Les forts et les redoutes en vallée de Montmorency

Le fort de Cormeilles-en-Parisis

La Redoute de la Butte Pinson à Montmagny

La Vallée de Montmorency a été très éprouvée, comme toutes les zones géographiques de la ceinture de Paris, par les stationnements de troupes durant les guerres du XIXe siècle : passage des troupes alliées en 1814 et 1815, siège de Paris en 1871-1872. Le gouvernement français a senti la nécessité de renforcer par étapes les défenses des communes entourant la capitale. De 1840 à 1846, Thiers fait construire sur 36 km autour de Paris, une enceinte fortifiée comprenant 17 forts (Nogent, Vincennes, Fontenay-sous-Bois...) distants de 3 km en moyenne. Elle est complétée de 1870 à 1885 par une seconde enceinte de 16 forts plus éloignés, à 20 km de la capitale. Ces fortifications dites de la deuxième ceinture conserveront la dénomination d’Ouvrages Séré de Rivière et cet ensemble prendra la dénomination de camp retranché de Paris. La Vallée de Montmorency est concernée par trois de ces ouvrages : les forts d’Andilly/Montlignon et de Montmorency, et la redoute de la butte Pinson à Montmagny, auxquels il convient d’ajouter ceux de communes voisines, Cormeilles, Domont, et de la Briche à Epinay.

Construit entre 1874 et 1877 dans le cadre du plan de fortification établi par le général Séré de Rivières, il fait partie intégrante de la place forte de Paris. Cet ouvrage, même s’il n'était pas le plus important du dispositif d’ensemble de la défense de la capitale, tirait néanmoins de sa situation dominante proche du confluent de la Seine, une valeur stratégique importante.
Le Fort de Cormeilles disposait de 64 canons et sa garde nécessitait 1095 hommes de troupes, 36 officiers et 14 chevaux, avec 3 mois d’approvisionnements. Des canons anti-aériens de 75 mm y furent positionnés en 1914 pour tenter d'abattre les Zeppelins venus bombarder Paris.
Au début des années 1930, l'État-major du 407e RADCA y est installé. Quatre canons de 75 mm sont mis en place dans des encuvements sur le « Cavalier ».
Une compagnie de tirailleurs marocains en a la garde à partir de 1944 et il est utilisé comme prison jusqu'en 1956. Des fonctionnaires du ministère de la Justice y sont logés dont une grande majorité de familles de gardiens de prisons qui travaillent en des sites éloignés comme la prison de Fresnes. Ces familles sont logées dans les « traverses-abris » de l'Escarpe et du « Cavalier »; une école maternelle est construite dans un bâtiment préfabriqué en face du pavillon des officiers.Les dernières familles - principalement des Harkis et la famille du gardien - quittent le fort au début des années 1970. L'armée en reprend la gestion complète vers 1965 et le 23e RIMa de Maison Lafitte y installe en 1967 un centre d'initiation commando qui fonctionnera jusqu'en 1997.
Il est aujourd'hui la propriété de l'Agence des Espaces Verts de la Région Ile de France qui en a confié la gestion à l’Association des « Amis du Fort de Cormeilles ». Cette association s'est donné pour objectif de sauvegarder et restaurer le site, tout en le faisant vivre en y permettant l'installation d'ateliers d'artistes et des tournages cinématographiques.


La Redoute de la Butte Pinson à Montmagny
La redoute de la butte Pinson constitue l'un des éléments du programme du général Séré de Rivière visant à assurer la défense de Paris. Ouverte en décembre 1877, elle a été construite en deux ans par le 1er régiment du Génie selon un plan trapézoïdal. La face la plus exposée à l’ennemi – et par conséquent la mieux défendue – est située au Nord-Est, tandis que l’on pénètre dans l’enceinte de l’édifice par la face sud-ouest, ouverte sur Paris. La superficie de la redoute intra muros représente 2 hectares. A l’origine, la garnison est composée de 151 soldats : 7 officiers et 144 hommes de troupe. Les fossés, larges de 3 à 6 mètres et profonds de 4 mètres, sont dotés d'une escarpe entièrement maçonnée. Des canonnières défendent l’entrée de la Redoute. Celle-ci compte 8 traverses, dont 4 avec abri, se répartissant sur tout l'arrière du casernement. Sous les traverses se trouvent de longues salles voûtées servant de dépôts de munitions et d’abris. A sa mise en service, elle est équipée de 13 pièces de rempart, 4 mortiers et 5 pièces de flanquement. La caserne proprement dite est formée de 10 casemates voûtées reliées entre elles. Tous les murs de la caserne sont en moellons ; seuls les encadrements des ouvertures, tournées vers le sud, sont en pierres de taille ou en briques rouges. Les parois intérieures sont blanchies à la chaux afin d’éclaircir les pièces. Sur certaines parois on peut encore lire des graffitis laissés par les soldats. En mars 1918, la redoute devient, avec quatre canons de 75, le centre de la 3ème batterie du 64ème régiment d'artillerie anti-aérienne chargé, entre autres, de défendre l’aéroport du Bourget, distant seulement de 13 km. En 1940, les Allemands y installent un radar et des canons anti-aériens. Le 27 août 1944, l'avant-garde de la 2ème DB commandée par le chef de bataillon Massu s'attaque à la redoute occupée par le 105ème régiment de grenadiers Allemands. En souvenir de cet épisode, un monument à la mémoire du général Leclerc et de ses troupes a été érigé en 1953 à proximité de la fortification. Démilitarisée après la seconde guerre mondiale, la redoute est reclassée, permettant de tester les radars Dassault. La redoute a effectué sa complète mutation lors de son rachat en 1973 au Ministère de la Défense par les villes de Montmagny et Pierrefitte, avant de devenir la propriété du S.I.E.A.B.P. (Syndicat Intercommunal pour l'Etude et l'Aménagement de la Butte Pinson), qui groupe également les communes de Groslay et de Villetaneuse. La caserne est occupée par des associations (club de tir, association viticole). Le syndicat, par ailleurs, envisage d’ouvrir au public le parc de 120 hectares environ, après aménagement.