et de l’Adoration des bergers, d’après Van Loo. En revanche, le tableau représentant la Sainte Famille, avec l’Enfant Jésus endormi sur les genoux de sa Mère est un original anonyme du XVIe siècle.

Un dernier tableau est assez touchant. Il s’agit du portrait votif de Mme Gonzague-Privat, décédée dans la fleur de l’âge et peinte par son mari vers 1881. Dans le domaine de la sculpture, on pourra admirer une Vierge à l’Enfant du XVIIe siècle et un Christ en Croix du XIXe siècle, librement inspiré du style de Prudhon. La tribune hémicirculaire installée au fond de la nef et qui n’a jamais reçu d’orgue, date de 18641.


Le château de Belmont

Situé rue Aristide Briand, il est le plus ancien des châteaux d’Andilly. Par actes en date du 23 février et du 12 mai 1798, Louis-Marie La Revellière-Lépeaux, membre du Directoire (biographie ci-après), achète aux héritiers de Nicolas Robinot les domaines de Belmont et de Méry. En fait, le Directeur habite au Château Gaillard, mais très peu de temps, car il quitte Andilly au lendemain de son éviction du Directoire le 19 juin 1799, pour se rendre à la Rousselière près d’Orléans. Il vend Belmont et le Château Gaillard à Mme Louise Millot, en 1809 (cf. ci-après).

En 1817, Belmont abrite Claire de Durfort, duchesse de Duras (biographie ci-après). A dire vrai, on est en droit de se demander quel bâtiment Mme de Duras a vraiment acheté et habité, au vu d’un certain nombre de textes :

- La correspondance de Claire Duras : « 8 juillet 1818. Je vous écris de ma chaumière, où je suis enfin établie depuis quinze jours »2.

- Le témoignage de Chateaubriand, son ami, qui est souvent venu à Andilly : « Elle (Claire de Duras) avait l'intention de me laisser un petit réduit qu'elle avait acheté sur les collines de la forêt de Montmorency »3 .

- La biographie de Talleyrand : « Il (Talleyrand) acheta à la duchesse une petite et pittoresque maison de campagne qu’elle possédait non loin de Montmorency. Cette propriété, dite « le petit Andilly » était « un œil ouvert sur la forêt »4.

Tous ces qualificatifs, renvoyant à l’idée de petitesse, ne cadrent pas le caractère majestueux de l’actuel château de Belmont. Nous en resterons là pour le moment. Des recherches ultérieures nous permettront sans doute d’en savoir plus.

L’aménagement de sa chaumière lui prend du temps et ce n’est que vers le 25 juillet 1818, comme on vient de le voir, qu’elle peut confortablement s’installer :

« Ma petite maison va son train (1). J'espère que dans quinze jours je pourrai vous la montrer, c'est-à-dire que vous en verrez les murailles. Tout est à faire. Il faudra toute votre imagination pour la comprendre. Pour moi, je suis comme un auteur pénétré de son sujet : je vois l'ensemble, les détails, rien ne m'échappe. Si je puis vivre et me guérir l'âme, peut-être que je serai heureuse là. Qui sait ? »

(1) Mme de Duras se faisait construire alors une agréable retraite à Andilly »5.

La duchesse de Duras cède sa propriété en 1824 au célèbre duc Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, prince de Bénévent, qui l’a pressée de la lui céder : « Je retourne à Saint-Germain, car depuis que je vous ai écrit, j'ai vendu ma maison d'Andilly à M. de Talleyrand qui la désirait depuis longtemps »6.

Talleyrand achète cette maison à Andilly pour deux raisons :

- Il désire se rapprocher de certains de ses amis : « « Talleyrand tenta un dernier effort  pour se rapprocher du clan Montmorency-La Rochefoucauld. Il agit par l’intermédiaire de Mme de Duras, la vieille et fidèle amie de Chateaubriand. (…) Il fit aménager (la maison), nous dit Lacour-Gayet, pour y recevoir Mme de Duras, avec les amis graves qu’elle préférait : Mollé, Montmorency, Villèle, Barante, Villemain »7.

- Il souhaite installer sa nièce, Dorothée, princesse de Courlande, comtesse Edmond de Périgord, duchesse de Dino, future duchesse de Talleyrand-Périgord et de Sagan (biographie ci-après), dans un pied-à-terre près de Paris. Il vient lui même y séjourner de temps en temps. Mme de Dino retrouve dans son voisinage immédiat, un ardent défenseur de la cause grecque, Théobald Piscatory (1799-1870), futur député de Chinon, qui devient son amant au point de la rendre mère d'une petite Antonine-Dorothée, qui naîtra à Bordeaux, le 10 septembre 1827.

En 1828, Adrien-Pierre de Lestapis (1780-1852), ancien receveur général des finances des Basses-Pyrénées, s’installe dans le château de Belmont. Il est le père de Jules de Lestapis (1814-1891), député des Basses-Pyrénées (1871), puis sénateur (1876-1882).

On trouve ensuite Léon Gay (1818-7 juin 1881), banquier et armateur marseillais8. Sa fille, Hélène, épouse Jules Rostand, qui sera maire de 1921 à 1925.

Celui-ci lègue temporairement, par testament, le château de Belmont aux sœurs de la Providence, afin d’en faire une maison de retraite qui fonctionne jusqu’en 1970. À cette date, le domaine revint aux héritiers de la famille Rostand qui le revendent au docteur Sebbah en 1986. Ce dernier en fait une « Maison de santé » de grande classe et ouvre le restaurant « le Talleyrand ». Aujourd’hui ce château a été acheté par un promoteur immobilier.


Le château Gaillard

Ce château, qui fait suite au précédent, est en fait une annexe qui fut souvent incluse dans les contrats de vente du domaine Belmont. Il est vendu en 1809 par La Réveillère-Lépeaux à Madame Louise Suzanne Zoé Millot. Celle-ci épouse en premières noces Mathieu-Félicité-Isidore Agasse, secrétaire du duc de Bassano, ministre de Napoléon 1er, puis en secondes noces le 8 octobre 1819, le général baron de Valazé (biographie ci-après). Au décès de la baronne de Valazé, le 27 juillet 1865 à Andilly, Madame Lacorne, sa nièce prend possession du château, qu’elle revendra à M. Maugras. Ce château devient ensuite une maison de retraite et aujourd’hui une propriété privée.


La propriété de M. Braccini

Il convient de citer cette demeure, qui a frappé l’auteur des Lettres à Jennie, sous la Restauration, mais qui date probablement de l’Empire car ce Braccini, dont on a peu de traces sur Andilly, figure dans tous les manuels de jurisprudence du XIXe siècle pour avoir eu en 1815 des démêlés avec un de ses locataires, Lord Kinnaire, noble écossais ouvert aux idées libérales (biographie ci-après).

Le proble, pour situer ce M. Braccini, est que les rares textes dont nous disposons sur lui ne donnent pas son prénom. Nous émettons l’hypothèse qu’il pourrait s’agir de l’homme de confiance de la famille Bonaparte, François Braccini, nommé en janvier 1798 receveur des douanes à Ajaccio en 1798 et fondé de pouvoir en Corse de son cousin, le cardinal Joseph Fesch. Voici, en tout état de cause, la description qui est faite de la propriété Braccini en 1818 :

« On remarque à Andilly plusieurs jolies habitations, entr'autres celle de M. Braccini. La maison est bâtie avec élégance, et le parc distribué avec goût. On aperçoit au bout de cette maison sur un massif de rocher une Ariane venant d'expirer dans l'île de Naxos.

Le parc qui s'élève comme un amphithéâtre, présente le coup d'oeil le plus agréablement varié : sur le haut est un hermitage ou petit temple, d'où l'on domine sur toute la campagne. C'est un chef-d'œuvre de goût dans le genre rustique. Du bois brut de peuplier forme les colonnades de rentrée. On voit au-dessus de la porte, une petite statue de Paris, tenant la pomme destinée à la plus belle.

L'intérieur est garni en paille et entouré de sièges en nattes. Le pavé est fait de rocailles imitant un peu la mosaïque. Des croisées en verres de couleur se réfléchissent sur le pavé et produisent dans ce joli pavillon un effet très agréable : le toit est couvert en chaume.

Au devant de cet hermitage est une terrasse avec des morceaux de rochers, et des plantes sauvages garnissent les alentours. Ici la vue se promène au loin sur les sites les plus beaux d'Andilly, de Saint-Gratien et de la vallée de Montmorency : une chaîne de coteaux termine dans le lointain ce charmant tableau »9.


Le château des Orchidées

Ce château est situé en face du château de Belmont. Il a d’abord appartenu à Alphonse-Antoine Letellier (1789-1843), dont la fille Célestine Letellier (1810-1878) épouse en 1829 Pierre-Jules Baroche (1802-1870), avocat qui deviendra député, puis ministre sous la IIe République et le second Empire. Letellier est connu pour avoir fondé, en mars 1826, avec Léonard Violet (né en 1791), conseiller municipal de Vaugirard et entrepreneur de travaux publics, le 20 mars 1826, une société au capital de 3 600 000 francs pour l'exploitation de terrains dans le quartier de Grenelle à Paris, qui deviendra Beaugrenelle.

Le château des Orchidées est vendu en 1855 à un M. Lefèvre. De 1890 à 1894, il devient la propriété de l’extravagant « baron » James Aloysus Harden-Hickey (1854-1898)10, aventurier de nationalité américaine, fondateur du journal satirique Le Triboulet11. Après un bannissement de 10 ans, il rentre en France et vient se fixer au Château des Orchidées, qu’il quitte rapidement pour fonder une « principauté » dans la petite l’île de Trinidad, au large de Rio de Janeiro, dont il deviendra l’éphémère « prince »12.

Nous trouvons ensuite les noms des familles : de Hercé, Huffer et Toulouse.

Le Docteur Sebbah en devient le dernier propriétaire et l’aménage en clinique psychiatrique en 1964.


Le château Rodocanachi

Situé à l’angle de la Rue de l’Eglise et de la rue A. Briand. Un financier, Pierre Rodocanachi, fait construire ce château dans la seconde moitié du XIXe siècle. Il possède un parc boisé de 11 hectares, où il crée « une faisanderie importante, aménagée avec le plus grand soin, qu'il a peuplée des animaux les plus rares »13.

« M. Pierre Rodocanachi, au château d'Andilly, a réussi l'élevage du Goura Victoria, ainsi que des Faisans d'Elliot et de Sommering, deux espèces de grand avenir comme gibiers, étant originaires du nord, l’une de la Chine, l’autre du Japon. Ces deux faisans, remarquables par la beauté de leur plumage, se recommandent aux amateurs de chasse par leur rusticité à supporter nos hivers »14.

Cette faisanderie est réputée et fournit les produits de son élevage à de nombreux jardins zoologiques, dont celui de Paris - Bois de Boulogne :

« Au moment où j’écris, on peut voir dans les parquets du Jardin zoologique du Bois de Boulogne un beau mâle élevé en 1880 chez M. Rodocanachi à la faisanderie du château d'Andilly »15.

Étant donné ses dimensions et sa situation avec vue sur Paris et la région parisienne, le château est annexé par l’armée allemande en 1940 pour y installer une Kommandantur. Un précieux document de l’époque y subsiste sous forme d’une peinture panoramique exécutée depuis la façade ouest, avec relevé des distances d’Andilly et des villes voisines. Elle est signée d’un officier allemand en juin 1944. Ce château est acquis après la libération par EDF-GDF pour ses œuvres sociales et aménagé en 1986 en maison de retraite médicalisée.


Le château des Sources

Situé derrière l’église d’Andilly, il est construit à la fin du XIXe siècle par Alfred Deschars, maire d’Andilly de 1896 à 1919. Il le cède en 1943 à René Cassin, président de la Cour européenne des droits de l’homme, rédacteur de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, vice-président du Conseil d’État et membre du conseil constitutionnel, Prix Nobel de la Paix en 1968. La rue qui borde la propriété porte son nom. La municipalité a racheté cette propriété en 1998 et y a installé la nouvelle mairie.

Le colombier

Ce bâtiment est, avec l’église, le plus ancien élément patrimonial de la commune. Il s’agit d’une dépendance du château, aujourd’hui disparu, et qui date du temps de la famille Arnauld. Il se présente sous la forme d’une grosse tour ronde aux murs de pierres, très épais. On compte à l’intérieur plus de 1500 niches en bon état de conservation (les boulins). Lui-même a été récemment restauré. Sous l’ancien Régime, la possession d’un colombier constituait un privilège seigneurial.


Le fort de Montlignon

Le fort dit de Montlignon, l’un des ouvrages du camp retranché de Paris, conçu par l’ingénieur Joseph Jacques Césaire, est construit à partir du 4 août 1874, par Joffre (1852-1931), capitaine du génie et futur maréchal. La porte d’accès, bâtie sur une contrescarpe, se trouve en forêt de Montmorency, sur la commune d’Andilly. Ce fort et celui de Domont sont destinés à appuyer la défense mobile de la forêt de Montmorency, renforcée par la batterie de Blémur (à Piscop)16.

L’armorial d’Andilly

La description héraldique des armes de la commune d’Andilly est la suivante : « d’azur au chevron d’or, accompagné en chef de deux palmes adossées du même et en pointe d’une montagne de six coupeaux aussi d’or ».

Les armes sont celles de la famille Arnauld (XVIe siècle), rendue fameuse par le jansénisme et l’abbaye de Port-Royal-des-Champs17.


ILS ONT HABITÉ ANDILLY


Simon Marion, « Cicéron français » et seigneur d’Andilly

Simon Marion, né à Nevers en 1540 est un avocat célèbre pendant trente-cinq ans, protégé par Catherine de Médicis qui le nomme avocat général de sa maison. Il devient ensuite conseiller du duc d'Alençon, président aux enquêtes du Parlement en 1596, conseiller d'État, puis avocat général du Parlement l’année suivante. Il est présenté par le cardinal Duperron comme le Cicéron français18. Il acquiert la seigneurie d’Andilly-le-Haut en 1566. Marié à Catherine Pinon, il est le père de Catherine Marion, qui épouse Antoine Arnauld en 1585 dans les circonstances suivantes : « Il fut un jour, à l'audience, si enchanté de l'éloquence du jeune Antoine Arnauld qu'il l'emmena chez lui et lui offrit en mariage sa fille aînée »19. Par cette union, Simon Marion sera grand-père des vingt enfants du couple Arnauld, dont Robert Arnauld d’Andilly, Antoine dit le grand Arnauld et mère Angélique (cf. ci-après). Il meurt à Paris le 15 février 1605 et est enterré à l’église Saint-Merry de Paris :

« L’église Saint-Merry renferme le tombeau de Simon Marion, avocat général au parlement de Paris, et dont le cardinal Duperron, qui n'était pas prodigue de louanges, dit que c'était « un grand orateur, et avait cette partie, qu'en discourant, il persuadait fort, et n'émouvait pas moins, mettant par écrit... C'est le premier du palais qui ait bien écrit et possible qu’il ne se trouvera jamais un qui le vaille. Je dis plus, que, depuis Cicéron, il n'y a pas eu un avocat tel que lui ». Il fit pour lui cette épitaphe :

Sous ce tombeau paré de mainte sorte

D'honneurs muets, gist l'Eloquence morte ;

Car Marion du sénat l'ornement,

Et du barreau l'oracle suprême,

N'est pas le nom d'un homme seulement,

Mais c'est le nom de l'Eloquence même »20.

Les armes des Marion : « Dans le champ, un écu ogival aux armes de la famille Marion de Druy : écartelé aux 1 et 4 d'azur, au croissant d'argent, surmonté d'une étoile d'or ; et aux 2 et 3 d'or, à l'arbre de sinople, terrassé de même. Cet écu timbré d'un casque de trois quarts, orné de lumbrequins est surmonté d'une figure humaine peu distincte, tenant de ses mains étendues deux couronnes, l'une d'épines, l'autre de laurier »21.


Catherine Marion (Mme Arnauld), dame d’Andilly et religieuse de Port-Royal

Catherine Marion, née le 13 janvier 1573, est la fille de Simon Marion, seigneur d’Andilly et de Catherine Pinon. Elle épouse le 1er avril 1585, à l’âge de 12 ou 14 ans, Antoine Arnauld, qui est veuf et qu’elle a connu dans les circonstances suivantes : « L’avocat général Simon Marion fut un jour si satisfait de l’avoir entendu plaider, qu'il le prit dans son carrosse, l'amena dîner, et fit mettre sa fille auprès de lui. Après le dîner, il le tira à l’écart et lui demanda ce qu'il pensait de sa fille ; et ayant su qu'elle lui semblait d'un grand mérite, il la lui donna en mariage »22. Catherine lui apportera en dot, à la mort de son père, en 1605, la seigneurie d’Andilly. Le couple aura vingt enfants. Elle comble les habitants d’Andilly de ses bienfaits. Sa fille, Mme Le Maistre, dans une Relation de la vie et des vertus de Mme Arnauld, s'exprime ainsi en parlant de la charité de sa mère : « En cela mesme, elle gardoit toujours l'ordre, allant premièrement à son village d'Andilly, où, depuis 1605 qu'il fut à elle, il n'y eut personne qui demandast sa vie, car elle la faisoit gagner à tous ceux qui pouvoient travailler, et nourrissoit ceux que la vieillesse ou la maladie en rendoient incapables Son mari assistoit les pauvres gens d'Andilly en tout ce qu'ils avoient besoin, leur avançant de l'argent sur tous les ouvrages qu'ils faisoient et leur en prestant, et donnant selon les nécessités, sans jamais s'en sentir importuné, à quelque heure qu'ils vinssent, et quelque empeschement qu'il eust, ne pressant point de payer ceux qui tenoient ses terres, et attendant leur commodité afin qu'ils le fissent plus facilement »23.

Après avoir élevé ses enfants et devenue veuve en 1619, elle entre en religion sous le nom de sœur Catherine de Sainte-Félicité : « Après la mort de M. Arnauld, son mari, s'étant retirée à Port-Royal, elle fut un jour si touchée d'un sermon qui se fit à la profession d'une religieuse, qu'après la cérémonie elle alla se jeter aux pieds de sa fille, la mère Angélique, lui demandant d'entrer au noviciat et la prenant pour supérieure et pour mère… Le 4 février 1629, elle fit donc profession entre les mains de sa fille… Peu après sa profession, elle devint fort infirme : s'étant soumise à l'obligation de lire chaque jour le grand Office, elle s'y usa la vue et fut affligée par une cécité presque entière. On admirait sa tranquillité d'esprit, sa simplicité en tout, son humilité singulière dans la façon dont elle se conduisait avec ses filles religieuses. Elle appelait toujours la mère Angélique ma Mère ainsi que la mère Agnès, parce qu'elles étaient ou avaient été abbesses ; elle se mettait à genoux, comme les autres religieuses, devant celle des deux qui était abbesse dans le moment. Pour ses autres filles, elle les appelait ses sœurs, et les faisait toujours passer devant elle, à cause qu'elles étaient ses anciennes dans la Religion ».  Elle meurt le 28 février 1641.

Antoine Arnauld, avocat et seigneur d’Andilly

Antoine Arnauld, naît à Paris en 1550. Il est fils d’Antoine La Mothe-Arnauld et d’Anne Forget de Hermant, fille du premier maître-d'hôtel du Connétable de Bourbon. Il est reçu maître-ès-Arts en 1573 et obtient son agrément comme avocat au Parlement de Paris, où il se fait remarquer par une éloquence et une probité peu communes. Henri IV récompense ses mérites en lui conférant un brevet de Conseiller d'Etat. Après avoir été conseiller et procureur général de la reine Catherine de Médicis, il est choisi par Marie de Médicis pour être son avocat-général. La Reine lui demande même d’être secrétaire d'Etat. Mais il décline la proposition en expliquant « qu'il servirait mieux Sa Majesté, étant Avocat du Roi, que s'il était Secrétaire d'Etat ». Parmi les causes les plus célèbres qu’il défend, citons celle qu'il plaide en 1594 contre les Jésuites, pour le compte de l'Université de Paris. Son plaidoyer est imprimé la même année. Dans le même ordre d’idées, il compose, en 1602, un petit livre intitulé, Le Franc et Véritable Discours, pour empêcher le rappel des Jésuites en France, qui lui vaut une réfutation du P. Richeome sous le titre de Plainte apologétique au Roy tres-chrestien de France et de Navarre pour la Compagnie de Jésus : contre le libelle de l'autheur sans nom, intitulé, Le franc et véritable discours, etc. : avec quelques notes sur un autre libelle dict Le Catéchisme des Jésuites. Son mariage avec Catherine Marion en 1585 (elle a douze ans) lui vaut de devenir, à ses côtés, seigneur d’Andilly-le-Haut après la mort de Simon Marion en 1605. Cette implantation dans le village semble compter beaucoup pour l’ensemble de la famille Arnauld :

« Il est souvent question d'Andilly, mais sans aucun détail, dans les mémoires et relations qui racontent l'enfance et la jeunesse de la mère Angélique et de ses sœurs. C'est à Andilly que leur père les conduisait pour rétablir leur santé compromise par les premières austérités du cloître. C'est à Andilly qu'Angélique méditait ses projets de réforme, et avait à lutter contre les obstacles que lui opposait la tendresse de son père. Voy. notamment l'ouvrage déjà cité : Relations sur la vie de la R. mère Angélique, t. III. : « Arnauld venoit quérir sa fille vers les quatre temps de septembre pour la mener à Andilly perdre sa fièvre quarte, et encore plus ses pensées de réforme. Elle eut là de fortes batteries contre la tendresse et l'amour du meilleur père qui fût au monde »24.

Antoine Arnauld meurt en 1619, âgé d'environ 70 ans. François de Sales, à sa mort, vient bénir ses enfants au château d’Andilly25 (dix des vingt enfants d’Antoine survivront à leur père).

Mère Angélique Arnauld, abbesse de Port-Royal

Jacqueline Marie Arnauld (8 septembre 1591 - 6 août 1661), qui deviendra mère Angélique Arnaud, est la troisième des vingt enfants d’Antoine Arnauld. Grâce à des dispenses fournies par le pape Alexandre VI, son père réussit en 1599 à la faire nommer coadjutrice de l’abbesse Jeanne de Boulehart, alors qu’elle n’est âgée que de sept ans. À cette époque, Port-Royal est un exemple symbolique des abus que l’Église issue du Concile de Trente cherche à éradiquer : les religieuses vivent dans le relâchement. Elle prononce ses vœux en 1600 et devient en religion mère Angélique. Le chapitre l’élit abbesse en 1602. En 1609, elle entreprend de réformer son monastère et de restaurer la règle de saint Benoît dans toute sa rigueur. En quelques années, elle impose à sa maison la séparation du monde, la communauté des biens, le silence, l’abstinence de viande, l’habit pauvre, le travail manuel ou encore la veille de nuit. Le monastère, longtemps tolérant aux mœurs dissolues, devient un fer de lance de la Contre-Réforme en France.

L’une des mesures les plus emblématiques, prise d’emblée par la mère Angélique, est le rétablissement de la clôture, qui occasionne une scène spectaculaire connue sous le nom de Journée du Guichet, le 25 septembre 1609. Ce jour-là, Jacqueline refuse l’ouverture des portes à sa famille, venue comme à l’accoutumée lui rendre visite. Antoine Arnauld se fâche. Les nerfs de Mère Angélique ne résistent pas à cet échange trop vif, et elle s’évanouit. Bouleversé, d’Andilly se précipite pour chercher du secours et oublie aussitôt sa fureur. Revenu de ses fougueux emportements, il ne tarde pas à se réconcilier avec sa sœur, et ne peut résister à son charisme : elle l’amène, avec toute sa famille, à la suivre avec ferveur dans la voie de la « conversion », et il devient bientôt l’un des soutiens inébranlables du monastère.


Le grand Arnauld, théologien, philosophe et mathématicien

Antoine Arnauld, qui nait 6 février 1612 à Paris - 8 août 1694 à Bruxelles), est surnommé le Grand Arnauld par ses contemporains pour le distinguer de son père. Vingtième et dernier enfant d’Antoine, et frère d'Angélique et d'Agnès Arnauld, abbesses de Port-Royal-des-Champs, il est l'un des principaux chefs de file des jansénistes et un opposant des Jésuites au XVIIe siècle.

Il est à l'origine destiné au barreau, mais décide d’étudier la théologie en Sorbonne. Il y obtient les plus grands succès et sa carrière promet d’être brillante quand l'influence de l’abbé de Saint-Cyran (Jean Duvergier de Hauranne) l’attire vers le jansénisme. Son livre, De la fréquente Communion (1643), est une étape importante pour rendre les buts et les idéaux de ce mouvement intelligibles au grand public. Cette publication lui attire tant d’ennemis qu’il est forcé de se cacher et pendant plus de vingt ans, il n’ose plus se montrer en public à Paris. Pendant ce temps, il écrit d'innombrables brochures en faveur du jansénisme.

Pour comprendre le jansénisme, il faut remonter à l’année 1640, au moment où paraît l’Augustinus, de Cornelius Jansen (1585-1638), deux ans après la mort de celui qui n’aurait été qu’un obscur prélat hollandais sans le formidable retentissement que connaîtra son traité sur la Grâce. Le problème de la grâce divine et celui, conjoint, de la liberté humaine sont de ceux qui, depuis le début du christianisme, ont tourmenté les consciences humaines : « Serons-nous sauvés ? Et comment ? ».

L’Augustinus paraît à Louvain, en violation flagrante des prescriptions pontificales qui interdisaient de traiter publiquement des problèmes de la grâce. L’Eglise catholique est encore traumatisée par la Réforme protestante qui proclame, entre autres principes, que l’homme n’a aucune action positive dans l’heure de son salut. Pour Luther et Calvin, être sauvé dépend uniquement de la grâce, de la volonté de Dieu, de décisions fixées de toute éternité par la sagesse divine. Prédestiné, l’homme ne peut pratiquement rien faire par lui-même pour être un élu plutôt qu’un damné.

Le jansénisme contenu dans l’Augustinus est essentiellement doctrinal. Mais il devient rapidement précepte moral et symbole d’un rigorisme étroit, sous l’influence d’Antoine Arnauld et des moniales de l’Abbaye de Port-Royal. Malgré la bulle In eminenti qui a condamné l’Augustinus, on continue à lire et à commenter l’œuvre de l’évêque d’Ypres. La querelle de la grâce et de la liberté occupera toute la fin du XVIIe siècle, à la manière de ces disputes byzantines où les arrière-pensées politiques voisinent facilement avec les convictions religieuses. Au moment où se développe en France ce que l’on appellera le Gallicanisme, le jansénisme apparaît certes comme une résistance à la libéralisation croissante des mœurs, mais aussi comme un combat contre l’autorité de Rome.

En 1655, deux Lettres à un duc et pair sur les méthodes des Jésuites dans le confessionnal valent à Antoine Arnauld d’être expulsé l'année suivante de la Sorbonne en même temps que Nicolas Perrault. Cet événement est à l'origine des Provinciales de Blaise Pascal. Ce dernier, cependant, ne peut sauver son ami : en février 1656, Antoine Arnauld est solennellement dégradé. Douze ans plus tard, la « Paix clémentine » met fin à ses ennuis. Il est aimablement reçu par Louis XIV et traité presque en héros par le peuple.

Il se met alors au travail avec Pierre Nicole sur un grand ouvrage contre les calvinistes : La perpétuité de la foi de l'Église catholique touchant l'eucharistie. Dix ans plus tard, cependant, la persécution contre les jansénistes reprend. Antoine Arnauld est contraint de quitter la France pour les Pays-Bas, s'installant finalement à Bruxelles. Il y passe les seize dernières années de sa vie à discuter inlassablement de controverse avec les jésuites, les calvinistes et les hérétiques de toute sorte. Il meurt le 8 août 1694.


Robert Arnauld d’Andilly, conseiller d’état, poète et seigneur d’Andilly

Né le 28 mai 1589 à Paris et mort à l'abbaye de Port-Royal-des-Champs le 27 septembre 1674 Robert Arnauld est l’aîné des vingt enfants d’Antoine Arnauld. Il est le premier des Arnauld à porter le nom d’Andilly, dans la mesure où c’est lui qui hérite de la seigneurie du village, à compter de la mort de son père en 1619. Il devient conseiller d’état, spécialiste des questions financières, proche de Marie de Médicis. Par l'élégance de sa langue, il figure parmi les grands poètes, écrivains et traducteurs du français classique au XVIIe siècle. Fervent catholique, il joue un rôle important dans l'histoire du jansénisme et devient l'un des Solitaires de Port-Royal-des-Champs, où il se retire en 1643, à l'âge de cinquante-cinq ans. Il y compose un certain nombre d'ouvrages d'érudition religieuse. En 1656, à la suite de l'arrêt de la Sorbonne excluant son frère, le grand Arnauld, ordre est donné de disperser les Solitaires des Champs. Passionné d’arboriculture, il s’illustre également dans le développement de l’art de tailler les arbres fruitiers, qui fait l’objet d’une publication. Il rédige ses mémoires en 1667. Il épouse en juillet 1613 Catherine, fille d’Antoine Le Fèvre de la Boderie, grand avocat lui aussi, dans les conditions suivantes :

« Derrière les chaises du Roi et de la Reine, se tenait habituellement un tout jeune homme. Et, tant que durait la séance, il en suivait attentivement toutes les discussions. Ce jeune homme, dont le regard brillait d'intelligence, était Robert Arnauld d'Andilly, le futur traducteur des Confessions de saint Augustin et de l'Histoire des Juifs. (…) La Boderie fut séduit par sa distinction et sa maturité, et le suivit des yeux, avec la pensée d'en faire un jour son gendre : sa fille unique n'avait que 14 ans. Douée de tous les agréments de l'esprit et déjà belle, elle avait été demandée en mariage par des personnes fort riches et de fort grande qualité, mais il avait coutume de dire : « Qu'il aimoit beaucoup mieux que Dieu lui eust donné une fille qu'un fils, parce que, s'il n'avoit eu qu'un fils, il lui auroit fallu le garder tel qu'il seroit, au lieu qu'il choisiroit, pour sa fille, un gendre selon son coeur ».

Un jour qu'il sortait du Conseil, il s'approcha de Robert Arnauld : « Je m'en vais à Pomponne, lui dit-il, pour quelques jours ; je vous prie de m'y venir voir, et je vous assure que personne n'y sera si bien venu ». Ces paroles, si encourageantes, allaient au-devant des désirs du jeune homme : son père et son oncle avaient déjà pensé, pour lui, à Mlle. de La Boderie, et, lui-même désirait beaucoup ce mariage, en raison de la haute estime qu'il avait pour M. de La Boderie : « C’estoit, nous dit-il, un homme d'un mérite si extraordinaire que l'on et n'en voyoit pas en France si capable que lui de remplacer M. de Villeroy, s'il fust venu à manquer ; mais comme ni mon père, ni moi n'aurions voulu, pour rien au monde, prendre le hasard d'un refus, nous ne pouvions nous résoudre à en faire la proposition »

Robert Arnauld se rendit à Pomponne ; il y fut reçu avec des témoignages tout particuliers d'affection; et, ce qui était plus significatif encore, M. de La Boderie lui parla d'aller à Andilly et d'y mener sa fille. Peu de jours après, ce projet se réalisait et le jeune prétendu, assis en carrosse auprès de Mademoiselle de La Boderie, avait tout loisir de l'entretenir. Il ne restait plus à faire que la demande officielle : Madame de Mareuil, nièce de M. de Fontenay et parente des Arnauld, qui avait pour le jeune Robert une amitié de mère, voulut bien se charger de porter les premières paroles. M. de La Boderie lui répondit avec cette grâce, cette civilité qui en faisait un homme vraiment à part : « Qu'elle pouvoit juger du plaisir qu'elle lui faisoit de lui demander sa fille pour Robert Arnauld, puisqu'il estoit près de le demander pour sa fille. »

Le mariage résolu et les articles dressés, la difficulté ne fut pas à en demeurer d'accord, mais à déclarer ce que chacun désiroit ; et, sur cette contestation, ils furent signés en blanc, et ne furent remplis que lorsqu'il fallut dresser le contrat. Antoine Arnauld donna à son fils la terre d'Andilly. Et M. de La Boderie, à sa fille, la terre de Pomponne »26.


Louis Marie La Reveillère-Lépeaux (ou La Revellière-Lépeaux) naît à Montaigu dans le Poitou le 24 août 1753. Il devient avocat au Parlement de Paris et professeur de botanique à Angers avant d'être nommé député aux états généraux en 1789. Il adopte les idées révolutionnaires et siège à la Convention avec les Girondins, dont il partage la proscription le 2 juin 1793. Bosc s’était réfugié à Sainte-Radegonde, petit ermitage qu'il avait acheté, au milieu de la forêt de Montmorency. Il cachait des proscrits. Habillé souvent en paysan, il portait sur son dos, dans une hotte, les provisions qu'il avait pu se procurer.

« Dans un de ses voyages à Paris, (Bosc) voit chez Creuzé-Latouche son ami, La Réveillère-Lépaux, qu'il connaissait peu alors : celui-ci, mis hors la loi, ne savait comment sortir de Paris, comment échapper à l'échafaud. Bosc s'empare de lui, ils passent ensemble les postes les plus difficiles, ils échappent à tous les dangers, et arrivent à Sainte- Radegonde, où, comme le dit La Réveillère, ils furent, pendant trois semaines, réduits à vivre d'un peu de pain, de limaçons, de lichens et de quelques pommes de terre. Une poule seule composait leur basse-cour. Ses oeufs étaient tous destinés à La Réveillère, dont la santé était fort délabrée : un jour, un oiseau de proie fond sur la poule, et malgré les efforts de Bosc, il la tue sans néanmoins l'emporter. Tandis que celui-ci s'afflige de n'avoir plus d'œufs à donner à son ami, Creuzé-Latouche arrive chez les deux reclus. Ils veulent faire fête à leur hôte nouveau : la poule est préparée par eux, et l'amitié leur faisant oublier leurs maux, ils applaudissent à la voracité de l'oiseau de proie qui leur a fourni les moyens de traiter leur ami commun. Ce sujet, qui offre un des futurs directeurs suprêmes de la France, et l'un des savants les plus distingués de l'Europe, occupés à faire eux-mêmes une si chétive cuisine, mérite de trouver place dans la longue galerie de tableaux des vicissitudes humaines »27.

La Reveillère-Lépeaux retourne à la Convention après le 9 thermidor, et fait partie du Conseil des Anciens. Il devient, le 1er novembre 1795, membre du Directoire où il s'occupe surtout des questions culturelles et religieuses : co-rédaction de la constitution civile du clergé, création de l'Institut de France, diffusion de la théophilanthropie28, dont il fait l’apologie le 12 Floréal, en faisant part de ses « Réflexions sur le culte, sur les cérémonies civiles et sur les fêtes nationales » à l’Institut. Le texte, imprimé, connaît plusieurs éditions, et semble être le signe de l’appui du pouvoir, ce qui attire l’attention de l’opinion publique et des débats aux Conseils sur la nécessité d’une « religion civile ». Les progrès sont rapides parmi les partisans de La Révellière-Lépeaux : des membres de l’Institut dans la mouvance des Idéologues (François de Neufchâteau), parlementaires (Daunou, premier président des Cinq Cents), ou personnalités diverses (Thomas Paine, Marie-Joseph Chénier) donnent en fait une coloration nettement politique au mouvement, et de plus en plus anti-catholique, ce qui n’était jusqu’alors pas le cas.

La Révellière invite ses amis à Paris à Andilly, mais aussi dans son « château Gaillard », acquis en 1798. À ce propos Bosc, dès qu’il en a pris connaissance, lui répond : « ah ! ah ! tu te rapproches de Radegonde ! ». La Révellière raconte ainsi ses décadis à Andilly :

« On faisait de la musique. Le célèbre compositeur Méhul, tenait le piano. Ma fille, Leclerc, Mme Leclerc, le député Poulain, bon homme et bon patriote, les maîtres de piano et de chant de ma fille, enfin quelquefois moi-même, nous faisions un concert de famille qui pouvait n’être pas merveilleux, mais qui nous était infiniment agréable… »29.

Il fréquente le compositeur Méhul, le comédien Nestor, le médecin philosophe Cabanis et l’écrivain Ducis ; Leclerc, membre du Conseil des Cinq-Cents et Pilastre membre du Conseil des Anciens ; la famille Creuzé-Latouche ; ainsi que les amis de Bosc au jardin des plantes : la famille Thouin, les professeurs de botanique, Gérard Van Spaendonk et Desfontaines, Toscan le bibliothécaire du Muséum, et Cuvier.

La Réveillère est assez rudement chassé du Directoire lors du « coup d'État » du 30 prairial an VII (18 juin 1799)30.

« Le soir, La Révellière et Bosc quittent Paris pour Andilly. Leclerc, membre du Conseil des Cinq-Cents et Pilastre membre du Conseil des Anciens les rejoignent. Un peu plus tard Creuzé-Latouche ferme la marche »31.

Le 18 Brumaire (9 novembre) suivant, Bonaparte renversera le Directoire et prendra le pouvoir. La carrière politique de La Révellière s’achève et il lui reste à écrire ses mémoires, qui ne seront publiés que beaucoup plus tard (1895), grâce à son fils, Ossian (cf. bibliographie).

« Malgré le déchaînement général, La Réveillère emporta l'estime de tous les citoyens éclairés. Il ne voulut pas, en quittant le Directoire, recevoir les cent mille francs que ses collègues étaient convenus de donner au membre sortant. Il ne reçut pas même la part à laquelle il avait droit sur les retenues faites à leurs appointements. Il n'emporta pas la voiture qu'il était d'usage de laisser au directeur sortant. Il se retira à Andilly, dans une petite maison qu'il possédait, et il y reçut la visite de tous les hommes considérés que la fureur des partis n'intimidait pas. Le ministre Talleyrand fut du nombre de ceux qui allèrent le visiter dans sa retraite »32.

En réalité, dès le 19 juin 1799, La Révellière accepte la proposition de Leclerc de se retirer avec sa famille, dans un de ses biens, à la Rousselière près d’Orléans. C’est de là-bas, quelques années plus tard, qu’il écrira à Bosc « pour le prier de venir le voir, l’assurant qui lui demeurait inviolablement attaché, et qu’il faisait « dire des messes »33 ».

En 1809, La Réveillère rentre à Paris. Il vend le Château Gaillard à Mme Louise Millot en 1809, et s’installe en 1811, à Domont où il utilise à nouveau la corde sensible pour attirer Bosc : « De Domont à Sainte-Radegonde, il n’y a que la distance d’une promenade... »34.

Cette année-là, il marie sa fille Clémentine à un de ses cousins, Joseph Maillocheau. Le jeune ménage achète la maison prieurale de Domont35 et y réside avec La Réveillère-Lépeaux jusqu’en 1814. Ce dernier meurt en 1824.


Lord Kinnaird, noble écossais ouvert aux idées libérales françaises

Nous avons vu que M. Braccini possédait une magnifique propriété à Andilly. Il la loue en 1815, au début de la Restauration, à un personnage désigné sous le titre de Lord Kinnaire, qui est en réalité le nom francisé de Kinnaird. Ce noble étranger est vite en procès avec M. Braccini pour de basses conditions locatives, qui ira jusqu’à la Cour de cassation et donnera lieu à une jurisprudence figurant dans tous les manuels de droit du XIXe siècle. En voici les attendus, qui nous livrent des détails intéressants sur Andilly à cette époque :

« (Lord Kinnaire C. Braccini.). Le 1er juin 1815, Braccini donne à bail pour une année à lord Kinnaire une maison de campagne sise en vallée de Montmorency. Par suite de l'invasion, des militaires étrangers y sont envoyés en logement. Lord Kinnaire la quitte : Braccini lui fait sommation d'avoir à l'habiter pour supporter, en sa qualité de locataire, une charge qui ne pouvait tomber que sur lui, et en outre de lui rembourser certaines sommes qu'il a déjà avancées. Refus de la part de Kinnaire, motivé sur ce qu'il louait en garni, et sur sa qualité d'étranger. 7 oct. 1815, jugement ainsi conçu : « Attendu qu'il est constant dans la cause que Braccini a loué à lord Kinnaire une maison de campagne toute meublée et garnie de linge, située à Andilly ; qu'il n est pas établi que les parties contractantes soient convenues que lord Kinnaire pourrait quitter la maison dont il s'agit à sa volonté. Attendu qu'il est articulé par Lord Kinnaire que, dès l'arrivée des troupes alliées, il a quitté cette maison, a rapporté le mobilier et le linge garnissant celte maison, et l'a remis à Braccini, qui en a donné un reçu sans réserve ; que lord Kinnaire n'apporte aucune preuve de ce fait ; qu'il est constant que le maire de la commune d'Andilly a envoyé à lord Kinnaire des officiers, des hommes et des chevaux à loger ; que cette charge doit être supportée par le locataire ; que lord Kinnaire est locataire de ladite maison. Le tribunal condamne lord Kinnaire à payer à Braccini la somme de 2,600 fr. pour la dépense qui a été faite jusqu'au t sept. 1815, pour la nouriture des troupes alliées, avec les intérêts de ladite somme tels que de droit ». La Cour, adoptant les motifs des premiers juges, confirme »36.

Qui est ce Lord Kinnaire, logé par M. Braccini en 1815 ? Nos recherches ont fini par trouver Charles, 8e Lord Kinnaird (1780-1826), noble écossais amateur de goût raffiné qui sut réunir de nombreuses œuvres d’art dans son imposante galerie de Rossie Priory. Né le 8 avril 1780, il suit des études universitaires à Edinburgh, Cambridge et Glasgow. Aux élections de 1802, il est élu député de Leominster et se distingue au Parlement (« House of Commons ») par son opposition à l’administration de l’époque. Il se trouve à Venise quand il apprend son admission au titre de Lord, suite au décès de son père. Il siège dès l’année suivante à la chambre des Lords, parmi les seize pairs représentant l’Ecosse. Il épouse Lady Olivia Letitia Catherine Fitzgerald (9 septembre 1787 - 28 février 1858), la plus jeune fille du 2e duc de Leinster, qui lui donne trois fils et quatre filles.

Que fait-il en France et plus particulièrement à Andilly en 1815, alors que la France sort de guerre avec l’Angleterre ? On apprend de source anglaise que Charles Kinnaire est un farouche opposant à la guerre contre la France. On dit de lui qu’il est très lié (« hand and glove », main et gant) avec tous les Jacobins du Continent. On peut émettre l’hypothèse selon laquelle la personnalité de Napoléon en tant que continuateur de la Révolution française l’a fortement intéressé, ce qui peut expliquer son séjour chez un proche de l’Empereur. On le retrouve trois ans plus tard, arrêté par les autorités françaises : il a eu vent d’un complot contre le duc de Wellington et s’en est ouvert à la police royale37. Le premier réflexe des policiers est de le considérer comme faisant partie des conspirateurs. Mais il sera vite relâché. Il retourne à sa chère demeure écossaise où il meurt le 12 décembre 1826, à 46 ans. Son fils lui succède en tant que 9e Lord Kinnaird et se fera remarquer comme un parlementaire attentif au sort des ouvriers de Sa Majesté brittannique.


Le général baron de Valazé

Éléonor Bernard Anne Christophe Zoa Dufriche, baron de Valazé, né le 12 février 1780 à Essay (Orne) et mort à Nice le 26 mars 1838, est fils de Charles Éléonor Valazé (1751-1793), conventionnel de l’Orne célèbre pour avoir préféré se poignarder en plein Tribunal révolutionnaire le 30 octobre 1793 à l’annonce de sa condamnation à mort plutôt que de se laisser guillotiner. Devenu général de division du génie, Dufriche de Valazé est l'auteur de plusieurs articles parus dans l’Encyclopédie moderne d’Eustache Marie Courtin et de mémoires publiés par le Spectateur militaire, parmi lesquels Fortifications de Paris et Du syste à suivre pour mettre cette capitale en état de défense, paru en 1833. On lui doit également une nouvelle édition annotée du traité de Vauban Sur la défense des places fortes, publié en 1829.

Il fait partie des 660 personnalités à avoir son nom gravé sous l’Arc de triomphe de l'Étoile. Il apparaît sur la 29e colonne (l’Arc indique Valazé).

Le général Valazé épouse, le 8 octobre, 1819 Louise-Suzanne Millot (†1865), qui est propriétaire du château de Belmont à Andilly, acheté à Louis Marie La Reveillère-Lepeaux en 1809.


La duchesse de Duras, romancière et amie de Chateaubriand

Claire de Coëtnempren de Kersaint, duchesse de Duras, naît à Brest, le 20 février 1777,  fille d’Armand Guy-Simon Coëtnempren de Kersaint, lieutenant des vaisseaux du roi, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, et de Claire-Louise-Françoise Dalesso de Ragny. Claire de Kersaint a 16 ans au moment où son père, installé à Paris, monte sur l'échafaud. Elle quitte alors la France avec sa mère, et passe d'abord à Philadelphie, puis à la Martinique. Un parent, établi aux colonies, lui laisse une succession assez considérable. En 1797, elle épouse en Angleterre le duc de Duras. Rentrée en France, à l'époque du Consulat, elle se tient isolée de la cour impériale, et jusqu'à la Restauration, elle vit d'une façon calme et modeste, retirée le plus souvent au château d'Ussé, en Touraine, se partageant entre l'éducation de ses deux filles et ses œuvres de bienfaisance. Sous la Restauration, le duc de Duras est nommé pair de France et premier gentilhomme de la chambre, ce qui amène Claire à paraître à la cour, où son esprit lui assure une haute position. Son salon parisien réunit, comme sur un terrain neutre, toutes les notabilités politiques dont elle est en quelque sorte l'arbitre. Elle y reçoit en particulier Chateaubriand, de Humboldt, Cuvier, Abel Rémusat, Molé, de Montmorency, de Villèle, de Barante, Villemain, et Talleyrand. Disciple de Chateaubriand, dont elle a embrassé avec ardeur les opinions politiques, Claire de Duras est toute dévouée à la Restauration, qu'elle a saluée avec enthousiasme. Sainte-Beuve, qui lui a consacré un de ses Portraits de femmes38, nous apprend que c’est par un pur hasard qu'elle est devenue auteur : « En 1820 seulement, dit-il, ayant un soir raconté avec détail l'anecdote réelle d'une jeune négresse élevée chez la maréchale de Beauveau, ses amis, charmés de ce récit (car elle excellait à raconter), lui  dirent : Mais pourquoi n'écririez-vous pas cette histoire ? Le lendemain, dans la matinée, la moitié de la nouvelle était écrite ». Il s’agit du roman Ourika, qui est publié en 1824 et qui connaît un certain retentissement littéraire.  Elle publie également Edouard et écrit deux ou trois autres petits romans qui seront publiés qu’après sa mort. L'idée fondamentale des deux premiers essais de Claire de Duras est une protestation contre les conséquences de l'inégalité de nature ou de position sociale. Douée d'une beauté idéale, d'une âme candide et ardente, la jeune africaine Ourika, malgré son éducation accomplie, ne peut voir son amour payé de retour. Fils d'un avocat distingué, Edouard est de même victime d'un amour pur et délicat, mais auquel l'inégalité des conditions oppose un obstacle invincible.

Favorable à la méthode d’enseignement mutuel, Claire de Duras participe à la Société de l'enseignement élémentaire, et fonde, à ses frais, une école primaire où cette méthode est appliquée. Présidente de la société de bienfaisance, elle prête aussi son appui à divers établissements charitables.

Souffrante depuis plusieurs années, elle se trouve à Nice pour des raisons de santé, lorsqu'elle meurt en janvier 1829..


La duchesse de Dino et le duc de Talleyrand-Périgord

Dorothée princesse de Courlande (1793 Berlin - 1862 Sagan), comtesse Edmond de Périgord (1809), puis duchesse de Dino (1817, titre sous lequel elle est passée à la postérité), puis duchesse de Talleyrand (1838) et duchesse de Sagan (1845), est la quatrième fille de Pierre Von Biron, duc souverain de Courlande. Dorothée de Courlande est dotée tout à la fois d'une beauté fascinante, d'une intelligence remarquable, d'un tempérament ardent et d'une profonde culture.

Talleyrand, qui cherche une riche héritière pour son neveu, demande à Alexandre, tsar de Russie, d'intervenir auprès de la duchesse pour favoriser le mariage avec Edmond de Périgord. La cérémonie est célébrée, en pleine période des guerres napoléoniennes, le 21 et le 22 avril 1809 à Francfort-sur-le-Main. Dorothée devient comtesse Edmond de Périgord et petite-nièce de Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, prince de Bénévent.

La chute de l’Empire et le congrès de Vienne, où Talleyrand est désigné pour représenter la France, favoriseront leur intimité. À son ambassade de Vienne, le palais Kaunitz, elle fera les honneurs de sa maison.

Le 31 août 1817, Talleyrand est doté par le roi du titre de duc et de pair. Le roi de Sicile le dote aussi, le 2 décembre, du duché de Dino, une petite île au large de la Calabre (1500 x 1200 m.), parce qu’il lui est reconnaissant de ses services à Vienne. Ce titre est immédiatement transmissible à ses neveux. C’est ainsi que Dorothée devient duchesse de Dino. Le mariage sera malheureux, Edmond étant plus occupé par le jeu, la guerre et les femmes que par son épouse. Malgré la naissance de trois enfants, le ménage se sépare après le congrès de Vienne. C'est à cette époque qu'elle occupe une grande place et joue un grand rôle dans la vie de Charles-Maurice. Elle l'accompagne au congrès de Vienne en 1815.

Le 2 décembre 1817, Talleyrand reçoit de Ferdinand Ier, roi des Deux Siciles, le titre de duc de Dino, nom d'une île de Calabre, transmissible immédiatement au comte et à la comtesse Edmond de Périgord, ses neveu et nièce. Le 24 mars 1818, les époux Dino se séparent, la séparation de corps n'étant prononcée que le 6 novembre 1824.

Le 3 juillet 1820, Talleyrand quitte Paris pour Valençay, accompagné de Dorothée de Dino, qui est enceinte de son troisième enfant, Pauline.

Malgré la compagnie de cet homme, de trente-neuf ans son aîné, elle a plusieurs amants, ce qui lui vaut une réputation de redoutable séductrice, et elle met au monde trois filles illégitimes.

Elle devient duchesse de Talleyrand le 28 avril 1838. Le 6 janvier 1845, un diplôme du roi de Prusse investit Dorothée comme duchesse de Sagan.

Quand Talleyrand devient ambassadeur de France à Londres en 1830, Dorothée l'accompagne et se sent plus à l'aise que dans Paris qu'elle déteste.

Après la mort de Talleyrand (1838), elle donne en août 1847 son domaine tourangeau de Rochecotte à sa fille Pauline de Castellane, après avoir choisi dès 1843 de résider en souveraine dans le château de Sagan, en Silésie, composé de 130 pièces sur un domaine de 1 200 hectares, acheté par son père et racheté par elle à sa sœur, Pauline de Hohenzollern
Elle règne sur ce duché immense, très riche, mais seule avec ses souvenirs. Elle est victime d’un "accident de voiture" en juin 1861 et meurt le 19 septembre 1862 à Sagan.



Hervé Collet,

avec des contributions de Gérard Ducoeur,

janvier 2010.


BIBLIOGRAPHIE


Ouvrages de base

- Lauderaut (abbé J.), Essai sur l'histoire de la paroisse d'Andilly et Margency au diocèse de Versailles, imprimerie de l’œuvre de Saint-Paul, 1881, 66 p. (NB. Cet ouvrage constitue surtout une rétrospective ecclésiastique, très contestable sur le plan scientifique, et renseigne peu sur le village lui-même).

- Nicolon (A.), avec la collaboration de Collineau (C.) et Deü (B.), Histoire de Margency, 650 ans d’histoire locale, 200 ans d’histoire communale, éd. Valhermeil, 2003, 128 p.

- Vijoux (J.-M.), À la découverte d'Andilly, éd. Valhermeil, 2000, 115 p.


Autres références

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- Aubert (J.), Les grandes heures de Montmorency et ses environs. Horvath, 1983, p. 152.

- Baduel (D.), Briqueteries et tuileries disparues du Val d’Oise, St-Martin-du-Tertre, S.I., 2002, 302 p.

- Bedos (B.), La Châtellenie de Montmorency des origines à 1368, Aspects féodaux, sociaux et économiques, SHAPVOV, 1980, 405 p.

- Blondin (R.), L’origine de Montmorency. Étude toponymique, in Mémoires SHAP-VOV, t. 58, 1962, pp. 47-51.

- Collectif, Dictionnaire historique de la ville de Paris et de ses environs, t. I, Paris, 1779.

- Dupâquier (J.), (sous la dir.), Paroisses et Communes de France, Dictionnaire d’histoire administrative et démographique, Région Parisienne, éd. CNRS, Paris, 1974, p. 437.

- Favier (J.), Dictionnaire de la France médiévale, éd. Fayard, 1993, pp. 927-928.

- Foucher (S.), Mériel, un village du Val d’Oise, éd. Valhermeil, 2000, 152 p.

- Foucher (S.), Notre-Dame du Val, abbaye cistercienne en Val d’Oise, éd. Valhermeil, 1998, p. 168.

- Gassowski (J.-P.), L’armorial des communes du Val d’Oise, éd. Gaso, Mériel, 1996, s. p.

- Lebeuf (abbé J.), Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris, Paris, t. 2, 1758, ré-éd., 1883, p.633-636.

- Lefeuve (C.), Le tour de la vallée : histoire et description de Montmorency, Enghien-les-Bains, Napoléon-Saint-Leu… Herblay/par Lefeuve, Dumoulin, Paris, 1ère éd., 1856. 2e édition, 1866. Rééditée par le Cercle Historique et Archéologique d’Eaubonne et de la vallée de Montmorency, Eaubonne, 1975, 256 p. (Ces deux éditions présentent des versions très différentes). Cf. chapitre Andilly de 1975, pp.161-164.

- Le Grand (L.), Les Maisons-Dieu et léproseries du diocèse de Paris au milieu du XIVe siècle, d’après le registre de visites du délégué de l’évêque (1351-1369), in Mémoires de la Société de l’histoire de Paris et de l’Ile de France, t. 24, 1897, p. 61-365 et t. 25, 1898, pp. 50-159.

- Lenormand (F), Lettres à Jennie sur Montmorency, l’Hermitage, Andilly, Saint-Leu, Chantilly…, 1818, pp. 95-105.

- Longnon (A.), Pouillés de la Province de Sens, Paris, 1904, in-4°.

- Lours (M.), Andilly, Saint-Médard. in Églises du Val-d’Oise, Pays de France, Vallée de Montmorency, Dix siècles d’art sacré aux portes de Paris, SHAGPDF, 2008, p. 36-37.

- Marty (A.), Andilly, in Le patrimoine des communes du Val d’Oise, Flohic, 1999, t. 2, pp. 829-831.

- Dr. Perrochet, Essai sur la thérapeutique des eaux minérales d’Enghien et sur la topographie physico-médicale de la vallée de Montmorency, par le docteur Perrochet, de Montmorency, Paris, Malteste, 1839, 112 p.

- Renaux (D.), Villiers-le-Bel 1428-1499, Dominique Renaux, Villiers-le-Bel, 1981, p. 69.

- Roblin (M.), Le terroir de Paris aux époques gallo-romaine et franque, Picard, Paris, 1971, 496 p.

- Touati (F.-O.), Archives de la lèpre. Atlas des léproseries entre Loire et Marne au Moyen Âge, CTHS, 1996, p. 305-324.


Famille d’Andilly

- Régine Pouzet, Mémoires de Robert Arnauld d’Andilly, Volume 37 de Bibliothèque des correspondances, mémoires et journaux, Champion, 2008, 696 pages.

- Pierre Joseph Varin, La vérité sur les Arnauld, complétée à l'aide de leur correspondance inédite, Poussielgue-Rusand, 1847, 408 p.


Claire de Durfort de Duras

- Agénor Bardoux, La Duchesse de Duras, Paris, C. Lévy, 1898

Bertrand-Jennings (C.), D'un siècle l'autre : romans de Claire de Duras, Volume 3 de Essais critiques, Paris, Chasse au Snark, 2001, 138 p.

- de Durfort de Duras (C. duchesse de), Ourika, Paris, Ladvocat, 1824, 172 p. Numérisé sur Google Books.

- Pailhès (G.), de Durfort de Duras (C., duchesse de), Chateaubriand (F.-R., vicomte de), La duchesse de Duras et Chateaubriand d'après des documents inédits : ouvrage orné de huit gravures, Perrin, 1910, 553 p.

- Sainte-Beuve (C.-A. de), Madame de Duras in Portraits de femmes, pp. 50-71, Paris Frères, 1862.


Talleyrand

- de Bernardy (F.), Le dernier amour de Talleyrand : la duchesse de Dino, 1793-1862, Paris, Perrin, 1965, 379 p.


La Révellière-Lépeaux

- Charavay (É.), La Revellière-Lépeaux et ses mémoires, La Revue bleue, 1895, 46 p.

- La Revellière-Lépeaux (L.-M.), Mémoires de La Revellière-Lépeaux, publiés par son fils [Ossian La Revellière Lepeaux] sur le manuscrit autographe de l'auteur et suivis de pièces justificatives et de correspondances inédites, Plon, 1895, 999 p.

- Meynier (A.), Un représentant de la bourgeoisie angevine, A. Picard, 1905, 539 p.


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1 Lours (M.), Andilly, Saint-Médard. in Églises du Val-d’Oise, Pays de France, Vallée de Montmorency, Dix siècles d’art sacré aux portes de Paris, SHAGPDF, 2008, p. 36-37.

2 Lettre à Mme Swetchine in Sophie Petrovna Swetchine, Swetchine (Anne-Sophie, Madame), Madame Swetchine, sa vie et ses œuvres, Paris, Didier, p. 231.

3 François-rené de Chateaubriand, La vie de Rancé, n° 6 de le Collection des chefs-d’œuvre méconnus, éditée par Julien Benda, Paris, Bossard, 1921, p. 119.

4 Georges Cazenave, Une Camarilla sous la Restauration, Paris, Nouvelles éditions latines, 1955, p. 65.

5 Swetchine (Anne-Sophie, Madame), Alfred-Frédéric-Pierre Falloux du Coudray (comte de), Madame Swetchine : sa vie et ses oeuvres, Volume 1, Didier et cie/A. Vaton, 1860, p. 208. Cette lettre à Mme Swetchine n’est pas datée, mais elle est situable au début du mois de juillet, puisqu’elle emménage à la fin du mois.

6 Gabriel Pailhès, Claire de Durfort de Duras (duchesse de), François-René Chateaubriand (vicomte de) La duchesse de Duras et Chateaubriand d'après des documents inédits: ouvrage orné de huit gravures. Perrin, 1910, p. 454.

7 Georges Cazenave, op. cit., ibidem.

8 Cf. Institut d’Histoire moderne et contemporaine (CNRS), Les Patrons du Second Empire : Marseille, vol. 5, Picard, 1999, p. 166

9 F. Lenormand, Lettres à Jennie sur Montmorency, l’Hermitage, Andilly, Saint-Leu, Chantilly…, 1818, p. 174.

10 Cf. notre article « James Harden-Hickey, l’éphémère roi de la principauté de Trinidad ».

11 Fondée en 1878, cette feuille satirique se donne pour objectif de « flétrir tout ce qui est ridicule, tant dans les choses politiques que dans les mœurs et les relations sociales, dévoiler l'hypocrisie partout où elle se trouve, en un mot encourager au bien par la critique du mal ». Au bout de 18 mois la publication atteint un tirage de 30 000 exemplaires. Attaquée par la censure, elle accumule 19 condamnations quand, à la fin de 1880, les autorités parviennent à expulser Harden-Hickey, qui a la nationalité américaine.

12 Marc de Villiers du Terrage, Conquistadores et roitelets. Rois sans couronne : du roi des Canaries à l'empereur du Sahara, Perrin et cie, 1906, 474 p. Chapitre XXIII, Le baron Harden-Hickey, prince de la Trinidad, p. 337-444.

13 Bulletin de la Société impériale zoologique d'acclimatation, Volume 26, 1879, p. LXXV.

14 La Terre et la vie, bulletin de la Société nationale de protection de la nature et d'acclimatation de France, vol. 31, 1884, p. CXIV.

15 L. Magaud d'Aubusson, Les Gallinacés d'Asie : Catalogue raisonné par régions des espèces qu'il y aurait lieu d'acclimater et de domestiquer en France, Paris, Société nationale d'acclimatation, 1888, p. 25.

16 Marty (A.), Andilly, in Le patrimoine des communes du Val d’Oise, Flohic, 1999, t. 2, p. 830.


17 Gassowski (J.-P.), L’armorial des communes du Val d’Oise, éd. Gaso, Mériel, 1996, s. p.

18 Charles Alexander Sapey, dans ses Etudes biographiques pour servir la l'histoire de l'ancienne magistrature française : Guillaume Du Vair. Antoine Le Maistre, Paris, Amyot, p. 188, conteste cette qualification : « Ses plaidoyers (actiones forenses) publiés en 1594, réimprimés en 1598, 1620 et 1629, sont loin de mériter cet éloge. »

19 Ibidem.

20 Jacques-Paul Migne, Encyclopédie théologique : ou, Série de dictionnaires sur toutes les parties de la science religieuse, vol. 31, 1852, p. 188.

21 Bulletin de la Société nivernaise des lettres, sciences et arts, 1855, p. 355.

22 Pierre Bayle, Eusèbe Renaudot, Anthelme Tricaud, Pierre Desmaizeaux, Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle, rubrique Antoine Arnauld, p. 392.

23 Charles Alexandre Sapey, Etudes biographiques pour servir à l'histoire de l'ancienne magistrature française : Guillaume du Vair, Amyot, 1858, (numérisé par Google books), p. 198, note 1.

24 Charles Alexandre Sapey, op. cit., p. 198.

25 Isabelle Bonnot-Rambaud, Hérétique ou saint ? : Henry Arnauld, évêque janséniste d'Angers au XVIIe siècle, Nouvelles Editions Latines, 1984, p. 95.

26 Hector de Masso La Ferrière-Percy, op. cit., p. 92.

27 Notice biographique sur M. Louis Augustin Guillaume Bosc, membre de l'institut et de la société royale et centrale d'agriculture, par M. le baron de Silvestre, secrétaire perpétuel de la société, in Mémoires de Académie d'agriculture de France, 1829, p. lxxxvii.

28 La théophilantropie est un culte né pendant la Révolution française, qui veut trouver une alternative à la déchristianisation en proposant le culte d’une religion « naturelle », avec les « Amis de Dieu et des hommes ». Ces cérémonies qui mettent en scène le Culte de la Raison et de l'Être suprême, participent aux différentes fêtes et commémorations révolutionnaires prévues par la Constituante et dont un des ordonnateurs sera Rabaut de Saint-Étienne.

29 Adolphe Thiers, Histoire de la Révolution française, 1829, p. 322

30 Cf. notre article « Les membres valmorencéens du Directoire : Gohier et La Réveillère-Lépeaux »

31 Antoine da Sylva, De Rousseau à Hugo. Bosc, l’enfant des lumières, Ermont, éd. Le Chemin du Philosophe, p. 209.

32 Adolphe Thiers, ibidem.

33 On est loin de la théophilanthropie !

34 Antoine da Sylva, ibidem.

35 Cette maison prieurale faisait partie de l’ensemble immobilier situé au sud de l’église de Domont, dans un parc allant jusqu’à la rue au Moine (aujourd’hui rue Veuve-Cousin).

36 Victor Alexis Désiré Dalloz, Armand Dalloz, Henri Tiercelin, Répertoire méthodique et alphabétique de législation, de doctrine et de jurisprudence en matière de droit civil, commercial, criminel, administratif, de droit des gens et de droit public, Volume 19, Bureau de la Jurisprudence générale du royaume, 1853, p. 371

37 Cf. Pétition présentée à la Chambre des Pairs de France, par lord Kinnaird ... suivie de son mémoire en faveur du sieur Marinet ... au sujet de la tentative d'assassinat sur la personne du lord duc de Wellington, le 10 février 1818, à la librairie constitutionnelle, chez Baudouin frères, librairie Delaunay, 1818, 31 pages.

38 Charles Augustin de Sainte-Beuve, Madame de Duras in Portraits de femmes, p. 62 pp. 50-71, Paris Frères, 1862. C’est de ce portrait qu’est tirée la présente biographie de Claire de Duras.